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Des difficultés avec une GRID ? Que faire ?

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Chez les joueurs de lancé on retrouve souvent un déficit en rotation interne et en adduction horizontale  de l’épaule du côté du bras de lancé. Ce déficit est souvent expliqué par une raideur de la partie postérieure de l’épaule en anglais PST pour postérior shoulder tightness.

Au niveau clinique, cette raideur est retrouvé par un déficit de rotation interne avec diminution de l’amplitude de rotation totale ou maintien de l’amplitude totale avec augmentation de la rotation externe et diminution de la rotation interne :

On voit sur l’image ci-dessus une bascule de l’arc de rotation de 180° du côté de la rotation externe sans perte totale de l’amplitude.

Souvent ce signe clinique est appelé GIRD pour Glenohumeral Internal Rotation Deficit.

Les sportifs avec une raideur de la partie postérieure de l’épaule ont par plusieurs études était considéré comme des sportifs à risque de blessure d’épaule [29,36] ce qui a donné naissance à de nombreux protocole de prévention où on travail la souplesse de la rotaiton interne, notamment en décubitus latéral comme vous avez déjà du le voir. D’ailleurs cette raideur postérieure est souvent retrouvée chez des patients avec un diagnostic de conflit gléno-huméral, ou chez des patients avec des douleurs d’épaules non spécifique sans aucune exposition à des sports de lancé. [14] Cette raideur postérieur est considéré comme un facteur contributeur des conflits postérieurs,[33] des tendinopathies de la coiffe des rotateurs, [3,10]] des conflits sous-acromial [10,18] et de toutes les douleurs lié à la coiffe des rotateurs [18]

 

Quelle est la cause de ce déficit en rotation interne ?

Les altérations tissulaires entrainant ce déficit de rotation interne fréquemment cités dans les publications sont :

– Augmentation de la rétroversion humérale

– Réduction de l’extensibilité de la capsule postérieure

– réduction de l’extensibilité musculo-tendineuse postérieure

Faut-il traiter ces altérations ? [1]

Faut-il traiter la rétroversion humérale ?

Chez les jeunes cette rétroversion est autour de 70° et diminue vers environ 30° avec la maturation du squelette. Lorsqu’une augmentation de la rétroversion est observée du côté dominant des sportifs de lancé, c’est une adaptation du squelette par inhibition la réduction de la torsion dû aux forces exercicée sur la gléno-humérale par l’activité sportive. Cette modification anatomique va entrainer un déplacement de l’arc rotatoire de l’épaule et donc une apparente diminution de rotation interne du côté dominant , cette modification de la rotation est non modifiable et normale compte tenu de l’adaptation durant la croissance. 

Il est donc important de reconnaître cette rétroversion pour éviter de se fatiguer à essayer de traiter un faux déficit !

Donc on ne traite pas lorsqu’ il y a déplacement de l’arc rotatoire sans diminution de celui-ci, associé à une rétroversion humérale

Roach, Neil & Lieberman, Daniel & Gill Iii, Thomas & Palmer, William. (2012). The effect of humeral torsion on rotational range of motion in the shoulder and throwing performance. Journal of anatomy. 220. 293-301. 10.1111/j.1469-7580.2011.01464.x.

Comment savoir s’il y a une rétroversion humérale ? [2]

Pour déterminer si la tête humérale est rétroversée, il faut palper les 2 tubérosités humérale, tracer une ligne imaginaire entre les 2 et comparer la rétroversion au côté controlatérale. La position de référence pour la palpation est : bras le long du corps, avant bras fléchi à 90° en supination.

Faut-il traiter la capsule postérieure ?

La diminution de l’extensibilité de la capsule postérieure a longtemps été cité comme source de la raideur postérieure de l’épaule avec 2 mécanismes présentés comme causant cette raideur de la capsule :

1. Réponse aux mises en tensions causées par les lancés

2.En réponse à une dégénération de l’articulation

En théorie il est logique que les mises en tension répété de la capsule entraine un épaississement de celle-ci, cependant le raccourcissement et la rigidification de celle-ci n’est pas encore prouvé clairement.

Quoiqu’il en soit, est-il possible d’agir sur cette capsule de manière efficace ?

En pratique, lors des mobilisations articulaires de l’épaule, on applique des forces entre 3 et 14 Kg, la capsule gléno-humérale elle a une élasticité de 683 Kg par centrimètre carré. Donc quelle soit nos capacités techniques en thérapie manuelle, il y a peut de chance qu’on atteigne la limite d’élasticité de la capsule articulaire de l’épaule. En supposant que nos interventions inflouence uniquement la capsule, toute motification de la raideur de la capsule et son potentiel impact sur la mobilité de la gléno-humérale serait en fait le résultat de la modification temporaire de sa visco-élasticité. Les évidences sugèrent que si l’objectif est de modifié durablement, l’utilisation d’exercices et de thérapie manuelle est voué à l’échec et donc non indiqué. Cependant dans le cas ou la thérapie manuelle ou les exercices entrainerait une amélioration des amplitudes, les mécanismes de cette amélioration sont tout autre qu’une augmentation de l’élasticité de la capsule articulaire.

Faut-il traiter les muscles et tendons ?

La coiffe des rotateurs postérieure et le deltoïde postérieur sont des potentielles sources de raideur postérieure de l’épaule. Lorsqu’on étudie les épaules symptomatiques, on peut voir sur ces muscles une augmentation de la raideur, une augmentation de l’intensité du signal électromagnétique au repos et la présence de molécules hypernociceptives.

Ces modifications surviendrait lorsque la demande musculaire excède les capacités musculaire du patient, ce qui entraine une dysfonction dans l’activité du rélfexe afférent, comme une sorte de réflexe protecteur de la coiffe postérieure de l’épaule.

Dans ce type de scénario, la rééducation viserait à diminuer l’activité musculaire protectrice.

Plusieurs études ont montré une amélioration immédiate de l’amplitude de la gléno-humérale suite à des intervention visant les structures musculaires, comme les étirements [16,24], le massage [39], la cryothérapie [24], les trigger point [25], les techniques d’énergie musculaire [19], et les mobilisation mécaniques des tissus mous. [15]

Les études n’ont pas forcément été réalisée rigoureusement, mais les gains d’amplitudes rapide obtenus suggèrent qu’entre les 3 possibilités d’intervention sur les raideurs postérieure, celles sur les tissus musculo-tendineux sont les plus à même d’améliorer cette raideur.

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