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Le régime invalidité-décès CARPIMKO : ce que vous touchez, et à partir de quand

Allocation journalière au 91e jour, rente d'invalidité à la quatrième année, capital décès et rentes de survie : les montants du régime obligatoire.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


Vous payez 1 022 € par an pour ce régime, quels que soient vos revenus. On vous répète qu'il est « insuffisant », rarement avec des chiffres. Les voici tous : le jour où l'indemnisation commence, ce qu'elle verse, ce qu'elle devient à la quatrième année, ce que touche votre famille, et la condition administrative qui peut tout annuler.

Vérifié le 30 août 2026. Tous les montants viennent des pages de la caisse elle-même, relevées ce jour :
  • « Ma prévoyance : en cas d'incapacité ou d'invalidité » ;
  • « Ma prévoyance : en cas de décès » ;
  • « Ma prévoyance : grossesse pathologique ou à risque » ;
  • « Mes droits : garanties invalidité-décès ».
Ce sont des montants 2026. Ils sont révisés, et la caisse publie explicitement la colonne « à compter du 1er janvier 2026 » en face de celle qui valait jusqu'en décembre 2025.
Trois chiffres : l'indemnisation démarre au 91e jour d'arrêt, l'allocation journalière est de 55,44 euros, la rente d'invalidité totale de 20 160 euros par an 91e jour avant, la CARPIMKO ne verse rien 55,44 € par jour d'arrêt indemnisé 20 160 € de rente annuelle en invalidité totale
Source : CARPIMKO, page « En cas d'incapacité ou d'invalidité », relevée le 30 août 2026.

Ce que couvre le régime, et ce qu'il ne couvre pas

Le régime invalidité-décès est le quatrième des régimes obligatoires de la CARPIMKO, et le seul qui ne construit pas de retraite. Il couvre trois événements : l'incapacité temporaire de travail, l'invalidité durable à partir de la quatrième année, et le décès.

La cotisation est forfaitaire : 1 022 € en 2026, indépendante de vos revenus. Elle est obligatoire jusqu'à l'âge du taux plein, entre 65 et 67 ans selon votre année de naissance. Au-delà, elle devient facultative jusqu'à vos 70 ans, âge à partir duquel les garanties s'arrêtent.

Arrêt de travail : qui paie, et à partir de quel jour

C'est le point que la plupart des kinés découvrent au mauvais moment. La CARPIMKO couvre à partir du 91e jour d'arrêt, après un délai de carence de 90 jours d'arrêt total de travail, et au plus tard jusqu'au dernier jour de la troisième année d'incapacité.

Avant ce 91e jour, la caisse renvoie vers un autre guichet : « depuis juillet 2021, votre CPAM vous prend en charge entre le 4e et le 90e jour d'arrêt ». Ce sont donc deux organismes qui se relaient, et les trois premiers jours ne sont couverts par aucun des deux.

Les trois premiers jours ne sont couverts par personne, du 4e au 90e jour c'est la caisse primaire, à partir du 91e jour et jusqu'à la fin de la troisième année c'est la CARPIMKO, puis la rente d'invalidité Qui vous indemnise, jour après jour rien j. 1 à 3 votre CPAM j. 4 à 90 CARPIMKO, allocation journalière du 91e jour à la fin de la 3e année rente d'invalidité dès la 4e année Le délai de carence de 90 jours porte sur un arrêt TOTAL de travail. Les arrêts peuvent être consécutifs ou non, et l'allocation peut être totale ou partielle.
Source : CARPIMKO, page « En cas d'incapacité ou d'invalidité ». Le relais assuré par la caisse primaire entre le 4e et le 90e jour existe depuis juillet 2021.

Combien vous touchez pendant les trois premières années

Votre situationMontant brut par jour, à compter du 1er janvier 2026
Allocation journalière55,44 €
Majoration par descendant à charge+ 8,06 €
Majoration pour tierce personne+ 20,16 €
Reprise d'activité à fins thérapeutiques55,44 € pendant 3 mois, puis 27,72 € pendant 6 mois au maximum
Reprise d'une activité partielle27,72 €
Ces montants n'ont pas bougé en 2026

La caisse publie deux colonnes côte à côte, « jusqu'en décembre 2025 inclus » et « à compter du 1er janvier 2026 », et elles portent les mêmes valeurs. C'est une information en soi : votre couverture obligatoire est stable en euros courants, donc elle recule en pouvoir d'achat.

Après trois ans : la rente d'invalidité

L'allocation journalière s'arrête au dernier jour de la troisième année. La rente d'invalidité prend le relais, « allouée à tout affilié à compter du 1er jour de la quatrième année suivant l'incapacité de travail médicalement reconnue ».

