Les guides annoncent une indemnité de 62,44 € par jour et une durée de vingt-cinq jours. Le premier chiffre n'est pas le montant en vigueur : l'indemnité vaut 3,40 € de plus. La durée, elle, est bonne, et elle vaut bien pour les praticiens conventionnés : l'Assurance Maladie la publie dans la section qui leur est consacrée. Ce qui change, c'est le découpage.
- article L. 623-1 du code de la sécurité sociale, version en vigueur du 24 décembre 2025 : les bénéficiaires, le renvoi au montant de la maternité, les deux conditions, l'hospitalisation de l'enfant et la règle de revalorisation ;
- page de l'Assurance Maladie sur les indemnités journalières de paternité et d'accueil de l'enfant, mise à jour le 1er juin 2026 : le montant au 1er janvier 2026, son mode de calcul et la condition d'affiliation ;
- page de l'Assurance Maladie sur le congé de paternité et d'accueil de l'enfant, mise à jour le 4 août 2025, section « Vous êtes indépendant ou praticien et auxiliaire médical conventionné (PAMC) » : les durées, la période obligatoire à la naissance, le fractionnement du solde et l'hospitalisation de l'enfant.
Le montant, et pourquoi il est identique à celui de la maternité
Ce n'est pas une coïncidence administrative, c'est une phrase de loi. L'article L. 623-1 dispose qu'à l'occasion de la naissance d'un enfant, le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin bénéficient, sur leur demande, « d'indemnités journalières du même montant que celles mentionnées au 2° du I », c'est-à-dire celles de la maternité.
Le montant, l'Assurance Maladie le donne : 65,84 € par jour au 1er janvier 2026, calculé comme « 1/730 du montant du plafond annuel de la sécurité sociale ». C'est le même chiffre que celui que nous avions établi pour le congé maternité d'une kiné libérale, et il se vérifie par la formule plutôt qu'en le recopiant.
Plusieurs guides annoncent 62,44 € par jour en le présentant comme le montant actuel. Aucune de nos trois sources ne porte ce chiffre. L'écart n'est pas anecdotique : sur un congé, chaque jour indemnisé vaut 3,40 € de plus que ce qu'ils annoncent. Et la loi explique pourquoi un montant recopié vieillit toujours : « Les montants des prestations sont revalorisés dans les mêmes conditions que celles fixées pour le plafond prévu à l'article L. 241-3. »
Les conditions, et qui les pose
Elles viennent de deux étages différents, ce qui explique qu'on les trouve rarement réunies.
| Condition | Ce qu'elle exige | Qui la pose |
|---|---|---|
| Cessation d'activité | Cesser son activité professionnelle pendant une durée minimale, fixée par décret, à compter de la naissance | Article L. 623-1 |
| Non-reprise | Ne pas reprendre cette activité pendant la durée d'indemnisation | Article L. 623-1 |
| Demande | Les indemnités sont versées sur demande de l'intéressé | Article L. 623-1 |
| Affiliation | Six mois d'affiliation à la date de début du congé | Assurance Maladie |
| Déclaration | Déclarer sur l'honneur interrompre toute activité professionnelle | Assurance Maladie |
Le texte vise « le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin ». Trois situations donc, au-delà de la filiation, et la formulation est celle de la loi, pas une interprétation.
La durée, et la section d'ameli qui la publie
C'est le point sur lequel nous nous séparons des pages qui traitent ce sujet, non sur le chiffre, mais sur le découpage et sur l'endroit où il se lit. L'article L. 623-1 ne fixe aucune durée : il prévoit qu'« un décret détermine les modalités d'application du présent article et notamment [...] les montants et les durées d'attribution de l'indemnité journalière ». La durée minimale de cessation d'activité est elle aussi « fixée par décret ».
Du côté de l'Assurance Maladie, en revanche, tout est publié, à condition de lire les bonnes sections. Celles qui traitent des travailleurs indépendants et des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés donnent le montant et la condition d'affiliation sur la page des indemnités journalières, la durée maximale, la fraction obligatoire à la naissance et le délai de fractionnement sur celle du congé. C'est la section des salariés, juste au-dessus, qui décrit un autre découpage, et c'est de là que vient la confusion.
