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FAAM : sur le versant sportif, le seuil est sous le bruit

Le FAAM en pratique : deux sous-échelles jamais additionnées, un dénominateur variable, et un seuil sportif enfoui sous le bruit du même instrument.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


Le FAAM, pour Foot and Ankle Ability Measure, rend deux sous-échelles cotées séparément, jamais additionnées. Celle du sport, sur laquelle on tranche une reprise, déclare un seuil de 9 points alors que son propre bruit de mesure en vaut 12,3, et 18 en français. Le questionnaire complet, avec son calcul, est juste en dessous.

FAAM, questionnaire et calcul des deux sous-échelles

Répondez à chacun des vingt-neuf items en choisissant la proposition qui décrit le mieux votre ressenti de la semaine passée, ou « N /A » si l'activité ne vous concerne pas. Les items marqués « sans objet » ne comptent ni au numérateur ni au dénominateur : c'est la règle la plus souvent mal appliquée. Chaque sous-échelle se calcule dès qu'un minimum d'items est coté : vingt sur vingt et un pour les activités quotidiennes, sept sur huit pour le sport.

Pouvez-vous donner UNE réponse pour chaque question qui décrit le mieux votre ressenti la semaine passée. Si l'activité à la question est limitée par quelque chose d'autre que votre pied ou votre cheville vous pouvez noter N /A.

Foot and Ankle Ability Measures (FAAM-ADL) mesure de la capacité du pied et de la cheville dans la vie quotidienne

Pouvez-vous donner UNE réponse pour chaque question qui décrit le mieux votre ressenti la semaine passée. Si l'activité à la question est limitée par quelque chose d'autre que votre pied ou votre cheville vous pouvez noter N /A.

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Foot and Ankle Ability Measures (FAAM-sports) Mesure de la capacité du pied et de la cheville en sport

Pouvez-vous donner UNE réponse pour chaque question qui décrit le mieux votre ressenti la semaine passée. Si l'activité à la question est limitée par quelque chose d'autre que votre pied ou votre cheville vous pouvez noter N /A.

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Items des activités quotidiennes et du sport reproduits d'après le document pédagogique de S. Aguilaniu (Sport PT, LAM Motion Lab), qui reprend le tableau édité en ligne par François Luthi à partir de Borloz et coll., 2011, déposé en accès libre sur ORBi (Université de Liège), sans licence de réutilisation publiée. Items anglais recopiés du formulaire hébergé par la Shirley Ryan AbilityLab (fiche catalogue indiquant « Cost: Free », sans licence de réutilisation formelle), complétés pour le huitième item de la sous-échelle Sport, absent de ce document, d'après le fichier supplémentaire de Lopes Ferreira et coll., 2022, publié sous licence CC BY 4.0. Le questionnaire original reste la propriété de Martin et coll., 2005 ; pour tout autre usage que celui de cette page, s'adresser aux auteurs cités.

facultatif, sur 100

facultatif, sur 100

Répondez aux items d'au moins une sous-échelle pour obtenir le score.

La sous-échelle Sport déclare une différence cliniquement importante de 9 points et un changement minimal détectable de 12,3, dans la même étude. En français, le second monte à 18. Le détail est plus bas.

Chiffres issus des études citées en fin de page, chaque valeur portant sa source à l'endroit où elle est écrite. Les vingt-neuf items sont reproduits ci-dessus, sans y changer un mot.

Ce que le FAAM mesure

IRM de cheville : hypersignal avec discontinuité partielle des ligaments talo-fibulaire antérieur (A) et deltoïde superficiel (B), ligament tibio-fibulaire antéro-inférieur épaissi (C) ; arthroscopie : mortaise médiale et syndesmose élargies (D, E).

IRMIRM de cheville : hypersignal avec discontinuité partielle des ligaments talo-fibulaire antérieur (A) et deltoïde superficiel (B), ligament tibio-fibulaire antéro-inférieur épaissi (C) ; arthroscopie : mortaise médiale et syndesmose élargies (D, E).

Source : Chun et al., Korean Journal of Radiology, 2015, figure 3 · CC BY-NC

Le FAAM mesure ce que le pied et la cheville empêchent, sur vingt-neuf items répartis en deux sous-échelles : vingt et un pour les activités de la vie quotidienne, huit pour le sport. Chaque sous-échelle se cote sur 100 et un score élevé signale une meilleure fonction.

