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Choix des chaussures et tendinopathie d’Achille

Le domaine de la chaussure est très complexe. C’est un domaine où de forts profits commerciaux sont réalisés. Le marketing des grandes marques et les courants de mode sont très présents. Il faut donc être vigilant de ne pas se laisser influencer par ceux-ci.

Ce chapitre a pour objectif d’ouvrir une réflexion sur la possibilité d’utiliser un certain type de chaussure dans une stratégie de rééducation à travers différents articles traitant de l’impact de la chaussure sur l’activité musculaire.

Poids des chaussures [1]

Une étude de 2020 a étudié l’impact du poids des chaussures sur l’activation musculaire du membre inférieur. Pour cela ils ont utilisé des chaussures avec des structures identiques, mais avec des poids différents, grâce à des lestes :

Ils ont trouvé que les chaussures légères entrainaient une augmentation de la contribution des gastrocnémiens latéraux. 

Par conséquent, les chaussures légères pourraient favoriser la fatigue musculaire de ceux-ci pendant la break phase (de T3 à T4). On peut en déduire qu’une période d’adaptation est nécessaire lors d’un passage de chaussures lourdes à légères pour éviter les blessures.

Impact des chaussures minimalistes [2]

Une seconde étude de 2020 a étudié l’impact de l’utilisation de chaussures minimalistes chez des coureurs qui courent d’habitude avec des chaussures classiques avec une stratégie d’arrière-pied.

(b) = chaussures minimaslite (c) = chaussures tradictionnelles

Par rapport aux chaussures classiques, les chaussures minimalistes ont entrainé une diminution significative de l’angle d’attaque et une augmentation du moment de la cheville. 

Au niveau du tendon d’Achille, ils ont observé : une augmentation du pic de force, une augmentation de la force de propulsion, une augmentation de la moyenne totale de mise en charge et une augmentation de son étirement. 

L’ensemble entraine une augmentation du stress total subit par le tendon d’Achille.

Course avec des Rocker shoes [3]

Une autre tendance de chaussures sont les chaussures à semelles très épaisses avec un talon arrondi : les Rocker shoes.

L’utilisation de Rocker shoes entraine une plus faible production de force par le triceps sural et donc une charge mécanique plus faible sur le tendon d’Achille. Cet effet est plus marqué chez les coureurs à stratégie « médio-pied ».

Cependant l’utilisation de ces chaussures entraine forcément une compensation aux niveaux supérieurs, et notamment une sollicitation plus importante des genoux.

Effet d'une semelle orthotic de 12mm à la marche sur le tendon d'Achille [4,5]

Une semelle orthotic est une semelle qui absorbe les microchocs.

La transmission ultrason dans le tendon est proportionnelle à la mise en tension à laquelle est exposé le tendon. Des chercheurs ont donc étudié cette transmission lors de la marche avec et sans l’utilisation de semelle orthotic avec élévation de 12mm.

Ils ont trouvé que la vitesse de transmission était plus faible avec les talonnettes orthotic de 12mm, ce qui indique que la talonnette réduit la mise en tension du tendon d’Achille, et permettrait donc de diminuer la charge totale sur le tendon d’Achille lors de la marche.

Une étude d’août 2020 a eu l’effet d’une petite bombe, elle a comparé l’efficacité en termes de douleur et en terme fonctionnel (VISA-A) du port d’une talonnette contre le suivi d’un protocole excentrique sur 12 semaines.

À la fin des 12 semaines, les scores VISA-A et la douleur était meilleurs dans le groupe des 50 patients ayant utilisés les talonnettes plutôt que le protocole excentrique. 

Les talonnettes utilisées dans cette étude étaient de 12mm (dur en vinyle) avec un revêtement mou (pour le confort = Ultralux) de 3,2mm. [5]

Chaussures hautes vs chaussures basses, impact sur le tendon d'Achille [6]

Cette étude a comparé (sur 2 cadavres) les forces sur le tendon d’Achille de chaussures hautes avec lacets serrés (je précise parce qu’on peut très bien les porter avec la partie de la chaussure desserrée, dans ce cas il n’y a d’ailleurs aucune différence entre les 2 paires) avec des chaussures basses.

Le pic de charge sur le tendon d’Achille était  réduit de 9,9% et le pic de dorsiflexion de 7,2% sur les chaussures hautes comparées aux basses. 

Cette différence peut être attribuée à l’élasticité de la chaussure qui résiste et à la déformation de la chaussure et donc réduit le transfert de force et l’amplitude du mouvement. On voit sur le schéma ci-contre que la zone de résistance imposée par la chaussure haute est plus éloignée du centre de rotation qu’avec la chaussure basse, ce qui entraine une plus forte résistance par la chaussure haute.

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