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Méditation, doula, massage bien-être : les cinq avis rendus par l'Ordre en 2025

Le Conseil national a tranché en 2025 : les kinés peuvent pratiquer les deux types de massage et la méditation contre la douleur, sous conditions précises.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


Peut-on proposer un massage de bien-être sans sortir de son rôle ? Utiliser la méditation de pleine conscience contre la douleur ? Accompagner une grossesse comme doula ? Le Conseil national a répondu aux trois questions en 2025, dans cinq avis dont aucun ne figure sur les pages qui traitent ces sujets. Et ces avis ne sont pas indicatifs : leur non-respect engage la responsabilité disciplinaire.

Vérifié le 31 août 2026. Une source unique, lue dans le document lui-même :
  • Rapport d'activité 2025 du Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, 64 pages, document produit le 24 juillet 2026, section « Avis rendus par l'Ordre » ;
  • cinq avis y sont présentés, rendus en deux séances : les 25 et 26 juin 2025 pour les trois premiers, les 10 et 11 décembre 2025 pour les deux derniers.
Précision de méthode : nous citons la présentation que le rapport d'activité fait de chaque avis, et non le texte intégral des avis eux-mêmes, que nous n'avons pas lu.
Trois repères : cinq avis rendus en 2025, en deux séances du Conseil national, dont un qui modifie un avis antérieur de 2021 5 avis rendus en 2025 2 séances juin et décembre disciplinaire la portée du non-respect relatifs à la déontologie trois puis deux avis selon le rapport lui-même
Source : rapport d'activité 2025 du Conseil national de l'ordre, section « Avis rendus par l'Ordre ».

Ce qu'est un avis, et ce qu'il engage

Le rapport pose la portée de ces textes en une phrase qu'il vaut mieux lire avant les avis eux-mêmes : « Les avis du Conseil national garantissent à ceux qui s'y conforment qu'ils exercent dans les meilleures conditions de qualité, de sécurité et d'éthique. Leur non-respect peut engager la responsabilité disciplinaire du professionnel. »

Pourquoi cette phrase compte

Un avis n'est pas un texte réglementaire, et il ne crée pas d'interdiction nouvelle. Mais il fixe la lecture que fait l'Ordre des règles existantes, et c'est cette lecture qu'appliquera une chambre disciplinaire. Dans un contentieux où les techniques illusoires ou non conformes aux données acquises de la science forment une catégorie à part entière, comme le montrent les chiffres disciplinaires de 2025, s'écarter d'un avis n'est pas sans conséquence.

AvisSéanceObjet
N° 2025-0125 et 26 juin 2025Diplômes, titres et fonctions, modifiant l'avis n° 2021-03
N° 2025-0225 et 26 juin 2025Activité de thanadoula
N° 2025-0325 et 26 juin 2025Méditation de pleine conscience
N° 2025-0410 et 11 décembre 2025Activité de doula
N° 2025-0510 et 11 décembre 2025Massages thérapeutiques et non thérapeutiques

Le massage de bien-être, autorisé et encadré

C'est l'avis qui répond à la question la plus fréquente. L'avis n° 2025-05 distingue deux catégories : les massages à visée thérapeutique, qui s'inscrivent dans le cadre d'une prise en charge fondée sur un bilan kinésithérapique et participent au traitement d'un trouble fonctionnel, et les massages non thérapeutiques, réalisés à des fins de prévention ou de bien-être, sans lien avec une pathologie.

