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Epine calcanéenne, douleur talo-plantaire et dysfonction du tibial postérieur
Anthony Baillon
Maladie de Ledderhose (fibromatose plantaire) : les nodules sous la voûte du pied, le lien avec Dupuytren, l'échographie et le seul traitement validé.

Une masse douloureuse à l'appui, sous la voûte plantaire au bord médial, évoque une fibromatose bénigne sans traitement causal : le premier geste est la décharge mécanique du nodule.
15,2%des hommes atteints de Dupuytren qui ont aussi des nodules plantaires
La suite reprend chacun de ces points en détail, sources à l'appui. Elle est là si vous en avez besoin.
Ce sujet fait l'objet d'une formation : Epine calcanéenne, douleur talo-plantaire et dysfonction du tibial postérieur, en ligne avec Anthony Baillon.
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10 chapitres de l'article · 37 min au total
Comprendre◔ 3 min
C'est le même processus que la maladie de Dupuytren, mais dans un pied qui porte le poids du corps.
Terrain◔ 5 min
Un homme atteint de Dupuytren a 15,2 % de risque de nodules plantaires, contre 3,9 % chez les témoins.
Atteinte multiple◔ 4 min
Trois localisations, un seul processus : palmaire, plantaire et pénienne partagent la même biologie.
Reconnaître◔ 3 min
Le nodule est solidaire du fascia : il ne roule pas comme un lipome et durcit à la manœuvre du treuil.
Imagerie◔ 2 min
Un fibrome plantaire authentique peut avoir l'air d'un sarcome à l'IRM, un piège diagnostique réel.
Rôle du kiné◔ 5 min
Sur 213 patients étudiés, seuls 35 ont reçu un traitement conservateur ; l'essentiel vient de la chirurgie.
Radiothérapie◔ 4 min
L'essai LedRad montre un soulagement chez 74 % des irradiés contre 56 % sous placebo.
Opérer◔ 3 min
La récidive dépend de la largeur de la résection, et de rien d'autre : 67 % en local, 27 % après fasciectomie.
Cas cliniques◔ 3 min
Un homme de 48 ans a obtenu une disparition complète de la douleur après trois séances d'ondes de choc.
En pratique◔ 5 min
La rétraction d'orteils que redoute le patient est l'exception, pas la règle, contrairement à la main.
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Anthony Baillon
La suite, c'est la pratique : la formation qui enseigne ce sujet, avec Anthony Baillon.
Nos formations sur ce sujet peuvent être prises en charge par le DPC ou le FIFPL, selon votre profession et votre situation.
Une boule dure sous la voûte plantaire, qui ne fait pas toujours mal, qui grossit lentement, et devant laquelle presque tout le monde pense d'abord à une fasciite plantaire. C'est pourtant une autre maladie, cousine germaine de la maladie de Dupuytren, dont un seul traitement a été validé contre placebo, et ce n'est ni la chirurgie ni la kinésithérapie.
Synthèse rédigée à partir de sources primaires vérifiées une à une sur PubMed : identifiant résolu, revue et année contrôlées, résumé lu avant citation. Bibliographie complète en fin d'article.
La maladie de Ledderhose en trois chiffres
Un lien familial fort avec la main, un traitement qui a passé l'épreuve du placebo, une chirurgie qui récidive
Sources : Gudmundsson KG, Jónsson T, Arngrímsson R. Foot Ankle Int 2013;34(6):841-845 (PMID 23386754) ; de Haan A et al. Radiother Oncol 2023;185:109718 (PMID 37211283) ; Anwander H et al. Foot Ankle Spec 2024;17(2):109-116 (PMID 34369197).
Ce qu'il faut retenir avant de lire le reste
Comprendre ce que fabrique cette maladie dispense d'un long détour : c'est le même tissu que dans la paume, au même stade cellulaire, mais dans un pied qui porte le poids du corps, et ce dernier point change à peu près tout le reste.
La maladie de Ledderhose appartient au groupe des fibromatoses superficielles, aux côtés de la maladie de Dupuytren (fibromatose palmaire) et de la maladie de La Peyronie (atteinte pénienne). Toutes reposent sur le même processus : une prolifération bénigne de fibroblastes et de myofibroblastes, produisant du collagène en excès.
Une revue anatomopathologique consacrée aux deux localisations décrit une histologie commune : une prolifération cellulaire fusiforme banale, d'aspect bleuté, avec une quantité variable de collagène de fond selon l'ancienneté de la lésion1. Les auteurs soulignent surtout la différence clinique décisive : la fibromatose palmaire mène aux nodules puis à la rétraction digitale, tandis que la fibromatose plantaire produit des nodules souvent douloureux mais n'aboutit habituellement pas à une rétraction1.
C'est cette nuance qu'il faut expliquer au patient qui a un parent opéré de la main et qui craint de « ne plus pouvoir déplier les orteils ». La rétraction d'orteils existe, mais elle est rare2 ; ce qui gêne, c'est la boule sous le pied.
