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Kinésithérapie · Tendinopathie de surcharge · Ceinture pelvienne

Tendinopathie proximale des ischio-jambiers : douleur fessière profonde et gestion de charge MAJ 2026

En bref

La tendinopathie proximale des ischio-jambiers est une pathologie de surcharge de l'enthèse commune des ischio-jambiers (semi-tendineux, semi-membraneux, biceps fémoral) sur la tubérosité ischiatique. Le tableau typique associe une douleur fessière profonde et localisée, aggravée par la position assise prolongée, l'accélération en course, le sprint et les fentes profondes. Le diagnostic est essentiellement clinique. La prise en charge de première intention repose sur l'éducation et la gestion de la charge, le repos complet étant délétère, puis sur un exercice progressif (isométrie, renforcement lent et lourd, pliométrie, retour à la course). Environ 9 % des coureurs amateurs présentent des symptômes fessiers proximaux.

Synthèse clinique fondée sur le pivot narratif Goom (JOSPT 2016), le modèle du continuum tendineux Cook-Purdam (BJSM 2009-2016), les revues systématiques d'interventions (Nasser IJSPT 2021, Dizon Sports 2023), le consensus ICON 2019 (Scott BJSM 2020) et les données ESWT (Korakakis BJSM 2018).

Diagnostic clinique Charge progressive Heavy Slow Resistance ESWT adjuvant Retour au sport critère Evidence-based
~9%
Coureurs amateurs symptomatiques
cohorte coureurs : Lempainen 2015 MLT J
12sem
Durée minimale d'un programme HSR
Khan 2020 IJSPT : case report powerlifter
B
Niveau preuve exercice progressif
Nasser 2021 IJSPT : SR 12 études

Synthèse clinique

  • La tendinopathie proximale des ischio-jambiers (TPIJ) est une pathologie de surcharge de l'enthese commune (semi-tendineux, semi-membraneux, biceps fémoral chef long) sur la tubérosité ischiatique (Goom 2016 JOSPT).
  • Tableau clinique typique : douleur fessière profonde et bien localisée, aggravée par la position assise prolongée, l'acceleration en course, le sprint, les fentes et la montée de cotes. Apparition le plus souvent insidieuse, parfois lors d'une augmentation brutale de la charge d'entraînement.
  • Population touchée : coureurs (longue distance, sprinteurs, athletisme), sports avec changements de direction (football, hockey), danseurs, mais aussi population sédentaire exposée à une compression assise prolongée (Lempainen 2015 MLT J).
  • Mécanisme : combinaison de charges tensiles (stockage d'énergie élastique) et compressives du tendon contre la tubérosité ischiatique en flexion de hanche (Cook & Purdam 2012 BJSM).
  • Physiopathologie : défaillance de cicatrisation non inflammatoire avec désorganisation collagénique progressive, décrite par le modèle du continuum Cook-Purdam : réactive (réversible) → remaniement (dysreparation) → degenerative (largement irréversible) (Cook 2009, Cook 2016 BJSM).
  • Diagnostic essentiellement clinique. Triade : douleur localisée à la tubérosité ischiatique + aggravation assise > 30 min + reproduction par tests de provocation (Puranen-Orava, Bent-Knee Stretch, Modified BKS). Imagerie (MRI / échographie) non requise en 1re intention.
  • Diagnostic différentiel impératif : avulsion proximale aiguë (mécanisme traumatique, ecchymose étendue, déficit de force), syndrome fessier profond (compression sciatique avec paresthésies), radiculopathie S1, atteinte de la hanche (FAI, arthrose), tendinopathie glutea proximale, bursite ischio-glutea.
  • Prise en charge de 1re ligne : éducation + gestion de la charge (modifier la position assise, éviter les étirements provocateurs en début). Le repos complet est delétere.
  • L'exercice progressif est l'intervention la mieux soutenue (Nasser 2021 IJSPT, Dizon 2023 Sports). Séquence classique : phase 1 isométrie (analgésie) → phase 2 renforcement isotonique lent-lourd (HSR) → phase 3 stockage-restitution d'énergie (pliométrie) → phase 4 retour graduel à la course (Goom 2016).
  • La thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT) est l'adjuvant le mieux soutenu pour les formes chroniques résistant à la rehabilitation (Korakakis 2018 BJSM, Cacchio 2011 AJSM).
  • Les injections de corticostéroïdes peuvent soulager à court terme mais ne sont pas recommandées en routine (manque de preuves à long terme, risque accru de rupture). Le PRP n'a pas démontré de supériorité sur placebo dans les meta-analyses récentes.
  • Le retour au sport doit être dicte par des critères fonctionnels : absence de douleur palpatoire, tolérance aux exercices HSR lourds, symétrie de force, tolérance pliométrique, et non par un calendrier (Macdonald 2019 BJSM, BAMIC).
  • Surveillance par la règle des 24h de Silbernagel : douleur acceptable ≤ 4/10 pendant l'exercice ET ne s'aggravant pas a J+1.
  • Mesurer les progrès'avec le VISA-H (Cacchio 2014 BJSM, validation francaise Causeret 2019), la sit-to-pain duration, et un test de force isométrique a 30/60/90° flexion de hanche.
  • Drapeaux rouges (avulsion traumatique majeure, douleur nocturne sévère, perte de poids, antécédent cancer) imposent une orientation chirurgicale / imagerie urgente.

