• Votre panier est vide.

Le patient peut-il poursuivre ses activités durant la rééducation ? Protocole de Silbernagel avec et sans continuation de l’activité

Le patient peut-il continuer ses activités sportives durant la rééducation ?

Dans une étude, le célèbre docteur Silbernagel compare son protocole avec et sans continuation des activités sportives. 

Les 2 protocoles entrainent une très bonne amélioration des symptômes et de la fonction, mais le protocole avec continuation d’activité a l’énorme avantage de permettre au patient de continuer ses activités ce qui permet bien sûr de continuer sa passion, mais aussi d’entretenir les capacités spécifiques à celle-ci. Ce qui est intéressant dans ce protocole est la façon dont ils ont réussi à continuer les activités sportives, sans entrainer de surcharge sur le tendon, nous allons donc étudier la méthodologie de leur protocole.

Le protocole est basé sur une mise en charge progressive du tendon d’Achille.

Les participants du groupe « arrêt des activités » n’étaient pas autorisés à pratiquer des activités avec sauts et/ou course et aucune activité qui occasionne des symptômes pendant les 2 premières phases du protocole. Ils avaient uniquement le droit, s’ils le voulaient, d’aller nager, de courir en eau profonde avec un gilet de flottaison (pour décharger le poids), et marcher uniquement pour faire les activités de la vie quotidienne, mais pas pour faire du sport.

Les participants du groupe qui a continué ses activités pendant les 6 premières semaines de rééducation avaient le droit de faire les activités qu’ils voulaient (quelle que soit l’intensité) tant que la douleur ne dépassait pas 5 sur 10 pendant et après les activités et elle devait avoir disparu le lendemain matin. De plus la douleur au tendon ainsi que la raideur matinale ne devaient pas augmenter au cours des semaines du protocole.

Principes de rééducation

Les exercices sont effectués une fois par jour, et l’intensité et le nombre de répétitions sont basés sur l’état du patient.

L’intensité est augmentée successivement : 

-en augmentant l’amplitude des mouvements (d’abord directement au sol puis en bord de marche),

-en augmentant le nombre de répétitions (à partir de 3 séries de quantité maximale tolérée, jusqu’à 15 répétitions maximum par série),

-et en augmentant la charge (avec l’utilisation d’un sac à dos ou d’un appareil de musculation et en augmentant la vitesse).

Dans la phase 3 du programme de rééducation, les patients commencent les exercices pliométriques. La phase 1 dure 1 à 2 semaines, la phase 2 dure 2 à 5 semaines et phase 3 dure 3 à 12 semaines, ou plus si nécessaire pour atteindre l’état requis pour la phase 4. La phase 4 est à continuer jusqu’à ce que le patient n’ait plus aucun symptôme.

Le protocole est divisé en 4 phases, le passage à la phase suivante dépend à la fois des symptômes et du temps passé sur une phase :

Phase 1 :

Statut du patient : douleur et difficulté dans toutes les activités, difficulté à effectuer 10 montées sur la pointe des pieds en monopodal.

Objectifs : Commencer à faire des exercices, compréhension de leur pathologie et apprentissage de la gestion de la progression par la douleur.

Temps : 1 à 2 semaines

Programme :

–  Éducation du patient concernant le dosage par la douleur ressentie, et conseils sur la réalisation des exercices

– Exercices circulatoires : flexion plantaire / flexion dorsale

– Montée sur les pointes de pieds en bipodal sur le sol : 3 x 10-15 fois

– Montée sur la pointe du pied pathologique en unipodal : 3 x 10 fois

– Montée sur la pointe des pieds en position assise : 3 x 10 fois

– Montée sur la pointe des pieds puis redescente en excentrique sur le pied pathologique : 3 x 10

Phase 2 :

Statut du patient : Douleur à l’exercice, raideur matinale, douleur lors de la montée sur la pointe des pieds

Objectif : Commencer le renforcement

Temps : 2 à 5 semaines

Programme : exercices à faire tous les jours

–  Montée pointe des pieds en bipodal sur le bord d’une marche : 3 x 15 fois

– Montée sur la pointe du pied en unipodal sur le bord d’une marche : 3 x 15 fois

– Montée pointe des pieds en bipodal en position assise : 3 x 15 fois

– Travail pointe de pied en excentrique sur le bord d’une marche : 3 x 15 fois 

– Rebondir sur la pointe des pieds rapidement : 3 x 20 fois

Phase 3 :

Statut du patient : Le patient gère la phase 2, pas de douleur distale à l’insertion du tendon, raideur matinale diminuée ou augmentée

Objectif : Intensification du renforcement, augmentation ou début de la course ou d’activité de sauts

Temps : 3 à 12 semaines

Programme : Exercices sans poids à faire tous les jours, exercices avec poids à faire 2-3 fois par semaine

–  Montée pointe de pied unipodale sur le bord d’une marche avec du poids : 3 x 15 fois

– Montée pointe de pieds en position assise : 3 x 15 fois

– Travail pointe de pied en excentrique en bord de marche avec du poids : 3 x 15 fois

– Rebond rapide sur la pointe des pieds : 3 x 20 fois

– Travail pliométrique

Phase 4 :

Statut du patient : symptômes très faibles, raideur matinale pas tous les jours, peut participer à des activités sportives sans difficulté

Objectif : Maintenir les exercices, pas de symptômes

Temps : 12 semaines à 6 mois

Programme : Exercices à réaliser 2-3 fois par semaine

–  Montée pointe de pied en unipodal en bord de marche avec du poids : 3 x 15 fois

– Travail excentrique en bord de marche avec du poids : 3 x 15 fois

– Rebond rapide sur la pointe des pieds : 3 x 20 fois

Lors de cette étude qui a donc comparé un groupe qui a continué ses activités et l’autre qui a arrêté, il n’y a eu aucune différence significative sur le résultat de la rééducation !

Lors du protocole de Silbernagel on peut donc indiquer à nos patients qu’ils peuvent continuer leurs activités si la douleur ne dépasse pas 5 sur 10.

physio-learning©. Tous droits réservés. Cliquez ici pour voir les conditions d'utilisations