Les deux catégories de massage distinguées par l'avis 2025-05 : le massage à visée thérapeutique, fondé sur un bilan kinésithérapique, et le massage non thérapeutique, de prévention ou de bien-être ; les deux sont autorisés et soumis aux mêmes règles déontologiques Deux catégories, une seule déontologie À visée thérapeutique fondé sur un bilan kinésithérapique participe au traitement d'un trouble fonctionnel Non thérapeutique à des fins de prévention ou de bien-être, sans lien avec une pathologie Les kinésithérapeutes sont habilités à pratiquer les deux et restent soumis, dans les deux cas, aux mêmes règles déontologiques
Source : présentation de l'avis n° 2025-05 dans le rapport d'activité 2025.
La finalité change, l'exigence non

Le Conseil national souligne que, quelle que soit la finalité du massage, le kinésithérapeute demeure soumis aux règles déontologiques et doit veiller à proposer des pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées. Il met en garde contre l'usage de techniques non validées et rappelle que tout manquement est susceptible d'entraîner des poursuites disciplinaires. Autrement dit : proposer du bien-être n'ouvre pas une zone où l'exigence de preuve s'allégerait.

Si cette activité vous conduit vers une seconde activité distincte, une autre question se pose, celle du cumul et de son régime fiscal, que nous avons traitée dans la fiche sur la diversification.

Le motif qui revient dans trois avis sur cinq

Méditation de pleine conscience, doula, thanadoula : trois pratiques émergentes, trois avis, et à chaque fois le même raisonnement en trois temps. Le repérer permet d'anticiper la position de l'Ordre sur la prochaine pratique qui apparaîtra.

Le raisonnement en trois temps que l'Ordre applique aux pratiques émergentes : le kinésithérapeute est déjà habilité à intervenir dans ce champ, l'activité elle-même n'a aucun cadre juridique, donc la vigilance déontologique s'impose Le même raisonnement, trois fois 1 vous êtes déjà habilité à intervenir dans ce champ 2 l'activité elle-même n'a aucun cadre juridique 3 donc vigilance sur la déontologie, et ses limites La limite la plus citée : la non-immixtion dans la vie privée, et l'interdiction de se substituer aux professionnels de santé.
Sources : présentations des avis n° 2025-02, 2025-03 et 2025-04 dans le rapport d'activité 2025.
PratiqueCe que l'Ordre reconnaîtLa limite qu'il pose
Méditation de pleine conscienceUtilisable comme technique complémentaire dans la lutte contre la douleur, après information et consentement du patientPas d'usage dans des indications relevant du champ psychologique au-delà de ses compétences
DoulaLe kinésithérapeute est pleinement habilité à intervenir en périnatalité, pour prévenir ou prendre en charge les troubles fonctionnelsActivité sans cadre juridique spécifique, non-immixtion dans la vie privée, interdiction de se substituer aux professionnels de santé
ThanadoulaLe kinésithérapeute est déjà pleinement habilité à intervenir au titre des soins palliatifs, pour soulager et accompagnerAucun cadre juridique à ce jour, vigilance sur la non-immixtion, le respect de la personne et la prévention des dérives
Massage non thérapeutiqueLes kinésithérapeutes sont habilités à le pratiquer, dans le respect de leurs compétencesMêmes règles déontologiques, et pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées

Les diplômes affichables, révisés après quatre ans

  • Un avis qui en remplace un autre

    L'avis n° 2025-01 modifie l'avis n° 2021-03. C'est un signal utile : la doctrine de l'Ordre sur ce qui peut figurer sur une plaque ou dans un annuaire évolue, et une page qui cite l'ancien avis a quatre ans de retard.

  • Le diplôme d'État reste le fondement

    L'avis rappelle qu'il constitue le fondement de l'exercice de la profession, aux côtés des diplômes reconnus par les dispositions du code de la santé publique.

  • Les diplômes complémentaires, au cas par cas

    Ils sont soumis à vérification et à leur adéquation avec la kinésithérapie, chaque diplôme étant examiné individuellement afin de garantir une information claire et fiable pour les patients. Le pendant pratique, c'est-à-dire ce qui peut réellement s'afficher, est détaillé dans notre fiche sur les mentions autorisées.

Questions fréquentes

Un kinésithérapeute peut-il pratiquer un massage de bien-être ?

