Le Western Ontario Rotator Cuff Index circule sous deux métriques de sens contraire. Le score brut va de 0, meilleur état, à 2100, incapacité maximale : il baisse quand le patient s'améliore, et sa différence minimale s'écrit -300. Le score converti sur 100 est l'inverse : 100 est une qualité de vie normale, et il monte quand le patient s'améliore. « Un WORC à 40 » désigne donc soit un patient presque normal, soit une incapacité sévère. L'outil ci-dessous demande d'abord laquelle des deux vous employez.
Les 21 items du WORC ne sont pas reproduits : le questionnaire porte des titulaires de droits nommés et aucune permission publique de reproduction n’existe. Le détail est plus bas.
Chiffres issus des études citées en fin de page, chaque valeur portant sa source à l'endroit où elle est écrite. Le questionnaire lui-même n'est pas reproduit.
Deux échelles de sens inverse, et pas de conversion
Le Western Ontario Rotator Cuff Index est un questionnaire de qualité de vie propre aux troubles de la coiffe des rotateurs, publié en 2003 par Kirkley, Alvarez et Griffin. Il compte 21 items répartis en cinq domaines : six pour la douleur et les symptômes physiques, quatre pour le sport et les loisirs, quatre pour le travail, quatre pour le mode de vie, trois pour les émotions. Chaque item est répondu sur une échelle de type EVA.
C'est la suite qui fait la difficulté. Chaque item vaut de 0 à 100, et la somme des vingt et un donne un total de 0 à 2100 où un score élevé signifie une mauvaise qualité de vie. Sur cette échelle brute, 0 est le meilleur état possible : le score baisse quand le patient s'améliore, et c'est pourquoi la différence minimale importante du WORC s'écrit dans la littérature avec un signe moins, -300.
Mais la majorité des publications ne rapportent pas ce total-là. Elles convertissent en pourcentage sur 100, et cette échelle-ci va dans l'autre sens : 100 y désigne une qualité de vie normale, et le score monte quand le patient s'améliore. L'étude psychométrique de référence annonce ainsi une échelle de 0 à 100, un WORC initial moyen de 46,8 et un gain moyen de 18,8 après traitement.
La conséquence pratique tient en une phrase : « un WORC à 40 » ne veut rien dire. Sur l'échelle brute, 40 points sur 2100 décrivent un patient à peu près asymptomatique. Sur l'échelle en pourcentage, 40 sur 100 décrivent une incapacité marquée, sous la moyenne d'entrée des patients de la cohorte de référence. Le même nombre, deux tableaux opposés.
Reste la question qu'on pose toujours : peut-on passer de l'une à l'autre ? Cette page ne le propose pas, et voici pourquoi. Un seul résumé indexé apparie une valeur des deux échelles, en écrivant que 28 points sur 100 équivalent à 533 points sur 2100. Or la structure de l'instrument, vingt et un items cotés de 0 à 100 puis sommés, ferait attendre 28 × 21, soit 588. La seule conversion publiée s'écarte donc de 55 points bruts de la conversion proportionnelle, sans que le résumé explique l'écart. Tant que ce point n'est pas éclairci, convertir un score de patient revient à propager une approximation dont personne ne connaît la règle.
Trois choses que le WORC ne fait pas
Trois limites de cet instrument sont établies, et elles sont plus utiles à connaître que ses qualités, largement documentées ailleurs.
Le WORC ne classe pas la sévérité. Aucune bande n'a été publiée, et l'étude psychométrique la plus complète explique pourquoi il ne faut pas en inventer : appliquée à 92 patients répartis en trois tableaux distincts, 35 ruptures de coiffe, 35 tendinites calcifiantes et 22 conflits, elle trouve des différences significatives entre les ruptures de coiffe, les plus symptomatiques, et les autres patients pour le Constant et pour le DASH, mais pas pour le WORC. Ses auteurs concluent que la validité de l'instrument chez les patients les plus symptomatiques demande une investigation supplémentaire. L'outil du haut de page ne rend donc aucun verdict de sévérité.
