Le DASH, pour Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand, mesure l'incapacité de tout le membre supérieur avec 30 items, et sa forme abrégée le QuickDASH avec 11. Le score va de 0 à 100, un score élevé signalant une incapacité élevée. L'interpréteur est juste en dessous.
Le changement minimal détectable vaut 10,81 points pour le DASH et 12,85 pour le QuickDASH, quand la différence minimale importante groupée vaut 11,00 : les deux se touchent, et c'est tout le sujet. Le détail est plus bas.
Chiffres issus des études citées en fin de page, chaque valeur portant sa source à l'endroit où elle est écrite. Aucun item n'est reproduit : le droit d'auteur appartient à l'Institute for Work & Health.
Ce que le DASH mesure
Le DASH mesure l'incapacité de tout le membre supérieur, et c'est là son parti pris. Là où le SPADI regarde l'épaule et le PRTEE le coude, le DASH pose que le membre supérieur fonctionne comme une unité : on ne se coiffe pas avec une épaule, on se coiffe avec un bras.
Ce pari est vérifiable, et il a été vérifié. Sur 200 patients évalués avant traitement puis 172 revus à douze semaines, le questionnaire se comporte aussi bien dans les troubles de l'épaule que dans ceux du poignet et de la main. Sa fidélité test-retest, mesurée chez 86 patients à trois à cinq jours, atteint ICC 0,96.
Le score va de 0 à 100 et se lit dans le sens de l'incapacité : plus il est haut, plus le patient est gêné. C'est l'inverse de la plupart des échelles fonctionnelles, et la première source de contresens à la lecture d'un dossier.
DASH ou QuickDASH
Le QuickDASH garde 11 items sur 30. Sa construction n'a rien d'artisanal : trois méthodes de réduction ont été comparées, dont une modélisation de Rasch, sur 407 patients, avant que les propriétés de la version retenue soient évaluées sur 200 autres.
Le résultat est bon : cohérence interne d'au moins 0,92 et fidélité d'au moins 0,94. La version courte ne coûte donc presque rien en qualité de mesure.
Elle coûte en revanche en précision de suivi, et c'est mesurable : son changement minimal détectable est plus grand, 12,85 points contre 10,81. Autrement dit, il faut un écart plus important pour affirmer que quelque chose a bougé. En suivi longitudinal serré, le DASH complet reste le meilleur choix.
Le seuil de onze points, et sa marge étroite
Deux chiffres se rencontrent ici, et leur proximité est le point le plus important de cette fiche.
Le changement minimal détectable, l'écart en dessous duquel deux mesures ne se distinguent pas du bruit, vaut 10,81 points pour le DASH sur 255 patients suivis en kinésithérapie. La différence minimale importante, celle que le patient perçoit comme un vrai mieux, vaut 11,00 points selon une méta-analyse de 12 études et 1 677 patients, avec un intervalle de confiance de 8,59 à 13,41 et une hétérogénéité nulle.
Onze points d'un côté, dix virgule huit de l'autre. Le seuil cliniquement utile est donc à peine au-dessus de l'erreur de mesure de l'outil. La conséquence pratique est nette : un gain de 11 points est interprétable, un gain de 7 ne l'est pas, et il n'existe pas de zone intermédiaire confortable.
| Ce qui est mesuré | DASH | QuickDASH | Source |
|---|---|---|---|
| Nombre d'items | 30 | 11 | 1996 et 2005 |
| Fidélité test-retest | 0,96 | 0,94 ou plus | 200 puis 407 patients |
| Cohérence interne | n. r. | 0,92 ou plus | publication du QuickDASH |
| Changement minimal détectable, 90 % | 10,81 | 12,85 | 255 patients en kinésithérapie |
| Différence minimale importante, groupée | 11,00 | 11,97 | 12 études, 1 677 patients |
Ce que le score ne dit pas
Il ne dit pas quelle partie du membre supérieur est en cause. C'est le revers exact de son parti pris : un score de 45 ne distingue pas une épaule bloquée d'une main douloureuse, et deux patients au même score peuvent avoir des problèmes sans rapport.
Il ne dit pas non plus si l'incapacité est « élevée ». Aucun seuil validé séparant des niveaux n'apparaît dans les sources retenues ici, et les catégories que l'on voit circuler n'ont pas été vérifiées à une source dans ce socle. Le score se lit en évolution.
Enfin, la publication princeps de 1996 décrit la construction de l'outil, pas ses performances : le résumé ne donne aucune valeur de fidélité ni de sensibilité au changement. Citer Hudak 1996 pour un ICC serait une erreur d'attribution courante.
Pourquoi cette page n'affiche pas le questionnaire
Le droit d'auteur du DASH et du QuickDASH est la propriété exclusive de l'Institute for Work & Health, qui en réserve tous les droits. L'usage sans redevance existe, mais il est conditionnel : cliniciens soignant ou évaluant un patient, chercheurs non commerciaux, usagers à but non lucratif. Ni les items, ni les options de réponse, ni les instructions de cotation ne sont reproduits ici. Le questionnaire et son manuel s'obtiennent auprès de l'éditeur.