Le point à retenir d'emblée est qu'elles ne s'additionnent jamais. La publication princeps leur donne des seuils distincts, jamais un seuil commun, et cette page suit la même règle : l'outil du haut rend deux chiffres et refuse d'en faire un troisième.

L'instrument a été construit en 2005 par réduction d'items sur 1 027 sujets, et il est aujourd'hui la mesure la plus employée de cette région. Sa version française complète existe, validée en 2011 sur 105 patients francophones, et une forme courte française à douze items a été validée en 2026 sur 275 opérés.

Radiographie de cheville de face montrant une arthrose tibio-talienne : ostéophytes marginaux et remaniement osseux des deux bords de l'articulation.

RadiographieRadiographie de cheville de face montrant une arthrose tibio-talienne : ostéophytes marginaux et remaniement osseux des deux bords de l'articulation.

Source : Gouvas, Wikimedia Commons · CC BY-SA

Un dénominateur qui change d'un patient à l'autre

C'est la règle de cotation la plus souvent mal appliquée, et elle est simple une fois énoncée.

Chaque item se cote de 4, aucune difficulté, à 0, incapable de le faire. Mais un item peut aussi être marqué « sans objet », et il sort alors du calcul des deux côtés : il ne compte ni au numérateur ni au dénominateur. Le maximum possible vaut donc quatre fois le nombre d'items réellement cotés, et non 84 ou 32 par principe.

La conséquence est qu'un patient qui laisse trois items de sport sans objet est noté sur 20 et non sur 32. Compter ces items comme des zéros, ce que fait spontanément un tableur, abaisse artificiellement le score et rend la comparaison avec la passation suivante fausse. Le coteur du haut de page compte lui-même les items marqués « sans objet » à part et calcule le pourcentage sur le nombre d'items réellement cotés, jamais sur 21 ou 8 par principe.

Le seuil sportif est sous le bruit

Voici le point qui devrait décider de l'usage du FAAM chez le sportif, et il vient de sa propre publication princeps.

Celle-ci fixe pour la sous-échelle Sport une différence minimale cliniquement importante de 9 points, et un changement minimal détectable à 95 % de 12,3 points. Le seuil déclaré cliniquement important est donc enfoui sous le bruit de mesure du même instrument, dans la même étude, sur le même échantillon.

Ce n'est pas un accident. La version française mesure 18 points de bruit sur cette sous-échelle, la japonaise 13,7, quand la sous-échelle des activités quotidiennes reste serrée partout, à 5,7 puis 7 puis 6,8. Se rabattre sur celle-ci pour suivre un sportif ne résout rien : chez l'athlète universitaire sain, elle vaut 100 sur 100 sans aucune dispersion. La sortie honnête tient en une phrase : sur le versant sportif d'un patient francophone, il faut plus de 18 points de variation avant de parler de progrès.

Les deux sous-échelles du FAAM, et leur bruit respectif
Ce qui est mesuréActivités quotidiennesSport
Nombre d'items218
Étendue du score0 à 1000 à 100
Différence dite cliniquement importante89
Changement minimal détectable, version anglaise± 5,7± 12,3
Le même, version française718
Le même, version japonaise± 6,8± 13,7
Erreur d'une mesure unique, version française810
Score chez l'athlète universitaire sain100 ± 0,0discrimine encore

La version française, et la forme courte

La francophonie dispose de deux outils, et ils ne servent pas au même moment.

La version française complète a été validée en 2011 sur 105 patients d'âge moyen 50,5 ans porteurs de troubles chroniques variés du pied et de la cheville, dont vingt-deux re-testés à deux jours d'intervalle. C'est elle qui donne les deux chiffres de bruit à retenir en français, 7 points et 18 points, ainsi que l'erreur d'une mesure unique, 8 et 10 points.

La forme courte à douze items, validée en France en 2026 sur 275 opérés d'une reconstruction ligamentaire latérale, apporte ce que la version longue n'a jamais donné : des seuils de décision. Un score de 78,1 sur 100 identifie le statut d'instabilité chronique avec 81,3 % de sensibilité et 85,4 % de spécificité, et 80,2 marque la reprise du sport pratiqué avant la blessure à six mois. Ces deux valeurs appartiennent à la forme courte et à cette population : les transporter à la version longue n'aurait pas de fondement.

