Syndrome du piriforme : combien de temps ça dure ?
« Ça fait des mois, est-ce que ça va finir par passer ? » C'est la question la plus fréquente sur le syndrome du piriforme, et la réponse rassure : dans la très grande majorité des cas rapportés, on va vers l'amélioration, souvent en quelques semaines de traitement conservateur, parfois plus lentement. Voici les durées réelles, ce qui accélère les choses, et les signaux qui doivent faire reconsulter.
📝 En bref
- Il n'existe pas de durée unique. Chez les patients dont l'imagerie (IRM ou scanner) est normale, la très grande majorité récupère vite : 41 patients sur 42 ont vu leurs symptômes disparaître spontanément ou sous traitement conservateur en 35 jours 1. À l'inverse, dans les cas publiés, souvent sévères ou réfractaires, la durée médiane des symptômes avant traitement atteignait 365 jours (IQR 60–1095), signe d'une forme volontiers chronique et d'une prise en charge tardive 4.
- Le traitement conservateur soulage souvent en quelques semaines. Dans un essai randomisé de 44 patients, la douleur (EVA) est passée d'environ 7,6–7,8 à l'inclusion à 2,5–2,6 à 3 mois, sans différence significative entre puncture sèche échoguidée et un programme d'exercices 2.
- On recommande d'attendre au moins 3 mois de traitement conservateur avant d'envisager la chirurgie 1.
- Plus les symptômes sont anciens, moins bon semble être le pronostic. Dans une cohorte appariée de 230 patients atteints d'une forme réfractaire traitée par gestes interventionnels, chaque année d'ancienneté supplémentaire réduisait les chances d'amélioration (OR = 0,87 par an ; IC95% 0,76–0,99 ; p = 0,038) ; l'âge, le sexe et l'IMC n'avaient pas d'effet significatif, mais le facteur dominant restait le type d'intervention, pas la durée, et il s'agit d'une étude rétrospective non causale 3.
- Dans les cas rapportés, l'évolution est le plus souvent favorable : 197 patients sur 212 (92,9 %) ont guéri ou se sont améliorés après traitement, tous types confondus. Ce chiffre provient de cas publiés (fort biais de publication) et 58,9 % des succès étaient chirurgicaux 4.
- Un diagnostic bien posé pèse plus que le temps. Lorsque le syndrome est retenu sans confirmation par imagerie ou EMG, une revue de cas suggère un risque d'échec chirurgical accru (OR 5,3, sans intervalle de confiance rapporté), d'où l'importance d'exclure les autres causes de sciatalgie avant tout geste invasif 4.
⏱️ Combien de temps ça dure, vraiment
C'est la question qui revient sans cesse : va-t-on en avoir pour des semaines, des mois, un an ? La réponse honnête est qu'il existe deux réalités très différentes selon la forme du syndrome. La bonne nouvelle, c'est que la forme la plus courante évolue plutôt vite et bien. Pour comprendre ce qu'est ce syndrome et comment on le distingue d'une vraie sciatique, reportez-vous au dossier complet sur le syndrome du piriforme.
À retenir
- Dans une cohorte, presque tous les patients à imagerie normale ont récupéré en environ 35 jours, spontanément ou avec un traitement non chirurgical 1.
- Sous traitement conservateur, la douleur peut baisser fortement en 3 mois 2.
- Plus la douleur est ancienne, moins le pronostic est bon : agir tôt aide 3.
- Les durées « d'un an » qu'on lit parfois viennent surtout de cas graves publiés, ce n'est pas la règle.
La forme courante : quelques semaines
Dans une cohorte de 42 patients dont l'IRM ou le scanner était normal, 41 ont eu une résolution complète de leurs symptômes en 35 jours, soit spontanément, soit avec un traitement conservateur 1. Autrement dit, dans la grande majorité des cas non compliqués, on parle de semaines, pas d'années.
Un essai randomisé va dans le même sens : chez 44 patients, la douleur mesurée sur une échelle de 0 à 10 est passée d'environ 7,6–7,8 au départ à 2,5–2,6 à trois mois, sans différence significative entre une puncture sèche échoguidée et un programme d'exercices 2. Attention : c'est un seul petit essai (n = 44), portant précisément sur le syndrome du piriforme ; on ne peut pas l'étendre à toutes les douleurs ni à toutes les techniques. Mais il illustre qu'un traitement non chirurgical peut soulager nettement en quelques semaines à trois mois.
