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L’arthrose des doigts et du pouce

L’arthrose : 

– traitement médical, antidouleurs et infiltration. 

– traitement chirurgical : soit on fusionne les deux os (arthrodèse), soit on enlève des morceaux d’os, soit on met des prothèses. 

Plus l’articulation est mobile moins on a tendance à faire des arthrodèses. Moins elle mobile, moins elle est utile dans sa mobilité plus on aura tendance à faire des arthrodèses, car on n’aura pas besoin de s’inquiéter sur la durée de vie de la prothèse. 

Les interphalangiennes distales : n’ont pas une mobilité fonctionnelle essentielle donc on proposera facilement une arthrodèse. 

Ceci n’est pas vrai pour l’interphalangienne proximale : les arthrodèses donnent de très bons résultats, mais la position de fonction est la flexion (50° pour l’index à 90° pour le 5e doigt) et donc cela peut gêner d’avoir au quotidien un doigt bloqué en flexion. On aura donc tendance à proposer des prothèses qui s’apparentent aux prothèses de genou et qui donnent des résultats satisfaisants. 

 

Les MCP même histoire, on aura tendance à proposer une prothèse si possible. L’arthrodèse à ce niveau-là n’est pas bien tolérée, car l’utilisation de la main en devient très gênante même si la force est bonne. 

La MCP du pouce accepte par contre très bien l’arthrodèse. Le pouce en redevient stable et la mobilité est maintenue grâce aux autres articulations du pouce. 

On retient : pour une main en bonne santé, le pouce doit être stable et les doigts longs doivent être souples. 

La prothèse trapézo-métacarpienne : très bonne prothèse, avec des résultats très bons à 6 semaines, une longueur du pouce maintenue et donc une bonne force. Il existe également le traitement par trapézectomie qui donne des résultats satisfaisants et comparables à la prothèse à 6 mois. Par contre la trapézectomie raccourcit la longueur du muscule et donc forcément il va y avoir une perte de la force de la colonne du pouce. 

La rééducation : 

– En cas d’arthrodèse d’IPP : ne pas forcer, mais aider à travailler l’IPD et bien sûr mobiliser pour éviter les adhérences. 

– Dans le cadre des prothèses : travailler en mobilisation rapide les prothèses en respectant la cicatrisation du tendon extenseur. Vigilance accrue pour les prothèses d’IPP, car pour placer la prothèse il faut généralement soulever la bandelette médiane de l’extenseur : maintenir l’IPP en extension et travailler l’extenseur tout doucement sans forcer dessus. 

– Pour la prothèse trapézo-MC : la mobiliser, ne pas forcer pendant 6 semaines et surtout bien travailler l’ouverture de la première commissure. Lors de la chirurgie, le patient part d’un pouce généralement en Z (adduction du 1er MC associée à une subluxation dorsale de la 1ère phalange) à une ouverture commissurale retrouvée donc qu’on veut conserver. 

Exemple de rééducation d'une prothèse d'IPP

Prothèse de l’IPP de D4 

1. Echauffement avec la chaleur et les vibrations (attention pas les 6 premières semaines)

2. Exercice de l’escargot : on enroule les doigts articulation après articulation autour de la tige. 

3. Bandage en griffe pour travailler la flexion de l’IPP. 

4. Posture en griffe sur le plateau canadien avec une légère extension de MP pour bien étirer les interosseux et les lombricaux qui peuvent limiter la flexion en se rétractant. 

5. Faire travailler de manière active les IPP et IPD en gardant la position de la griffe, on libère simplement les doigts, on place un tige contre la pulpe des P1 et on demande à venir toucher la tige. 

6. Travail spécifique du fléchisseur profond : toujours sur le plateau canadien, on coince l’IPP en légère extension et on demande à la patiente de fléchir uniquement les dernières phalanges. 

7. Travail uniquement du fléchisseur superficiel en bloquant les autres doigts et en libérant uniquement le 4eme doigt : la patiente doit effectuer une flexion de l’IPP seule. 

8. Pour augmenter le recrutement du fléchisseur, renforcement musculaire avec les électrodes (à nouveau on bloque le poignet sur le plateau canadien pour que ce soit uniquement les doigts qui travaillent)

9. Travail de l’extension de l’IPP : attention à bien bloquer la MP devant/derrière puis faire la posture d’extension des doigts. 

Exemple de rééducation d'une prothèse de pouce

Prothèse de pouce à deux mois : déjà une bonne mobilité retrouvée. 

1. Chaleur pour le relâchement musculaire 

2. Bandage en opposition pour travailler la mobilité du pouce. Pose du bandage sans forcer en respectant la sensation du patient. Le but étant de ramener la pulpe du pouce vers le pli palmaire distal. On pose la main une fois bander en inclinaison ulnaire avec la main opposée qui étire les muscles extenseurs et abducteurs du pouce. 

3. Travail mobilité du pouce dans tous les secteurs sur le plateau canadien : travail de la flexion de l’IP (bâtonnet devant P1 du pouce et en bloquant le 2eme doigt ; travail du long fléchisseur du pouce et écartement du MC). 

4. A partir de cette position on déplace le bâtonnet au niveau du 4ème doigt et on demande à la patiente de travailler l’opposition du pouce : fléchir l’IP et s’approcher du pli palmaire distal. 

5. Travail de l’antéposition du pouce : main de profil et bâtonnet devant la paume et les doigts puis on demande un écartement du pouce (tige pour donner un objectif d’écartement) et on demande aussi de ramener le pouce au maximum. 

On peut également à partir de cette position travailler de nouveau l’opposition du pouce en demandant au patient de venir toucher le plateau canadien. 

6. Travail de la mobilité en rétropulsion du pouce : d’abord en passif avec une position en étirement de P1 posée passivement sur une mousse et l’autre main qui amène le reste de la main vers la table. Puis en actif : bloquer le poignet et l’index, tige à 45° pour recruter la rétropulsion du pouce et décoller le pouce le long de la tige. 

7. Posture en abduction du pouce toujours sur le plateau canadien et finir en actif en demandant à la patiente d’écarter au maximum le pouce depuis la même position. 

Cas clinique suite à une arthrodèse 4 os

Arthrodèse 4 os à 6 mois de l’opération : 

– très bonne extension à 80°, car la radio-carpienne est libre

– la flexion est limitée à 25° car la médio-carpienne est bloquée. 

Ce qui compte au niveau fonctionnel est l’extension donc le patient est bien au quotidien. 

Voie d’abord de la chirurgie postérieure.

Les fiches sont téléchargeables à la fin de la formation.

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