• Votre panier est vide.

Anatomie de la moelle épinière

Embryogénèse

 

Nous allons revoir rapidement l’embryogénèse de la moelle épinière.

La formation de l’embryon consiste à passer d’un disque cellulaire plat comme la surface d’un jaune d’œuf à un embryon à 2 couches. Ces deux couches sont l’entoblaste et épiblaste puis rapidement il évolue à trois couches ectoderme, neuroderme et endoderme. Enfin on assiste à la formation de la gouttière neurale qui va se refermer en tube neural.

Dès la 6e semaine la paroi de la moelle épinière est composée de trois couches ou zones, la zone ventriculaire, la zone du manteau et la zone marginale.

Entre huit et dix semaines la moelle a atteint sa configuration définitive. Elle est alors entourée par les méninges et enclavée dans le canal vertébral qui se développe parallèlement au tube neural jusqu’au 4e mois.

A partir de cette date, la croissance du tube neural ralentit, alors que celle du canal vertébral se poursuit.

L’évolution antéro-postérieure de la moelle épinière est régulée par l’expression du gène Hox. L’établissement et le maintien de l’expression du gène Hox dans la moelle épinière est une affaire complexe, impliquant une régulation par de multiples signaux externes. Le développement de la moelle épinière ventrale quant à elle dépend du morphogène Shh.

Au fur et à mesure que la configuration antéro-postérieure et dorso-ventrale progresse, la moelle épinière se développe «de l’intérieur vers l’extérieur» : les cellules prolifératives indifférenciées se trouvent ventriculairement, formant des zones de cellules progénitrices.

Il existe, chez l’embryon, une artère radiculo-médullaire par nerf spinal. En fait, la disposition métamérique des artères régresse progressivement par désegmentation artérielle, à partir de la naissance. Elles n’ont pas toutes le même calibre ni la même valeur fonctionnelle. On note que le plus grand nombre n’atteint pas la moelle.

 

Une des malformations congénitales de la moelle épinière les plus connues est la Spina Bifida. C’est en effet une malformation de la moelle épinière terminale et des racines nerveuses lombo-sacrées, due à une fermeture incomplète du tube neural. Elle présente plusieurs degrés de gravité, de la forme bénigne appelée Spina bifida fermée à la forme grave ou Spina bifida ouverte. Les spina bifida ouvertes sont aujourd’hui détectables lors des échographies de contrôle de la grossesse. Le diagnostic est alors complété par l’IRM et on retrouve dans la littérature des cas de traitement in utéro de cette pathologie (1). On note que la meilleure prévention de cette pathologie est la prévention primaire et afin de réduire la prévalence de la spina bifida il est prouvé que la supplémentation en acide folique est essentielle dès que la femme a un projet de naissance. (2)

Illustration de la spina bifida (3)

Anatomie structurelle

La moelle épinière est un tissu nerveux, protégé au sein du canal vertébral. Elle s’étend de la première vertèbre cervicale à la deuxième vertèbre lombaire. Elle se termine à ce niveau par le cône médullaire, ou filum terminal.

Elle présente deux renflements permettant la création du plexus brachial et du plexus lombo-sacré. Le renflement cervical C5 – T1 répond aux vertèbres C3 – T2 et le renflement lombaire T10 -L4 répond aux vertèbres T10 – L1.
Du fait de la croissance différentielle entre le canal vertébral et la moelle épinière, la disposition des racines varie en fonction de l’étage. Par conséquent, en cas de traumatisme il n’y pas de concordance entre vertèbre lésée et niveau médullaire. Au niveau cervical elles sont horizontales et deviennent de plus en plus verticales en descendant vers le niveau lombaire. Ces racines constituent les nerfs spinaux. Ces nerfs spinaux descendent verticalement sous la moelle dans le cul-de-sac dural, pour constituer la queue de cheval.

 

Il existe 31 paires de nerfs spinaux : 

– 8 nerfs spinaux cervicaux, C1 à C8,
– 12 nerfs spinaux thoraciques, T1 à T12,

– 5 nerfs spinaux lombaires, L1 à L5,
– 5 nerfs spinaux sacrés, S1 à S5,
– 1 nerf spinal coccygien, vestige, n’assure aucune innervation.
Tous les nerfs spinaux sont mixtes, ils sont à la fois moteurs et sensitifs.

 

La moelle épinière est protégée par les méninges qui se composent de 3 couches séparées de membranes de tissu conjonctif.
La couche la plus externe est la dure-mère, un tissu dense et résistant, qui est redoublé pour former le périoste. Sous la dure-mère se trouve l’arachnoïde,un réseau de tissu conjonctif lâche dépourvu de vaisseaux sanguins. L’arachnoïde adhère étroitement à la pie-mère, qui est la membrane la plus interne qui contient les vaisseaux sanguins; ensemble, ces deux structures sont appelées les leptoméninges.

 

Il existe des espaces potentiels :

– l’espace péridural, entre la dure mère et le canal vertébral,
– l’espace sous dural, entre la dure mètre et les leptoméninges,
– l’espace sous-arachnoïdien, entre l’arachnoïde et la pie mère, qui contient du liquide cérébro-spinal, des artères cérébrales superficielles et des veines.