Le WORC ne renseigne pas sur le tendon. Une cohorte prospective de 117 patients opérés d'une réparation arthroscopique de ruptures de 1 à 5 cm, suivis deux ans, a comparé la sensibilité au changement de cinq questionnaires d'épaule et de leurs items individuels, ceux du WORC compris, à la cicatrisation structurelle évaluée en IRM et au scanner. Aucune corrélation n'atteint 0,3, ni pour les scores totaux ni pour les items de haute fonction. Mieux : à un an, 92 % des patients déclarent un état symptomatique acceptable, y compris tous ceux qui remplissent les critères stricts d'échec de réparation. Une précision de lecture s'impose ici, et elle est due au réfuteur du socle de cette page : le WORC n'est pas l'un des cinq questionnaires dont le score total a été totalisé dans ce travail, il n'y entre que par ses items individuels.
Le WORC n'a pas de nom français, et pas de version métropolitaine. La seule adaptation francophone validée est canadienne-française, et elle conserve le sigle anglais : on l'appelle WORC-CF, là où le Roland-Morris est devenu l'EIFEL. Elle a été évaluée sur 87 patients, avec un coefficient de corrélation intraclasse de 0,96 et une réponse moyenne standardisée de 1,54. Aucune équipe française, belge ou suisse n'a publié de validation depuis 2015.
Un mot enfin sur les adaptations culturelles en général, car on les suppose souvent équivalentes. La revue systématique qui les a passées en revue, quatorze études, constate qu'aucune ne rapporte l'ensemble des propriétés de mesure recommandées. Toutes rapportent la fidélité ; aucune ne rapporte l'accord ; la cohérence interne n'est pleinement rapportée que par 15 % d'entre elles et la validité de construit par 43 %. Huit d'entre elles suivent 100 % des étapes d'adaptation recommandées, mais une seule réunit à la fois 100 % de ces recommandations et 83 % des critères de qualité. Ses auteurs recommandent que les versions adaptées soient testées davantage avant usage clinique.
La différence minimale importante n’est pas un nombre, c’est une famille
La question qu'on pose à un questionnaire de suivi n'est pas « quel est le score » mais « ce changement compte-t-il ». Le WORC n'y répond pas par un nombre. Il y répond par une famille de nombres, et savoir lequel s'applique demande de connaître trois choses : l'échelle, la population et le traitement.
Commençons par la bonne nouvelle, car elle est rare dans ce genre de dossier. Sur l'échelle brute, les deux estimations ancrées, c'est-à-dire adossées à la perception de changement du patient lui-même, se rejoignent remarquablement : -282,6 points chez 222 patients porteurs de ruptures transfixiantes, opérés ou non, et -300 points chez 64 adultes porteurs de ruptures partielles traités trois mois par kinésithérapie. Deux populations qui n'ont ni la même lésion ni le même traitement, et dix-sept points d'écart, soit moins de 1 % de l'étendue de l'échelle. C'est le socle le plus solide de cette page.
Il craque dès qu'on change de méthode. Le même travail sur les 222 ruptures transfixiantes donne, par approche distributionnelle, -392,5 points au tiers d'un écart-type et -588,7 à la moitié. Sur une même population, avec les mêmes données, le seuil double selon la méthode retenue. Une différence minimale importante n'est pas une propriété de l'instrument : c'est le produit d'un instrument, d'une population et d'une convention statistique.
Puis vient ce qui rend la famille inutilisable telle quelle. La méta-analyse de 2025, douze études et 1 326 observations, établit que la barre monte avec l'intensité du traitement et la durée du suivi : 17 en traitement conservateur à moins de six mois, 26 après chirurgie, 29 au-delà de six mois. Une autre équipe exige plus de 35 points après réparation de coiffe. Ces quatre valeurs sont partout citées, et aucun des deux résumés qui les portent ne déclare sur quelle échelle elles sont exprimées. Les rapprocher des seuils bruts est impossible ; les supposer exprimées sur 100 est une hypothèse, pas une lecture. Cette page ne la fait pas, et son outil ne les applique pas.