Sommaire

  1. Quels sont les fondamentaux a connaître sur la tendinopathie proximale des ischio-jambiers ?
    1. Comment définir cette pathologie, qui est touche et quels sont les facteurs de risque ?
    2. Que se passe-t-il dans le tendon et comment la TPIJ évolue-t-elle naturellement ?
  2. Comment évaluer et diagnostiquer la TPIJ avec certitude ?
    1. Quelles questions poser pour bien comprendre le patient et son histoire ?
    2. Quels tests cliniques réaliser et quelles autres pathologies faut-il écarter ?
    3. Faut-il classifier les patients selon le stade du continuum tendineux ?
  3. Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour la TPIJ ?
    1. Par quoi commencer ? Quelle est la hiérarchie des interventions ?
    2. Quelle est la place de l'exercice progressif et de quelles phases est-il fait ?
    3. Ondes de choc, injections, thérapies adjuvantes : quelle efficacité réelle ?
    4. Au-delà du physique : comment éduquer et adresser les facteurs psychologiques ?
  4. Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives ?
    1. Comment rendre le patient acteur de sa guérison grâce à l'auto-gestion ?
    2. Quand et comment planifier un retour sécurisé au sport et à la course ?
  5. Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur la TPIJ ?
    1. Analyse d'un cas \"classique\" chez un coureur de longue distance.
    2. Le défi diagnostique : quand la TPIJ imite ou s'associe à d'autres pathologies.
    3. Études de cas complexes : powerlifter en HSR et tennis élite en pain-monitoring.
  6. Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?
    1. Quand et vers quels autres professionnels orienter ?
    2. Comment mesurer les résultats et surmonter les obstacles a l'implémentation ?

Quels sont les fondamentaux a connaître sur la tendinopathie proximale des ischio-jambiers ?

Dans ce chapitre : définition contemporaine de la TPIJ comme pathologie de surcharge de l'enthese ischiatique (Goom 2016 JOSPT), épidémiologie centrée sur les coureurs (Lempainen 2015 MLT J), facteurs de risque combinant charges externes et facteurs individuels, et physiopathologie selon le modèle du continuum tendineux Cook-Purdam (2009, 2012, 2016 BJSM).

La tendinopathie proximale des ischio-jambiers (TPIJ, en anglais proximal hamstring tendinopathy ou high hamstring tendinopathy) est une pathologie d'enthese qui touche l'insertion commune des trois muscles ischio-jambiers (semi-tendineux, semi-membraneux et biceps fémoral chef long) sur la tubérosité ischiatique.¹ Le tableau clinique caractéristique associe une douleur profonde et bien localisée au pli fessier, aggravée par la position assise prolongée, l'acceleration en course, le sprint et les mouvements de flexion de hanche associés à une extension du genou (fentes profondes, montée de cotes).¹,²

Comment définir cette pathologie, qui est touche et quels sont les facteurs de risque ?

La TPIJ est considérée comme une tendinopathie d'enthese ou insertional tendinopathy, distincte des tendinopathies de corps tendineux (Achille, patellaire mid-portion). Cette distinction est cruciale car les insertions sont soumises à une combinaison particulière de charges tensiles (lors de la mise en tension des ischio-jambiers) et compressives (compression du tendon contre l'os en flexion de hanche), ce qui appelle des stratégies de gestion spécifiques.³

Le consensus international ICON 2019 (Scott et al. 2020 BJSM) a clarifie la terminologie : le terme tendinopathie est prefere a tendinite (qui suggère une inflammation absente histologiquement) ou tendinose (qui implique une certitude histologique rarement disponible cliniquement).⁴ La TPIJ entre donc dans le cadre des tendinopathies induites par la charge.

