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Facteurs de risque de la douleur talo-plantaire

Nous allons à présent aborder les facteurs associés et contribuant aux douleurs talo-crurales, en abordant 5 facteurs :

-la voute plantaire,

-la mobilité du pied et de la cheville,

-la force et l’endurance des muscles intrinsèques et extrinsèques du pied,

-l’index de masse corporelle et

-les risques liés aux activités pratiquées.

Voute plantaire

Un pied dont l’arche s’écrase lors de l’appui est connu pour entrainer un stress excessif au niveau de l’insertion sur le calcanéus, alors qu’un pied creux a montré être un facteur de risque chez les coureurs. De nombreuses études ont été réalisées avec différentes techniques de mesures, en actif et en passif, afin de déterminer s’il y avait une association entre la hauteur de l’arche et les douleurs talo-plantaires, mais les résultats ne sont pas concordants ce qui ne permet pas à ce jour d’affirmer qu’il y a un lien avec les douleurs talo-plantaires.

Mobilité du pied et de la cheville

La dorso-flexion de la cheville a beaucoup été étudiée, la théorie étant qu’un déficit de flexion dorsale durant la phase d’appui de la marche entraine une compensation par une dorsiflexion du médio-pied, ce qui entraine un écrasement de l’arche et donc une augmentation de la tension dans le fascia plantaire.

De plus, comme nous l’avons vu précédemment, des études anatomiques ont montré une continuité entre le fascia plantaire et le tendon d’Achille. Les résultats sur ce point sont contradictoires, mais actuellement le consensus penche vers un lien avec le déficit de dorsiflexion. Il est donc conseillé de travailler avec nos patients la dorsiflexion en cas de déficit retrouvé lors du BDK. 

La réduction de l’extension de l’articulation de la 1ère métatarsophalangienne a également été étudiée du fait que l’extension des orteils entraine une mise en tension du fascia plantaire. L’hypothèse est donc qu’un déficit en extension des orteils indiquerait un manque de flexibilité du fascia plantaire, ce qui entrainerait une forte mise en tension de celui-ci plus fréquemment, notamment au moment du toe-off lors de la marche.

Encore une fois, les résultats sont divergents. Cependant un étirement du fascia plantaire en utilisant l’extension des orteils a démontré son efficacité dans la diminution de la douleur talo-plantaire, mais on ne sait pas vraiment si c’est dû à une amélioration de la souplesse de la voute plantaire ou par exemple à une désensibilisation des tissus et une amélioration à la tolérance à l’étirement.

Force et endurance musculaire

Les muscles intrinsèques du pied et extrinsèques, comme le tibial postérieur, ont un impact direct sur la voute plantaire. Un déficit de l’un d’entre eux a logiquement un impact direct sur le maintien de l’arche et donc sur sa capacité à absorber les contraintes. S’il y a un déficit musculaire, les structures passives sont donc soumises à des contraintes plus élevées.

Les fléchisseurs des orteils, fléchisseur de l’hallux, des fléchisseurs plantaires de cheville, des éverseurs (et non des inverseurs) ont montré dans différentes études une réduction de force, ce qui peut être une cause ou une conséquence de la pathologie. La rééducation spécifique de ces muscles n’a pas vraiment été étudiée, cependant, retrouver ces déficits et les reconditionner est une bonne piste pour retrouver les capacités fonctionnelles du pied. De plus on retrouve très souvent chez les patients des compensations, musculaires intrinsèques ou extrinsèques, plus ou moins visibles qu’il est intéressant de comprendre pour optimiser la rééducation.

La modification la plus classique et visible est la diminution de l’appui talonnier et une augmentation de l’appui sur le bord latéral du pied, entrainant un faible recrutement du premier rayon du pied et donc une atrophie musculaire de celui-ci, entrainant une faiblesse de l’arche du pied.

Body Mass Index

Le poids entraine une charge sur la voute plantaire, plus il est élevé, plus la voute plantaire subira de fortes charges. Dans la population générale, un gros BMI est associé à des douleurs talo-plantaires, notamment à un BMI supérieur à 30 kg/m2. Ce pendant le BMI ne semble pas avoir d’impact sur le pronostic après un traitement conservateur.

Par contre dans une population de coureurs, le BMI ne semble pas avoir d’impact sur la douleur talo-plantaire, alors que c’est une population qui a tendance au contraire à charger souvent leur voute plantaire.

On retiendra qu’une personne obèse a 14 fois plus de risques de développer un fasciite plantaire chronique.2

Association avec les activités

Chez des travailleurs, une étude a montré une corrélation entre le temps passé debout sur des surfaces dures et la présence de douleur talo-plantaire; 

Une autre étude sur la population générale n’a retrouvé aucune différence avec le temps passé debout ou avoir un travail qui demande à être debout.

Ne pas faire des exercices réguliers a été associé à une plus haute prévalence de douleur talo-plantaire, alors qu’une activité à hauteur de 20 minutes 3 fois par semaine a été associée à une diminution de cette prévalence.

Chez les coureurs, qui comme on a vu précédemment, sont très atteints par les douleurs talo-plantaires, il a été trouvé une corrélation avec le nombre de kilomètres parcouru par semaine. 

Conclusion

On voit que de nombreux facteurs ont des données contradictoires, il peut avoir plusieurs raisons à cela dont notamment une origine multifactorielle des douleurs talo-crurales, il est donc important de garder l’esprit ouvert, et de ne pas hésiter à essayer différentes stratégies sur votre patient en fonction de sa réponse aux des traitements appliqués et spécifiquement aux cas soignés. De plus il faut rester conscient que la présence d’un élément plus fréquemment chez une population ayant une pathologie ne veut pas dire pour autant que cette élément est la cause de la pathologie. Par exemple on sait que les personnes avec des douleurs talo-crurales ont très souvent un fascia plantaire épaissi à l’échographie, l’épaississement est probablement dû à une phase d’adaptation à une surcharge, qui devient douloureuse lorsque l’adaptation ne suffit plus, dans ce cas, l’épaississement est une conséquence de la cause de la surcharge, cette cause de l’épaississement étant aussi cause initiale de la douleur talo-plantaire.

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