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Les mobilisations

Les mobilisations passives

            Primordiales dans un premier temps, elles permettent dans l’attente d’une amélioration motrice de maintenir les amplitudes articulaires et de limiter les enraidissements. Bien que pendant la phase de choc spinale, la paralysie soit flaque, elle peut devenir spastique une fois ce choc levé. En cas de spasticité importante, les mobilisations seront d’autant plus importantes. En effet, des attitudes vicieuses peuvent être prises par les patients, ce qui gène les soins d’hygiène ou l’installation au fauteuil. Sans parler par exemple en cas de récupération motrice, de difficultés à la marche par exemple en cas d’équin de cheville. Une amplitude optimale doit être recherchée, et si possible obtenue.

            Les mobilisations doivent être douces et les étirements seront à privilégier. En effet, les mobilisations par répétition pourraient inciter la constitution de POAN.

Si les étirements et les mouvements passifs doivent être administrés à fortes doses et sur de longues périodes, ils doivent faire partie des régimes quotidiens des personnes. Autrement dit, les mouvements passifs doivent être auto-administrés dans la mesure du possible. [1]

Les auto-mobilisations

 

            On pourra apprendre au patient à s’auto mobiliser les MIs en cas de paraplégie. En effet, pour compléter les mobilisations du kinésithérapeute, le patient devra apprendre à s’assouplir de façon autonome. Ces gestes seront essentiels pour la réaliser des actes de la vie quotidienne, s’habiller par exemple, et rentreront progressivement dans sa routine. L’étirement de la chaîne postérieure et des triceps suraux sont les deux principaux objectifs. Afin qu’un patient s’auto mobilise ses Mis pour par exemple arriver à mettre ses chaussures, il faut qu’il attrape son mollet avec la main controlatérale. La main homolatérale lui servant d’appui et de stabilisation du tronc. Cette mobilisation permet de ramener la cheville sur sa cuisse opposée, ce qui libère le pied afin de faciliter le passage de la chaussure. Attention au moment du passage au dessus de la patella, de ne pas accrocher celle ci mais de soulever un peu plus son pied. Cet exercice est difficile au début, car il faut gérer l’équilibre du tronc, la souplesse, la consigne…. Mais au bout de quelques essais, les patients y arrivent généralement très bien.

            Pour les patients avec des lésions incomplètes, des séances d’étirements pourront également être réalisées.

            Ces auto mobilisations et étirements ne diffèrent en rien aux techniques habituelles, en s’adaptant à l’équilibre du tronc.

            Le plat ventre est primordial, et fait partie d’une des auto-mobilisations du patient. En effet, les patients étant toujours assis, on observe une rétraction du psoas. Ce psoas va provoquer une rétroversion du bassin et donc un changement des points d’appuis au fauteuil. Il y a un risque augmenté d’escarre au sacrum. Pratiquer régulièrement du plat ventre limite les rétractions du psoas. Lors de plat ventre durant les séances, les quadriceps pourront également être étirés.

 

Lutte contre la spasticité

 

            Si la spasticité limite de plus en plus les amplitudes, un contact pourra être pris avec le médecin pour discuter d’une prescription de baclofène par exemple. Une prise inhibitrice de la spasticité est la flexion de l’hallux. Faire une prise avec un appui sur la voûte plantaire risque d’augmenter la spasticité.

            A finir :

– renfo des antago

– hallux

– posture

Le TENS semble avoir des effets inhibiteurs de la spasticité, pour des programmes de 30 minutes. Les effets seraient efficaces pendant 4 heures.  

La stimulation électrique neuromusculaire a permis de réduire la spasticité de 45 à 60 % avec une diminution de l’activité électromyographique et une augmentation de l’amplitude des mouvements après une lésion de la moelle épinière. Les paramètres de stimulation identifiés étaient une fréquence de 20 à 30 Hz, une durée d’impulsion de 300 à 350 µs et une amplitude du courant supérieure à 100 mA.  

Un autre article propose ces résultats : 

 – preuves « modérées » pour : 

         -> la stimulation électro-neuromusculaire  

     -> l’acupuncture en tant que thérapie d’appoint aux soins de routine conventionnels (patients AVC essentiellement) 

– preuves de qualité « faible » pour les programmes de réadaptation ciblant la spasticité : 

         ->Thérapie par le mouvement induit,  

         ->Les étirements,  

         ->Thérapie par ondes de choc extracorporelles (dans les lésions cérébrales); 

         ->Stimulation nerveuse électrique transcutanée  

         ->Thérapie par vibration pour les blessés médullaires principalement.  

 – Pour les autres interventions, les preuves n’étaient pas concluantes.  

Plusieurs articles concluent au manque d’efficacité reconnue des PEC de la spasticité. En effet, il n’existe aucune preuve de haute qualité indiquant que les interventions de physiothérapie diminuent la spasticité, mais on peut également s’interroger sur le manque de recherche sur le sujet. 

Les étirements n’auraient pas de répercussion sur les amplitudes articulaires des patients sujets aux contractures (ou appelés également spasmes). Il semblerait également que l’utilisation de glace diminuerait la spasticité, mais aucune preuve n’a été démontrée, notamment chez les blessés médullaires (certaines concluent chez les personnes post-AVC).  

De récentes études apportent des conclusions plutôt positives sur l’utilisation des ondes de choc dans la lutte contre la spasticité. Elles auraient un rôle dans le relâchement, et feraient donc diminuer le score sur l’échelle d’Ashworth modifiée. En raison de l’hétérogénéité des protocoles, il n’existe pas de protocole optimal pour leur application. Beaucoup d’études ont plutôt analysé ces protocoles sur la spasticité post-AVC.  

 En pratique il s’agira donc de trouver avec le patient la solution qui lui convienne le mieux parmi ces différentes possibilités. 

 

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