Pourquoi on lit parfois « un an »
Certaines sources avancent une durée médiane des symptômes d'environ 365 jours (un an), avec un intervalle très large de 60 à 1095 jours 4. Ce chiffre est réel, mais il faut le lire avec prudence : il provient d'une revue de 212 cas publiés (comptes rendus de cas de 1980 à 2024), une population fortement orientée vers les formes sévères ou résistantes, 58,9 % de ces patients ont d'ailleurs été opérés. Ce n'est donc pas la durée typique d'un syndrome du piriforme « ordinaire », et il s'agit du délai avant traitement (qui inclut le temps mis à décider de traiter), pas d'un pur retard de diagnostic. À retenir surtout : quand le syndrome traîne dans ces cas publiés, c'est souvent parce qu'il n'avait pas été identifié.
Combien de temps selon le traitement
| Approche | Délai / résultat observé | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Traitement conservateur (exercices, puncture sèche) | Douleur ~7,7 → ~2,5 à 3 mois 2 | Modéré (petit essai) |
| Injection + rééducation | 79 % améliorés d'au moins 50 %, gain moyen 71,1 % à ~10 mois 5 | Faible (série sans témoin) |
| Toxine botulique (guidée par imagerie) | Médiane 30 j sans douleur vs 1 j sans toxine, mais différence non significative 6 | Faible / incertain |
Sur l'association injection + rééducation, une série ancienne de patients au test FAIR positif rapporte 79 % d'amélioration d'au moins 50 %, avec un gain moyen de 71,1 % à un suivi moyen de 10,2 mois 5. Ces chiffres concernent uniquement le syndrome du piriforme, et comme il n'y avait pas de groupe témoin, ils décrivent l'évolution des patients traités sans prouver l'effet propre du traitement (l'évolution naturelle peut y contribuer). Pour la toxine botulique, la durabilité reste incertaine : 30 jours sans douleur contre 1 jour, mais la différence n'atteint pas le seuil de significativité (p = 0,059) ; seule la réponse à 48 h était significative 6, et une revue conclut à une preuve seulement « acceptable » et insuffisante pour chiffrer l'effet 7.
Ce qui accélère (ou freine) vraiment la guérison
Deux facteurs ressortent. D'abord, ne pas laisser traîner : dans une cohorte de patients au syndrome réfractaire traités par gestes interventionnels, chaque année d'ancienneté supplémentaire réduisait les chances d'amélioration 3. C'est une signification limite, sur une population très particulière (le prédicteur le plus fort restait le type de geste, pas la durée), mais le message pratique est cohérent : agir tôt aide. Ensuite, un diagnostic bien posé : une revue de cas suggère un risque d'échec chirurgical accru quand le diagnostic est retenu sans confirmation par imagerie ou EMG 4. D'où l'importance d'écarter d'abord les autres causes.
Le temps ne joue pas contre vous si vous ne laissez pas la douleur s'installer.
Globalement, dans les cas rapportés dans la littérature, l'évolution est plutôt favorable : 197 patients sur 212 (92,9 %) ont guéri ou se sont améliorés après traitement, tous types confondus 4. Ce chiffre vient exclusivement de cas publiés, où les réussites sont surreprésentées, et près de 6 succès sur 10 étaient chirurgicaux : il ne s'agit donc pas d'un taux de guérison de la population générale. Il reste néanmoins rassurant : bien pris en charge, le syndrome du piriforme se soigne le plus souvent, et rarement au bloc.
📈 Ce qui allonge (ou raccourcit) la guérison
Deux personnes avec le même diagnostic peuvent mettre quelques semaines ou plusieurs mois à aller mieux. Pourquoi ? Parce que la durée dépend moins de la « gravité » ressentie que de quelques facteurs identifiés dans les études. Voici ce que la littérature permet de dire, et ce qu'elle ne permet pas encore d'affirmer.