La topographie est stéréotypée et c'est un argument diagnostique. Les nodules siègent dans la partie médiale de l'aponévrose plantaire, sur le cordon central ou médial. Une série échographique de 57 fibromes chez 43 patients a mesuré leur répartition : 84 % se situaient au tiers moyen du fascia plantaire3.
Ce détail explique deux choses. D'abord, pourquoi la douleur n'est pas talonnière : elle siège sous la voûte, en avant du talon, exactement là où la fasciite plantaire ne fait pas mal. Ensuite, pourquoi la chaussure et l'appui commandent la plainte : un nodule au milieu de la voûte est écrasé à chaque pas entre le sol et l'os.
Aucune étiologie n'est établie, et les revues le disent sans détour : il n'existe aucun traitement causal, la prise en charge reste symptomatique2. Les associations rapportées dans la littérature sont, elles, assez constantes d'une revue à l'autre : traumatisme, diabète, prise d'anticonvulsivants, capsulite rétractile de l'épaule, consommation d'alcool et hépatopathie4.
Il faut les manier avec la prudence qui convient à des associations issues de séries : elles orientent l'interrogatoire, elles n'expliquent pas la maladie et elles ne se traitent pas. Le seul lien dont l'ampleur a été mesurée dans une cohorte avec groupe témoin est celui de la maladie de Dupuytren, et c'est l'objet du chapitre suivant.
La maladie de Ledderhose n'est pas une fasciite plantaire qui aurait mal tourné : c'est une maladie de la main qui s'est trompée d'étage.
À retenir
C'est le chapitre le plus utile en cabinet, parce qu'il transforme une curiosité en réflexe d'examen : deux articulations à regarder chez le même patient, dans les deux sens.
Il faut commencer par une honnêteté méthodologique : aucune étude en population générale n'a mesuré la prévalence de la maladie de Ledderhose. Les revues citent des chiffres d'incidence de l'ordre de un à deux cas pour cent mille personnes, mais ces valeurs proviennent de séries hospitalières et non d'un échantillon représentatif4. Ce qui est établi en revanche, c'est le profil : adulte d'âge moyen ou avancé, avec une prédominance masculine.
Les séries chirurgicales donnent des repères concordants. Dans une série britannique de 18 patients opérés d'une fasciectomie partielle, l'âge moyen était de 41,3 ans (extrêmes 20 à 57), avec 12 hommes sur 18, et 17 % des patients présentaient des nodules multiples dès la première consultation5. La série échographique de Cohen portait sur 43 patients de 26 à 77 ans, d'âge moyen 54 ans3.
C'est la donnée la plus solide de tout ce chapitre, et elle vient de l'étude de Reykjavík. Cent vingt-deux hommes porteurs d'une maladie de Dupuytren ont été réinvités dix-huit ans après leur inclusion initiale, avec autant de témoins appariés sur l'âge et le tabagisme. Quatre-vingt-douze patients et 101 témoins se sont présentés et ont été examinés à la recherche de nodules plantaires6.
Une maladie de Ledderhose a été identifiée chez 14 des 92 hommes atteints de Dupuytren (15,2 %), contre 4 des 101 témoins (3,9 %), soit un rapport de cotes de 4,35 (intervalle de confiance à 95 % : 1,3 à 16,7 ; p < 0,01). Deux résultats secondaires méritent autant d'attention :
La réciproque a été observée dans une étude de prévalence néerlandaise portant sur 763 sujets de 50 à 89 ans tirés au sort : la prévalence de la maladie de Dupuytren y atteignait 22,1 %, et la présence d'une maladie de Ledderhose figurait parmi les facteurs de risque significatifs de maladie de Dupuytren, aux côtés de l'antécédent de traumatisme de la main, de la consommation excessive d'alcool et de l'histoire familiale7.
Nodules plantaires : maladie de Dupuytren contre témoins appariés
Cohorte de Reykjavík, examen clinique des pieds à 18 ans de suivi : 92 hommes atteints, 101 témoins appariés sur l'âge et le tabagisme
Source : Gudmundsson KG, Jónsson T, Arngrímsson R. Association of Morbus Ledderhose with Dupuytren's contracture. Foot Ankle Int 2013;34(6):841-845 (PMID 23386754). Intervalles de confiance : 1,3-16,7 pour le premier rapport, 1,8-27,1 pour le second.
La notion de diathèse de Dupuytren désigne les caractéristiques cliniques qui identifient les formes agressives et à haut risque de récidive. Sa version historique comptait l'atteinte ectopique (c'est-à-dire hors de la paume, donc plantaire ou pénienne), parmi ses quatre facteurs.
Une réévaluation menée sur 322 patients a modifié cette définition, et le détail compte : les facteurs ont été élargis au sexe masculin et à un âge de début inférieur à 50 ans, mais l'atteinte ectopique a été restreinte aux coussinets des articulations interphalangiennes (coussinets de Garrod) seuls. La présence de l'ensemble des facteurs révisés porte le risque de récidive à 71 %, contre 23 % chez un patient qui n'en a aucun8.
