Les guides annoncent une indemnité de 62,44 € par jour et une durée de vingt-cinq jours. Le premier chiffre est celui de 2024 ; il en vaut aujourd'hui près de trois de plus. La durée, elle, n'est pas publiée pour les praticiens conventionnés : la loi la renvoie à un décret, et l'Assurance Maladie vous invite à appeler votre caisse.
- article L. 623-1 du code de la sécurité sociale, version en vigueur du 24 décembre 2025 : les bénéficiaires, le renvoi au montant de la maternité, les deux conditions, l'hospitalisation de l'enfant et la règle de revalorisation ;
- page de l'Assurance Maladie sur les indemnités journalières de paternité et d'accueil de l'enfant, mise à jour le 1er juin 2026 : le montant au 1er janvier 2026, son mode de calcul et la condition d'affiliation.
Le montant, et pourquoi il est identique à celui de la maternité
Ce n'est pas une coïncidence administrative, c'est une phrase de loi. L'article L. 623-1 dispose qu'à l'occasion de la naissance d'un enfant, le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin bénéficient, sur leur demande, « d'indemnités journalières du même montant que celles mentionnées au 2° du I », c'est-à-dire celles de la maternité.
Le montant, l'Assurance Maladie le donne : 65,84 € par jour au 1er janvier 2026, calculé comme « 1/730 du montant du plafond annuel de la sécurité sociale ». C'est le même chiffre que celui que nous avions établi pour le congé maternité d'une kiné libérale, et il se vérifie par la formule plutôt qu'en le recopiant.
Plusieurs guides annoncent 62,44 € par jour en le présentant comme le montant actuel. C'était une valeur de 2024. L'écart n'est pas anecdotique : sur un congé, chaque jour indemnisé vaut 3,40 € de plus que ce qu'ils annoncent. Et la loi explique pourquoi un montant recopié vieillit toujours : « Les montants des prestations sont revalorisés dans les mêmes conditions que celles fixées pour le plafond prévu à l'article L. 241-3. »
Les conditions, et qui les pose
Elles viennent de deux étages différents, ce qui explique qu'on les trouve rarement réunies.
| Condition | Ce qu'elle exige | Qui la pose |
|---|---|---|
| Cessation d'activité | Cesser son activité professionnelle pendant une durée minimale, fixée par décret, à compter de la naissance | Article L. 623-1 |
| Non-reprise | Ne pas reprendre cette activité pendant la durée d'indemnisation | Article L. 623-1 |
| Demande | Les indemnités sont versées sur demande de l'intéressé | Article L. 623-1 |
| Affiliation | Six mois d'affiliation à la date de début du congé | Assurance Maladie |
| Déclaration | Déclarer sur l'honneur interrompre toute activité professionnelle | Assurance Maladie |
Le texte vise « le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin ». Trois situations donc, au-delà de la filiation, et la formulation est celle de la loi, pas une interprétation.
La durée, et pourquoi nous ne la donnons pas
C'est le point sur lequel nous nous séparons des pages qui traitent ce sujet. L'article L. 623-1 ne fixe aucune durée : il prévoit qu'« un décret détermine les modalités d'application du présent article et notamment [...] les montants et les durées d'attribution de l'indemnité journalière ». La durée minimale de cessation d'activité est elle aussi « fixée par décret ».
Du côté de l'Assurance Maladie, la page qui traite des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés donne le montant et la condition d'affiliation, mais ne publie ni la durée maximale, ni la fraction à prendre à la naissance, ni le délai : elle renvoie à la caisse d'assurance maladie.
Les durées de vingt-cinq et trente-deux jours que l'on lit partout appartiennent à un autre régime. Les recopier ici reviendrait à affirmer qu'elles s'appliquent telles quelles à un praticien conventionné, ce que ni la loi ni l'Assurance Maladie n'écrivent sur les pages que nous avons lues. Nous préférons vous dire où se trouve la réponse plutôt que d'en inventer une : c'est votre caisse.
| Question | Réponse sourcée | Où elle se lit |
|---|---|---|
| Montant journalier | 65,84 € au 1er janvier 2026 | Assurance Maladie |
| Mode de calcul | Un 730e du plafond annuel de la sécurité sociale | Assurance Maladie |
| Pourquoi ce montant | Le même que celui de la maternité, par renvoi exprès | Article L. 623-1, II |
| Durée du congé | Non publiée pour un praticien conventionné | Renvoyée à un décret par L. 623-1, IV |
| Fraction obligatoire à la naissance | Non publiée sur la page consultée | Durée minimale fixée par décret |
| Revalorisation | Suit celle du plafond de la sécurité sociale | Article L. 623-1, IV |
Deux dispositions du même article que personne ne cite
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L'hospitalisation de l'enfant
« Lorsque l'état de santé de l'enfant nécessite son hospitalisation dans les conditions prévues à l'article L. 1225-35 du code du travail, les indemnités journalières sont versées pendant la période d'hospitalisation, dans la limite d'une durée maximale. » Un décret en fixe les modalités.