Le délai avant la prise en charge : le facteur qui revient le plus
Le message le plus constant est aussi le plus encourageant : plus on agit tôt, mieux ça semble évoluer. Dans une cohorte appariée de 230 patients, chaque année supplémentaire d'ancienneté des symptômes réduisait les chances d'amélioration (OR = 0,87 par année, IC95 % 0,76–0,99, p = 0,038), alors que l'âge, le sexe et l'IMC n'avaient aucun effet significatif 3.
Le temps qui passe sans rien faire n'est jamais neutre : c'est le levier le plus accessible.
Prudence toutefois sur ce chiffre : il provient d'une étude rétrospective portant sur des syndromes du piriforme réfractaires, traités par gestes interventionnels (radiofréquence pulsée ou libération endoscopique). L'OR mesure l'amélioration de la douleur après ces procédures, et son intervalle de confiance monte jusqu'à 0,99 (significativité limite). D'ailleurs, dans cette même étude, le prédicteur le plus fort n'était pas la durée des symptômes mais le type d'intervention (OR = 2,15). Ce n'est donc pas une « loi » valable pour toutes les douleurs : c'est un signal qui pointe dans le même sens que le bon sens clinique.
Ce retard est fréquent. Dans une revue de 212 cas publiés (case reports 1980–2024), la durée médiane des symptômes avant traitement atteignait 365 jours, soit environ un an, avec un intervalle très large (60 à 1095 jours) 4. Attention à ne pas sur-interpréter : ces cas rapportés sont fortement biaisés vers les formes sévères (58,9 % ont dû être opérés), et « durée avant traitement » englobe aussi le temps de décision, pas seulement le retard de diagnostic. Ce chiffre décrit les cas publiés, pas la personne moyenne consultant en ville.
Un diagnostic solide change tout
Le second facteur documenté, c'est la qualité du diagnostic. Le syndrome du piriforme imite une sciatique : si l'on retient l'étiquette sans écarter les autres causes, on peut traiter à côté de la plaie. Une revue de cas suggère que, lorsque le diagnostic est posé sans confirmation instrumentale (imagerie, EMG), le risque d'échec du traitement chirurgical est nettement plus élevé 4.
Là encore, restons mesurés : cet OR provient d'une agrégation de case reports, sans intervalle de confiance ni p rapportés. On ne peut donc pas en faire un facteur pronostique « prouvé ». Mais l'idée de fond est robuste et fait consensus : exclure les diagnostics différentiels avant tout geste invasif. C'est précisément le rôle du bilan clinique détaillé dans le dossier mère sur le syndrome du piriforme.
Ce qui joue vraiment (et ce qui compte moins)
| Élément | Effet sur la durée | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Symptômes anciens (années) | Tend à allonger | Modéré : 1 cohorte, formes réfractaires |
| Diagnostic non confirmé (imagerie/EMG) | Plus d'échecs chirurgicaux | Faible : revue de cas, OR non borné |
| Prise en charge conservatrice précoce | Résolution souvent rapide | Modéré : cohorte + essai |
| Âge, sexe, IMC | Pas d'effet significatif | Modéré 3 |
Bonne nouvelle sur ce dernier point : votre âge, votre poids ou votre sexe ne semblent pas peser sur les chances d'amélioration 3. Ce n'est pas votre profil qui décide, ce sont surtout le délai d'action et la justesse du diagnostic : deux leviers sur lesquels on peut agir.
Enfin, quand on prend le problème tôt, l'évolution est généralement favorable : dans une cohorte, 41 patients sur 42 (imagerie normale) ont vu leurs symptômes se résoudre spontanément ou avec un traitement conservateur en 35 jours, et il est recommandé d'attendre au moins 3 mois de traitement conservateur avant d'envisager la chirurgie 1.
À retenir
- Agir tôt est le levier le plus accessible : des symptômes anciens tendent à réduire les chances d'amélioration 3.
- Un diagnostic bien posé, qui écarte les autres causes de « fausse sciatique », conditionne le succès du traitement 4.
- Âge, sexe et IMC ne semblent pas déterminer l'issue.
- Bien pris en charge et tôt, le problème se résout le plus souvent sans chirurgie, souvent en quelques semaines à 3 mois 1.
