Aller au contenu

Congé maternité d'une kiné libérale : les deux prestations, les huit semaines, et l'impôt que personne n'annonce

4 005 € d'allocation forfaitaire, 65,84 € par jour, huit semaines minimum dont six après. Et des prestations soumises à la CSG, la CRDS et l'impôt.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


Les pages sur le sujet donnent un total et s'arrêtent là. Or ce total additionne deux prestations qui n'obéissent pas aux mêmes règles, il dépend d'une durée d'arrêt qui est un minimum et non un congé, et il est brut : la CSG, la CRDS et l'impôt sur le revenu s'appliquent. Voici la mécanique, avec les montants 2026 et leur origine.

Vérifié le 31 août 2026. Les montants viennent de l'Assurance Maladie et se recoupent avec le plafond de la sécurité sociale :
  • fiche « Les prestations maternité des PAMC et des conjointes collaboratrices de PAMC », ameli : conditions, montants et modalités de versement ;
  • arrêté du 22 décembre 2025 fixant le plafond de la sécurité sociale pour 2026 : 4 005 euros par mois, 48 060 euros par an ;
  • les deux montants de prestations se déduisent de ce plafond, ce qui permet de les vérifier arithmétiquement plutôt que de les recopier.
Trois repères : une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 euros, une indemnité journalière plafonnée à 65 euros 84, et une interruption d'activité minimale de huit semaines dont six après l'accouchement 4 005 € d'allocation forfaitaire 65,84 € par jour, au plus 8 semaines d'arrêt au minimum le plafond mensuel soit 48 060 / 730 dont six après la naissance
Sources : Assurance Maladie pour les prestations, arrêté du 22 décembre 2025 pour le plafond de la sécurité sociale.

Deux prestations, deux logiques

Une kinésithérapeute libérale conventionnée relève du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. À ce titre, son congé maternité ouvre droit à deux prestations distinctes, qui se cumulent.

PrestationDe quoi dépend-elleMontant 2026
Allocation forfaitaire de repos maternelNi du revenu, ni du nombre de jours arrêtés, dès lors que les conditions sont remplies4 005 €
Indemnité journalière forfaitaire d'interruption d'activitéDes revenus déclarés à l'Urssaf, et du nombre de jours effectivement arrêtés65,84 € par jour au maximum
D'où sortent ces deux nombres

Ils ne sont pas fixés isolément : ils dérivent du plafond de la sécurité sociale. L'allocation forfaitaire est égale à la valeur mensuelle du plafond, soit 4 005 euros au 1er janvier 2026 selon l'arrêté du 22 décembre 2025. Le plafond de l'indemnité journalière correspond à un sept cent trentième de la valeur annuelle : 48 060 divisé par 730 donne bien 65,84 euros. Vérifier une prestation par sa formule vaut mieux que la recopier d'une page à l'autre.

Les trois conditions, appréciées à la date prévue de l'accouchement

ConditionPrécision
Six mois d'affiliationÀ la date présumée de l'accouchement, et non à la date de la demande
Cotisations à jourLes cotisations échues doivent être payées à cette même date
Cessation totale d'activitéAu moins huit semaines, dont six après l'accouchement

La deuxième condition mérite qu'on s'y arrête. Un retard de paiement à l'Urssaf, même régularisé plus tard, s'apprécie à une date précise. C'est la raison pour laquelle il vaut mieux vérifier sa situation plusieurs mois avant le terme plutôt qu'au moment de déposer le dossier. Notre fiche sur l'assiette et le calendrier URSSAF décrit le mécanisme des échéances.

Calendrier minimal : au moins huit semaines d'interruption totale d'activité, dont au maximum deux avant l'accouchement et au moins six après, l'allocation étant versée pour moitié au début et pour moitié à la fin de cette période Le minimum qui ouvre les droits, et non la durée du congé 2 semaines avant, au plus 6 semaines après l'accouchement, au minimum c'est la partie incompressible accouchement L'allocation forfaitaire est versée pour moitié au début du congé, et pour moitié à la fin de cette période obligatoire de huit semaines.
Source : Assurance Maladie, prestations maternité des praticiennes et auxiliaires médicales conventionnées.

Ce que cela fait, en euros

L'allocation étant fixe, seule l'indemnité journalière varie avec la durée d'arrêt. Voici la construction du total, pour trois durées, au plafond d'indemnité journalière.