Autrement dit : la maladie de Ledderhose n'est pas, dans la version révisée, un critère formel de diathèse. Mais l'étude de Reykjavík montre qu'elle accompagne préférentiellement les formes palmaires les plus sévères6. La conduite pratique est la même dans les deux lectures, regarder l'autre localisation, mais la formulation exacte évite de faire dire à un score ce qu'il ne dit pas.
Quatre repères de terrain
Valeurs issues des séries citées ; en l'absence d'étude en population générale, ce sont des ordres de grandeur cliniques et non des taux populationnels
Sources : Kadir HKA, Chandrasekar CR. Foot 2017;31:31-34 (PMID 28334642) ; Cohen BE, Murthy NS, McKenzie GA. J Ultrasound Med 2018;37(11):2725-2731 (PMID 29603334).
À retenir
Certains patients ne font pas une maladie de Ledderhose : ils font une maladie fibromateuse qui s'exprime en plusieurs endroits. Cette sous-population mérite d'être identifiée, parce qu'elle change l'examen, le pronostic et le discours.
Les fibromatoses superficielles forment un groupe cohérent sur le plan histologique. Une revue anatomopathologique consacrée aux formes palmaire et plantaire décrit dans les deux cas la même prolifération de fibroblastes et de myofibroblastes, avec un aspect microscopique commun : cellules fusiformes banales d'aspect bleuté, quantité de collagène de fond variable selon l'ancienneté de la lésion1. Les revues cliniques ajoutent la troisième localisation, pénienne, sous le nom de maladie de La Peyronie4.
Ce qui distingue ces trois expressions, c'est le comportement mécanique du tissu concerné, pas la nature de la lésion :
| Localisation | Nom | Ce que fait la lésion | Conséquence clinique dominante |
|---|---|---|---|
| Aponévrose palmaire | Maladie de Dupuytren | Nodules puis brides longitudinales qui se rétractent1 | Rétraction digitale, perte d'extension des doigts |
| Aponévrose plantaire | Maladie de Ledderhose | Nodules du bord médial, tiers moyen dans 84 % des cas3 ; rétraction inhabituelle1 | Masse douloureuse à l'appui, gêne au chaussage |
| Albuginée pénienne | Maladie de La Peyronie | Plaque fibreuse de l'albuginée4 | Déformation en érection, douleur |
La différence entre la main et le pied mérite d'être expliquée au patient, car elle explique pourquoi le traitement diffère. Dans la paume, la bride tire sur un doigt mobile et la chirurgie a un objectif géométrique : rendre l'extension. Sous le pied, le nodule est écrasé contre le sol et la chirurgie a un objectif antalgique : supprimer la compression. Les deux maladies partagent une histologie et pas une logique thérapeutique.
Trois gestes suffisent, et aucun ne prend plus d'une minute :
Le signal le plus fort n'est toutefois pas la simple présence d'une atteinte palmaire : c'est sa sévérité. Les hommes opérés de leur maladie de Dupuytren, ou porteurs d'une rétraction digitale constituée, avaient six fois plus de risque de présenter des nodules plantaires que ceux qui n'avaient que des nodules ou des brides (rapport de cotes 6,1 ; 1,8 à 27,1 ; p < 0,001)6. Autrement dit, le patient à déchausser en priorité est celui qui a déjà été opéré de la main.
Ce que cela change. L'examen devient systématiquement bilatéral et pluri-localisé. Le suivi s'allonge, parce qu'une atteinte peut apparaître des années après l'autre : la cohorte islandaise a réexaminé ses patients dix-huit ans après l'inclusion6. Et le discours change : on ne parle plus d'un nodule isolé mais d'un terrain, ce qui aide le patient à comprendre pourquoi la maladie revient après chirurgie.
Ce que cela ne change pas. Le traitement de chaque localisation reste celui de cette localisation. Aucune donnée n'indique qu'un traitement systémique agisse sur l'ensemble, et les molécules citées dans les revues (vérapamil, tamoxifène, imatinib, sorafénib, mitomycine C), le sont à des niveaux de preuve descriptifs, sans indication établie49.
Citer la diathèse sans lui faire dire plus qu'elle ne dit
La version révisée de la diathèse de Dupuytren, établie sur 322 patients, a restreint le critère d'atteinte ectopique aux coussinets des articulations interphalangiennes (coussinets de Garrod), et ajouté le sexe masculin et un début avant 50 ans. La présence de tous les facteurs révisés porte le risque de récidive à 71 %, contre 23 % en leur absence8. La maladie de Ledderhose n'y figure donc pas nommément comme critère, ce qui n'enlève rien à son association mesurée avec les formes palmaires sévères6. Dire « votre atteinte plantaire fait partie de votre diathèse » est une approximation ; dire « elle accompagne plus souvent les formes de la main qui récidivent » est exact.
À retenir

ÉchographieÉchographie et IRM du pied : nodule du fascia plantaire délimité par des flèches, fibromatose plantaire.
Source : Van Hul et al., Insights into imaging, 2011, figure 16 · CC BY
Le diagnostic est clinique. Il tient en une palpation bien conduite et en trois questions, à condition d'avoir en tête ce à quoi il ne faut surtout pas le confondre.
