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Le renforcement musculaire

Le renforcement

Le renforcement sus lésionnel et le réentrainement à l’effort

         Pas de précautions particulières ici en termes de renforcement musculaire sus lésionnel, ce sont des prises en charge classique des patients. Les seules contraintes dans les exercices résident dans la position des exercices, qui sont parfois difficiles par le manque d’équilibre du tronc.

            On travaillera également les abdominaux et les muscles du dos s’ils sont sus lésionnels, par un début d’hypopressif pour commencer un réveil abdominal, ou des exercices sur le ventre pour les exercices du dos, importants pour la position au fauteuil.

Il ressort qu’un réentraînement effectué sur un ergomètre pour fauteuil roulant est profitable puisqu’il permet une meilleure maîtrise et utilisation du fauteuil, ainsi qu’une adaptation des réglages de manière individualisée. Les exercices continus ou en créneaux entraînent tous deux des améliorations sur l’adaptation à l’effort. Cependant, les exercices en créneaux paraissent plus bénéfiques car ils reproduisent la nature intermittente des activités de la vie quotidienne et sont mieux tolérés par les sujets. Ainsi, les résultats observés dans les études répertoriées, nous permettent d’énoncer qu’un réentraînement à une intensité d’au moins 70 % de la FCmax, au cours d’une séance de 30 minutes, trois jours par semaine, pendant huit semaines, peut être la base d’un programme de réentraînement en endurance optimale chez le blessé médullaire.

Des effets positifs ont été observés dans les exercices d’aérobie, de résistance et combinés, et dans certaines études avec entraînement à la marche. Dans le domaine des activités et de la participation, des effets positifs ont été observés dans les études avec entraînement à la marche, entraînement à l’équilibre et interventions combinées.

Cependant, les blessés médullaires pouvant présenter des troubles de la thermorégulation et du SNA plus globalement, avec une fragilité osseuse augmentée, il faudra toujours adapter les exercices aux capacités du patient. L’âge étant également un facteur à prendre en compte. Au-dessus de T4, les patients présentent généralement une accélération cardiaque considérablement diminuée avec des fréquences cardiaques maximales inférieures à 130 battements / min. La capacité de travail de ces personnes sera limitée par des réductions du débit cardiaque et de la circulation vers la musculature en exercice.

D’autres articles suggèrent que, chez les blessés médullaires, l’entraînement ergométrique avec / sans interventions thérapeutiques supplémentaires (20 min, intensité modérée à vigoureuse, deux fois par semaine pendant 6 semaines) peut améliorer la capacité aérobie; de même, l’entraînement en résistance avec / sans interventions thérapeutiques supplémentaires (trois séries de 8 à 10 répétitions, intensité modérée à vigoureuse, deux fois par semaine pendant 6 semaines) peut améliorer la force musculaire.

Pour finir, pour les muscles totalement paralysés, l’électrostimulation n’a aucun intérêt. De plus cela peut créer une difficulté psychologique pour le patient, qui voit dans la contraction du muscle un espoir, là où il n’y en a pas (pour le moment, ou plus du tout si la lésion est ancienne).

Le réentraînement à l’effort permet une augmentation de V.O2max, une réduction des variables sous-maximales, une diminution du problème de retour veineux, certaines adaptations cardiaques et nerveuses, et offre des effets favorables sur la production de catécholamines ou l’agrégation de plaquettes. Selon certaines études, il permettrait une amélioration du profil lipidique du patient et une réduction des risques cardiovasculaires. [7]

Beaucoup d’articles tentent d’évaluer l’efficacité du renforcement musculaire chez les blessés médullaires mais la plupart en conclue que les études actuelles sont trop restreintes pour en conclure définitivement.

Un document récapitulatif des différents protocoles de renforcement en fonction de leurs objectifs sera téléchargeable à la fin de la formation. 

Le renforcement sous lésionnel

            En cas de lésion incomplète, il faudra stimuler les muscles présentant un réveil neurologique.

            Dans un premier temps cela pourra être par des exercices actifs-aidés, où on accompagnera le patient dans ses mouvements. Attention, un réveil musculaire ne veut pas dire que le muscle ira jusqu’à une contraction maximale. Parfois le réveil peut être partiel, et la contraction ne deviendra pas efficace ni fonctionnelle. Méfiance donc dans le discours apporté au patient, pas trop d’emballement, être content sans lui faire espérer que demain il marchera…. Il y a également une fatigabilité importante des muscles qui récupèrent. Le patient pourra peut être faire 10 contractions mais pas 11. C’est normal. Il ne faut pas hésiter à faire des pauses.

            Plus la contraction est efficace et forte, plus on pourra faire évoluer les exercices. Contre résistance, excentrique, TRX…

            Certains groupes musculaires peuvent récupérer, et pas d’autres, il faudra alors trouver des solutions pour que le patient puisse être le plus autonome possible et compenser la perte de ce groupe musculaire.

FICHE BILAN

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