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Prise en charge des douleurs

On connait l’impact des douleurs chez les blessés médullaires sur leur qualité de vie. C’est pourquoi il est important de les prendre en charge. Les approches non-pharmacologiques peuvent avoir des effets bénéfiques sur les symptômes fréquemment associés à la douleur. De plus, le soulagement de la douleur chronique chez le blessé médullaire nécessite une prise en charge multimodale. L’infirmière a une place centrale dans cette prise en charge. Cependant, l’implantation des thérapies alternatives semble encore peu développée dans les milieux de soins.  Il y a malheureusement peu d’études à grande ampleur de prise en charge efficace des douleurs chez les blessés médullaires.

L’acupuncture, le massage et l’hypnose ont une certaine efficacité sur la diminution à court terme de la douleur chronique. A long terme, l’utilisation de ces thérapies pour le soulagement de la douleur est efficace à certaines conditions. 

Le TENS (10) semble efficace, même en absence de sensibilité superficielle. Une consultation aux centres anti-douleurs pourrait être évoquée avec le patient. Légalement, seuls ces centres ou des médecins habilités en gestion de la douleur peuvent prescrire les TENS. Bien qu’il ne soit pas un courant polarisé, il vaut mieux faire tester l’intensité du programme au niveau d’une partie anatomique où le patient perçoit la sensibilité, afin de régler au mieux les paramètres dans la zone à traiter si elle est dépourvue de sensibilité.

Une étude pilote de 2018 a étudié l’effet de la stimulation électrique neuromusculaire chez des blessés médullaires sur leur douleurs neuropathiques. Aucune preuve n’a pu être mise en évidence suite à 3 mois de mise en place, et comparativement à un groupe n’ayant qu’un traitement médicamenteux. En effet, les scores d’EVA et de qualité de vie n’étaient pas significativement différents. (6)

En autre moyen de PEC alternative à la PEC médicamenteuse mais qui ne relève pas directement du kiné, des études ont porté sur la stimulation médullaire et la strimulation cérébrale profonde.

Il a aussi été démontré une efficacité modérée de la stimulation médullaire (dispositif de neurostimulation implantable composé d’une électrode de stimulation et d’un neurostimulateur) à court terme, faible à long terme.  La stimulation électrique de la moelle épinière est utilisée pour des douleurs chroniques qui sont réfractaires à la pharmacothérapie. Son utilisation réduirait l’utilisation d’opioïdes et améliorerait la qualité de vie des patients. (7) Elle pourrait être une voie prometteuse car elle présente beaucoup moins d’effets indésirables que la prise médicamenteuse. Les études se contredisent quant aux résultats par manque de preuve (11). 

En ce qui concerne la stimulation cérébrale profonde (technique chirurgicale qui consiste à implanter dans le cerveau deux électrodes qui vont stimuler des zones très réduites du cerveau), l’efficacité est faible à court et moyen terme. Une étude publiée en 2020 retrouve une amélioration du 50 à 60% de diminution de la douleur avec cette technique chez les blessés médullaires. (12)

En revanche,  aucun effet significatif de la stimulation cérébrale non invasive (bobine magnétique posée sur le cuir chevelu et création d’un faible champ magnétique pour stimuler ou réduire l’activité des neurones dans les régions du cerveau situées sous cette bobine) sur la douleur neuropathique (13). Ces résultats ne soutiennent pas l’utilisation systématique de la stimulation cérébrale non invasive pour la douleur neuropathique chez les personnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière.

L’étude de Gomara et al. (8) en 2014, sur une méta-analyse, retrouve également peu de littérature sur la PEC physiothérapique des douleurs neuropathiques chez les blessés médullaires. Elle suggère que  “les physiothérapeutes (semblables à d’autres spécialistes de la réadaptation) ne travaillent généralement pas directement à l’amélioration de la « participation » ; au lieu de cela, ils influencent indirectement la participation en améliorant des aspects de la structure corporelle, des fonctions corporelles ou des activités qui, à leur tour, ont des effets sur la « participation ». ” Nos prises en charge devraient alors plus s’accentuer sur des objectifs d’amélioration des activités et de la vie quotidienne, que sur la prise en  charge elle même des douleurs. 

Des résultats positifs ont également été retrouvés dans le traitement des douleurs neuropathiques par des thérapies cognitivo-comportementales (9). Il s’agissait d’un programme multidisciplinaire de thérapie cognitivo-comportementale avec des stratégies éducatives, cognitives et comportementales visant à faire face à la douleur neuropathique chronique. Le programme se déroulait sur 10 séances hebdomadaires, d’une durée de 3 heures par séance. Des effets bénéfiques sur les personnes souffrant de douleurs neuropathiques chroniques médullaires sur 6 mois de suivi avaient été retrouvés. 

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