Le questionnaire reproduit ici, et ses deux versions francophones

Les vingt-neuf items ci-dessus reproduisent, sans y changer un mot, la version longue du FAAM : le tableau français édité en ligne par François Luthi d'après Borloz et coll., 2011, déposé sur ORBi, et le formulaire anglais original de Martin et coll., 2005, hébergé par la Shirley Ryan AbilityLab, complété pour un item par un supplément publié sous licence CC BY 4.0. Aucune des deux sources principales ne publie de licence de réutilisation formelle ; pour tout autre usage que celui de cette page, s'adresser aux auteurs cités dans la ligne de crédit sous les items. Pour un usage francophone, deux instruments existent : la version longue reproduite ici, validée en 2011, et la forme courte à douze items validée en 2026, qui n'ont ni les mêmes seuils ni la même population de référence.

Trois pièges de passation

Additionner les deux sous-échelles

Elles n'ont ni le même nombre d'items, ni le même bruit, ni la même sensibilité au changement. Aucune étude citée ici ne travaille sur un total, et le fabriquer noie la sous-échelle sportive, la seule qui discrimine encore chez le sportif, dans celle qui plafonne.

Compter un item sans objet comme un zéro

Un item sans objet sort du dénominateur. Le compter zéro fait chuter le score d'un patient qui n'a simplement pas d'avis sur une activité qu'il ne pratique pas, et la comparaison d'une séance à l'autre devient ininterprétable.

Conclure sur dix points de sport

Dix points dépassent la différence dite cliniquement importante, 9, mais restent sous le changement minimal détectable, 12,3 en anglais et 18 en français. C'est la zone où l'instrument ne permet de rien conclure, et elle est large.

Questions fréquentes

Que veut dire FAAM ?

FAAM est le sigle de Foot and Ankle Ability Measure. Le questionnaire a été publié en 2005 par Martin et coll. pour les affections musculo-squelettiques du pied et de la cheville.

Comment se cote le FAAM ?

Vingt-neuf items, reproduits ci-dessus, en deux sous-échelles, vingt et un pour les activités quotidiennes et huit pour le sport, cotés de 0 à 4 ou marqués « sans objet ». Chaque sous-échelle additionne les items cotés et divise par quatre fois leur nombre, les items sans objet ne comptant ni au numérateur ni au dénominateur. Le calcul demande un minimum d'items réellement cotés : vingt sur vingt et un pour les activités quotidiennes, sept sur huit pour le sport.

À partir de combien de points un changement compte-t-il ?

Sept points pour les activités quotidiennes et dix-huit pour le sport en version française. La différence dite cliniquement importante, 8 et 9 points, est plus petite que le bruit sur le versant sportif.

Existe-t-il une version française ?

Oui, validée en 2011 sur 105 patients francophones et reproduite ci-dessus, ainsi qu'une forme courte à douze items validée en France en 2026 sur 275 opérés de la cheville, non reproduite sur cette page.

Quel score pour autoriser la reprise du sport ?

La forme courte française donne 80,2 sur 100 pour la reprise du sport pratiqué avant la blessure à six mois, avec 75,4 % de sensibilité et 87,9 % de spécificité, chez des opérés d'une reconstruction ligamentaire.

Le FAAM est-il libre d'utilisation ?

Aucune licence de réutilisation formelle n'est publiée pour les deux sources principales, le document pédagogique français et le formulaire anglais original. Le huitième item de la sous-échelle Sport, absent du formulaire anglais principal, vient d'un supplément publié sous licence CC BY 4.0. Le questionnaire original reste la propriété de Martin et coll., 2005 ; pour tout autre usage que celui de cette page, s'adresser aux auteurs cités dans la ligne de crédit sous les items.