Trois plaintes reviennent, dans cet ordre de fréquence : une boule sous le pied que le patient a découverte en se lavant ou en marchant pieds nus, une douleur à l'appui qui augmente avec la station debout prolongée et la marche pieds nus sur sol dur, et une gêne au chaussage. La série chirurgicale de Kadir résume les motifs de consultation à trois items : douleur, tuméfaction, et gêne fonctionnelle5.
Ce qui n'est pas le tableau : une douleur du premier pas au réveil, maximale sous le talon, s'atténuant après quelques minutes de marche. C'est celui de la fasciopathie plantaire, et la distinction est la première à faire.
| Diagnostic | Ce qui l'évoque | Ce qui le distingue du fibrome plantaire |
|---|---|---|
| Fasciopathie plantaire | Douleur du premier pas, maximale à l'insertion calcanéenne, dérouillage à la marche | Pas de masse palpable ; douleur talonnière et non médio-plantaire |
| Fibrome de gaine tendineuse | Masse ferme au contact d'un tendon fléchisseur | Ne fait pas corps avec l'aponévrose ; ne se durcit pas au treuil |
| Kyste synovial ou ganglion | Masse fluctuante, transilluminable, souvent d'apparition rapide | Contenu liquidien anéchogène à l'échographie |
| Névrome de Morton | Douleur de l'avant-pied entre les têtes métatarsiennes, irradiation aux orteils, signe de Mulder | Topographie antérieure, pas de masse fasciale ; voir l'article dédié du site |
| Bursite ou callosité plantaire | Point d'hyperappui, hyperkératose en regard | Lésion cutanée superficielle, mobile avec la peau |
| Corps étranger, granulome | Notion d'effraction cutanée, inflammation locale | Contexte, signes inflammatoires, imagerie |
| Sarcome des tissus mous | Croissance rapide, taille supérieure à 5 cm, douleur nocturne, masse profonde et fixée | Drapeau rouge absolu : des sarcomes ont été pris pour des fibromes plantaires19 |
Drapeaux rouges, ne pas traiter, adresser

IRMIRM (a, b) et échographie (c, d) du pied : épaississement fusiforme de la partie distale du fascia plantaire, en hyposignal à l'IRM et hypoéchogène à l'échographie, avec hypervascularisation au Doppler, maladie de Ledderhose.
Source : Draghi et al., Insights into Imaging, 2017, figure 5 · CC BY
L'imagerie ne fait pas le diagnostic, elle le confirme et surtout elle écarte. Deux publications suffisent à savoir quoi demander et comment lire le compte rendu.
Les revues s'accordent : le diagnostic est clinique, l'échographie et l'IRM sont des appoints de confirmation, l'IRM étant réservée aux formes agressives ou avancées49. L'échographie a l'avantage d'être dynamique, comparative et immédiate.
La série de référence a décrit 57 fibromes chez 43 patients et quantifié les signes échographiques3 :
Ce que l'échographie montre dans la fibromatose plantaire
57 nodules chez 43 patients : fréquence de chaque signe
Source : Cohen BE, Murthy NS, McKenzie GA. Ultrasonography of Plantar Fibromatosis: Updated Case Series, Review of the Literature, and a Novel Descriptive Appearance Termed the « Comb Sign ». J Ultrasound Med 2018;37(11):2725-2731 (PMID 29603334).
Deux points de lecture méritent d'être soulignés au patient comme au prescripteur. D'abord, la vascularisation intralésionnelle au Doppler n'est pas un signe de malignité ici : elle est présente dans plus de la moitié des fibromes bénins de cette série3. Ensuite, le comb sign, cette alternance de bandes hypo- et iso-échogènes décrite par ces auteurs, apparaît d'autant plus volontiers que le nodule est gros, ce qui en fait un signe utile mais non indispensable.
L'IRM est demandée quand la lésion est volumineuse, profonde, atypique, ou quand un doute tumoral persiste. Elle a toutefois un défaut qu'il faut connaître avant de lire un compte rendu inquiétant.
Un cas publié dans The Foot rapporte celui d'un homme de 42 ans porteur d'une fibromatose plantaire prouvée histologiquement, dont l'IRM montrait un motif dit « gyriforme cérébral », un aspect jusqu'alors décrit comme spécifique du sarcome fibromyxoïde de bas grade. Le renforcement acoustique postérieur à l'échographie, l'hypersignal T2 et la prise de contraste étaient tous atypiques, et correspondaient histologiquement à des zones de forte cellularité alternant avec des zones fibreuses pauvres en cellules20.
Le message pratique est double, et il va dans les deux sens : un fibrome plantaire authentique peut avoir l'air d'un sarcome à l'IRM, et un sarcome peut être pris pour un fibrome plantaire19. Aucune imagerie ne remplace l'anatomopathologie quand la présentation sort du cadre. Ce n'est pas au kinésithérapeute de trancher, c'est à lui de savoir quand ne pas traiter.
À retenir
C'est une maladie où le kinésithérapeute est souvent le premier consulté et rarement celui qui la traitera. Savoir ce qu'on peut offrir, et à quel moment passer la main, vaut mieux que de multiplier les séances sur un nodule qui ne bougera pas.
