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Les sections de tendons extenseurs

L’anatomie des tendons extenseurs est très compliquée car ils utilisent les muscles intrinsèques pour s’activer. Cependant d’un point de vue pratico-pratique c’est très facile. On obtient de bons résultats : pas de gaine donc ça coulisse très bien et surtout beaucoup moins de tension (beaucoup moins de risque de rupture). 

La suture est donc beaucoup plus simple au niveau chirurgical : double brin avec un simple surjet. En suite de chirurgie : attelle en protection en position de repos des muscles intrinsèques pour éviter de fléchir trop la main et donc d’augmenter la tension sur la suture et ainsi éviter qu’elle se délite. 

Les zones pour les tendons des extenseurs : 

Zone 1 : IPD

Zone 3 : IPP 

Zone 5 : les MCP 

Nombres impairs : plaie de l’extenseur avec une probable plaie articulaire. 

Nombres pairs : atteinte simple de l’extenseur. 

En rééducation toujours pareil : mobilisation précoce sans trop forcer. 

Le risque sur la suture des extenseurs = le cal tendineux. 

Le tendon de l’extenseur a une structure de chewing-gum donc si on l’étire trop fort il va s’allonger et créer un cal tendineux = extension active partielle donc non satisfaisante. 

Le cal tendineux peut se rattraper avec une orthèse statique : immobilisation de l’articulation pendant deux mois en moyenne pour que le tendon se rétracte ! Puis bien sur rééducation = traitement lourd car minimum 4 mois ! 

On parle donc d’acceptabilité de la perte de l’extension : flessum qui reste entre 10 et 20°, peut être supportable car cela n’a pas de grande conséquence dans la vie active. 

Comment différencier un cal tendineux d’une “simple adhérence” : par l’examen clinique. 

Tout d’abord il faut que les résultats en passifs soient normaux. 

Imaginons qu’en passif le patient arrive à faire une flexion complète de son doigt. Si on lui demande de tendre et qu’on voit qu’il arrive à le tendre son doigt sur l’ensemble de la longueur avec l’IPD et l’IPP et qu’on voit une extension de l’IPP limitée = on parle alors de cal tendineux, tout est un peu détendu. 

Si c’était des adhérences, quand on va lui demander de tirer le doigt, la flexion va rester importante, tout est figé et bloqué en actif. 

Après 6 mois de rééducation, si le patient est toujours gêné dans ses mouvements, que la kiné ne peut pas rattraper des mauvais résultats, il convient de discuter avec le patient sur la possibilité de revenir chirurgicalement sur un tendon. Pour le cal tendineux : résection possible du cal (c’est à dire de la fibrose) mais il manque souvent du tendon et donc cela nécessite une plastie tendineuse. 

Contres-indications dans le cadre de la rééducation suite à la suture des tendons extenseurs : 

– éviter de trop forcer sur la flexion pour ne pas rompre la suture ou créer le cal tendineux;

– surveiller que le patient porte bien son orthèse de protection pendant au moins 6 semaines (jusqu’à 3 mois pour les patients un peu énervés ^^). 

pas de travail actif contre résistance pendant les 6 premières semaines, mobilisation active simple ! 

Rééducation chez un patient avec une section de l'extenseur du pouce

On explique au patient sa pathologie pour être sur qu’il a compris. Notamment sur la fragilité de la suture tendineuse. 

1. Balnéothérapie de la main afin de l’aider à se détendre, relâcher les extenseurs, 5 minutes. -> une fois la cicatrisation acquise bien sur !

2. Travail de la mobilité de la cicatrice : à sec, mouvements de la peau de distal en proximal et inversement sur la cicatrice. Puis travail en décroutant la peau : massage à la crème en maintenant le pouce afin de ne pas créer de tension sur le tendon extenseur (le pouce doit être bien relâché en appui sur la main du kiné). 

3. Vibration sur son tendon pour le relâcher. 5 minutes.

4. Posture en étirement de la loge thénar. 5minutes.

5. A partir de 3 semaines : début du travail actif. Le patient doit soulever son pouce depuis la position à plat main : 10 répétitions par trop hautes. 

6. Posture en écartement du pouce. 5 minutes.

7. Travail de l’abduction active du pouce en secteur protégé : pas de travail en opposition. On place le pouce en abduction et on demande au patient de mobiliser son pouce 10 fois en lui mettant des repères de mouvements avec nos propres mains. 10 répétitions. 

8. Travail spécifique du long extenseur du pouce en travaillant la flexion et l’extension de l’IP. Attention pas de flexion à plus de 45° de la MP ni de l’IP et surtout pas les 2 en même temps ! 

Travail avec une main qui immobilise son pouce et sa MP et on lui demande de venir toucher notre doigt que l’on place à maximum 45° de flexion de l’IP. Au retour, il doit bien amener le doigt en extension maximale. 

8. Mobilisation passive du pouce : notamment de son interphalangienne, il peut aider à la flexion mais surtout ne pas résister. Attention toujours maximum 45° bien sur. Le but est de faire coulisser le tendon pour ne pas qu’il colle. 10 répétitions. 

Mobilisation passive de P1 sur M1 : attention on immobilise bien l’IP en extension et on mobilise toujours sur 45° de mobilité. 10 répétitions.

9. Travail actif d’opposition du pouce à 7/10 sur la course de Kapandji [1]. 10 mouvements doux. 

10. Le patient remet son attelle et on lui donne des exercices à réaliser : travail de mobilité et de flexion. On lui rappelle la contre indication principale : ne pas forcer !

La fiche est téléchargeable à la fin de la formation.

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