3muscles concernés a l'insertion commune
~9 %coureurs avec symptômes fessiers proximaux
30-50 anspic d'apparition typique
12+ moisdurée d'évolution moyenne avant prise en charge

La prévalence exacte de la TPIJ dans la population générale est mal documentée. Les données les plus robustes proviennent de cohortes de coureurs : la TPIJ représente une cause fréquente de douleur postérieure de cuisse persistante chez les coureurs de longue distance et les sprinteurs, mais reste sous-diagnostiquée par rapport aux lésions musculaires aiguës des ischio-jambiers.¹,⁵ Une série de patients chirurgicaux (Lempainen 2009 AJSM) decrivait déjà une population mixte d'athletes et de sedentaires (age moyen 41 ans), confirmant que la pathologie n'est pas l'apanage des athletes de haut niveau.⁵

🏃 Répartition des populations touchées par la TPIJ

Estimation indicative basée sur la littérature clinique (Goom 2016, Lempainen 2015, Nasser 2021)

Répartition des populations touchées par la TPIJ Coureurs longue distance 35 % Sprinteurs / sports rapides 20 % Sports multidirectionnels 18 % Sedentaires / assise prolongée 15 % Danseurs 7 % Autres 5 % Estimations descriptives, pas de meta-analyse épidémiologique disponible

Sources : Goom et al. JOSPT. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674. Nasser et al. IJSPT. 2021;16(2):288-305. PMID 33842025.

Les facteurs de risque sont conceptualises en deux catégories complémentaires :¹,²,⁶

  • Facteurs extrinsèques (charge) : augmentation rapide du volume ou de l'intensité (introduction de séances de cotes, sprints, fractionne sans progression), changement de surface (passage piste vers route), modification du chaussage, surfaces dures pour la position assise (selle de vélo, banc dur, surfaces de bureau non rembourrees).
  • Facteurs intrinsèques (individu) : age (capacité d'adaptation tendineuse diminuée après 40-50 ans), antécédent de lésion musculaire des ischio-jambiers, faible force des fessiers (compensee par les ischio-jambiers), restriction de mobilité de hanche (capsule postérieure, restriction d'extension), inclinaison pelvienne antérieure exageree (augmente la compression du tendon contre l'ischion), IMC élevé (charge mécanique majorée).

⚠ Facteurs de risque modifiables et non modifiables de la TPIJ

Synthèse narrative : aucune meta-analyse cas-témoin spécifique de qualité disponible

Facteurs de risque modifiables et non modifiables TPIJ EXTRINSÈQUES (CHARGE) Modifiables : cibles 1res • Hausse brutale volume/intensité • Sprints/cotes sans progression • Surfaces dures (selle, bureau) • Position assise prolongée • Fentes profondes précoces • Étirements compressifs • Mauvaise cadence en course • Reprise post-blessure trop rapide INTRINSÈQUES (INDIVIDU) Moins modifiables, a contourner • Age ≥ 40-50 ans • Sexe (prédominance féminine) • IMC élevé • ATCD lésion ischios • Faible force fessiers • Restriction hanche • Inclinaison pelvienne antérieure • Hypothyroïdie, diabète, cholesterol

Sources : Goom 2016 JOSPT, Lempainen 2015 MLT J, Beatty 2017 Curr Sports Med Rep.

Que se passe-t-il dans le tendon et comment la TPIJ évolue-t-elle naturellement ?

La conception moderne de la tendinopathie comme une réponse d'échec de cicatrisation, et non comme une inflammation chronique, est l'un des changements paradigmatiques majeurs des deux dernières décennies en médecine du sport.⁷ La pathologie est décrite par le modèle du continuum de Cook et Purdam (BJSM 2009), revisite en 2016, qui distingue trois stades sur un continuum dynamique :³,⁷,⁸

  1. Tendinopathie réactive : réponse proliferative non-inflammatoire à court terme après'une surcharge aiguë. Épaississement tendineux réversible par augmentation de l'eau et des protéoglycanes. Pas de modification structurelle majeure du collagène. Si la charge est réduite, le tendon peut revenir à la normale en quelques semaines.
  2. Tendon en remaniement (Tendon Dysrepair) : tentative de cicatrisation plus consequente. Désorganisation des fibres de collagène, néovascularisation, hyper-innervation. Stade intermédiaire potentiellement réversible mais nécessitant des semaines a mois de mise en charge contrôlée.
  3. Tendinopathie degenerative : stade avancé avec zones de mort cellulaire (apoptose), désorganisation matricielle majeure, perte de structure fibrillaire. Ces changements sont largement irréversibles mais le tendon adjacent sain peut compenser (concept du tendon en donut) et la fonction peut être restaurée malgré la persistance des anomalies a l'imagerie.⁹
L'objectif thérapeutique n'est pas de \"réparer\" la zone degeneree (qui ne le sera pas), mais d'augmenter la capacité du tendon sain péri-lésionnel a tolerer la charge requise par la fonction du patient.