🚦 Est-ce dangereux ? Ce qu’il faut surveiller
Bonne nouvelle d’abord : le syndrome du piriforme n’est pas, en soi, une maladie grave. C’est une douleur pénible, parfois tenace, mais qui évolue le plus souvent favorablement. Le vrai enjeu n’est donc pas tant la « dangerosité » du syndrome que le fait de ne pas passer à côté d’autre chose, car les douleurs de la fesse et de la jambe peuvent avoir plusieurs origines.
À retenir
- Le syndrome du piriforme est rarement grave en lui-même et s’améliore dans la grande majorité des cas.
- Le principal risque n’est pas la douleur, mais le diagnostic par défaut : appeler « piriforme » ce qui vient d’ailleurs.
- Repère utile : si aucune amélioration n’apparaît après plusieurs semaines à quelques mois de prise en charge adaptée, on réévalue plutôt que d’insister à l’identique.
Un syndrome qui, le plus souvent, s’améliore
Dans une cohorte de patients dont l’imagerie (IRM ou scanner) était normale, la quasi-totalité a vu ses symptômes disparaître spontanément ou avec un traitement conservateur en un peu plus d’un mois 1. C’est un signal encourageant : quand le tableau est simple et bien cadré, l’évolution est généralement rapide.
Une revue de la littérature va dans le même sens, avec une majorité de patients améliorés après traitement. Il faut toutefois lire ce chiffre avec prudence : il provient exclusivement de cas rapportés et publiés (212 patients, cas 1980–2024), une population où les histoires qui se terminent bien, et les formes sévères opérées, sont sur-représentées. Dans cette série, environ 93 % des patients ont guéri ou se sont améliorés, mais près de 59 % des succès étaient chirurgicaux 4. Ce n’est donc pas un vrai « taux de guérison » de la population générale, plutôt un reflet, biaisé, des cas les plus documentés.
La question la plus importante n’est pas « est-ce dangereux ? », mais « est-ce vraiment un piriforme ? »
Le vrai point de vigilance : se tromper de diagnostic
Le syndrome du piriforme est un diagnostic d’élimination : d’autres causes de douleur fessière ou de « fausse sciatique » doivent d’abord être écartées. Ce point n’est pas théorique. Dans la même revue de cas, lorsque le diagnostic avait été retenu sans confirmation instrumentale (imagerie, EMG), l’échec du traitement chirurgical était plus fréquent (odds ratio de 5,3). À interpréter avec réserve, il s’agit d’une revue de cas agrégés et cet OR est donné sans intervalle de confiance, mais le message reste sensé : mieux vaut confirmer avant tout geste invasif 4.
Concrètement, c’est là que le regard d’un professionnel de santé compte le plus : évaluer, replacer la douleur dans son contexte, repérer ce qui ne colle pas et orienter si besoin. Pour comprendre en détail comment le piriforme peut mimer une sciatique et ce qui le distingue d’une vraie atteinte du nerf, voyez le dossier complet, « Le syndrome du piriforme : cette fausse sciatique ».
Quand faut-il reconsulter ?
Il n’existe pas de compte à rebours universel, et c’est normal : la durée dépend de la forme, de l’ancienneté des symptômes et de la prise en charge. Deux repères simples aident néanmoins à ne pas rester bloqué :
- Pas d’amélioration du tout après plusieurs semaines à quelques mois de prise en charge adaptée : c’est un signal pour réévaluer le diagnostic, pas forcément pour changer de traitement au hasard.
- Avant d’envisager la chirurgie, la littérature recommande d’attendre au moins trois mois de traitement conservateur bien conduit 1. Autrement dit, la voie invasive n’est pas une première intention.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Soyons honnêtes sur les limites : la plupart des données ci-dessus viennent de séries de cas ou de petites cohortes centrées sur le syndrome du piriforme, souvent dans ses formes réfractaires. Elles décrivent des tendances rassurantes, pas des garanties individuelles, et ne remplacent pas un avis personnalisé. Si votre douleur change de nature, s’intensifie nettement ou s’accompagne d’un symptôme inhabituel qui vous inquiète, le bon réflexe n’est pas de chercher la réponse dans un tableau statistique : c’est d’en parler à un professionnel de santé, qui pourra examiner votre situation et vérifier qu’il n’y a rien d’autre à explorer.
