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Introduction sur le gainage du pied

Les origines de l’arche du pied ou voute plantaire

L’arche du pied est apparue lorsque nos ancêtres ont bifurqué d’un moyen de locomotion principalement arboricole vers un moyen de locomotion principalement terrestre. L’évolution a entraîné :

– un élargissement et une position en adduction de l’hallux, 

-une diminution de la longueur des autres orteils, 

-une compaction et un réalignement des os du tarse pour éviter que le tarse moyen ne se plie (comme chez les chimpanzés8), 

– ainsi qu’une longue arche longitudinale médiale composée d’éléments de mise en tension puissants, ce qui forme un levier de propulsion lors de la marche bipodale. 

Et puis, les besoins de course en endurance ont fait que le pied a ensuite acquis la possibilité de fonctionner comme un ressort9

Le pied évolué se retrouve alors avec un tendon d’Achille beaucoup plus gros, une aponévrose plantaire ainsi que des ligaments sous le pied qui agissent comme des ressorts (absents chez le chimpanzé). 

Les Homo sapiens disposent de puissants muscles intrinsèques du pied qui sont parfois complètement absents chez les quadrupèdes dont la stabilisation des pieds est majoritairement passive. On comprend bien que l’appui unipodal de l’Homo sapiens lors de la course requiert un pied qui soit assez mobile pour s’adapter au terrain et ne pas tomber, mais également adaptable activement pour créer une certaine stabilité lors de la prise d’appui unipodal. 

Lorsqu’on regarde l’activité électromyographique du pied lors des activités, on voit que la plus grosse activité des muscles du pied a lieu lors de la course par rapport à la marche10. Lors d’appui unipodal la stimulation est beaucoup plus importante si on fait porter une charge à l’individu.11 L’évolution du pied de type Australopithèque à celui d’Homo Sapiens serait donc due à une augmentation de la fréquence de long trajet avec port de charge.12

Le gainage

Le gainage se réfère très souvent au complexe lombo-pelvien du fait que si ces muscles sont faibles ou recrutés anormalement, les fondations proximales deviennent instables et mal alignées, ce qui entraîne des mouvements anormaux qui entraînent à leur tour des pathologies de surcharge au niveau des membres inférieurs.1,2,3

Dans un article écrit par 4 experts, dont Irène Davis du département de réadaptation physique du centre national de course à pied d’Harvard, il est mis en évidence que le gainage a une importance majeure également au niveau du pied. 

Comme pour la zone lombo-pelvienne, l’arche du pied est contrôlée par des stabilisateurs locaux et des muscles plus longs appelés en anglais « global movers ».

Les stabilisateurs locaux, qui sont les muscles intrinsèques du pied ont des bras de levier faibles, une section faible et ont pour objectif premier de stabiliser l’arche. Les « global movers » ont pour origine la jambe et viennent s’insérer sur le pied, ils ont un grand bras de levier et une section importante, leur objectif premier est le mouvement du pied.

À chaque pas, les muscles intrinsèques du pied contrôlent le degré et la vitesse de déformation de la voûte plantaire. Lorsqu’ils ne fonctionnent pas correctement, cela entraîne des mouvements anormaux du pied par déformation excessive et répétée de la voute plantaire et défaut du contrôle moteur de la pronation du pied. Ce qui crée une fondation instable pour tout le membre inférieur.

Les déformations répétées vont entrainer une sur sollicitation de la voute plantaire, qui joueront un rôle dans les fasciopathies plantaires, mais aussi par compensation dans les tendinopathies du tibial postérieur.  Le défaut du contrôle de pronation va lui jouer un rôle dans les périostites, le tendon d’Achille en modifiant l’angle de traction du tendon d’Achille par modification de l’angle de traction qui est déporté en médiale et probablement d’autres pathologies plus proximales.4,5,6,7,13,14,15

Ce qu'il faut retenir

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