Trois pièges de passation
Lire le score à l'envers
Zéro signifie aucune incapacité et cent une incapacité maximale. Un patient qui passe de 60 à 30 va mieux. L'habitude des échelles fonctionnelles où le haut est bon fait commettre l'erreur inverse, surtout à la relecture d'un dossier ancien.
Mélanger les deux versions
Un DASH et un QuickDASH ne se comparent pas directement, et leurs seuils de changement diffèrent. La version se note au dossier à côté du score, dès la première passation.
Conclure sous le seuil
Un gain de 7 ou 8 points fait plaisir mais reste dans le bruit de mesure. L'annoncer comme une amélioration établie, c'est présenter de l'incertitude comme un résultat.
Questions fréquentes
Que veut dire DASH ?
DASH est le sigle de Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand. Le questionnaire a été publié en 1996 par Hudak, Amadio et Bombardier pour l'Upper Extremity Collaborative Group. Le QuickDASH en est la forme abrégée à 11 items, publiée en 2005.
Comment se cote le DASH ?
Le score final va de 0 à 100, un score élevé signalant une incapacité élevée. Les instructions de cotation appartiennent à l'Institute for Work & Health et ne sont pas reproduites ici : elles se trouvent dans le manuel officiel de l'instrument.
À partir de combien de points un changement compte-t-il ?
La différence minimale importante groupée est de 11,00 points pour le DASH (IC 95 % 8,59 à 13,41) et de 11,97 pour le QuickDASH. Le changement minimal détectable est de 10,81 et 12,85 points respectivement : les deux valeurs se touchent.
Existe-t-il une version française ?
Oui. L'adaptation transculturelle française de référence est celle de Dubert et coll. en 2001, créditée par l'Institute for Work & Health comme « French Parisian version », testée chez 223 patients.
Le DASH est-il libre d'utilisation ?
Non, pas librement. Son droit d'auteur est la propriété exclusive de l'Institute for Work & Health, qui en réserve tous les droits. L'usage sans redevance est conditionnel : cliniciens soignant ou évaluant un patient, chercheurs non commerciaux, et usagers à but non lucratif. C'est pourquoi cette page n'en reproduit aucun item.
Références
6 sources, PMID compris
- Hudak PL, Amadio PC, Bombardier C. Development of an upper extremity outcome measure: the DASH (disabilities of the arm, shoulder and hand). Am J Ind Med 1996;29(6):602-8. PMID 8773720. Publication princeps du DASH, pour l'Upper Extremity Collaborative Group. 13 échelles existantes passées en revue, 821 items générés puis réduits à 78. Le résumé ne donne aucune valeur psychométrique.
- Beaton DE, Katz JN, Fossel AH, Wright JG, Tarasuk V, Bombardier C. Measuring the whole or the parts? Validity, reliability, and responsiveness of the DASH outcome measure in different regions of the upper extremity. J Hand Ther 2001;14(2):128-46. PMID 11382253. 200 patients évalués avant traitement, 172 revus à 12 semaines, 86 en test-retest à 3 à 5 jours. Fidélité ICC 0,96, et le DASH se comporte aussi bien à l'épaule qu'au poignet et à la main.
- Dubert T, Voche P, Dumontier C, Dinh A. Le questionnaire DASH. Adaptation française d'un outil d'évaluation international. Chir Main 2001;20(4):294-302. PMID 11582907. L'adaptation française de référence, celle que l'Institute for Work & Health crédite comme « French Parisian version ». Cinq traductions et deux rétro-traductions, testées chez 223 patients.
- Beaton DE, Wright JG, Katz JN; Upper Extremity Collaborative Group. Development of the QuickDASH: comparison of three item-reduction approaches. J Bone Joint Surg Am 2005;87(5):1038-46. PMID 15866967. Publication princeps du QuickDASH. Réduction d'items sur 407 patients, propriétés évaluées sur 200 autres : cohérence interne alpha au moins égale à 0,92 et fidélité ICC au moins égale à 0,94.
- Franchignoni F, Vercelli S, Giordano A, Sartorio F, Bravini E, Ferriero G. Minimal clinically important difference of the disabilities of the arm, shoulder and hand outcome measure (DASH) and its shortened version (QuickDASH). J Orthop Sports Phys Ther 2014;44(1):30-9. PMID 24175606. 255 patients avant et après un programme de kinésithérapie. Changement minimal détectable à 90 % de confiance : 10,81 points pour le DASH et 12,85 points pour le QuickDASH.
- Galardini L, Coppari A, Pellicciari L, Ugolini A, Piscitelli D, La Porta F, Bravini E, Vercelli S. Minimal clinically important difference of the DASH and QuickDASH: a systematic review and meta-analysis. PMID 38438144. 12 études et 1 677 patients, 17 estimations allant de 8,3 à 18,0 points. Différences minimales importantes groupées : 11,00 points pour le DASH (IC 95 % 8,59 à 13,41) et 11,97 pour le QuickDASH, avec une hétérogénéité nulle.
Fiche rédigée par Anthony Baillon, masseur-kinésithérapeute, co-fondateur de Physio Learning. Le questionnaire, lui, est de Hudak, Amadio et Bombardier en 1996 et son droit d'auteur appartient à l'Institute for Work & Health : cette page le documente et l'interprète, elle n'en reproduit aucun item.