SituationMontant brut annuelSuppléments
Incapacité professionnelle totale20 160 €Possibles, pour charges de famille et pour tierce personne
Incapacité professionnelle partielle10 080 €Aucun

En cas de décès : capital, rente de survie, rente d'éducation

Trois prestations distinctes, avec trois logiques différentes. Le capital est versé en une fois pour « faire face aux premières dépenses » ; les deux rentes sont mensuelles et à terme échu.

PrestationBénéficiaireMontant brut
Capital décès
Versé en une fois, non imposable
Conjoint non séparé ou partenaire de PACS, avec un ou plusieurs descendants à charge 54 432 €
Conjoint ou partenaire de PACS, sans descendant36 288 €
À défaut d'ayant droit à charge : dans l'ordre, enfants, descendants, ascendants18 144 €
Rente de survie Conjoint ou partenaire de PACS, jusqu'à 65 ans. Condition de deux ans de mariage ou de PACS, sauf enfant issu du mariage ou décès accidentel. Supprimée en cas de remariage ou de nouveau PACS. 10 080 € par an
Rente d'éducation Chaque enfant de moins de 18 ans à charge fiscale. Prolongeable jusqu'à 25 ans en cas d'études avec des ressources inférieures au SMIC annuel brut, et au-delà pour un descendant handicapé percevant l'AAH. 7 560 € par an
Le capital décès vaut 54 432 euros pour un conjoint avec descendants, 36 288 euros sans descendant, et 18 144 euros à défaut d'ayant droit à charge Le capital décès, selon qui reste 54 432 € conjoint, avec descendants 36 288 € conjoint, sans descendant 18 144 € à défaut d'ayant droit Montants bruts. Le capital décès n'est pas imposable.
Source : CARPIMKO, page « En cas de décès ». Les largeurs sont proportionnelles aux montants. S'y ajoutent, le cas échéant, la rente de survie et la rente d'éducation.
Le délai à ne pas laisser passer

La déclaration du décès d'un affilié en activité doit être faite « le plus rapidement possible et dans un délai maximum de 2 ans ». Elle s'adresse au service Recouvrement, ou au service Invalidité-décès si le défunt percevait des allocations journalières ou une rente.

La grossesse pathologique, et ce qui a changé en 2025

Une modification récente, et elle est facile à manquer parce qu'elle réduit le périmètre de la caisse sans réduire vos droits. En cas d'arrêt maladie prescrit pendant la grossesse, la CARPIMKO indemnise à partir du 91e jour d'arrêt et jusqu'à la veille du congé maternité, au même montant de 55,44 € par jour.

Mais, écrit la caisse, « depuis le 1er janvier 2025, la CARPIMKO n'indemnise plus la période correspondant au congé légal de maternité, période déjà prise en charge par l'Assurance maladie ». Si un arrêt maladie est prescrit au-delà du congé maternité, l'indemnisation de la caisse peut reprendre.

La condition qui fait tout tomber

C'est la partie la moins connue de ce régime, et la plus brutale. Toutes les prestations sont conditionnées à une seule chose : être à jour de toutes ses cotisations CARPIMKO.

Et la définition de « à jour » est plus stricte qu'on ne l'imagine. La caisse énumère deux situations qui vous en excluent : avoir obtenu un délai de paiement pour régler vos cotisations, même en cas de prélèvement automatique ; et avoir reçu une mise en demeure sans l'avoir réglée en totalité, majorations de retard comprises.

Comment on se remet à jour

La caisse indique la marche à suivre : renoncer aux délais de paiement accordés et s'acquitter du solde des cotisations et des majorations restantes. L'indemnisation est alors possible au premier jour du mois suivant le règlement total de la dette, et pas rétroactivement.

Ce que vous avez à faire, et ce que vous n'avez plus à faire

  • Déclarer l'arrêt en ligne

    L'arrêt de travail et ses prolongations se déclarent par le service en ligne « Déclarer un arrêt de travail / une prolongation », dans la rubrique « Mes allocations maladie » de l'espace personnel.

  • Ne plus envoyer de déclaration de cessation d'activité

    La caisse est explicite : la cessation d'activité pour raisons de santé est enregistrée automatiquement lors de la déclaration des arrêts de travail. Cette démarche séparée n'existe plus.

  • Adapter ses cotisations plutôt que de les laisser filer

    Un arrêt long fait chuter les revenus, mais les cotisations restent appelées sur le dernier revenu connu. Déclarer un revenu estimé est le bon réflexe, et c'est aussi ce qui évite le retard de paiement qui ferait tomber les prestations.

