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Les différents traitements des points trigger myofasciaux

La prise en charge des points triggers est essentiellement divisée en deux techniques : les techniques non-invasives et les techniques invasives. 

Les techniques non-invasives sont celles qui ont été traditionnellement employées par les thérapeutes manuels. Aujourd’hui avec le développement du dry needling, cette technique invasive est de plus en plus exercée, y compris par les kinésithérapeutes. 

Le point commun de toutes les techniques de traitement est l’application d’un stimuli douloureux sur le point trigger. [1] 

En se basant sur les données de la littérature, nous allons dresser une liste assez exhaustive des différents outils et de leur preuve d’efficacité pour le traitement des points trigger myofasciaux. 

Techniques non-invasives

Technique Directe

Compression de 1 à 2 minutes du point trigger avec un massage localisé, longitudinal et d’une intensité adaptée au patient. 

Il s’agit d’un des traitements les plus efficace pour traiter la douleur et la tension du muscle. 

Technique de relâchement

Mobilisation des aponévroses superficielles du muscle à traiter ainsi que des mobilisations des cloisons intermusculaires (CIM).

Technique d'étirement

Mise en position de course externe du muscle et apprentissage au patient pour un auto-traitement. 

Cette technique associée à la compression ischémique permet une amélioration significative de la douleur d’après l’équipe de Hanten [5].

Contracté - relâché

La technique du contracté – relâché permet de cibler le muscle touché par les points triggers et d’étirer le muscle, demander une contraction contre résistance au patient, et à son relâchement, aller chercher l’étirement un peu plus loin. 

Bien que très utilisée, cette technique est peu prouvée par la littérature. [14] 

TENS

L’utilisation du TENS est très répandue pour la prise en charge des douleurs chroniques.  

Une étude de 1997 [4] rapporte un effet bénéfique du TENS 60Hz comparé au placebo. Cependant les effets du TENS sur les points triggers sont souvent expliqués par une modulation centrale de la sensitivité à la douleur. 

Cupping therapy : les ventouses

Une étude de 2019 [10] met en évidence l’efficacité de la thérapie par les ventouses sur les points trigger du trapèze dans le cadre de douleurs cervicales chroniques. Les auteurs ont comparé les ventouses seules, la compression seule et la combinaison des deux. Les résultats mettent en avant une diminution de la douleur et une mobilité cervicale retrouvée plus rapidement  dans le cadre de l’action combinée des deux techniques (2 semaines de traitement contre 6 semaines pour les techniques seules).  

Même si plus d’études sur le sujet sont nécessaires pour avancer une conclusion, cette première approche permet d’envisager un traitement combiné qui comprend : massage et compression du point trigger, positionner la ventouse et la laisser agir 10 minutes. 

Les auteurs avancent l’explication de l’action prouvée des ventouses qui ont la capacité d’augmenter la vascularisation au point d’application. Elles ont également une influence sur l’activité du système parasympathique car elles l’augmentent, cela augmente donc la vascularisation mais diminue également la douleur ressentie. [11,12,13]

Ultrasons et Laser

Dans la littérature actuelle, nous n’avons trouvé qu’une seule étude relativement bien menée sur l’utilisation des US. Celle-ci date de 1998 [8] et ne montre aucun avantage à l’utilisation des US en complément des techniques d’étirement et de massage des points triggers. 

L’utilisation du laser, très à la mode dans les années 80, a été très étudiée mais aucun bénéfice n’a été mis en avant. [1]

Techniques invasives

Anesthésiant local

L’injection d’un anesthésiant local est la technique la plus documentée dans la littérature pour le traitement des points triggers. L’effet principalement retrouvé est que le soulagement de la douleur obtenu grâce à l’injection dure plus longtemps que la durée de vie théorique du produit injecté. Cela suppose que le mécanisme de libération de la douleur va au-delà de l’effet pharmacologique de l’anesthésiant. 

On note que cette technique serait plus efficace lorsque le patient présente une douleur localisée et isolée plutôt que dans le cadre d’une douleur chronique diffuse. 

Dry needling

Il s’agit de la technique la plus répandue à l’international en thérapie manuelle [6]. Elle permet un effet positif sur le cordon musculaire, sur l’ischémie et l’hypoxie locale et un effet neurologique au niveau central et périphérique [7]. 

Le dry needling se retrouve dans la littérature dès 1979 grâce à Lewit qui propose de faire du « dry needling », c’est-à-dire, piquer le point trigger avec une aiguille hypodermique (très invasive et très douloureuse) mais sans injecter d’anesthésiant ou d’eau saline (d’où le terme dry pour sec) [2]. A l’époque, Lewit a trouvé que l’efficacité du dry needling dépendait autant de la sévérité de la douleur que de la précision avec laquelle l’aiguille est insérée dans le point trigger. [3] Dans cette étude sur 241 patients présentant des douleurs myofasciales chroniques, Lewit a trouvé que le dry needling soulageait immédiatement la douleur chez presque 87% des cas. Dans près de 31% des cas, l’analgésie était permanente et dans 22% des cas elle durait plusieurs mois, 20% plusieurs semaines et seulement 14% n’avaient aucun soulagement.

Aujourd’hui les cliniciens utilisent le dry needling avec des aiguilles d’acupuncture, qui sont moins invasives, afin de diminuer la douleur. Il a été prouvé cependant que insérer la douleur directement dans le point trigger ou bien dans la zone l’encadrant n’a pas d’incidence thérapeutique. Le geste étant de travailler avec l’aiguille dans le sens des aiguilles d’une montre et de la laisser agir une à 2 minutes [9].

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