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Les bilans pour les BM

La vidéo vous présente différents bilans ou partie de bilans réalisés par Aurélie avec la participation de ses patients. Afin de compléter le chapitre nous vous conseillons donc à la fois de visualiser la vidéo et de lire le texte du chapitre qui diffère du contenu de la vidéo. 

Vous trouverez dans le chapitre suivant les bilans de sortie du centre de rééducation de Christel et Anthony afin de vous mettre en situation face à un nouveau patient arrivant à votre cabinet avec son bilan de sortie. 

Rien de très original en ce début de bilan :

 

– Présentation du patient, donc son nom et son prénom, sa date de naissance, son âge, sa profession, ses loisirs (permet de trouver un sujet de discussion et d’ouvrir l’idée à la pratique d’activité physique et de loisirs adaptés), et sa situation familiale (y a t il un entourage proche ? Vit il seul ?) De même, le domicile est il adapté ? Y a t il des travaux à prévoir ? Des aides sont possibles, afin de prendre en charge les travaux. Une assistante sociale peut venir en aide au patient si besoin. En cas d’origine traumatique et si un tiers est responsable l’argent du dédommagement peut également aider à prendre en charge les travaux si le patient est propriétaire de son domicile. Si le patient est locataire, a t il prévu de déménager si son logement n’est pas adapté ?

 

– Anamnèse : quelles sont les conditions de cette lésion ? Est ce une cause traumatique ou médicale? Depuis combien de temps ? (ça donne une idée des progrès possibles, plus la lésion est éloignée, plus la récupération est compromise). Sa latéralité ? Elle est importante à connaître essentiellement pour les tétraplégiques, d’autant si la lésion n’est pas symétrique entre l’hémicorps droit et l’hémicorps gauche.

 

– Antécédents et traitements : rien de particulier ici. Peut être juste se méfier des traitements contre l’hypertension, s’ils sont surdosés peuvent provoquer des chutes de tension lors des verticalisations.

 

– Les objectifs du patient : Ils sont essentiels. Mais souvent différents du ceux du kiné. Il n’est pas nécessaire d’emblée de dire aux patients que ses objectifs ne sont pas envisageables. Il faut le laisser cheminer, d’autant plus si la lésion est récente, et revoir avec lui au bout d’un certain temps si ses objectifs ont changé, preuve que l’acceptation des séquelles est en train d’évoluer.

– Les douleurs : comme expliquées précédemment, elles peuvent être sus lésionnelles, essentiellement localisées aux épaules, lésionnelles (avec une sensation d’étau, d’écrasement, de barre), ou sous lésionnelles (souvent des douleurs neuropathiques). Afin d’évaluer ses douleurs neuropathiques, et ainsi voir avec le médecin pour un traitement spécifique de ces douleurs (lyrica par exemple), on utilise l’échelle DN4. Cette échelle, donnant un résultat sur 10, permet de cibler précisément les douleurs neuropathiques. Elle évalue le type de douleurs (picotements, brûlures…), si elles se localisent sur un territoire ayant une hypoesthésie au tact ou à la piqure, et pour finir si cette douleur s’intensifie au frottement.

Il existe un test adapté pour quantifier les douleurs aux épaules des patients utilisant un fauteuil roulant. Le questionnaire WUSPI.

Il permet de quantifier les douleurs, et surtout à quel moment elles apparaissent. Ainsi, on demande au patient d’évaluer sur 10 la douleur qu’il présente pour chaque question. La somme des 15 questions constitue le score total, qui va de 0 à 150.

Ce questionnaire a été validé en français par l’équipe de Tiphaine Delcourt en 2016. [2]

– Cutané-Trophique-Vasculaire : On s’intéresse ici à l’état cutané et aux impacts trophiques et vasculaires du patient.

A t-il des escarres ? Question primordiale, notamment sur sa localisation, ce qui pourrait restreindre certains exercices ou encore même l’assise au fauteuil pendant un certain temps.

A t-il des œdèmes ? Et donc des bas ou des chaussettes de contention ? Celles-ci aident au drainage mais aussi au maintien de la tension. La ceinture abdominale est là également pour aider cette dernière.

Des troubles tensionnels sont-ils connus ? Une surveillance accrue est nécessaire pour éviter toute chute de tension pendant les séances et notamment une éventuelle verticalisation.