Ce que la direction, elle, dit quand même : appliquer un seuil chirurgical à une prise en charge conservatrice revient à déclarer l'échec d'un traitement qui a réussi. Entre 17 et 35, le rapport dépasse le facteur deux, et c'est la seule chose que l'on puisse tirer de ces quatre nombres tant que leur échelle reste tue.
Reste le renversement, et c'est le résultat le plus intéressant de ce dossier. On a demandé à 56 patients douloureux d'épaule depuis au moins six mois combien d'amélioration ils exigeaient pour qu'une réparation de coiffe vaille ses coûts et ses risques. Leur réponse médiane : 40 %, soit 28 points sur 100, soit 533 sur 2100. Les auteurs notent explicitement que cette valeur est supérieure aux différences minimales publiées, qu'ils situent entre 13,5 et 28 sur 100. Autrement dit, la différence minimale importante du WORC est un plancher de détection statistique, et non la barre que le patient se fixe. Le kinésithérapeute qui invoque un seuil devrait d'abord dire lequel des deux il vise.
| Seuil publié | Valeur | Échelle déclarée | Population |
|---|---|---|---|
| Différence minimale, méthode ancrée | -282,6 | brute, 0 à 2100 | 222 ruptures transfixiantes, opérées ou non |
| Différence minimale, méthode ancrée | -300 | brute, 0 à 2100 | 64 ruptures partielles, trois mois de kinésithérapie |
| Différence minimale, un tiers d’écart-type | -392,5 | brute, 0 à 2100 | les mêmes 222 ruptures transfixiantes |
| Différence minimale, un demi écart-type | -588,7 | brute, 0 à 2100 | les mêmes 222 ruptures transfixiantes |
| Erreur type de mesure | 6,0 | sur 100, déclarée explicitement | 57 patients retestés, version néerlandaise |
| Erreur type de mesure | 6,9 | sur 100 | 92 patients, trois tableaux distincts |
| Plus petit changement détectable | 16,7 | sur 100, déclarée explicitement | 57 patients retestés, version néerlandaise |
| Plus petit effet qui vaille la peine, inter-groupes | 28 | sur 100, appariée à 533 sur 2100 | 56 patients interrogés sur le bénéfice-risque |
| Différence minimale moyenne, conservateur < 6 mois | 17 | non déclarée | méta-analyse, 12 études, 1 326 observations |
| Différence minimale moyenne, chirurgie | 26 | non déclarée | même méta-analyse |
| Différence minimale moyenne, suivi > 6 mois | 29 | non déclarée | même méta-analyse |
| Changement cliniquement important après réparation | > 35 | non déclarée | effectif absent du résumé |
Un questionnaire sous droits, sans nom français et sans version métropolitaine
Ce point décide de ce que cette page peut afficher, et il mérite d'être exposé, car il est souvent traité par le silence.
Le WORC a des titulaires de droits nommés. Sa notice publique chez l'éditeur de bases d'instruments porte, en toutes lettres, une mention de copyright datée de 1998 assortie d'un numéro d'enregistrement et de trois noms, ceux des trois auteurs de la publication princeps. La même notice recense treize traductions et donne pour langue d'origine l'anglais nord-américain.
La littérature confirme de son côté. Le titre de la validation néerlandaise porte le symbole de copyright accolé au sigle ; sa rubrique de renseignements sur les auteurs déclare que l'une de ses signataires, co-autrice du questionnaire d'origine, en est la détentrice des droits ; et le texte précise que l'explication de plusieurs questions litigieuses a été ajustée en consultation étroite avec le développeur. La même personne est co-signataire de l'adaptation polonaise. Les traductions passent donc par les développeurs, ce qui est le comportement d'un instrument sous droits, pas d'un instrument libre.