La revue systématique la plus complète des traitements a colligé 25 études et 233 patients. Sur cet ensemble, cinq études seulement portaient sur un traitement conservateur, totalisant 35 patients, contre 178 patients opérés15. Les auteurs concluent que des essais cliniques à critères de jugement standardisés restent nécessaires pour évaluer sérieusement le taux de succès et les complications de chaque procédure.
Une revue plus ancienne l'écrivait déjà : aucune thérapeutique causale n'existe, la prise en charge est symptomatique et graduée selon la sévérité, et aucune étude randomisée contrôlée de long terme n'était disponible pour les options conservatrices2. Depuis, une exception est apparue, et une seule : la radiothérapie, qui a son propre chapitre plus bas.
Objectif n° 1 : décharger le nodule. C'est le geste dont l'effet est le plus immédiat et le plus reproductible en pratique. Une orthèse plantaire avec évidement en regard du nodule, une semelle amortissante, un chaussage à semelle épaisse et rigide : tout ce qui empêche le nodule d'être écrasé entre le sol et l'os réduit la douleur d'appui. Aucun essai n'a mesuré cet effet dans cette pathologie : c'est un raisonnement mécanique, et il faut le présenter comme tel.
Objectif n° 2 : entretenir la souplesse de la chaîne postérieure. Un triceps sural court augmente la contrainte sur l'aponévrose. Les étirements du gastrocnémien et du soléaire, et l'étirement spécifique du fascia plantaire, sont couramment proposés. Là encore, aucune donnée propre au Ledderhose : la transposition vient de la fasciopathie plantaire, qui est une autre maladie du même tissu.
Objectif n° 3 : surveiller. C'est une mission de kinésithérapeute à part entière et elle est sous-estimée. Cartographier les nodules, les mesurer, noter leur nombre : c'est ce qui permettra de dire dans six mois si la maladie progresse, et c'est ce qui déclenchera l'orientation.
Ce qu'il faut éviter. Les techniques agressives directement sur le nodule (massage transverse profond appuyé, pressions ischémiques prolongées, ondes de choc radiales à visée « de décollement » sans protocole établi), n'ont aucune donnée en leur faveur et exposent à l'aggravation douloureuse d'une lésion qui, elle, ne se dissout pas sous le doigt. Ce point relève du raisonnement, pas d'un essai : il n'y en a pas.
Les ondes de choc : un cas particulier, à ne pas confondre avec le massage
Les ondes de choc focalisées de haute énergie ont fait l'objet d'une petite série prospective : six patients, deux séances à sept jours d'intervalle, 2 000 impulsions à 3 Hz et 1,24 mJ/mm². La douleur est passée de 6 ± 2 avant traitement à 2 ± 1 à quatorze jours puis 1 ± 1 à trois mois, tous les patients rapportant un assouplissement des nodules, sans effet indésirable12. Un cas clinique publié en 2024 rapporte un résultat comparable chez un homme de 48 ans atteint bilatéralement, avec un protocole différent : trois séances hebdomadaires, 2 000 impulsions à 5 Hz et 0,20 mJ/mm²13. Six patients plus un cas, sans groupe témoin, ne font pas une preuve : cela fait une piste sérieuse, avec des paramètres publiés, et les auteurs eux-mêmes appellent à des essais de plus grande ampleur12.
Le classement ci-dessous applique les principes GRADE à la question précise du traitement symptomatique de la maladie de Ledderhose. Il s'agit d'une appréciation éditoriale : aucune évaluation GRADE publiée ni aucune recommandation de société savante n'existe pour cette pathologie.
Radiothérapie sur nodules symptomatiques. Seul traitement évalué par un essai randomisé de phase 3 en double aveugle contre placebo : soulagement de la douleur chez 74 % contre 56 %, différence significative à 12 et 18 mois, qualité de vie et vitesse de marche pieds nus améliorées10. Déclassé de « élevé » pour la taille de l'échantillon (84 patients) et l'absence de réplication indépendante.
Décharge mécanique : orthèse plantaire évidée en regard du nodule, semelle amortissante, chaussage adapté. Cohérent avec le mécanisme douloureux et sans risque, mais aucune étude ne l'a mesuré dans cette indication. Recommandé par les revues au titre du traitement symptomatique gradué2.
Chirurgie d'exérèse, réservée à l'échec du traitement conservateur. Efficace sur les symptômes, mais la récidive dépend directement de l'étendue de la résection : 67 % après résection locale, 42 % après résection large, 27 % après fasciectomie16. Séries rétrospectives uniquement.
Ondes de choc focalisées de haute énergie. Une série prospective de six patients12 et un cas clinique13, tous deux sans groupe témoin. Paramètres publiés, effets indésirables non rapportés, mais l'effectif interdit toute conclusion sur l'efficacité.
Infiltration de corticoïdes, avec ou sans fenestration intralésionnelle. Deux cas cliniques rapportent une réduction de la douleur et du volume à douze mois après deux injections de triamcinolone associées à une fenestration14. Les auteurs soulignent eux-mêmes que cette option n'a reçu qu'une attention marginale dans la littérature.