Références

7 sources, PMID compris
  1. Martin RL, Irrgang JJ, Burdett RG, Conti SF, Van Swearingen JM. Evidence of validity for the Foot and Ankle Ability Measure (FAAM). Foot Ankle Int 2005;26(11):968-83. PMID 16309613. La publication princeps, qui construit l'instrument par réduction d'items sur 1 027 sujets et fixe ses deux sous-échelles. Elle donne pour chacune ses propres seuils, jamais un total : changement minimal détectable de ±5,7 points pour les activités quotidiennes et ±12,3 pour le sport, différences cliniquement importantes de 8 et 9 points. C'est là que naît le problème du versant sportif.
  2. Borloz S, Crevoisier X, Deriaz O, Ballabeni P, Martin RL, Luthi F. Evidence for validity and reliability of a French version of the FAAM. BMC Musculoskelet Disord 2011;12:40. PMID 21303520. La seule validation publiée de la version française complète, sur 105 patients francophones d'âge moyen 50,5 ans, dont 22 re-testés. Elle confirme et aggrave l'écart : changement minimal détectable de 7 points pour les activités quotidiennes et 18 pour le sport. C'est aussi son texte intégral, en libre accès, qui détaille la règle de cotation à dénominateur variable.
  3. Uematsu D, Suzuki H, Sasaki S, Nagano Y, Shinozuka N, Sunagawa N, Fukubayashi T. Evidence of validity for the Japanese version of the foot and ankle ability measure. J Athl Train 2015;50(1):65-70. PMID 25310247. La troisième mesure indépendante du bruit, sur 83 athlètes universitaires japonais. Elle donne le même profil que les deux autres : ±6,8 points pour les activités quotidiennes contre ±13,7 pour le sport. L'écart entre les deux sous-échelles n'est donc pas un accident de traduction.
  4. Carcia CR, Martin RL, Drouin JM. Validity of the Foot and Ankle Ability Measure in athletes with chronic ankle instability. J Athl Train 2008;43(2):179-83. PMID 18345343. L'étude qui ferme la porte de secours. Chez l'athlète universitaire sain, la sous-échelle des activités quotidiennes vaut 100 sur 100, sans aucune dispersion : elle ne discrimine plus rien à ce niveau de fonction. Se rabattre sur elle pour suivre un sportif ne mène nulle part.
  5. Matheny LM, Clanton TO. Rasch Analysis of Reliability and Validity of Scores From the Foot and Ankle Ability Measure (FAAM). Foot Ankle Int 2020;41(2):229-36. PMID 31665926. La seule analyse de Rasch publiée sur la version anglaise d'origine, sur 456 patients opérés de la cheville. Elle examine la structure de l'instrument là où les autres études se contentent de ses coefficients.
  6. Saliba I, Grimaud O, Fontanier V, Picot B, Khiami F, Rougereau G, Bohu Y, Lefevre N, Hardy A. Validity and reliability of the French version of the quick-FAAM (Q-FAAM-F) among patients undergoing anatomic ankle ligament reconstruction. J Exp Orthop 2026;13(1):e70644. PMID 41560968. La validation française de la forme courte à douze items, sur 275 opérés d'une reconstruction ligamentaire latérale. Elle apporte deux seuils qu'aucune autre référence ne donne : 78,1 sur 100 pour identifier une instabilité chronique, et 80,2 pour la reprise du sport pratiqué avant la blessure, à six mois.
  7. Sangeorzan BJ, Ledoux WR, Shofer JB, Davitt J, Anderson JG, Bohay D, Coetzee JC, Maskill J, Brage M, Norvell DC. Comparing 4-Year Changes in Patient-Reported Outcomes Following Ankle Arthroplasty and Arthrodesis. J Bone Joint Surg Am 2021;103(10):869-78. PMID 33983146. Retenue pour une raison précise : son résumé est le seul du socle à porter explicitement l'étendue de 0 à 100 de chaque sous-échelle, sur 517 participants. Les bornes de cette page en viennent, et non d'une source tertiaire.
Anthony Baillon Fiche rédigée par Anthony Baillon, masseur-kinésithérapeute, co-fondateur de Physio Learning. Le questionnaire, lui, est de Martin et coll. en 2005, et sa version française de Luthi d'après Borloz et coll., 2011 : cette page les reproduit, les documente et les calcule.

Derrière cet article

Un auteur qui vulgarise, un relecteur qui vérifie.

Comment nous écrivons et vérifions nos contenus

Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

KinéIngénieur pédagogiqueDesign du soin
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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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