Une précision de méthode, et elle vaut au-delà de cette fiche. La notice publique de l'éditeur n'est lisible qu'au navigateur : interrogée en ligne de commande, la même adresse rend une coquille vide de trois mille octets, et c'est ce vide qui avait laissé croire au dossier préparatoire que rien n'était consultable. Deux autres pages qu'on croyait bloquées ne le sont pas davantage : l'encyclopédie de kinésithérapie la plus consultée n'a tout simplement aucune page sur le WORC. Quant aux conditions d'usage détaillées, elles sont derrière un compte ; elles n'ont pas été lues, et aucun compte n'a été créé pour les lire.
Le verdict est donc net et il est limité : instrument sous droits identifiés, titulaires nommés, conditions précises non lues. Aucune permission publique de reproduction n'existe. Décrire le questionnaire, expliquer sa cotation, discuter ses seuils et bâtir un outil de lecture est parfaitement permis, et c'est ce que fait cette page. Reproduire ses 21 items ne l'est pas, et cette page ne le fait pas.
Pourquoi cette page n'affiche pas les 21 items
Le WORC porte une mention de copyright datée de 1998, un numéro d'enregistrement et trois titulaires nommés, lus au navigateur sur la notice publique de l'éditeur de bases d'instruments. La même personne, co-autrice du questionnaire d'origine, est déclarée détentrice des droits dans le texte intégral en accès libre de la validation néerlandaise, dont le titre porte le symbole de copyright accolé au sigle. Aucune permission publique de reproduction n'a pu être lue, et les conditions d'usage détaillées sont derrière un compte que cette page n'a pas créé. Décrire l'instrument, expliquer sa cotation et discuter ses seuils reste permis ; reproduire ses items ne l'est pas. Pour se procurer le questionnaire, il faut s'adresser à ses titulaires.
Quatre pièges de lecture
Lire un score sans dire sur quelle échelle il est écrit
C'est le piège fondateur, et il inverse le sens. 40 sur l'échelle brute décrit un patient presque normal ; 40 sur l'échelle en pourcentage décrit une incapacité marquée. Un score de WORC transmis sans son échelle n'est pas une information.
Appliquer un seuil chirurgical à une prise en charge conservatrice
La méta-analyse de 2025 donne 17 en conservateur à moins de six mois, 26 après chirurgie et 29 au-delà de six mois de suivi ; une autre équipe exige plus de 35 points après réparation. Juger douze séances de rééducation à l'aune du seuil postopératoire, c'est déclarer l'échec d'un traitement qui a marché.
Prendre la différence minimale importante pour le seuil qui compte
Interrogés directement, 56 patients réclament 28 points sur 100 d'amélioration inter-groupes pour qu'une réparation vaille ses coûts et ses risques, valeur que les auteurs qualifient de supérieure aux différences minimales publiées. Le seuil statistique et la barre du patient ne sont pas le même objet.
Prendre la version canadienne-française pour une validation métropolitaine
Le WORC-CF a été adapté au français du Québec et validé sur 87 patients. C'est la seule version française existante, et aucune équipe française, belge ou suisse n'a publié de validation depuis.
Questions fréquentes
Que mesure le WORC ?
La qualité de vie liée aux troubles de la coiffe des rotateurs, par 21 items répartis en cinq domaines : douleur et symptômes physiques, sport et loisirs, travail, mode de vie, émotions.
Le score du WORC monte-t-il ou baisse-t-il quand le patient va mieux ?
Cela dépend de l'échelle, et c'est tout le problème. Sur le score brut de 0 à 2100, il baisse : 0 est le meilleur état. Sur le score converti de 0 à 100, il monte : 100 est une qualité de vie normale.
Quelle amélioration compte comme importante ?
Sur l'échelle brute, les deux estimations ancrées valent 282,6 et 300 points. Sur l'échelle en pourcentage, le seul seuil de changement individuel dont la source déclare explicitement l'échelle est un plus petit changement détectable de 16,7 points ; les erreurs types de mesure de 6,0 et 6,9 s'y ajoutent, mais elles bornent le bruit, elles ne disent pas ce qui compte. Les seuils de 17, 26, 29 et 35 souvent cités ne déclarent pas la leur.