Collagénase de Clostridium histolyticum. Décrite uniquement par des cas cliniques isolés, dont une injection guidée par échographie sur une récidive1718. Aucune série comparative, aucune indication validée au pied.
Vérapamil topique, tamoxifène, imatinib, sorafénib, mitomycine C. Cités par les revues comme options documentées à des niveaux de preuve variables, essentiellement descriptifs49. Aucun ne relève de la kinésithérapie et aucun n'a d'indication établie.
Étirements et travail de souplesse de la chaîne postérieure dans cette indication : aucune étude. Transposition depuis la fasciopathie plantaire, qui est une autre maladie du même tissu. Sans risque, mais à annoncer pour ce que c'est.
Massage transverse profond appuyé et pressions ischémiques sur le nodule. Aucune donnée, aucun mécanisme plausible de résorption d'un tissu fibreux mature, et un risque d'aggravation douloureuse d'une lésion déjà comprimée à chaque pas.
À retenir
C'est la seule question de cet article à laquelle un essai randomisé contre placebo répond. Elle mérite d'être traitée en détail, parce que c'est aussi le traitement dont les patients ont le plus peur.
L'étude LedRad est un essai prospectif multicentrique randomisé en double aveugle de phase 3. Les patients y étaient répartis entre radiothérapie et simulacre de radiothérapie : un placebo, donc, ce qui est exceptionnel dans ce domaine. Le critère de jugement principal était la réduction de la douleur à douze mois sur une échelle numérique10.
Quatre-vingt-quatre patients ont été inclus. Les résultats :
LedRad : radiothérapie contre simulacre de radiothérapie
Essai randomisé de phase 3 en double aveugle, 84 patients : douleur moyenne sur échelle numérique
Source : de Haan A, van Nes JGH, Kolff MW et al. Radiotherapy for Ledderhose disease: results of the LedRad-study. Radiother Oncol 2023;185:109718 (PMID 37211283).
La même équipe a interrogé par questionnaires l'ensemble des patients traités par radiothérapie dans son centre entre 2008 et 2017. Cent deux pieds ont été irradiés chez 67 patients (28 hommes, 39 femmes), selon un protocole de deux séries de cinq fractions quotidiennes de 3 Gy11.
La douleur moyenne est passée de 5,7 avant traitement à 1,7 au moment de l'évaluation (p < 0,001). Le détail de la réponse est plus instructif que la moyenne : réponse complète, disparition de la douleur, pour 42 pieds (41 %), réponse partielle pour 38 pieds (37 %), absence de changement pour 22 pieds (22 %), et aggravation pour aucun. Soixante-dix-huit pour cent des patients se déclaraient satisfaits, 57 % ne trouvaient pas le traitement pénible, et les scores de qualité de vie étaient comparables à ceux de la population néerlandaise du même âge. L'effet indésirable résiduel le plus fréquent était une sécheresse cutanée, chez 10 patients (15 %)11.
Un patient sur cinq ne tire rien de la radiothérapie, aucun n'en sort aggravé, et deux sur cinq n'ont plus mal du tout : c'est le seul traitement de cette maladie dont on puisse dire cela avec un chiffre.
Ce que le kinésithérapeute peut en dire au patient
Le mot « radiothérapie » évoque le cancer, et beaucoup de patients refusent avant d'écouter. Trois éléments factuels suffisent à rétablir les proportions : il s'agit de doses faibles (deux séries de cinq séances de 3 Gy dans le protocole publié11), les effets indésirables rapportés sont cutanés et légers dans 95 % des cas et résolus chez 87 % des patients à dix-huit mois10, et c'est le seul traitement de cette maladie à avoir été comparé à un placebo en double aveugle. La décision revient au médecin ; l'information factuelle, elle, se donne en séance.
À retenir
La chirurgie soulage, et elle récidive. Ces deux faits ne se contredisent pas : ils s'expliquent par une seule variable, l'étendue de ce qu'on enlève.
C'est le résultat le plus utile de toute la littérature chirurgicale de cette maladie. Une revue systématique doublée d'une série personnelle a compilé six études portant sur 109 pieds chez 92 patients, et classé la récidive selon le geste réalisé16 :
Récidive après chirurgie, selon l'étendue de la résection
Revue systématique de six études, 109 pieds chez 92 patients
Source : Anwander H, Weichsel F, Cullmann J et al. Recurrence Rate After Wide Resection of Plantar Fibromatosis: A Case Series and Systematic Literature Review. Foot Ankle Spec 2024;17(2):109-116 (PMID 34369197).
Les auteurs en tirent une recommandation explicite : préférer la résection large ou la fasciectomie à la résection locale, en raison du taux de récidive nettement inférieur16. Leur propre série de 12 patients revus entre 2 et 13 ans après une résection large montre 2 récidives (17 %) à 7,8 ans de recul moyen, avec un indice fonctionnel du pied (Foot Functional Index) médian à 1 et un score AOFAS médian à 95 : autrement dit d'excellents résultats fonctionnels chez ceux qui ne récidivent pas.