Oui. L'avis n° 2025-05 des 10 et 11 décembre 2025 distingue les massages à visée thérapeutique, qui s'inscrivent dans une prise en charge fondée sur un bilan kinésithérapique, et les massages non thérapeutiques réalisés à des fins de prévention ou de bien-être. Le Conseil national rappelle que les kinésithérapeutes sont habilités à pratiquer ces deux types de massages, dans le respect de leurs compétences.

Les règles déontologiques changent-elles quand le massage n'est pas thérapeutique ?

Non, et c'est le point central de l'avis. Quelle que soit la finalité du massage, le kinésithérapeute demeure soumis aux règles déontologiques et doit veiller à proposer des pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées. Le Conseil national met en garde contre l'usage de techniques non validées.

La méditation de pleine conscience est-elle autorisée en kinésithérapie ?

L'avis n° 2025-03 admet qu'elle soit utilisée comme technique complémentaire dans la lutte contre la douleur, sous réserve d'avoir informé le patient et recueilli son consentement. Il précise en revanche que le kinésithérapeute n'est pas habilité à l'utiliser dans des indications relevant du champ psychologique au-delà de ses compétences.

Un kinésithérapeute peut-il exercer comme doula ?

L'avis n° 2025-04 rappelle que les kinésithérapeutes sont pleinement habilités à intervenir en périnatalité, pour prévenir ou prendre en charge les troubles fonctionnels. Il souligne toutefois que l'activité de doula s'exerce en dehors de tout cadre juridique spécifique, et appelle à la vigilance sur la non-immixtion dans la vie privée et l'interdiction de se substituer aux professionnels de santé.

Qu'est-ce qu'une thanadoula, et l'Ordre l'encadre-t-il ?

Il s'agit de l'accompagnement non médical des personnes en fin de vie et de leur entourage. L'avis n° 2025-02 rappelle que les kinésithérapeutes sont déjà pleinement habilités à intervenir dans ce champ au titre des soins palliatifs, et que cette activité ne bénéficie à ce jour d'aucun cadre juridique.

Que risque un professionnel qui ne suit pas un avis ?

Le rapport est explicite : les avis du Conseil national garantissent à ceux qui s'y conforment qu'ils exercent dans les meilleures conditions de qualité, de sécurité et d'éthique, et leur non-respect peut engager la responsabilité disciplinaire du professionnel.

Quels diplômes peut-on faire figurer sur sa plaque ?

L'avis n° 2025-01, qui modifie l'avis n° 2021-03, encadre la mention des diplômes complémentaires : ils sont soumis à vérification et à leur adéquation avec la kinésithérapie, et chaque diplôme est examiné au cas par cas. Le diplôme d'État reste le fondement de l'exercice.

Sources

  1. Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Rapport d'activité 2025, 64 pages, document produit le 24 juillet 2026, section « Avis rendus par l'Ordre » : portée disciplinaire des avis, et présentation des cinq avis rendus en 2025, n° 2025-01 sur les diplômes, titres et fonctions modifiant l'avis n° 2021-03, n° 2025-02 sur l'activité de thanadoula, n° 2025-03 sur la méditation de pleine conscience, n° 2025-04 sur l'activité de doula et n° 2025-05 sur les massages thérapeutiques et non thérapeutiques.

Ce que cette page ne fait pas : elle ne reproduit pas le texte intégral des avis, que nous n'avons pas lu, mais la présentation qu'en donne le rapport d'activité, et le dit à chaque fois. Elle ne traite pas de ce qu'un professionnel non kinésithérapeute peut ou non pratiquer, question distincte que ces avis n'abordent pas. Elle ne cite aucun article du code de déontologie à l'appui de ces avis, le rapport n'en mentionnant pas dans ces présentations. Sur une pratique précise, l'interlocuteur est le conseil départemental de l'ordre, qui peut être saisi en amont.

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Derrière cet article

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Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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