– Respiratoire

Le patient est-il fumeur ?

Est-il encombré ? Si oui a t-il besoin de kiné respiratoire ?

Est-il équipé d’une VNI la nuit ?  D’une trachéotomie ?

Avez-vous accès à la dernière spirométrie réalisée ? Celle-ci donne comme information essentiellement le VEMS (volume expiratoire maximum par seconde), la CVF (la capacité vitale forcée) et le DEP (débit expiratoire de pointe). Ce dernier paramètre renseigne sur la capacité du patient à expectorer, à être capable de solliciter ses abdominaux. La spirométrie donne également une conclusion sur le souffle et la restriction.

Quel est son type de respiration ?

 

 

Digestif et urinaire :

Ces deux chapitres ne sont pas primordiaux dans le bilan kiné. Les principales choses à savoir sont la présence de fuites, que ce soit de selles ou d’urines. Le patient a t-il des fuites ? Pour les kinés ayant une balnéothérapie, ça pourra être, c’est une évidence, une contre-indication. Est-ce que les fuites surviennent à l’effort ? Cette notion est importante car si elles surviennent lors des exercices, elles pourraient faire stopper ceux-ci, car un patient, à cause du risque cutané, ne pourrait pas rester dans ces conditions de macération. Il faut donc surveiller les odeurs 😉 .

– Articulaire :

C’est ici un bilan classique. Attention cependant aux POAN, avec un blocage articulaire « rigide », une sensation de zone dure dans l’articulation. Malheureusement seule la radio peut réellement confirmer sa présence… La spasticité, si elle est importante, peut compromettre cette partie du bilan. La spasticité est-elle responsable d’attitudes vicieuses ? Sont-elles réductibles ? Ces limitations peuvent être gênantes pour les soins du quotidien, la position au fauteuil, ou dégrader la qualité de la marche. La goniométrie de chaque articulation n’est pas nécessaire, il faut surtout s’en tenir aux articulations limitées.

–  Musculaire :

Motricité volontaire : on utilise l’échelle de Daniels. Elle permet une cotation sur 5 de la force musculaire. On peut tester ici par myotome sous lésionnel.

Echelle de Daniels :

0 : pas de contraction

1 : contraction palpable sans déplacement

2 : mouvement réalisé sans pesanteur dans toute l’amplitude

3 : mouvement réalisé contre pesanteur dans toute l’amplitude

4 : mouvement réalisé dans toute l’amplitude avec résistance modérée

5 : mouvement dans toute l’amplitude contre résistance maximale

 

La difficulté ici réside dans le fait de pouvoir faire toutes les cotations contre pesanteur si le patient ne peut pas forcément se retourner ou se mettre dans les positions adéquates, à nous de nous adapter !!! 🙂

 

Motricité involontaire :

Les signes de Babinski (élévation majestueuse de l’hallux à la stimulation de la voute plantaire) ou de Hoffman (flexion des IPD lors d’une pression sur l’ongle du majeur) signent une atteinte de la voie pyramidale.

Les 2 échelles de Ashworth modifée et de Tardieu permettent de quantifier la spasticité. Elles s’effectuent par des étirements à vitesse rapide pour Ashworth et à différentes vitesses et différents angles pour Tardieu. L’échelle d’Ashworth est plus simple d’utilisation mais moins précise.

Si le patient présente des spasmes (aussi appelées contractures) peuvent être quantifiés par l’échelle de Penn, qui comptabilise le nombre de spasmes et la circonstance de survenue.

Y a t-il des clonus au niveau des triceps suraux ? Et est ce qu’ils sont épuisables ? (S’arrêtent ils tout seuls?)

– La sensibilité : Elle se teste sur les différents dermatomes sous lésionnels et doivent être testées sur les différentes modalités. On testera alors la sensibilité superficielle (tact par exemple), la sensibilité thermo-algique (pincer par exemple), et la sensibilité profonde (savoir comment est placé son hallux ou son pouce).

– Fonctionnel :

Il dépend de la lésion, on ne va par exemple pas tester la marche chez un patient qui n’a aucune motricité aux Mis, mais ça tombe sous le sens !

