• Votre panier est vide.

Bilan diagnostic de la rupture du tendon d’Achille

Tout d’abord l’examen visuel met en avant un hématome et un gonflement localisé de la cheville et parfois du pied. Mais cela n’étant pas spécifique à la rupture du tendon d’Achille il arrive que l’examinateur passe à côté. Il convient donc de réaliser des tests spécifiques. 

Le premier diagnostic décrit très tôt dans la littérature a vu le jour en 1957 sous le terme de « Calf Squeeze Test » par Thompson et Simmond. [1] Il est important d’examiner les jambes des deux côtés et de comparer.

Le test se réalise idéalement en position de décubitus ventral ou tout du moins avec le pied dans le vide. Il consiste à appliquer une pression (squeeze) au niveau des gastrocnémiens et à observer si la flexion plantaire automatique se fait. Un test est positif si on n’observe aucun mouvement du pied et donc une rupture supposée du tendon d’Achille. 

Ce test est souvent complété par les deux autres composantes de la triade de Simmond. 

Un diagnostic fait uniquement sur l’observation du pied de cette jeune femme pourrait ne pas mentionner la rupture du tendon d’Achille. Il est d’autant plus important d’examiner le patient en position de décubitus ventral et d’effectuer les tests de la triade sur les deux membres inférieurs. [6]

La triade de Simmond : l’ensemble de ces 3 tests a prouvé une sensitivité à 100% et est plus sensible que l’IRM pour détecter les ruptures de tendon d’Achille ! [2,3] 

On recherche donc : 

1-une diminution de la tension de la cheville au repos (le côté atteint présentera une dorsiflexion supérieure au repos que l’autre coté)

Sans faire le test, en décubitus ventral, en laissant les pieds en débord de table ou en fléchissant les genoux à 90°, on peut déjà observer une différence de flexion plantaire de repos entre les 2 pieds. Le pied sain a plus de flexion plantaire, car il subit la tension du triceps sural. Cette mesure s’appelle le ATRA pour « Achille Tendon Resting Angle » ou l’angle au repos du tendon d’Achille. C’est une mesure extrêmement intéressante, car elle permet également le suivi de la rééducation, que nous verrons plus tard.

2-une encoche dans le tendon à la palpation (peut se révéler négative si le patient présente une forte douleur)

3-un Thompson test positif.

Malgré tout il est peut-être difficile de poser le diagnostic (patient avec IMC élevé ou gros œdème). La démarche à suivre sera donc d’appeler le médecin prescripteur et demander une échographie ou une imagerie pour confirmer le diagnostic. 

Il faut également penser que la rupture n’a pas uniquement lieu au sport, parfois les ruptures ont lieu sur des petits gestes anodins, par exemple en descendant une marche, donc il ne faut pas exclure le diagnostic de rupture uniquement sur l’histoire de la pathologie.

Observation de l’angle de déclinaison du pied [6]

Palpation à la recherche de l’encoche [6]

Pincer le muscle à la recherche de mobilité (si absente, le tendon est rompu) [6]

Mesure du handicap

Pendant la période de rééducation, on peut mesurer le handicap du patient par le « Achilles Tendon Rupture Score » ATRS, qui est le plus utilisé et le plus référencé des tests.

Vous retrouverez dans les fiches téléchargeables la version française afin de la mettre en place avec vos patients. Elle a été validée en 2019 [4]. 

Une autre mesure intéressante est l’ATRA pour « Achilles Tendon Resting Angle ». Il s’agit de la flexion plantaire passive dont on a parlé plus haut durant le diagnostic pour évaluer la fonction du tendon d’Achille.

Pour prendre la mesure : on centre le goniomètre sur la malléole externe avec la branche fixe qui suit l’axe de la fibula et la branche mobile qui cherche à passer par la tête du 5ème métatarsien. [5]

Une étude de 2015 [5] met en avant l’évolution normale de cet angle : il diminue après la chirurgie puis augmente progressivement pendant la rééducation (5° jusqu’à 6 semaines puis 10° jusqu’au 3e mois de rééducation puis se stabilise (voir courbe). 

Cette étude met également en avant le fait que le test soit identique que le patient soit éveillé ou sous anesthésie générale et il a donc une très bonne reproductibilité. 

Enfin elle prouve que les résultats à l’ATRA sont corrélés :

-dès le début de la rééducation avec les symptômes reportés par le patient 

-un an après, avec sa capacité à décoller le talon en actif (capacités fonctionnelles du tendon).  Cette mesure est donc un outil simple et très performant à utiliser pour évaluer la fonctionnalité du tendon après une rupture. 

Quelques valeurs médianes : 

-après la rupture ATRA 55°

-après la chirurgie réparatrice 37° (jusqu’à 27°)

-valeur normale autour de 43°.

 

physio-learning©. Tous droits réservés. Cliquez ici pour voir les conditions d'utilisations