💪 Accélérer la guérison : ce qui marche
Bonne nouvelle d'abord : dans la très grande majorité des cas, le syndrome du piriforme finit par se calmer, souvent sans geste invasif. La vraie question n'est donc pas « comment forcer la guérison ? » mais « qu'est-ce qui met le plus de chances de son côté ? ». Voici ce que dit la recherche.
Le plus souvent, ça se résout, et plutôt vite
Dans une cohorte de patients dont l'imagerie (IRM ou scanner) était normale, 41 sur 42 ont vu leurs symptômes disparaître complètement, spontanément ou avec un traitement conservateur, en 35 jours environ 1. Quand aucune cause structurelle n'est retrouvée, l'évolution penche donc fortement vers la récupération, sur quelques semaines.
Dans la grande majorité des cas, le piriforme se répare sans bistouri, souvent avec du temps et du mouvement.
Ce qui est associé à de meilleurs résultats
Plusieurs approches conservatrices sont associées à un soulagement, mais attention au niveau de preuve : beaucoup d'études manquent de groupe témoin, donc elles décrivent l'évolution des patients sans démontrer l'effet propre de la technique.
- Exercice et rééducation active. Dans un essai randomisé (44 patients), la douleur (échelle VAS) est passée d'environ 7,6–7,8 à l'inclusion à 2,5–2,6 à trois mois, sans différence significative entre un programme d'exercices et la puncture sèche échoguidée 2. Un seul essai, de petit effectif, propre au syndrome du piriforme, mais qui montre qu'un travail actif encadré soulage nettement.
- Injection associée à la rééducation. Chez des patients au test FAIR positif, 79 % (514/655) se sont améliorés d'au moins 50 %, avec une amélioration moyenne de 71,1 % à un suivi moyen de 10,2 mois 5. Ces chiffres portent uniquement sur le syndrome du piriforme et viennent d'une série sans groupe contrôle : ils décrivent des résultats favorables, sans prouver que l'association fait mieux que l'évolution naturelle.
- Toxine botulique. Option envisagée quand les mesures de base ne suffisent pas. Une revue conclut à une preuve de qualité « acceptable » pour son innocuité et une réduction de la douleur, mais à des données insuffisantes pour chiffrer cette réduction 7. Une étude sur le syndrome du piriforme (injection guidée par scanner) retrouvait plus de réponses à 48 h avec la toxine (p<0,001) ; en revanche l'écart de durée sans douleur (30 jours contre 1 jour) n'atteignait pas la significativité (p=0,059), la durabilité restant non démontrée 6.
| Approche | Ce qu'on sait | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Exercice / rééducation active | VAS ~7,7 → ~2,6 à 3 mois 2 | Modéré (1 essai, n=44) |
| Injection + rééducation | 79 % améliorés ≥50 % 5 | Faible (série sans témoin) |
| Toxine botulique | Sûre, réduit la douleur ; ampleur non chiffrée 7 | Acceptable pour l'innocuité |
| Chirurgie | À réserver après ≥3 mois de conservateur 1 | Dernier recours |
Agir tôt semble aider
Une donnée va dans le sens d'une prise en charge précoce : dans une cohorte appariée de 230 patients, chaque année d'ancienneté des symptômes réduisait un peu les chances d'amélioration (OR = 0,87 par année, IC95 % 0,76–0,99, p=0,038), l'âge, le sexe et l'IMC n'ayant pas d'effet significatif 3. À nuancer fortement : il s'agit de formes réfractaires traitées par gestes interventionnels (radiofréquence pulsée ou libération endoscopique), l'étude est rétrospective (pas de preuve de cause à effet), la borne haute de l'intervalle touche 0,99 (significativité limite), et le facteur le plus déterminant était en fait le type d'intervention (OR = 2,15), pas la durée. Pas une loi générale : juste un argument de plus pour ne pas laisser traîner.
Un bon diagnostic avant tout geste
Le syndrome du piriforme imite d'autres causes de douleur fessière et de « fausse sciatique ». Une revue de cas suggère que, lorsque le diagnostic est posé sans confirmation instrumentale (imagerie/EMG), le risque d'échec d'une chirurgie est plus élevé (OR 5,3, donné sans intervalle de confiance dans cette revue de case reports) 4. En pratique : faire confirmer l'origine des douleurs et écarter les diagnostics différentiels, détaillés dans le dossier complet sur le syndrome du piriforme, avant tout traitement invasif.
