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Effet anti-douleur du BFR

Les exercices sont connus pour diminuer la sensibilité à la douleur grâce à une modulation de la douleur appelée EIH pour « Exercice-Induced Hypoalgesia ». [1]

Il semblerait que ce mécanisme apparaisse sur des types d’efforts variés, comme de résistances [2], aérobiques [3] ou isométriques [4], mais cet effet serait d’autant plus important que l’intensité de l’exercice l’est, par exemple concernant les exercices de résistance, un effet très important est retrouvé avec un programme d’exercice à 75% de 1 RM. [2,5] Pour les efforts aérobies, les programmes sur des efforts supérieurs à 75% de la VO2max et des durées supérieures à 10 minutes semblent procurer des effets plus importants. [6,7]

On note également que cette hypoalgésie ne concerne pas seulement le membre travaillé, mais tout le corps. [8,9,10,11,12]

Cette stratégie a montré son efficacité pour des pathologies comme la fibromyalgie [13], l’arthrose [14], les douleurs chroniques du cou et des lombaires [15].

Cependant le stress mécanique et vasculaire occasionné par les exercices à charge lourde ou haute intensité ne peut être supporté par tous les patients. Nous allons donc voir si le BFR malgré les charges légères utilisées pourrait permettre à ces patients de bénéficier de l’effet hypoalgésique des exercices.

Lorsqu’on regarde la littérature, on trouve que les exercices sous BFR permettent d’obtenir une réduction de la douleur. [16,17,18] D’ailleurs des évidences récentes montre que l’EIH survient même lors d’exercices à faible charge couplées à du BFR. Par exemple dans une étude, un seul exercice d’extension du genou a permis de réduire des douleurs antérieures de genou de manière modérée à forte pendant minimum 45min. [19,20]

Habituellement l’effet EIH est associé à des exercices de haute intensité et prolongés, donc l’actionnement de cet effet par le BFR suit probablement des voies différentes des voies habituellement reconnues pour les exercices à haute intensité. Dans un article publié par la faculté de sport et santé de Sainte Mary à Londres, l’équipe du Dr Hughes a essayé de comprendre par quelles voies l’effet hypoalgésique du BFR est actionné.[21]

Durant les exercices en BFR, l’hypoxie entraine une augmentation des métabolites et une diminution du pH. L’acidification  stimule les chémorécepteurs [22] qui activent les fibres afférentes III et IV [23] altérant le feedback afférent au Système nerveux central. De plus le BFR entraine une augmentation de l’inconfort voir de la douleur musculaire [24,25] qui peut être causée par la stimulation par les métabolites des groupes III et IV des fibres afférentes et une augmentation de l’activité du système sympathique [26] entrainant une augmentation de la perception de douleur et d’inconfort. Ceci aurait pour conséquence d’activer le système opinoïde et endocannabinoïde qui entrainerait l’effet hypoalgésique, mais aussi sur un second mécanisme passant par l’activation des voies descendantes inhibitrice et donc par modulation de la douleur. [27,28]

Un troisième mécanisme qui pourrait intervenir dans l’apparition de l’effet EIH serait le fort recrutement des fibres musculaires de type II lors d’exercice en condition BFR. En effet le recrutement des unités motrices rapides semblerait important dans la magnitude de l’effet EIH.

Enfin, l’augmentation de la pression sanguine et de la cadence cardiaque sont associées à une diminution à la sensibilité aux stimuli douloureux. [29,30,31,32,33] Ceci serait dû au chevauchement des zones contrôlant les barorécepteurs et les nocicepteurs dans le cerveau. [29,30,34] Lors du BFR l’action sur le système circulatoire pourrait activer les voies descendantes d’inhibition, mais le mécanisme n’est pas encore parfaitement compris et nécessite plus de recherche pour le valider.

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