Existe-t-il une version française du WORC ?
Une seule, canadienne-française, validée en 2015 sur 87 patients. Elle garde le sigle anglais, et aucune validation française, belge ou suisse n'existe.
Peut-on reproduire le questionnaire WORC ?
Non sans autorisation. L'instrument porte une mention de copyright datée de 1998, un numéro d'enregistrement et trois titulaires nommés, et aucune permission publique de reproduction n'a pu être lue.
Références
11 sources, PMID compris
- Kirkley A, Alvarez C, Griffin S. The development and evaluation of a disease-specific quality-of-life questionnaire for disorders of the rotator cuff: The Western Ontario Rotator Cuff Index. Clin J Sport Med 2003;13(2):84-92. PMID 12629425. La publication princeps, et la source de la structure : 21 items répartis en cinq domaines, chacun répondu sur une échelle de type EVA. Fidélité à deux semaines de 0,96, et validité de construit établie par 21 corrélations sur 21 avec le DASH, l'ASES, l'UCLA, le Constant, le Rowe, le Sickness Impact Profile, le SF-36 et les amplitudes articulaires. Ses auteurs le donnent plus sensible au changement que les cinq autres outils d'épaule de l'époque. Précaution de lecture : le résumé n'indique aucun effectif, et cette page ne lui en prête aucun.
- Furtado R, MacDermid JC, Nazari G, Bryant DM, Faber KJ, Athwal GS. Cross-cultural adaptions and measurement properties of the WORC (Western Ontario rotator cuff index): a systematic review. Health Qual Life Outcomes 2020;18(1):17. PMID 31996226. La revue systématique des adaptations culturelles, 14 études retenues, et le seul texte de ce dossier lu en intégral plutôt qu'en résumé : il est en accès libre sous licence CC BY, et c'est de lui que vient la répartition des items par domaine, 6 pour la douleur et les symptômes physiques, 4 pour le sport et les loisirs, 4 pour le travail, 4 pour le mode de vie, 3 pour les émotions, ainsi que la phrase qui fixe le sens de l'échelle brute, chaque item coté de 0 à 100 et sommé jusqu'à 2100, un score élevé signifiant une mauvaise qualité de vie. Son constat est sévère : aucune des 14 études ne rapporte l'ensemble des propriétés de mesure recommandées, aucune ne rapporte l'accord, la cohérence interne n'est pleinement rapportée que par 15 % d'entre elles et la validité de construit par 43 %. Une seule atteint 100 % des recommandations d'adaptation et 83 % des critères de qualité.
- Braun C, Handoll HH. Estimating the Minimal Important Difference for the Western Ontario Rotator Cuff Index (WORC) in adults with shoulder pain associated with partial-thickness rotator cuff tears. Musculoskelet Sci Pract 2018;35:30-33. PMID 29471221. Le résumé qui porte verbatim les bornes de l'échelle brute et leur sens, score 0 (best) to 2100 (worst disability), et la seule estimation ancrée de la différence minimale importante chez des patients traités exclusivement par kinésithérapie. Sur 64 adultes porteurs de ruptures partielles atraumatiques symptomatiques, trois mois de traitement conservateur fondé sur l'exercice en soins ambulatoires allemands, ancrée sur une échelle de changement perçu global en sept points : -300 points, pour une amélioration chez 9 patients sur 10 (IC 95 % : de 8 sur 10 à la totalité).
