Peut-on proposer un massage de bien-être sans sortir de son rôle ? Utiliser la méditation de pleine conscience contre la douleur ? Accompagner une grossesse comme doula ? Le Conseil national a répondu aux trois questions en 2025, dans cinq avis dont aucun ne figure sur les pages qui traitent ces sujets. Et ces avis ne sont pas indicatifs : leur non-respect engage la responsabilité disciplinaire.
- Rapport d'activité 2025 du Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, 64 pages, document produit le 24 juillet 2026, section « Avis rendus par l'Ordre » ;
- cinq avis y sont présentés, rendus en deux séances : les 25 et 26 juin 2025 pour les trois premiers, les 10 et 11 décembre 2025 pour les deux derniers.
Ce qu'est un avis, et ce qu'il engage
Le rapport pose la portée de ces textes en une phrase qu'il vaut mieux lire avant les avis eux-mêmes : « Les avis du Conseil national garantissent à ceux qui s'y conforment qu'ils exercent dans les meilleures conditions de qualité, de sécurité et d'éthique. Leur non-respect peut engager la responsabilité disciplinaire du professionnel. »
Un avis n'est pas un texte réglementaire, et il ne crée pas d'interdiction nouvelle. Mais il fixe la lecture que fait l'Ordre des règles existantes, et c'est cette lecture qu'appliquera une chambre disciplinaire. Dans un contentieux où les techniques illusoires ou non conformes aux données acquises de la science forment une catégorie à part entière, comme le montrent les chiffres disciplinaires de 2025, s'écarter d'un avis n'est pas sans conséquence.
| Avis | Séance | Objet |
|---|---|---|
| N° 2025-01 | 25 et 26 juin 2025 | Diplômes, titres et fonctions, modifiant l'avis n° 2021-03 |
| N° 2025-02 | 25 et 26 juin 2025 | Activité de thanadoula |
| N° 2025-03 | 25 et 26 juin 2025 | Méditation de pleine conscience |
| N° 2025-04 | 10 et 11 décembre 2025 | Activité de doula |
| N° 2025-05 | 10 et 11 décembre 2025 | Massages thérapeutiques et non thérapeutiques |
Le massage de bien-être, autorisé et encadré
C'est l'avis qui répond à la question la plus fréquente. L'avis n° 2025-05 distingue deux catégories : les massages à visée thérapeutique, qui s'inscrivent dans le cadre d'une prise en charge fondée sur un bilan kinésithérapique et participent au traitement d'un trouble fonctionnel, et les massages non thérapeutiques, réalisés à des fins de prévention ou de bien-être, sans lien avec une pathologie.
Le Conseil national souligne que, quelle que soit la finalité du massage, le kinésithérapeute demeure soumis aux règles déontologiques et doit veiller à proposer des pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées. Il met en garde contre l'usage de techniques non validées et rappelle que tout manquement est susceptible d'entraîner des poursuites disciplinaires. Autrement dit : proposer du bien-être n'ouvre pas une zone où l'exigence de preuve s'allégerait.
Si cette activité vous conduit vers une seconde activité distincte, une autre question se pose, celle du cumul et de son régime fiscal, que nous avons traitée dans la fiche sur la diversification.
Le motif qui revient dans trois avis sur cinq
Méditation de pleine conscience, doula, thanadoula : trois pratiques émergentes, trois avis, et à chaque fois le même raisonnement en trois temps. Le repérer permet d'anticiper la position de l'Ordre sur la prochaine pratique qui apparaîtra.
| Pratique | Ce que l'Ordre reconnaît | La limite qu'il pose |
|---|---|---|
| Méditation de pleine conscience | Utilisable comme technique complémentaire dans la lutte contre la douleur, après information et consentement du patient | Pas d'usage dans des indications relevant du champ psychologique au-delà de ses compétences |
| Doula | Le kinésithérapeute est pleinement habilité à intervenir en périnatalité, pour prévenir ou prendre en charge les troubles fonctionnels | Activité sans cadre juridique spécifique, non-immixtion dans la vie privée, interdiction de se substituer aux professionnels de santé |
| Thanadoula | Le kinésithérapeute est déjà pleinement habilité à intervenir au titre des soins palliatifs, pour soulager et accompagner | Aucun cadre juridique à ce jour, vigilance sur la non-immixtion, le respect de la personne et la prévention des dérives |
| Massage non thérapeutique | Les kinésithérapeutes sont habilités à le pratiquer, dans le respect de leurs compétences | Mêmes règles déontologiques, et pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées |
Les diplômes affichables, révisés après quatre ans
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Un avis qui en remplace un autre
L'avis n° 2025-01 modifie l'avis n° 2021-03. C'est un signal utile : la doctrine de l'Ordre sur ce qui peut figurer sur une plaque ou dans un annuaire évolue, et une page qui cite l'ancien avis a quatre ans de retard.