Une série britannique offre un contrepoint utile. Dix-huit patients, dix-neuf fasciectomies partielles, avec jusqu'à cinq ans de recul : une seule récidive (6 %), mais 17 % de problèmes cicatriciels, deux douleurs de cicatrice et une cicatrice hypersensible résolue à douze mois5. Ce dernier point n'est pas anodin dans une région qui porte le poids du corps : une cicatrice plantaire douloureuse peut être plus invalidante que le nodule qu'elle a remplacé.
La règle admise par toutes les revues est simple : la chirurgie vient après l'échec du traitement conservateur, jamais avant915. Les critères qui font pencher la balance :
Et une contre-indication de bon sens que la littérature suggère par ses chiffres : un nodule asymptomatique ne s'opère pas. Deux tiers de récidive après résection locale, ce n'est pas un prix raisonnable pour retirer une boule qui ne fait pas mal.
À retenir
Quatre situations publiées, prises telles quelles avec leurs identifiants. Deux montrent ce que le traitement peut faire, deux montrent ce que l'imagerie ne peut pas.
Cas 1 : Une atteinte bilatérale traitée par ondes de choc
Fulceri F, Ryskalin L, Morucci G et al. Life 2024;14(2):16913 : texte intégral libre (PMC10889909).
Un homme de 48 ans présente une maladie de Ledderhose bilatérale. Le protocole appliqué comportait trois séances à une semaine d'intervalle, 2 000 impulsions à 5 Hz, densité de flux énergétique de 0,20 mJ/mm², avec suivi échographique. Le résultat rapporté est une disparition complète de la douleur, la restauration d'une activité fonctionnelle complète et une nette amélioration de la qualité de vie.
Ce que ce cas enseigne, et ce qu'il n'enseigne pas. Il documente des paramètres précis et reproductibles, ce qui manque cruellement à ce domaine : les auteurs relèvent eux-mêmes que la littérature sur les ondes de choc dans cette indication est « extrêmement limitée » et qu'aucun paramètre optimal n'a été défini. Mais un cas unique sans groupe témoin, dans une maladie qui fluctue, ne démontre pas une efficacité.
Cas 2 : Deux nodules traités par fenestration et corticoïdes
Flanagan G, Burt N, Reilly IN. SAGE Open Med Case Rep 2021;9:2050313X21101181314 : texte intégral libre (PMC8107658).
Deux patients porteurs de nodules plantaires douloureux ont reçu, à deux reprises chacun, une fenestration intralésionnelle associée à une injection d'acétonide de triamcinolone mélangé à un anesthésique local. À douze mois, les auteurs rapportent une réduction significative de la douleur et du volume lésionnel.
Ce que ce cas enseigne. Les auteurs ouvrent leur article en constatant que l'infiltration de corticoïdes n'a reçu, dans cette maladie, qu'une mention de passage dans les publications scientifiques. C'est exactement le problème du domaine : des pratiques répandues, presque jamais évaluées. Deux patients ne changent pas ce constat, mais ils décrivent un protocole que d'autres pourront reproduire.
Cas 3 : Un sarcome pris pour un fibrome plantaire
Lockyer MG, Rosen DG. Anticancer Res 2015;35(11):6171-617419.
Un homme de 44 ans présente une masse de l'arche médiale du pied, initialement considérée comme un fibrome plantaire. L'IRM montrait une masse sous-cutanée lobulée, indissociable du fascia. L'examen microscopique a révélé un chondrosarcome myxoïde extra-squelettique : une tumeur rare, d'évolution indolente mais à fort potentiel de récidive locale et de métastase.
Ce que ce cas enseigne. Les auteurs concluent que ce diagnostic doit toujours être envisagé devant une masse du fascia plantaire. Pour le kinésithérapeute, la traduction est directe : une masse plantaire qui grossit, qui dépasse quelques centimètres ou qui s'accompagne de douleur nocturne ne se traite pas ; elle s'adresse.
Cas 4 : Un fibrome plantaire qui, lui, ressemblait à un sarcome
Touraine S, Bousson V, Kaci R et al. The Foot 2013;23(2-3):88-9220.
Un homme de 42 ans porteur d'une fibromatose plantaire prouvée histologiquement présentait à l'IRM un motif « gyriforme cérébral » jusqu'alors décrit comme exclusif du sarcome fibromyxoïde de bas grade, avec renforcement acoustique postérieur à l'échographie, hypersignal T2 et prise de contraste : tous atypiques. L'histologie a montré que ce motif correspondait à la juxtaposition de zones très cellulaires et de zones fibreuses pauvres en cellules.
Ce que ce cas enseigne. C'est le miroir exact du précédent, et les deux vont ensemble. L'imagerie se trompe dans les deux sens ; seule l'anatomopathologie tranche. Un compte rendu d'IRM alarmant ne condamne pas plus le patient qu'un compte rendu rassurant ne le met à l'abri.