Les vingt-cinq et trente-deux jours sont bien les vôtres : l'Assurance Maladie les donne dans sa section « indépendant ou praticien et auxiliaire médical conventionné ». C'est le découpage qui diffère de celui du salarié. Le vôtre débute le jour de la naissance, sans le congé de naissance de trois jours qui précède celui du salarié. Il comporte une première période obligatoire d'au moins sept jours, puis une seconde période facultative de dix-huit jours, vingt-cinq en cas de naissances multiples, fractionnable en trois parties dont la plus courte vaut au moins cinq jours, à entamer dans les six mois suivant la naissance.
| Question | Réponse sourcée | Où elle se lit |
|---|---|---|
| Montant journalier | 65,84 € au 1er janvier 2026 | Assurance Maladie |
| Mode de calcul | Un 730e du plafond annuel de la sécurité sociale | Assurance Maladie |
| Pourquoi ce montant | Le même que celui de la maternité, par renvoi exprès | Article L. 623-1, II |
| Durée du congé | 25 jours, 32 en cas de naissances multiples | Assurance Maladie, section PAMC |
| Fraction obligatoire à la naissance | 7 jours au minimum, à compter du jour de la naissance | Assurance Maladie, section PAMC |
| Solde fractionnable | 18 jours, 25 en cas de naissances multiples, en trois parties de 5 jours minimum, dans les 6 mois | Assurance Maladie, section PAMC |
| Revalorisation | Suit celle du plafond de la sécurité sociale | Article L. 623-1, IV |
Trois dispositions du même article que personne ne cite
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L'hospitalisation de l'enfant
« Lorsque l'état de santé de l'enfant nécessite son hospitalisation dans les conditions prévues à l'article L. 1225-35 du code du travail, les indemnités journalières sont versées pendant la période d'hospitalisation, dans la limite d'une durée maximale. » Un décret en fixe les modalités, et l'Assurance Maladie en donne le résultat pour un praticien conventionné : si le nouveau-né est hospitalisé dès sa naissance, le congé est prolongé pendant la durée de l'hospitalisation, trente jours au maximum ; si l'hospitalisation intervient au-delà de la sixième semaine, le congé peut être reporté à la fin de l'hospitalisation.
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Le décès d'un enfant
Le même article prévoit qu'en cas de décès d'un enfant de moins de vingt-cinq ans, ou d'une personne de moins de vingt-cinq ans à charge effective et permanente, l'assuré bénéficie d'indemnités journalières du même montant pendant une durée de quinze jours, fractionnables, sous réserve de cesser son activité professionnelle. Le droit s'ouvre dans un délai d'un an à compter du décès.
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Le parent adoptif ou accueillant
L'article ouvre également des droits aux parents adoptifs ou accueillants, avec une allocation forfaitaire de repos égale à la moitié de celle de la maternité, et des indemnités journalières dont la durée maximale est égale aux trois quarts de celle prévue pour la maternité.
Questions fréquentes
Combien vaut l'indemnité journalière de paternité pour un kiné libéral ?
65,84 euros par jour au 1er janvier 2026. L'Assurance Maladie indique que ce montant correspond à un 730e du plafond annuel de la sécurité sociale. C'est exactement l'indemnité journalière de la maternité, et ce n'est pas une coïncidence.
Pourquoi ce montant est-il le même que celui de la maternité ?
Parce que la loi le dit. L'article L. 623-1 du code de la sécurité sociale prévoit que le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère ou la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité ou son concubin bénéficient, sur leur demande, d'indemnités journalières du même montant que celles versées au titre de la maternité.
Qui peut en bénéficier, au-delà du père ?
Le texte vise le père et, le cas échéant, le conjoint de la mère, la personne liée à elle par un pacte civil de solidarité, ou son concubin. Le droit n'est donc pas réservé au père biologique.
Quelles conditions faut-il remplir ?
Deux, et elles se cumulent. La loi impose de cesser son activité professionnelle pendant une durée minimale fixée par décret, à compter de la naissance, et de ne pas la reprendre pendant la durée d'indemnisation. L'Assurance Maladie ajoute une condition d'affiliation de six mois à la date de début du congé, et une déclaration sur l'honneur d'interruption de toute activité professionnelle.