- Gagnier JJ, Robbins C, Bedi A, Carpenter JE, Miller BS. Establishing minimally important differences for the American Shoulder and Elbow Surgeons score and the Western Ontario Rotator Cuff Index in patients with full-thickness rotator cuff tears. J Shoulder Elbow Surg 2018;27(5):e160-e166. PMID 29307675. La seconde estimation ancrée de l'échelle brute, sur 222 sujets porteurs de ruptures transfixiantes, opérés ou non, suivis à 4, 8, 16, 32, 48 et 64 semaines : -282,6 points. C'est la convergence remarquable de ce dossier, à dix-sept points près de la précédente, sur deux populations qui n'ont ni la même lésion ni le même traitement. Le même travail donne les estimations distributionnelles, très supérieures : -588,7 à la moitié d'un écart-type et -392,5 au tiers. Aucune variable ne prédisait la variation des différences minimales.
- de Witte PB, Henseler JF, Nagels J, Vliet Vlieland TP, Nelissen RG. The Western Ontario rotator cuff index in rotator cuff disease patients: a comprehensive reliability and responsiveness validation study. Am J Sports Med 2012;40(7):1611-9. PMID 22582227. L'étude psychométrique la plus complète, et le résumé qui porte l'autre échelle, WORC (range, 0-100 ; 21 items, 5 domains). Sur 92 patients en trois tableaux distincts, 35 ruptures de coiffe, 35 tendinites calcifiantes et 22 conflits : alpha de Cronbach 0,95, CCI 0,89, erreur type de mesure 6,9, aucun effet plancher ni plafond, WORC initial moyen de 46,8 ± 20,4. Sa limite est le constat le plus utile de la page : contrairement au Constant et au DASH, le WORC n'a pas séparé les ruptures de coiffe, les plus symptomatiques, des autres patients. Précaution de lecture : le gain moyen de 18,8 (IC 95 % : 11,3 à 26,2) est mesuré six semaines après ponction-lavage ou infiltration dans le seul sous-groupe des tendinites calcifiantes, et non sur les 92 patients.
- Wessel RN, Wolterbeek N, Fermont AJ, van Mameren H, Sonneveld H, Griffin S, de Bie RA. The conceptually equivalent Dutch version of the Western Ontario Rotator Cuff Index (WORC)©. BMC Musculoskelet Disord 2013;14:362. PMID 24359231. La validation néerlandaise, et la seule référence de ce dossier qui déclare son échelle en donnant un seuil de changement individuel : erreur type de mesure de 6,0 points et plus petit changement détectable de 16,7 points, on a 0-100 scale, sur 57 patients inclus, dont 50 sont restés disponibles pour l'analyse de fidélité test-retest. C'est aussi la preuve documentaire que ce questionnaire a un titulaire de droits : son titre porte le symbole de copyright accolé au sigle, l'une de ses signataires est Sharon Griffin, co-autrice de l'instrument, et le texte intégral en accès libre déclare qu'elle en est la détentrice des droits.
- Wessel RN, Wolterbeek N, Fermont AJM, Lavrijsen L, van Mameren H, de Bie RA. Responsiveness and disease specificity of the Western Ontario Rotator Cuff index. J Orthop 2018;15(2):337-342. PMID 29881148. La source du seuil le plus haut de la famille, « plus de 35 points » pour qu'un patient opéré d'une réparation de coiffe soit tenu pour cliniquement amélioré. Deux réserves qui décident de l'usage qu'on en fait. Le résumé n'indique aucun effectif. Et surtout il ne déclare pas son échelle : la même équipe travaillait sur 0-100 dans sa validation néerlandaise de 2013, mais ce résumé-ci ne le redit pas, et cette page ne le suppose pas à sa place.
- Farzad M, Jafari H, MacDermid JC, Ataeian M. Responsiveness and clinically important differences of the Western Ontario Rotator Cuff (WORC) Index in surgical and non-surgical treatment groups with different follow-up periods: A systematic review and meta-analysis. Shoulder Elbow 2025;17(2):219-232. PMID 39574545. La méta-analyse de référence, 12 études et 1 326 observations, appréciée par COSMIN et GRADE. Elle établit que la différence minimale du WORC n'est pas une constante : elle croît avec l'intensité du traitement et la durée du suivi, à 17 pour les traitements conservateurs à moins de six mois, 26 après chirurgie et 29 au-delà de six mois. Taille d'effet globale de 0,91 (IC 95 % : 0,56 à 1,26), hétérogénéité I² = 91,2 %, ce qui est considérable. Ici encore, le résumé ne précise pas sur quelle échelle ces trois valeurs sont exprimées.
