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Sécurité de la mise en place d’un protocole de BFR

Risque de phlébite

Il est justifié de se demander si la réduction du flux sanguin ne créer pas un facteur de risque de phlébite.

L’ensemble des études qui ont mesuré les risques d’avoir une thrombose veineuse en conditions BFR n’ont pas noté d’effet indésirable de ce côté, sachant que la plupart des études ont mesuré les marqueurs de la coagulation après un protocole de BFR-RE. Une étude a même réalisé un protocole KAATSU-RE en simulant un environnement à 2 400 mètres d’altitude à 6 degrés, ainsi qu’en réalisant des exercices la tête en bas et n’a pas montré d’augmentation significative en D-dimer, FDP (fibrin degradation product) ou PAI (plasminogen activator inhibitor).41

Concernant les populations à risque :

Des études ont mesuré les facteurs de coagulation D-dimer, FDP et CDK chez des sujets âgés suivant un protocole de BFR-RE, pour les membres inférieurs et membres supérieurs, aucune de ces études n’a montré d’augmentation des facteurs de coagulation chez les patients. 

Concernant les patients avec pathologie associée, une étude a été effectué chez des patients ayant eu un infarctus, qui n’a pas non plus montré d’augmentation des facteurs de coagulation plus élevé que les patients « contrôle » qui ont effectué le protocole sans BFR. Cependant il n’y a pas encore d’avis sur d’autres pathologies à risques, nous compléterons les données en fonction des avancées de la science.1,2,3

Les dérivés réactifs de l'oxygène

Les dérivés réactifs de l’oxygène sont des espèces chimiques oxygénées comme les radicaux libres, les ions oxygénés et les peroxydes. Ces dérivés réactifs de l’oxygène apparaissent dans le corps lorsque les capacités antioxydantes sont dépassées. Par exemple, lors d’un exercice de résistance classique, si les capacités antioxydantes sont dépassés, il y a une augmentation des dérivés réactifs de l’oxygène dans le muscle.5,6,7 Ceux-ci sont nécessaire à l’induction des mécanismes de défenses antioxydants, mais une surexposition peut entrainer des pathologies et ont montré une corrélation avec l’augmentation de la signalisation du système de coagulation.8,9

Lors de chirurgies orthopédiques, le desserrement du garrot est associé à une augmentation des dérivés réactifs de l’oxygène et est associé à des lésions de reperfusion.10 Il est donc judicieux de se demander si la combinaison de renforcement et de BFR ne risque pas d’entrainer une sur-augmentation de dérivés réactifs de l’oxygène qui pourrait être délétères.

Plusieurs études de sont penchés sur la question, globalement il semble que l’addition de BFR avec du travail de résistance à faible charge (dans l’étude 30% de 1RM), n’augmente pas le stress oxydatif, et qu’en réalité le stress oxydatif augmente avec la charge de l’entrainement, indépendamment à l’utilisation de BFR lors de la combinaison de BFR avec des exercices de résistance.11,12,13,14,15

Dommages musculaires

Le travail musculaire avec des charges lourdes, et notamment en excentrique, peuvent induire des dommages musculaires, notamment chez les personnes qui ne sont pas habitué à l’exercice.16

Les ischémies longues peuvent entrainer des lésions musculaires,17 donc on peut se demander si la technique BFR associé aux exercices n’entraine pas une augmentation des lésions musculaires.

Les données scientifiques suggèrent que les protocoles BFR associés à du travail à faible charge n’entrainent pas de dommage musculaire sur des protocole utilisant 1 seul type d’exercice sur 5 séries jusqu’à l’échec. Sur les protocoles prolongés et intensifs de 1 à 3 semaines à hauteur de 1 à 2 entrainements par jour, il existe un stress musculaire, mais pas de dommage au niveau des fibres msuculaires.13,18

Après les entrainements en BFR, il est normal de retrouver :

– des douleurs musculaires pendant les jours suivant 13 

– une diminution de la force immédiatement après l’exercice puis qui revient dans les jours qui suivent 19, 20 

– de l’œdème musculaire pendant 24 à 48h après,21,22 

mais ceux-ci ne semble pas supérieur au travail en résistance à charge lourde.20, 23