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Le diplôme d'État reste le fondement
L'avis rappelle qu'il constitue le fondement de l'exercice de la profession, aux côtés des diplômes reconnus par les dispositions du code de la santé publique.
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Les diplômes complémentaires, au cas par cas
Ils sont soumis à vérification et à leur adéquation avec la kinésithérapie, chaque diplôme étant examiné individuellement afin de garantir une information claire et fiable pour les patients. Le pendant pratique, c'est-à-dire ce qui peut réellement s'afficher, est détaillé dans notre fiche sur les mentions autorisées.
Questions fréquentes
Un kinésithérapeute peut-il pratiquer un massage de bien-être ?
Oui. L'avis n° 2025-05 des 10 et 11 décembre 2025 distingue les massages à visée thérapeutique, qui s'inscrivent dans une prise en charge fondée sur un bilan kinésithérapique, et les massages non thérapeutiques réalisés à des fins de prévention ou de bien-être. Le Conseil national rappelle que les kinésithérapeutes sont habilités à pratiquer ces deux types de massages, dans le respect de leurs compétences.
Les règles déontologiques changent-elles quand le massage n'est pas thérapeutique ?
Non, et c'est le point central de l'avis. Quelle que soit la finalité du massage, le kinésithérapeute demeure soumis aux règles déontologiques et doit veiller à proposer des pratiques fondées sur des données scientifiques éprouvées. Le Conseil national met en garde contre l'usage de techniques non validées.
La méditation de pleine conscience est-elle autorisée en kinésithérapie ?
L'avis n° 2025-03 admet qu'elle soit utilisée comme technique complémentaire dans la lutte contre la douleur, sous réserve d'avoir informé le patient et recueilli son consentement. Il précise en revanche que le kinésithérapeute n'est pas habilité à l'utiliser dans des indications relevant du champ psychologique au-delà de ses compétences.
Un kinésithérapeute peut-il exercer comme doula ?
L'avis n° 2025-04 rappelle que les kinésithérapeutes sont pleinement habilités à intervenir en périnatalité, pour prévenir ou prendre en charge les troubles fonctionnels. Il souligne toutefois que l'activité de doula s'exerce en dehors de tout cadre juridique spécifique, et appelle à la vigilance sur la non-immixtion dans la vie privée et l'interdiction de se substituer aux professionnels de santé.
Qu'est-ce qu'une thanadoula, et l'Ordre l'encadre-t-il ?
Il s'agit de l'accompagnement non médical des personnes en fin de vie et de leur entourage. L'avis n° 2025-02 rappelle que les kinésithérapeutes sont déjà pleinement habilités à intervenir dans ce champ au titre des soins palliatifs, et que cette activité ne bénéficie à ce jour d'aucun cadre juridique.
Que risque un professionnel qui ne suit pas un avis ?
Le rapport est explicite : les avis du Conseil national garantissent à ceux qui s'y conforment qu'ils exercent dans les meilleures conditions de qualité, de sécurité et d'éthique, et leur non-respect peut engager la responsabilité disciplinaire du professionnel.
Quels diplômes peut-on faire figurer sur sa plaque ?
L'avis n° 2025-01, qui modifie l'avis n° 2021-03, encadre la mention des diplômes complémentaires : ils sont soumis à vérification et à leur adéquation avec la kinésithérapie, et chaque diplôme est examiné au cas par cas. Le diplôme d'État reste le fondement de l'exercice.
Sources
- Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Rapport d'activité 2025, 64 pages, document produit le 24 juillet 2026, section « Avis rendus par l'Ordre » : portée disciplinaire des avis, et présentation des cinq avis rendus en 2025, n° 2025-01 sur les diplômes, titres et fonctions modifiant l'avis n° 2021-03, n° 2025-02 sur l'activité de thanadoula, n° 2025-03 sur la méditation de pleine conscience, n° 2025-04 sur l'activité de doula et n° 2025-05 sur les massages thérapeutiques et non thérapeutiques.
Ce que cette page ne fait pas : elle ne reproduit pas le texte intégral des avis, que nous n'avons pas lu, mais la présentation qu'en donne le rapport d'activité, et le dit à chaque fois. Elle ne traite pas de ce qu'un professionnel non kinésithérapeute peut ou non pratiquer, question distincte que ces avis n'abordent pas. Elle ne cite aucun article du code de déontologie à l'appui de ces avis, le rapport n'en mentionnant pas dans ces présentations. Sur une pratique précise, l'interlocuteur est le conseil départemental de l'ordre, qui peut être saisi en amont.
Ce que l'exercice autorise et ce qu'il interdit : les mentions affichables, la diversification d'activité et les chiffres disciplinaires de 2025.