À retenir
Une maladie rare, sans recommandation, dont le meilleur traitement ne relève pas de nous : le rôle du kinésithérapeute y est réel, mais il faut le définir avec précision pour ne pas s'égarer en séances inutiles.
| Ce qu'on mesure | Pourquoi | Rythme |
|---|---|---|
| Nombre et taille des nodules | Seul marqueur objectif de progression ; les nodules multiples concernent 17 % des patients dès la première consultation5 | Tous les 2 à 3 mois |
| Douleur à l'appui sur échelle numérique | C'est le critère de jugement principal de l'essai LedRad, ce qui rend les valeurs comparables à la littérature10 | À chaque bilan |
| Périmètre de marche et tolérance à la station debout | Traduction fonctionnelle directe ; la vitesse de marche pieds nus était un critère secondaire de LedRad10 | À chaque bilan |
| Examen des paumes | Dépistage d'une maladie de Dupuytren associée, dont la prévalence est multipliée par quatre dans ce contexte6 | Initial, puis annuel |
| Mobilité des orteils | La rétraction est rare mais elle signe une forme évoluée1 | À chaque bilan |
| Tolérance de l'orthèse | Une décharge mal placée déplace la contrainte au lieu de la supprimer | À 3 semaines, puis à chaque bilan |
C'est peu probable. La maladie de Ledderhose est une prolifération fibreuse ; aucune régression spontanée régulière n'est décrite, et aucun traitement causal n'existe2. En revanche, un nodule peut rester stable et indolore pendant des années, auquel cas il n'y a rien à faire, et c'est une bonne nouvelle qu'il faut savoir annoncer comme telle.
Le lien existe et il est chiffré : dans la cohorte de Reykjavík, 15,2 % des hommes atteints de maladie de Dupuytren portaient des nodules plantaires contre 3,9 % des témoins6, et la présence d'un Ledderhose figure parmi les facteurs de risque de Dupuytren dans une étude de population néerlandaise7. Cela justifie d'examiner les paumes, pas de s'alarmer : la majorité des patients n'auront pas les deux.
Non : c'est une lésion bénigne1. Mais la question est légitime, parce que des tumeurs malignes rares peuvent se présenter exactement de la même façon19. C'est précisément pour cela qu'une masse qui grossit vite, qui dépasse quelques centimètres ou qui réveille la nuit s'explore avant de se traiter.
Seulement après échec du traitement conservateur915, et jamais sur un nodule indolore. Le point à connaître avant de décider : la récidive dépend de l'étendue de la résection, 67 % après ablation du seul nodule, 42 % après résection large, 27 % après fasciectomie16. Une fasciectomie partielle a par ailleurs entraîné 17 % de problèmes cicatriciels dans une série de 18 patients5, ce qui n'est pas rien sous un pied.
Aucune étude ne l'a mesuré dans cette maladie. Le raisonnement mécanique est solide (un nodule du tiers moyen de la voûte est comprimé à chaque pas entre le sol et l'os, et l'évidement supprime cette compression) et le risque est nul. C'est une intervention de bon sens, à proposer comme telle et non comme un traitement validé.
Rien ne l'interdit et rien ne l'encourage : la question n'a pas été étudiée. Le repère pratique est celui de la douleur d'appui, qui commande. Modifier la surface, la chaussure et le volume avant d'arrêter, et adapter l'orthèse à la chaussure de sport, qui n'a pas le même volume interne qu'une chaussure de ville.
Dans l'essai randomisé de phase 3, les effets indésirables (érythème, sécheresse cutanée, sensations de brûlure, majoration transitoire de la douleur) étaient de grade léger dans 95 % des cas et résolus chez 87 % des patients à dix-huit mois10. Dans la cohorte de suivi long, l'effet résiduel le plus fréquent était une sécheresse cutanée chez 15 % des patients11. La décision revient au médecin ; l'information factuelle se donne en séance.
La littérature disponible est une série prospective de six patients et un cas clinique, tous deux sans groupe témoin1213. Les résultats rapportés sont favorables et les paramètres sont publiés (ondes focalisées de haute énergie, pas radiales), mais l'effectif interdit de conclure. À proposer, le cas échéant, comme un essai thérapeutique dont on annonce le niveau de preuve.
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Chaque référence a été vérifiée individuellement dans PubMed : identifiant résolu, revue, année, volume et liste d'auteurs contrôlés, résumé lu pour s'assurer que la source établit bien ce qui lui est attribué.
Méthode et limites
Sources recherchées dans PubMed via les services E-utilities du NCBI, en croisant fibromatose plantaire et maladie de Ledderhose avec l'épidémiologie, l'imagerie, la radiothérapie, les ondes de choc, les infiltrations, la collagénase et la chirurgie. Chaque identifiant a été résolu et chaque résumé lu avant citation. Limite principale : un seul essai randomisé existe dans cette maladie, et il porte sur la radiothérapie ; tout le reste repose sur des séries rétrospectives et des cas cliniques. Les niveaux de preuve du tableau des modalités sont une appréciation éditoriale appliquant les principes GRADE, et non une évaluation GRADE publiée. Une référence a par ailleurs été écartée en cours de travail : un article dont le titre annonçait un cas de fibromatose plantaire bilatérale mais dont le résumé indexé décrivait un tout autre patient, métadonnées incohérentes, donc non citée. Article rédigé le 14 août 2026.