- Hansford HJ, Buchbinder R, Zadro JR, McAuley JH, Ferreira ML, Lewin A, Page RS, Harris IA. The smallest worthwhile effect on pain and function for rotator cuff repair surgery: a benefit-harm trade-off study. Trials 2025;26(1):203. PMID 40500773. Le travail qui retourne la question, et la seule source de ce dossier à faire parler les patients plutôt que la statistique. 56 participants anglophones de 45 à 75 ans, douleur d'épaule d'au moins 4 sur 10 depuis au moins six mois, âge moyen 58,4 ± 6,7 ans, 39 femmes sur 56 : interrogés sur l'arbitrage bénéfice-risque, ils réclament une amélioration inter-groupes médiane de 40 % pour qu'une réparation vaille ses coûts et ses risques, soit 28 points sur 100, ou 533 sur 2100 en score brut. Les auteurs écrivent que cette valeur est supérieure aux différences minimales publiées, qu'ils situent entre 13,5 et 28 sur 100. Réserve donnée par les auteurs eux-mêmes : l'analyse de fidélité est sous-dimensionnée, 25 sujets sur 56 ayant fourni des données de suivi, pour des CCI de 0,60 à 0,77. C'est aussi le seul résumé indexé qui apparie une valeur des deux échelles.
- Sahoo S, Li Y, Cogan CJ, Entezari V, Ho JC, Iannotti JP, Ricchetti ET, Lapin B, Derwin KA. Comparative responsiveness of shoulder patient-reported outcome measures (PROMs) to rotator cuff repair surgery and healing. J Shoulder Elbow Surg 2026;35(7):1685-1694. PMID 41720252. La cohorte prospective de 117 patients opérés d'une réparation arthroscopique de ruptures de 1 à 5 cm, suivis deux ans, qui mesure ce qu'aucun questionnaire d'épaule ne fait : ni les scores totaux ni les items de haute fonction ne corrèlent avec la cicatrisation structurelle évaluée en IRM par la classification de Sugaya et par la rétraction tendineuse au scanner, toutes corrélations sous 0,3. À un an, 92 % des patients déclarent un état symptomatique acceptable, y compris tous ceux qui remplissent les critères stricts d'échec de réparation. Précision de lecture importante : le WORC n'est pas l'un des cinq questionnaires dont le score total a été totalisé dans ce travail, il n'y entre que par ses items individuels.
- St-Pierre C, Dionne CE, Desmeules F, Roy JS. Reliability, validity, and responsiveness of a Canadian French adaptation of the Western Ontario Rotator Cuff (WORC) index. J Hand Ther 2015;28(3):292-8; quiz 299. PMID 25990445. La seule version française du WORC, et elle est québécoise. Traduite et adaptée transculturellement selon la procédure standard, puis évaluée sur 87 patients porteurs de troubles de la coiffe qui l'ont remplie trois fois, à l'inclusion, deux jours plus tard pour la fidélité et quatre semaines plus tard pour la sensibilité au changement : CCI de 0,96, forte corrélation avec le DASH, réponse moyenne standardisée de 1,54. Ses auteurs relèvent d'emblée que peu de questionnaires d'épaule existent en français. Aucune validation française, belge ou suisse n'a été publiée depuis, et l'instrument ne porte aucun nom français : le sigle anglais est conservé tel quel.
Fiche rédigée par Anthony Baillon, masseur-kinésithérapeute, co-fondateur de Physio Learning. Le questionnaire, lui, est de Kirkley, Alvarez et Griffin, en 2003 : cette page le documente, le cote et l'interprète, elle n'en reproduit aucun item.