Durée d'interruptionIndemnités journalièresAvec l'allocation
56 jours, soit le minimum de huit semaines3 687,04 €7 692,04 €
84 jours, soit douze semaines5 530,56 €9 535,56 €
112 jours, soit seize semaines7 374,08 €11 379,08 €
Trois durées comparées : pour 56 jours d'arrêt le total atteint 7 692 euros, pour 84 jours 9 536 euros et pour 112 jours 11 379 euros, l'allocation forfaitaire de 4 005 euros restant identique dans les trois cas Allocation fixe, indemnités variables, au plafond journalier 56 jours 7 692 € 84 jours 9 536 € 112 jours 11 379 € En violet foncé l'allocation forfaitaire, identique partout. En violet clair les indemnités journalières. Montants bruts.
Calculs effectués au plafond d'indemnité journalière de 65,84 euros. Les durées servent d'illustration : celle qui vous concerne dépend de votre situation.
Ces montants sont bruts

C'est l'information que les pages sur le sujet omettent le plus souvent, et elle change le résultat. L'Assurance Maladie précise que l'allocation forfaitaire de repos maternel comme les indemnités journalières sont soumises à la contribution sociale généralisée, à la contribution au remboursement de la dette sociale et à l'impôt sur le revenu. Annoncer 11 379 euros sans le dire revient à annoncer un chiffre d'affaires en le présentant comme un revenu.

Ce que ces montants représentent, rapportés à une activité

Un plafond de 65,84 euros par jour se lit mal dans l'absolu. Rapporté à trente jours, il représente 1 975,20 euros bruts par mois. En face, l'Assurance Maladie mesure pour 2024 des honoraires sans dépassement moyens de 84 670 euros par an pour un kinésithérapeute actif à part entière, soit environ 7 056 euros par mois.

La comparaison ne dit pas que la prestation couvre un quart du revenu, et il faut être précis sur ce point : les honoraires ne sont pas un revenu, puisqu'il faut en retirer les charges du cabinet et les cotisations, comme nous l'avons détaillé dans la fiche métier. Ce qu'elle dit, c'est que l'écart entre le flux qui s'arrête et le flux qui le remplace est important, et qu'il se prépare.

Le bon calcul, celui que personne ne fait à votre place

Ce n'est pas « combien vais-je toucher » mais « combien vais-je devoir sortir ». Prenez vos charges fixes mensuelles, celles qui tombent que le cabinet tourne ou non, multipliez par le nombre de mois d'arrêt envisagé, et comparez au total des prestations. C'est ce solde, et non le montant des prestations, qui dit si l'interruption est finançable telle quelle ou s'il faut constituer une réserve.

Trois points qui se règlent avant, pas pendant

  • Les charges du cabinet ne s'arrêtent pas

    Loyer, assurance, logiciel, cotisations : l'interruption d'activité suspend les recettes, pas les charges fixes. C'est ce décalage, plus que le montant des prestations, qui détermine la trésorerie nécessaire. Le point de départ est le calcul de vos cotisations CARPIMKO et URSSAF.

  • La question du remplacement

    Faire remplacer maintient l'activité du cabinet mais ne change pas les conditions d'ouverture des droits, qui exigent une cessation totale de votre activité personnelle sur la période. Ce sont deux plans distincts : l'un concerne le cabinet, l'autre votre situation d'assurée.

  • Le conjoint collaborateur, un cas à part

    Les conjointes collaboratrices de praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés perçoivent la même allocation forfaitaire, et peuvent percevoir une indemnité de remplacement lorsqu'elles font appel à du personnel salarié pour les remplacer, plafonnée à 66,68 euros au 1er juin 2026.

Questions fréquentes

Quelles prestations une kinésithérapeute libérale perçoit-elle pendant son congé maternité ?

Deux, et elles se cumulent. L'allocation forfaitaire de repos maternel, versée quel que soit le nombre de jours d'arrêt dès lors que les conditions sont remplies, et l'indemnité journalière forfaitaire d'interruption d'activité, qui dépend du nombre de jours effectivement arrêtés.

Quel est le montant de l'allocation forfaitaire de repos maternel en 2026 ?