Hémodynamique

Lors d’un exercice de résistance, la pression sanguine augmente proportionnellement à la charge utilisée, au volume (séries x répétitions) et à la masse de muscle squelettique recrutée pour l’exercice. [23]

Au niveau du BFR, il semblerait que pour une même charge et un volume total identique le BFR entraine une plus haute augmentation de la fréquence et du débit cardiaque ainsi qu’une plus haute pression sanguine, comparé aux exercices sans BFR [24,25,26,27,28,29]

Cependant lorsque l’exercice est fait jusqu’à l’échec, les réponses hémodynamiques sont similaires entre le BFR à faible charge et les exercices à haute charge sans BFR, [30,31] car les charges utilisées en BFR sont plus faibles.

Concernant la pression, une étude qui a testé sur des personnes jeunes et des personnes âgées des exercices avec BFR contre des exercices sans BFR, a indiqué que l’impact sur le cœur est similaire aux exercices à haute charge sans BFR pour les exercices avec BFR à forte pression (autour de 150 mmHg) et plus similaires aux exercices à faible charge pour les exercices avec BFR à faible pression (autour de 90 mmHg) [32] 

Chez les personnes à risque il est donc conseillé d’utiliser des pressions plus faibles afin de limiter l’impact hémodynamique.

On note également que lors de la manœuvre de Valsava (blocage de l’expiration) la tension artérielle augmente de manière significative et peut augmenter le risque d’accident vasculaire lors d’exercices à charges lourdes. L’impact hémodynamique du BFR à charge légère se rapprochant de celui à charge lourde, on peut donc demander aux patients d’éviter de bloquer la respiration pendant les exercices, voir d’expirer pendant la phase concentrique pour limiter la montée de la tension artérielle pendant l’effort. [38] D’ailleurs cette instruction est donnée dans certains protocoles de BFR.[39]

Autre information importante, lors d’une contraction musculaire, la contraction entraine une compression vasculaire d’une manière semblable à une bande de BFR. Donc plus la contraction est forte, et plus le volume musculaire produisant une contraction concomitante est grand, plus on aura une augmentation de la pression artérielle systolique et diastolique. [40] C’est une donnée importante à avoir en tête pour gérer les risques hémodynamiques chez les personnes à risque relatif.

Orthopédie

La majorité des études sur le BFR ont eu lieu sur des populations sans pathologies. Cependant de nombreux praticiens ont commencé à l’utiliser sur des patients d’accidents ou de chirurgie orthopédique [33]

Plusieurs études ont étudié l’impact du BFR en rééducation après une opération du ligament croisé et n’ont trouvé aucun effet secondaire [34,35]

Une de ces études a utilisé le BFR dès le 3ème jour après post opératoire jusqu’au 14ème et une autre de la 2ème semaine jusqu’à la 16ème. Une de ces études a testé la laxité des ligaments du genou sans trouver de différence entre les 2 groupes malgré l’utilisation de BFR en post-opératoire.

Actuellement il y a eu des études sur les prothèses articulaires, l’opération du ligament croisé antérieur, et les fractures de fémur et du poignet [36]

Cependant plus d’études sont nécessaires pour être sûr de l’impact du BFR sur la cicatrisation lors d’opération orthopédique.

Effet indésirables mineurs

En effet indésirables mineurs, on retrouve :

– Les ecchymoses (13,1%) souvent dû à une pression trop importante qui peut être évité en utilisant des bandes occlusives plus larges, ce qui permet de réduire la pression au cm2 pour un même résultat d’occlusion

– Engourdissement (1,3%), la pression est alors trop élevée, il suffit de la réduire jusqu’à atténuation

Facteurs de risques et questionnaire du BFR [37]

Les risques semblent très faibles, cependant il faut rester prudent, de plus chaque patient est différent, certains types de patients que nous rencontrons au cabinet peuvent ne jamais avoir été testés avec BFR lors d’études contrôlées. Une équipe a réalisé un questionnaire de sécurité pour éviter les accidents :

Voici également une table des contre-indications possibles fait par l’équipe de Brandner et coll. sur la base des revues de littératures de différents auteurs, et de la consultation de plusieurs professionnels de santé prescrivant du BFR :

Et voici celui des Airbands divisé en 3 parties :

Haut risque :

Risque moyen et risque faible, suivi d’un score :

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