 

Le LCS protège également la moelle épinière. Il est contenu dans les ventricules du cerveau et les espaces sous arachnoïdiens intracrâniens et intrarachidiens. Le volume de LCS est en moyenne de 150 mL, dont 25 mL dans les ventricules et 125 mL dans les espaces sous arachnoïdiens [8]. Il contient un nombre important de protéines. Le LCS possède plusieurs fonctions dont la flottaison du cerveau le protégeant des gradients de pression, le transport actif de molécules biologiques nécessaires au bon fonctionnement cérébral et l’élimination des déchets [9].
Son drainage se fait essentiellement à travers les villosités arachnoïdiennes qui pénètrent dans le système veineux, et est proportionnel au débit de résorption et au gradient de pression LCS/sang veineux. L’épendyme a également un rôle dans la sécrétion et la circulation du LCS au sein de la moelle épinière.
Le ganglion spinal renferme les corps cellulaires des neurones sensitifs se dirigeant vers la moelle.

La vascularisation

La circulation artérielle prend son origine à trois niveaux différents :

– au niveau cervical : les artères vertébrales assurent la formation de la partie haute de l’artère spinale antérieure. Elles donnent, en plus, deux ou trois artères médullaires (artères radiculaires cervicales ou artères du renflement cervical).
– au niveau thoracique, il existe une ou deux artères radiculo-médullaires principales provenant des artères intercostales. C’est le segment de la moelle le plus pauvrement vascularisé.
– au niveau lombaire : il existe une seule artère importante, c’est l’artère radiculaire lombaire ou artère du renflement lombaire ou artère d’ADAMKIEWICZ, dont l’origine est variable.

La circulation artérielle se compose en trois systèmes verticaux, anastomosés en réseau horizontal :

– l’artère spinale antérieure : située dans la fissure médiane ventrale
– l’artère spinale postérieure droite : longe le sillon collatéral postérieur droit
– l’artère spinale postérieure gauche : longe le sillon collatéral postérieur gauche

Le réseau horizontal péri-médullaire distribue des artérioles pénétrantes et assure la vascularisation des cordons de la substance blanche. Le réseau horizontal est fourni par les branches terminales des artères radiculo-médullaires. 

Au niveau veineux : 

La vascularisation veineuse de la moelle épinière ne suit pas la même géométrie que le réseau artériel. Les veines radiculaires antérieures ou postérieures, qui accompagnent également les racines nerveuses, sont en moyenne au nombre de 38 le long de la moelle épinière.

Deux principales veines parcourent la moelle épinière longitudinalement et sont reliées aux veines radiculaires correspondantes. La veine spinale antérieure, située antérieurement et légèrement latéralement à l’artère spinale antérieure, et la veine spinale postérieure située dans le plan sagittal médian de la moelle épinière.

Les veines de la moelle épinière se jettent dans les plexus veineux vertébraux internes (épiduraux) situés dans l’espace épidural.  

Anatomie interne

La surface de la moelle est parcourue par des sillons, qui délimitent les cordons de substance blanche. D’avant en arrière on retrouve:

– le sillon médian antérieur, profond. Il est également appelé fissure médiane.
– le sillon collatéral antérieur : émergence des racines antérieures, motrices.
– le sillon collatéral postérieur : pénétration des racines postérieures, sensitives.
– le sillon médian postérieur très peu marqué.

Les sillons délimitent à la surface de la moelle épinière des cordons :

– le cordon antérieur compris entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral antérieur.

– le cordon latéral compris entre les sillons collatéraux antérieur et postérieur.

– le cordon postérieur compris entre le sillon collatéral postérieur et le sillon médian postérieur.

Ces cordons forment donc la substance blanche. Elle est formée par les fibres nerveuses recouvertes de leur gaines et groupées en faisceaux, et est donc une zone de passage importante. Les fibres sensitives montent dans la moelle vers les centres supérieurs. Les fibres motrices descendent vers les motoneurones. 

La substance grise s’articule autour du canal de l’épendyme. Elle est formée par les corps cellulaires des neurones, leurs dendrites et leurs synapses. C’est le centre nerveux de la moelle. En forme de papillon, on peut reconnaître à l’avant des expansions antérieures appelées cornes ventrales qui ont une fonction motrice, et des expansions postérieures appelées cornes dorsales qui ont une fonction sensitive. De part et d’autre du canal de l’épendyme se trouvent la commissure grise antérieure et la commissure grise postérieure.

– Les cornes dorsales contiennent des interneurones.

– Les cornes ventrales contiennent surtout des corps cellulaires de neurones moteurs du SNS. Les axones de ces neurones passent dans les racines ventrales des nerfs spinaux.

– Les cornes latérales contiennent des neurones moteurs viscéraux et des interneurones recevant des informations sensitives en provenance des viscères.

physio-learning©. Tous droits réservés. Cliquez ici pour voir les conditions d'utilisations