4 005 euros au 1er janvier 2026. Ce montant correspond à la valeur mensuelle du plafond de la sécurité sociale, fixée par l'arrêté du 22 décembre 2025. Elle est versée pour moitié au début du congé et pour moitié à la fin de la période obligatoire de cessation d'activité de huit semaines.

Combien vaut l'indemnité journalière maternité d'une praticienne conventionnée ?

Elle est calculée à partir des revenus déclarés à l'Urssaf et plafonnée à 65,84 euros par jour au 1er janvier 2026. Ce plafond correspond à un sept cent trentième de la valeur annuelle du plafond de la sécurité sociale, soit 48 060 euros divisés par 730.

Quelle durée d'arrêt faut-il respecter pour ouvrir ses droits ?

Il faut cesser toute activité professionnelle pendant au moins huit semaines, dont six semaines après l'accouchement. Ce n'est pas la durée du congé mais le minimum qui conditionne le versement des prestations.

Quelles sont les autres conditions d'ouverture des droits ?

Justifier de six mois d'affiliation à la date présumée de l'accouchement, et être à jour du paiement des cotisations échues à cette même date. Ces deux conditions s'apprécient à la date prévue de l'accouchement, pas au moment de la demande.

Ces prestations sont-elles imposables ?

Oui. L'Assurance Maladie indique que l'allocation forfaitaire de repos maternel comme les indemnités journalières sont soumises à la contribution sociale généralisée, à la contribution au remboursement de la dette sociale et à l'impôt sur le revenu. Le montant perçu n'est donc pas le montant conservé.

Et si mon conjoint est conjoint collaborateur ?

Les conjointes collaboratrices de praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés peuvent percevoir la même allocation forfaitaire de repos maternel, ainsi qu'une indemnité de remplacement lorsqu'elles font appel à du personnel salarié pour les remplacer, plafonnée à 66,68 euros au 1er juin 2026.

Sources

  1. Assurance Maladie, « Les prestations maternité des PAMC et des conjointes collaboratrices de PAMC » : conditions d'ouverture des droits, allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € au 1er janvier 2026 versée pour moitié au début et pour moitié à la fin de la période obligatoire de huit semaines, indemnité journalière calculée sur les revenus déclarés à l'Urssaf et plafonnée à 65,84 € au 1er janvier 2026, indemnité de remplacement des conjointes collaboratrices plafonnée à 66,68 € au 1er juin 2026, et assujettissement des prestations à la CSG, à la CRDS et à l'impôt sur le revenu. Consulter sur ameli.fr.
  2. Arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la sécurité sociale pour 2026, publié au Journal officiel du 23 décembre 2025 : valeur mensuelle de 4 005 euros, dont se déduisent la valeur annuelle de 48 060 euros et le plafond journalier d'indemnité de 65,84 euros. Consulter sur Légifrance.
  3. Assurance Maladie, page d'accueil des indemnités journalières et prestations maternité, paternité et adoption, pour le cadre général applicable aux travailleuses indépendantes. Consulter sur ameli.fr.

Ce que cette page ne fait pas : elle ne fixe pas votre durée de congé, qui dépend du rang de l'enfant, du nombre d'enfants à naître et d'un éventuel état pathologique, et que l'Assurance Maladie détaille dans ses carnets de maternité. Les trois durées du tableau sont des illustrations de calcul, pas des droits. Elle ne simule pas non plus votre indemnité journalière réelle, qui dépend de vos revenus déclarés et peut être inférieure au plafond : l'Assurance Maladie met un simulateur à disposition.

Sur le même terrain

Les autres interruptions et leurs couvertures : le régime invalidité-décès CARPIMKO, les cotisations et ce qu'elles ouvrent, et l'assiette URSSAF.

Se former sur ce sujet

Une interruption est aussi un moment où l'on se forme autrement. Nos formations sont éligibles au DPC et au FIF PL.

Toutes nos formations kiné →Financer sa formation →

Nos guides sur l'exercice professionnel →

Derrière cet article

Un auteur qui vulgarise, un relecteur qui vérifie.

Comment nous écrivons et vérifions nos contenus

Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

KinéIngénieur pédagogiqueDesign du soin
Suivre sur LinkedIn
Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

Neuro-musculosquelettiqueM2 Santé publique
Suivre sur LinkedIn

Partager