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Le décès d'un enfant
Le même article prévoit qu'en cas de décès d'un enfant de moins de vingt-cinq ans, ou d'une personne de moins de vingt-cinq ans à charge effective et permanente, l'assuré bénéficie d'indemnités journalières du même montant pendant une durée de quinze jours, fractionnables, sous réserve de cesser son activité professionnelle. Le droit s'ouvre dans un délai d'un an à compter du décès.
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Le parent adoptif ou accueillant
L'article ouvre également des droits aux parents adoptifs ou accueillants, avec une allocation forfaitaire de repos égale à la moitié de celle de la maternité, et des indemnités journalières dont la durée maximale est égale aux trois quarts de celle prévue pour la maternité.
Questions fréquentes
Combien vaut l'indemnité journalière de paternité pour un kiné libéral ?
65,84 euros par jour au 1er janvier 2026. L'Assurance Maladie indique que ce montant correspond à un 730e du plafond annuel de la sécurité sociale. C'est exactement l'indemnité journalière de la maternité, et ce n'est pas une coïncidence.
Pourquoi ce montant est-il le même que celui de la maternité ?
Parce que la loi le dit. L'article L. 623-1 du code de la sécurité sociale prévoit que le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin bénéficient, sur leur demande, d'indemnités journalières du même montant que celles versées au titre de la maternité.
Qui peut en bénéficier, au-delà du père ?
Le texte vise le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère, la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité, ou son concubin. Le droit n'est donc pas réservé au père biologique.
Quelles conditions faut-il remplir ?
Deux, et elles se cumulent. La loi impose de cesser son activité professionnelle pendant une durée minimale fixée par décret, à compter de la naissance, et de ne pas la reprendre pendant la durée d'indemnisation. L'Assurance Maladie ajoute une condition d'affiliation de six mois à la date de début du congé, et une déclaration sur l'honneur d'interruption de toute activité professionnelle.
Quelle est la durée exacte du congé pour un libéral ?
Nous ne la donnons pas. L'article L. 623-1 renvoie à un décret le soin de fixer les durées d'attribution, et la page de l'Assurance Maladie consacrée aux praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ne les publie pas : elle invite à contacter sa caisse. Les durées de vingt-cinq et trente-deux jours que l'on lit partout relèvent d'un autre régime, et nous ne les transposons pas.
Que se passe-t-il si l'enfant est hospitalisé ?
L'article L. 623-1 prévoit que lorsque l'état de santé de l'enfant nécessite son hospitalisation dans les conditions prévues à l'article L. 1225-35 du code du travail, les indemnités journalières sont versées pendant la période d'hospitalisation, dans la limite d'une durée maximale, dont un décret fixe les modalités.
Ce montant sera-t-il revalorisé ?
Oui, et selon une règle écrite. L'article L. 623-1 dispose que les montants des prestations sont revalorisés dans les mêmes conditions que celles fixées pour le plafond de la sécurité sociale. Toute revalorisation du plafond entraîne donc mécaniquement celle de l'indemnité.
Sources
- Article L. 623-1 du code de la sécurité sociale, version en vigueur du 24 décembre 2025 : bénéficiaires des indemnités journalières à l'occasion de la naissance, renvoi au montant des indemnités de maternité, condition de cessation d'activité pendant une durée minimale fixée par décret et de non-reprise pendant l'indemnisation, versement pendant l'hospitalisation de l'enfant, droits des parents adoptifs ou accueillants, quinze jours en cas de décès d'un enfant de moins de vingt-cinq ans, et revalorisation des montants dans les mêmes conditions que le plafond de l'article L. 241-3. Consulter sur Légifrance.
- Assurance Maladie, « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant : vos indemnités journalières », page mise à jour le 1er juin 2026 : montant de l'indemnité journalière forfaitaire au 1er janvier 2026 et son calcul en 730e du plafond annuel, condition de six mois d'affiliation à la date de début du congé, et déclaration sur l'honneur d'interruption de toute activité. Consulter sur ameli.fr.
Ce que cette page ne fait pas : elle ne donne aucune durée de congé pour un praticien conventionné, la loi la renvoyant à un décret que nous n'avons pas lu et l'Assurance Maladie ne la publiant pas sur la page consultée. Elle ne reproduit pas les durées applicables aux salariés, qui relèvent d'un autre régime. Elle ne détaille pas les démarches auprès de la caisse, ni les pièces à fournir, absentes de nos deux sources. Sur une situation individuelle, l'interlocuteur est votre caisse d'assurance maladie.
Les autres interruptions d'activité : le congé maternité d'une kiné libérale, le remplacement, qui permet de s'absenter et les cotisations qui continuent de courir.



