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Introduction et biomécanique du tibial postérieur

La dysfonction du tendon du tibial postérieur est une pathologie souvent mal diagnostiquée. D’ailleurs, le nombre d’articles scientifiques sur le sujet n’est pas très élevé, mais nous avons réuni toutes les informations existantes sur le sujet pour vous permettre d’avoir un maximum de données pour améliorer votre prise en charge des dysfonctions du tendon du tibial postérieur.

Biomécanique

Le tibial postérieur se situe dans la partie profonde du compartiment tibial postérieur, entre le long fléchisseur des orteils et le long fléchisseur de l’hallux. Il descend en médial et longe la malléole médiale puis va s’attacher au niveau du médio-pied par 9 attaches dont la plus puissante sur le naviculaire.

Les fonctions du tibial postérieur sont la flexion plantaire de la cheville, l’inversion du médio-pied à travers l’adduction et la supination de l’articulation subtalaire, et la stabilisation dynamique de la voute plantaire.2

En fonctionnel, il permet de contrôler le pied moyen en pronation pendant la phase d’appui unipodal lors de la marche. Il verrouille également le pied en levier rigide permettant la propulsion durant la phase de propulsion lors de la course, de la marche ou des activités sur la pointe du pied. D’ailleurs un patient qui a une rupture du tibial postérieur ne pourra absolument pas se mettre sur la pointe des pieds.

Pour le tibial postérieur, les tendinopathies sont généralement déclenchées par un souci de surcharge mécanique, généralement par une augmentation brutale de l’activité sportive ou de changement de chaussures.

D’après Russell Wright on peut également les voir suite à une surcharge chronique dûe à une blessure précédente comme une entorse de la cheville. Le patient aura tendance à surcharger en pronation et sera donc plus à même de déclencher une tendinopathie réactive. Sur ce type de patient lors qu’on demande une flexion plantaire maximale, on voit un écrasement de la voute plantaire en fin d’amplitude.

Epidémiologie

Il y a très peu de données sur l’épidémiologie de la dysfonction du tendon du tibial postérieur. Une étude a recherché sa présence en Angleterre sur un échantillon de 1000 femmes de plus de 40 ans. Le diagnostic a été positif chez 3,3% de cette population, dont 7 en stade 1, 12 en stade 2 et 9 avec des déformations du pied fixe 1 (nous verrons les différents stades dans le chapitre suivant). 

L’article indique également que c’est une pathologie qui est sous-diagnostiquée par les professionnels de santé.

Ce tendon a des tendances à la dégénérescence notamment juste en distal de la malléole interne, car la zone est hypovascularisée, et de plus il n’a pas de mésotendon associé.

Cette pathologie entraine une diminution de la qualité de vie une augmentation de la douleur générale au niveau du pied et de la cheville. 4

En 2020 une équipe a sélectionné 150 participants dans la population générale et a réalisé des échographies des 2 tendons du tibial postérieur chez ces participants, ils ont retrouvé un trait de tendinopathie chez 48,1% des participants, dont :

-19,2% d’épanchement circonférentiel

-25,9% d’épanchement non circonférentiel

– 8,3% d’épaississement 

-11,7% d’hétérogénéité

-7,1% d’hyperémie

– 0,8% de calcification.

Ils ont également noté que les patients Caucasiens avaient 3 fois plus de chance d’avoir une anomalie comparée aux afro-américains.

La pourcentage d’anomalie dans la population générale est donc énorme, une prise en charge précoce permettrait d’éviter d’évoluer vers des stades graves.

Une troisième équipe a réalisé des échographies du tibial postérieur chez 56 athlètes indonésiens se plaignant de douleur du pied, du genou, du dos ou de trouble postural. Parmi cette population ils ont trouvé :

– 70,5% de pieds plats

– 61,6% de tendinopathie du tibial postérieur

– 6,3% de déchirure partielle du tibial postérieur.

Au niveau du sport pratiqué, voici la répartition des tendinopathies du tibial postérieur qui ont permis d’obtenir un total de 61,6% :

-21,4% à la lutte (24 sur 34 soit 70% dans le groupe de lutteurs inclus !)

– 16,1% à l’escrime (18 sur 26 soit 69% dans le groupe d’escrime inclus !)

– 8,9% au handball (10 sur 20)

– 7,1% à l’athlétisme (8 sur 14)

– 4,5% au Wushu (art martial)

– 3,6% à la gymnastique.

Histoire de la maladie

L’histoire de la maladie est en général une douleur derrière la malléole médiale et au niveau médial du pied qui augmente avec la station debout et les activités. Les patients perdent progressivement la fonction de leur pied, ressentent une faiblesse globale du pied, puis le pied devient progressivement un pied plat avec une accentuation des douleurs. Il y a 4 stades de dégénérescence décrits dans le système de Bluman et Myerson.

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