Ce que vous déclarez aux impôts

Les prestations du régime sont imposables, « à l'exception de la majoration pour tierce personne et du capital décès ». La caisse adresse en début d'année une attestation indiquant le montant à porter sur la déclaration de revenus, également disponible dans l'espace personnel, rubrique « Mes documents ».

Questions fréquentes

À partir de quel jour d'arrêt la CARPIMKO indemnise-t-elle un kiné libéral ?

À partir du 91e jour d'arrêt, après un délai de carence de 90 jours d'arrêt total de travail, et au plus tard jusqu'au dernier jour de la troisième année d'incapacité. Depuis juillet 2021, c'est la caisse primaire d'assurance maladie qui prend en charge la période comprise entre le 4e et le 90e jour.

Quel est le montant de l'allocation journalière CARPIMKO en 2026 ?

55,44 € brut par jour, montant inchangé au 1er janvier 2026. S'y ajoutent, le cas échéant, 8,06 € par jour et par descendant à charge, et 20,16 € par jour au titre de la tierce personne.

Que se passe-t-il après trois ans d'arrêt ?

L'allocation journalière laisse place à la rente d'invalidité, allouée à compter du premier jour de la quatrième année suivant l'incapacité de travail médicalement reconnue. Elle s'élève à 20 160 € par an en cas d'incapacité professionnelle totale, avec des suppléments possibles pour charges de famille ou tierce personne, et à 10 080 € par an en cas d'incapacité partielle, sans supplément.

Quel capital décès la CARPIMKO verse-t-elle ?

54 432 € bruts au conjoint non séparé ou au partenaire de PACS lorsqu'il y a un ou plusieurs descendants à charge, 36 288 € au conjoint ou partenaire sans descendant, et 18 144 € lorsqu'aucun ayant droit n'est à charge, versés dans l'ordre aux enfants, aux descendants puis aux ascendants. Le capital décès n'est pas imposable.

Qu'est-ce qui peut me priver de ces prestations ?

Ne pas être à jour de toutes ses cotisations CARPIMKO. La caisse précise que l'on n'est pas considéré à jour si l'on a obtenu un délai de paiement, même en prélèvement automatique, ou si l'on a reçu une mise en demeure non réglée en totalité, majorations de retard comprises. L'indemnisation reprend au premier jour du mois suivant le règlement total de la dette.

La CARPIMKO indemnise-t-elle le congé maternité ?

Non, plus depuis le 1er janvier 2025 : la période correspondant au congé légal de maternité est déjà prise en charge par l'Assurance maladie. En cas d'arrêt maladie prescrit pendant la grossesse, la CARPIMKO indemnise à partir du 91e jour d'arrêt et jusqu'à la veille du congé maternité, puis de nouveau si un arrêt est prescrit au-delà.

Les prestations du régime invalidité-décès sont-elles imposables ?

Oui, à l'exception de la majoration pour tierce personne et du capital décès. La CARPIMKO adresse en début d'année une attestation indiquant le montant à porter sur la déclaration de revenus, également disponible dans l'espace personnel.

Les sources, une par une

Tous les montants de cet article viennent des pages de la caisse, ouvertes le 30 août 2026. Aucun n'est repris d'un comparateur ou d'un courtier.

  1. CARPIMKO, « Je suis en activité / Ma prévoyance / En cas d'incapacité ou d'invalidité » : le délai de carence de 90 jours, le relais de la CPAM depuis juillet 2021, les allocations journalières et leurs majorations dans les deux colonnes 2025 et 2026, les rentes d'invalidité totale et partielle, et la condition d'être à jour de ses cotisations. Consulter sur carpimko.com.
  2. CARPIMKO, « Je suis en activité / Ma prévoyance / En cas de décès » : les trois montants de capital décès, la rente de survie, la rente d'éducation, leurs conditions, et le délai de déclaration de deux ans. Consulter sur carpimko.com.
  3. CARPIMKO, « Je suis en activité / Ma prévoyance / Grossesse pathologique ou à risque » : l'indemnisation à partir du 91e jour et la fin, au 1er janvier 2025, de l'indemnisation du congé légal de maternité. Consulter sur carpimko.com.
  4. CARPIMKO, « Je m'installe / Mes droits / Garanties invalidité-décès » : la cotisation de 1 022 € en 2026, son caractère obligatoire jusqu'à l'âge du taux plein, facultatif jusqu'à 70 ans, et l'arrêt des garanties au-delà. Consulter sur carpimko.com.

Ce que cet article ne fait pas : il ne compare aucun contrat de prévoyance privée et ne recommande aucun assureur. Il donne ce qui manque pour juger, c'est-à-dire ce que le régime obligatoire verse déjà. La question « faut-il une prévoyance complémentaire » ne se pose sérieusement qu'une fois ces montants connus et rapportés à vos charges fixes.

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Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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