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Tout savoir sur la scapula

Croyances parmis les thérapeutes

Dans ce chapitre nous allons étudier les différentes croyances sur la scapula, qui actuellement guide nos traitement, et allons vérifier au niveau des études réalisées qu’est-ce qu’il en est réellement afin d’orienter notre pratique sur des bases solides.

1. La dyskinésie scapulaire est-elle liée à la douleur d'épaule ?

Lorsqu’on regarde la littérature, la dyskinésie scapulaire est effectivement présente chez des patients avec des douleurs d’épaule, mais quand on regarde la population sans douleur, la dyskinésie scapulaire est tout aussi présente ! [1,2]

Cependant on remarque que la dyskinésie scapulaire est plus présente chez les personnes qui charge fréquemment leur épaule, comme notamment chez les sportifs de lancé [1,3], cette asymétrie ne serait-elle pas tout simplement une adaptation au lancé ? La modification de la puissance musculaire et des tissus mous autour de l’épaule du côté du lancé modifierait le mouvement de la scapula, sans pour autant être pathologique.

 

Au niveau de la clinique, voir une dyskinésie scapulaire chez un patient avec une douleur d’épaule n’est donc pas forcément très important.

Cependant, il existe un test, le SAT (scapular assistance test) qui permet de déterminer si la scapula est un des responsables de la douleur, afin de cibler le soin du patient avec un programme de rééducation de la scapula. [4] Nous le verrons dans le chapitre sur l’évaluation du patient.

D’ailleurs on note que ce test est plus souvent positif chez les patients chez qui une dyskinésie scapulaire est visible.

En réalité, lors de la présence de douleur, on retrouve une modification de l’activité musculaire dans les différents muscles de l’épaule, dont les scapulaires. Cependant les pattern d’activation sont tellement variable qu’il est très difficile de faire des statistiques dessus.

On note qu’on retrouvera des modifications de la stratégie cinématique de la scapula dans de nombreux cas, comme :

-lors de raideur d’épaule, par une étude montré qu’un étirement du petit pectoral permet d’augmenter l’amplitude de la sonnette latérale et de la bascule postérieure lors de l’élévation du bras [5], donc on imagine très bien les modifications que peuvent entrainer une épaule raide.

-lors fatigue, un muscle fatigué va être compensé par un autre et donc va modifier légèrement le mouvement tout en atteignant toujours l’objectif global du mouvement

 – lors pathologie de la coiffe, on imagine très bien que lors d’une rupture de la coiffe le mouvement se fera complétement différemment

En fait le corps va tout faire pour rester fonctionnel quelque soit les contraintes, ce qui va entrainer des adaptations.

Nous devons donc rester méfiant sur les modifications du comportement de la scapula, la modification est-elle là pour compenser une autre problématique, ou est-elle la cause de la problématique, ou enfin est-ce une compensation tout à fait physiologique ?

La réponse à cette question déterminera notre prise en charge.

2. La présence d'une dyskinésie scapulaire est-elle prédictive de douleur ?

Cette question rejoins la précédente. La dyskinésie est-elle présente pour compenser une problématique ou est-elle une simple adaptation à l’activité physique ?

Plusieurs études ont été réalisé sur la valeur prédictive de la dyskinésie scapulaire sur les douleurs d’épaule, mais elles sont extrémement conflictuelles, certaines diront que oui d’autres non. C’est extremement dépendant de la population étudiée, à mon avis pour la raison évoquée précédemment.

Cependant une dyskinésie qui évolue de plus en plus au cours d’une saison sportive semble être un signe prédictif de pathologie. Cette évolution évoquerait donc une problématique qui n’arrive pas à ce stabiliser et continue à évoluer.

Donc ce serait plutôt l’évolution de celle-ci plutôt que sont existence qui est prédictive de pathologie.

3. Le trapèze supérieur est-il le coupable comme nous le pensons souvent ?

Dans différentes conférence, le Dr Jeremy Lewis et le Dr Joe Gibson abordent le thème du trapèze supérieur. 

La raison pour laquelle le trapèze supérieur est souvent considéré comme fautif provient d’une étude de 2009 [] où la conclusion indique que j’ai les patients atteint de pathologies de l’épaule, avait une réduction de l’activité du dentelé antérieur et une augmentation de l’activité du trapèze supérieur.

En réalité ce qu’expliquent Joe Gibson et Jeremy Lewis, c’est qu’effectivement le trapèze supérieur est suractivé lors de la fin d’amplitude de l’élévation du bras chez les patients atteint d’un conflit sous-acromial, mais qu’en réalité c’est parce qu’il est sous activé en début de mouvement. Le trapèze supérieur serait alors le plus souvent faible et retardataire durant l’élévation du bras des personnes atteint d’un conflit sous-acromial.

Par contre le trapèze est vraiment hyper actif lors de pathologies évidentes comme chez les patients avec une rupture massive de la coiffe pour compenser l’impossibilité de recruter la coiffe, et chez les patients avec une raideur importante de l’épaule comme dans les cas d’épaule gelée.

Doit-on rééduquer la dyskinésie scapulaire ? [6]

Les programmes de rééducation des dyskinésie scapulaire ont démontré leur efficacité dans le soin des douleurs d’épaule.

Cependant lorsqu’on regarde les exercices effectués dans les protocoles, ce sont des exercices qui stimule également la coiffe des rotateurs, et à la fin des protocoles les dyskinésie ne vont pas forcément « mieux » mais les patients si.

Ils semblerait donc que modifier la cinématique de la scapula n’est pas essentiel pour obtenir une diminution de la douleur et une amélioration de la fonction chez nos patient.

Nous verrons dans le chapitre sur la rééducation comment faire pour rééduquer au mieux le patient.

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