On peut également être amené à faire une étude de positionnement nécessaire au patient pour améliorer son équilibre et donc ses capacités fonctionnelles. Mais elle permet également d’adapter au mieux le fauteuil du patient et ses accessoires (le coussin par exemple) pour éviter les points d’appui et le risque d’apparition d’escarres. C’est une chose à penser devant l’apparition de troubles cutanés chez un patient, son fauteuil est il toujours adapté ? Sa posture a t elle changé ? Et il peut ainsi être orienté vers une clinique du positionnement.

Equilibre : il existe différents tests d’équilibre.

Le Boubée et l’EPA sont beaucoup utilisés en neurologie, pour tester l’équilibre assis, le patient devant être assis sur un plan stable. On demande au patient d’effectuer les consignes successives des échelles.

Le Tinetti et l’EPD peuvent être utilisés pour tester l’équilibre debout. Pour un gain de temps, ils pourront être remplacés par des tests d’équilibre unipodal ou bipodal, les yeux ouverts et fermés, en étant chronométrés. Pour les plus de 65 ans, le TUG (time up and go, le patient doit parcourir 3m aller retour, dans le moins de temps possible, le chair test (le patient doit s’asseoir et se mettre debout 5 fois sans se tenir) et le romberg modifié (le patient doit rester stable les pieds joints, sur surface dure ou molle type mousse) sont utilisables. Ce sont des tests référencés. [1]

Test de Boubée
Scores du Bourgès EPA et EPD

 

L’indépendance aux AVQs (activités de la vie quotidienne) : le patient est il capable de s’habiller (y compris les bas/chaussettes de contention), de se laver, d’aller aux toilettes, de cuisiner ou de manger seul… Il ne faut pas confondre indépendance et autonomie. L’indépendance est la capacité à effectuer des taches motrices seul. L’autonomie est la capacité de prendre ses décisions seul. Par exemple un tétraplégique sera dépendant mais autonome, alors qu’un traumatisé cranien sera indépendant mais pas autonome, pour être schématique.

 

Le matériel à disposition sera également noté :

– fauteuil roulant : manuel ? Électrique ? Quel type de commande ?

– le coussin : est-ce de l’air ? De la mousse mémoire ?

– y a t-il du matériel à la maison ? Lève malade par exemple ? Lit médicalisé ?

 

Les transferts : il s’agit de savoir si le patient est capable de se mettre seul au lit, s’il nécessite de l’aide ou l’utilisation d’une aide technique telle qu’une planche de transfert. Est-il capable de monter et descendre de voiture ?

Les NEMs : ce sont les niveaux d’évolution motrice inspiré de la méthode Bobath. Ce sont toutes les positions pour passer du DD à debout. Elles passent par le 4 pattes, le chevalier servant, le genou dressé et permettent d’envisager un relevé du sol. Elles permettent également de voir la capacité du patient à se retourner.

La marche : bilan classique de marche. Le patient a t-il besoin d’aide technique ? Y a t-il des boiteries ? …

Les escaliers : est-il capable de les franchir ? En montée ? En descente ? Avec la rampe ? Une aide technique ?

Bilan Diagnostic Kiné :

  • Déficiences : Perte de substance ou altération d’une structure ou d’une fonction psychologique, physiologique ou Déficience anatomique

Exemple : le patient présente de la spasticité

 

  • Incapacités : Réduction (résultant d’une déficience), partielle ou totale, de la capacité d’accomplir une activité dans les limites considérées comme normales pour un être humain. Elle représente l’expression fonctionnelle de la maladie secondairement à la déficience.

Exemple : parce qu’il est spastique, le patient a du mal à maintenir son équilibre assis

 

  • Handicap/ Désavantage : Préjudice pour un individu qui résulte de sa déficience et de son incapacité et qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle considéré comme normal compte tenu de l’âge, du sexe et des facteurs socioculturels

Exemple : du fait d’un trouble de l’équilibre assis, le patient ne peut pas pratiquer une activité physique adaptée.

 

Objectifs kiné :

Dépendent du bilan et de la phase de la lésion (aigue, chronique).

Exemple : lutte contre la spasticité et amélioration de l’équilibre assis.

 

A la fin de la formation nous vous proposons de télécharger le PDF du bilan sur le blessé médullaire créé spécialement pour cette formation. 

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