Quelle est la durée exacte du congé pour un libéral ?
Vingt-cinq jours pour une naissance simple, trente-deux en cas de naissances multiples. L'article L. 623-1 renvoie les durées à un décret, mais l'Assurance Maladie les publie dans sa section consacrée aux travailleurs indépendants et aux praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. Le congé débute le jour de la naissance, avec une première période obligatoire d'au moins sept jours, puis un solde facultatif de dix-huit jours, vingt-cinq pour des naissances multiples, fractionnable en trois parties d'au moins cinq jours, à entamer dans les six mois.
Que se passe-t-il si l'enfant est hospitalisé ?
L'article L. 623-1 prévoit que lorsque l'état de santé de l'enfant nécessite son hospitalisation dans les conditions prévues à l'article L. 1225-35 du code du travail, les indemnités journalières sont versées pendant la période d'hospitalisation, dans la limite d'une durée maximale, dont un décret fixe les modalités. L'Assurance Maladie en donne le résultat pour un praticien conventionné : si le nouveau-né est hospitalisé dès sa naissance, le congé est prolongé pendant la durée de l'hospitalisation, trente jours au maximum ; au-delà de la sixième semaine, il peut être reporté à la fin de l'hospitalisation.
Ce montant sera-t-il revalorisé ?
Oui, et selon une règle écrite. L'article L. 623-1 dispose que les montants des prestations sont revalorisés dans les mêmes conditions que celles fixées pour le plafond de la sécurité sociale. Toute revalorisation du plafond entraîne donc mécaniquement celle de l'indemnité.
Sources
- Article L. 623-1 du code de la sécurité sociale, version en vigueur du 24 décembre 2025 : bénéficiaires des indemnités journalières à l'occasion de la naissance, renvoi au montant des indemnités de maternité, condition de cessation d'activité pendant une durée minimale fixée par décret et de non-reprise pendant l'indemnisation, versement pendant l'hospitalisation de l'enfant, droits des parents adoptifs ou accueillants, quinze jours en cas de décès d'un enfant de moins de vingt-cinq ans, et revalorisation des montants dans les mêmes conditions que le plafond de l'article L. 241-3. Consulter sur Légifrance.
- Assurance Maladie, « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant : vos indemnités journalières », page mise à jour le 1er juin 2026 : montant de l'indemnité journalière forfaitaire au 1er janvier 2026 et son calcul en 730e du plafond annuel, condition de six mois d'affiliation à la date de début du congé, et déclaration sur l'honneur d'interruption de toute activité. Consulter sur ameli.fr.
- Assurance Maladie, « Congé de paternité et d'accueil de l'enfant », page mise à jour le 4 août 2025, section « Vous êtes indépendant ou praticien et auxiliaire médical conventionné (PAMC) » : durée de vingt-cinq jours consécutifs au maximum pour la naissance d'un enfant et de trente-deux en cas de naissances multiples, congé qui doit débuter le jour de la naissance, première période obligatoire minimum de sept jours, seconde période non obligatoire de dix-huit jours, vingt-cinq en cas de naissances multiples, fractionnable en trois parties dont la plus courte est au moins égale à cinq jours et à engager dans un délai de six mois à compter de la naissance, et congé supplémentaire de trente jours au maximum si le nouveau-né est hospitalisé dès sa naissance. Consulter sur ameli.fr.
Ce que cette page ne fait pas : elle ne cite pas le décret auquel la loi renvoie les durées, que nous n'avons pas lu ; les durées données ici sont celles que l'Assurance Maladie publie dans sa section des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. Elle ne reproduit pas le découpage applicable aux salariés, qui n'est pas le même. Elle ne détaille ni les démarches auprès de la caisse, ni la liste des pièces justificatives, que l'Assurance Maladie énumère sur la page citée en source 3. Sur une situation individuelle, l'interlocuteur est votre caisse d'assurance maladie.
Les autres interruptions d'activité : le congé maternité d'une kiné libérale, le remplacement, qui permet de s'absenter et les cotisations qui continuent de courir.



















