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Le travail des transferts

            Au préalable, il faudra dans un premier temps renforcer les abaisseurs d’épaule, en particulier le grand dorsal, ainsi que les triceps brachiaux, si l’innervation est toujours présente (lésion sous C7). Les tétraplégiques sont potentiellement capables de réaliser leurs transferts si les triceps sont suffisamment bien renforcés. Des aides techniques peuvent être nécessaires comme des planches de transferts.

Les push ups

                       

            Il s’agit de réaliser des soulagements fessiers. Ils contribuent du renforcement des triceps et du grand dorsaux. Ces soulagements fessiers sont essentiels afin de libérer régulièrement la charge sur les ischions dans la journée. Ils permettent également de développer une force suffisante pour réaliser les transferts.

            Dans un premier temps, le patient pourra s’aider de petits marche-pieds ou de poignées (trouvables chez Decathlon), car plus il part de haut, moins la force à développer est importante. Il faudra expliquer au patient que s’il arrive à synchroniser la poussée sur les bras en même temps que la bascule du tronc, l’énergie à produire sera beaucoup moins importante. Cette bascule est nécessaire afin de passer au dessus de la roue lors du transfert. Si le patient ne se penche pas, les fesses risquent de frotter à la roue et à la longue créer des lésions cutanées et même des escarres. L’appréhension générée par cette bascule est la peur de tomber en avant. Dans un premier temps, on peut sécuriser le patient en se mettant devant lui. Lui maintenir également au début les genoux lui permettra d’être plus stable et d’aller plus haut. Le travail des push ups fait aussi travailler l’équilibre assis.

            Progressivement, les push ups se feront à partir de la table, sans surélévation des mains, ce qui nécessitera une bascule importante du tronc pour décoller les fesses.

            Les soulagements fessiers peuvent également être travailler en déplacement, par exemple le long d’une table, ou avec l’exercice de l’horloge au sol sur un tapis. Le bras dans le sens de la direction où aller doit être le plus loin possible du tronc, le coude fléchi et ouvert. Le bras du coté où on s’éloigne doit être le plus proche possible de la fesse, afin de gagner au maximum en amplitude. L’exercice de l’horloge reprend ces principes, mais il s’agit une fois de réaliser les push ups avec les pieds au centre, les fesses sont alors les heures de l’horloge. On travaille ici des grands mouvements. L’autre fois, les fesses sont au centre, et les Mis servent d’aiguilles. C’est cette fois ci un travail de précision.

            Les push ups peuvent se réaliser sur tous les modes :

– concentrique : le patient monte et descend, en mode pompe

– isométrique : le patient reste statique en haut, il doit maintenir le soulèvement

– excentrique : le patient monte, et doit retenir le plus possible la descente.

           Le dernier niveau des push ups c’est de les travailler dans les barres parallèles, plus les barres sont hautes, plus c’est difficile, ou avec le TRX.

Les transferts

            Ils ne commenceront qu’une fois les push ups acquis, c’est à dire que le patient est capable de maintenir suffisamment longtemps son push up et de basculer suffisamment le tronc. Si nécessaire, ils peuvent être travaillés dans un premier temps avec une planche de transfert, pour rassurer le patient (et parfois aussi le kiné…). Cela permet, si le patient ne soulève pas assez, d’éviter la chute ou le frottement sur la roue, en faisant une escale sur la planche de transfert, mais aussi d’avoir un point d’appui plus proche que la roue opposée dans un premier temps.

            Le fauteuil doit être installé le long de la table à environ 15° d’inclinaison, le kiné peut s’installer derrière le fauteuil afin de sécuriser le patient en l’attrapant par le pantalon et l’aider si nécessaire. Dans un premier temps, la table sera un tout petit peu plus haute de le fauteuil, afin d’aider à la descente, mais pas trop haute pour ne pas solliciter trop l’excentrique des triceps.

            Les étapes du transfert, pour aller de la table au fauteuil :

– le patient doit d’avancer le plus possible sur la table

– ses pieds peuvent être posés sur les palettes, ou un sur la palette et un sur le sol

– le patient va devoir prendre une prise fixe au niveau du fauteuil, soit au niveau de l’assise, soit au niveau d’un accoudoir ou de la roue.

– l’autre main sera la plus proche possible de la roue

– la consigne doit être donnée de porter le regarder de d’orienter la tête en sens opposé au mouvement, tout en synchronisant la poussée sur les bras et la bascule du tronc. Cela permettra de faire tourner le bassin et d’éviter la roue.

– l’atterrissage doit se faire en douceur sur l’assise, d’où le travail très important du triceps en excentrique.

– le patient pourra alors installer correctement ses pieds et reculer sur l’assise afin d’être bien installé au fond du fauteuil.

            Le retour du fauteuil à la table correspond aux mêmes étapes. Le patient doit avancer suffisamment sur son fauteuil, puis prendre un point d’appui sur la table, assez éloigné. Prendre appui sur son fauteuil de la main opposée. Puis synchroniser bascule du tronc, poussée et rotations des épaules. La table sera un petit peu plus basse de le fauteuil.

            Une fois ces transferts maîtrisés, la planche pourra être enlevée si elle ne semble plus nécessaire, et des essais de transferts au lit pourront être essayés. Attention, les matelas étant plus mous, c’est parfois plus compliqués au début. Avec les matelas à air, c’est en général impossible, aucun point fixe ne pouvant être pris.

            Une évolution de l’exercice des transferts sera de travailler à des hauteurs de plans différents, la table plus haute que le fauteuil puis plus basse. L’intérêt c’est que le patient ne s’habitue par à avoir toujours des surfaces à la même hauteur. Il peut par exemple partir en week end et avoir un lit plus haut que le sien. De même pour les transferts voiture, la voiture n’est pas systématiquement à la même hauteur.

            Justement en ce qui concerne les transferts voiture, les mêmes principes s’appliquent. Sauf qu’il faudra faire attention à la distance entre le fauteuil et le siège auto, qui nécessite parfois l’utilisation de la planche, bien qu’elle ne soit pas nécessaire pour les transferts au lit, et la portière qui risque de bloquer les Mis (attention de ne pas cogner). Ne pas s’attraper à la poignée du plafond, elle risque de s’arracher !!

            Pour monter dans la voiture, il est plus simple de monter d’abord les jambes à l’intérieur puis de rentrer les fesses. Mêmes techniques que d’habitude, le kiné peut rester derrière et s’assurer qu’il n’y ait pas de frottements au niveau du cadran de la voiture sur le sacrum. Le fauteuil ne devra pas être trop avancé car il faudra prendre en compte la distance lorsqu’il s’avancera sur son fauteuil sans toucher la portière avec ses genoux. Le retour au fauteuil s’effectue de la même façon, soit les 2 jambes dedans soit une jambe dedans une jambe dehors.

            Nous sommes dans tous les cas partis de patients ayant les pieds au sol. Mais lorsqu’un patient est au lit il doit être capable de descendre ses jambes et de les monter seul sur le lit. Il va devoir faire une bascule du tronc afin de pouvoir s’aider avec ses Mss pour monter les pieds.

            Pour les patients sans atteinte complète, d’autres moyens de transferts sont possibles, comme les guidons de transferts.

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