Quand la guérison traîne
Certaines formes s'installent dans la durée. Dans une revue de 212 cas publiés (case reports, 1980–2024), la durée médiane des symptômes avant traitement atteignait 365 jours (intervalle 60–1095 jours), mais cette population penche fortement vers les formes sévères et réfractaires (58,9 % ont dû être opérés), et ce chiffre ne reflète pas le délai habituel en population générale 4. Dans cette même revue, 197 patients sur 212 (92,9 %) ont guéri ou se sont améliorés après traitement ; là encore, ce sont des cas rapportés dans la littérature (les succès y sont surreprésentés) et une bonne part des améliorations reposait sur la chirurgie. À lire comme un signal encourageant, pas comme un vrai taux de guérison. Dans tous les cas, il est recommandé d'attendre au moins 3 mois de traitement conservateur avant d'envisager la chirurgie 1 : le temps joue en votre faveur.
À retenir
- Pronostic rassurant : imagerie normale, résolution souvent en quelques semaines 1.
- L'exercice encadré soulage nettement 2 ; injection et toxine botulique sont des options, à niveau de preuve encore modeste.
- Ne pas laisser traîner : une évolution plus courte est associée à de meilleurs résultats, même si la donnée reste limitée aux formes réfractaires 3.
- Faire confirmer le diagnostic avant tout geste invasif ; attendre au moins 3 mois de conservateur avant la chirurgie.
- Si les douleurs persistent, s'aggravent ou changent, faites réévaluer la situation par un professionnel de santé.
Bibliographie
Chaque référence vérifiée individuellement sur PubMed (PMID cliquable). 7 sources. Cliquez un appel de note en exposant dans le texte : la bibliographie s'ouvre et surligne la source.
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❓ Questions fréquentes
Combien de temps dure un syndrome du piriforme ?
Cela dépend de la forme. Chez les patients dont l'IRM ou le scanner est normal, 41 sur 42 ont récupéré spontanément ou avec un traitement conservateur en 35 jours 1. Dans les cas publiés, souvent plus sévères, la durée médiane des symptômes avant traitement atteignait toutefois 365 jours, avec un intervalle interquartile large (60–1095 jours) 4.
Le syndrome du piriforme peut-il durer plusieurs mois, voire des années ?
Oui, certaines formes deviennent chroniques. Dans une revue de 212 cas publiés (1980–2024), la durée médiane des symptômes avant traitement était de 365 jours, certains cas approchant 3 ans (IQR 60–1095 jours). Ces cas rapportés sont cependant biaisés vers les formes sévères ou réfractaires et ne reflètent pas la durée typique en population générale 4.
En combien de temps le traitement conservateur soulage-t-il ?
Souvent en quelques semaines à 3 mois. Dans un essai randomisé de 44 patients, la douleur (EVA) est passée d'environ 7,6–7,8 à l'inclusion à 2,5–2,6 à 3 mois, sans différence significative entre puncture sèche échoguidée et exercices 2. Ce résultat porte sur un seul essai de petit effectif consacré au syndrome du piriforme.
Quand faut-il envisager la chirurgie ?
Il est recommandé d'attendre au moins 3 mois de traitement conservateur avant d'envisager une opération 1. Par ailleurs, poser le diagnostic sans confirmation par imagerie ou EMG est associé, dans une revue de cas, à un risque d'échec chirurgical accru (OR 5,3, sans intervalle de confiance rapporté), ce qui incite à confirmer le diagnostic avant tout geste 4.
Une durée d'évolution longue aggrave-t-elle le pronostic ?
C'est ce que suggèrent les données. Dans une cohorte de 230 patients atteints d'une forme réfractaire traitée par gestes interventionnels, chaque année d'ancienneté supplémentaire réduisait les chances d'amélioration (OR = 0,87 par an ; IC95% 0,76–0,99 ; p = 0,038), sans effet significatif de l'âge, du sexe ou de l'IMC 3. Il s'agit d'une étude rétrospective portant sur des formes réfractaires : ce n'est pas une règle générale applicable à toutes les situations.