Pour la TPIJ spécifiquement, la composante compressive est centrale : le tendon proximal des ischio-jambiers s'enroule sur le bord supérieur de la tubérosité ischiatique en flexion de hanche, ce qui génère une charge compressive ajoutée à la traction. Cette compression explique pourquoi la position assise (compression directe) et les étirements en flexion de hanche extrême (compression + traction) sont systématiquement aggravants.¹⁰ C'est pourquoi les programmes de rehabilitation initiaux preservent la hanche près de la position neutre, et la flexion de hanche n'est progressivement reintroduite que lorsque la tolérance le permet.

L'évolution naturelle sans prise en charge adéquate est typiquement celle d'une douleur chronique fluctuante, avec des périodes d'accalmie suivies d'exacerbations lors d'augmentations de charge ou de positions assises prolongées. La guérison spontanée est rare, en particulier dans les stades dégénératifs. La principale conséquence fonctionnelle, au-delà de l'impact sportif, est l'intolérance à la position assise, qui peut limiter le travail de bureau, la conduite et la vie sociale (cinéma, restaurants).¹

  • La TPIJ est une pathologie de surcharge de l'enthese commune des ischio-jambiers sur la tubérosité ischiatique.
  • Tableau clinique : douleur fessière profonde, aggravation à la position assise > 30 min, a l'acceleration en course et aux fentes profondes.
  • Population concernée : coureurs (longue distance, sprinteurs) mais aussi sedentaires exposes à la compression assise.
  • Mécanisme : combinaison de traction + compression du tendon contre l'os en flexion de hanche.
  • Physiopathologie : échec de cicatrisation non-inflammatoire selon le modèle du continuum Cook-Purdam (réactive → dysreparation → degenerative).
  • Évolution naturelle : chronique et fluctuante, sans guérison spontané fréquente, surtout aux stades dégénératifs.
Bibliographie chapitre 1
  1. Goom TSH, Malliaras P, Reiman MP, Purdam CR. Proximal Hamstring Tendinopathy: Clinical Aspects of Assessment and Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674
  2. Beatty NR, Felix I, Hettler J, Moley PJ, Wyss JF. Rehabilitation and Prévention of Proximal Hamstring Tendinopathy. Curr Sports Med Rep. 2017;16(3):162-171. PMID 28498226
  3. Cook JL, Purdam CR. Is compressive load a factor in the development of tendinopathy? Br J Sports Med. 2012;46(3):163-168. PMID 22113234
  4. Scott A, Squier K, Alfredson H, et al. ICON 2019: International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: Clinical Terminology. Br J Sports Med. 2020;54(5):260-262. PMID 31399426
  5. Lempainen L, Sarimo J, Mattila K, Vaittinen S, Orava S. Proximal hamstring tendinopathy: results of surgical management and histopathologic findings. Am J Sports Med. 2009;37(4):727-734. PMID 19218559
  6. Lempainen L, Banke IJ, Johansson K, et al. Clinical principles in the management of hamstring injuries. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2015;23(8):2449-2456. PMID 24973136
  7. Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical présentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416. PMID 18812414
  8. Cook JL, Rio E, Purdam CR, Docking SI. Revisiting the continuum model of tendon pathology: what is its merit in clinical practice and research? Br J Sports Med. 2016;50(19):1187-1191. PMID 27127294
  9. Docking SI, Cook J. Pathological tendons maintain sufficient aligned fibrillar structure on ultrasound tissue characterization (UTC). Scand J Med Sci Sports. 2016;26(6):675-683. PMID 25976812
  10. Millar NL, Silbernagel KG, Thorborg K, et al. Tendinopathy. Nat Rev Dis Primers. 2021;7(1):1. PMID 33414454
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Comment évaluer et diagnostiquer la TPIJ avec certitude ?

Dans ce chapitre : la triade anamnestique typique, la batterie des tests de provocation (Puranen-Orava, Bent-Knee Stretch, Modified BKS), le diagnostic différentiel critique (syndrome fessier profond, avulsion aiguë, S1, hanche), la place de l'imagerie en seconde intention, et la classification selon le stade du continuum.

Le diagnostic de la TPIJ est essentiellement clinique.¹ Aucun test pris isolément n'à une sensibilité et une spécificité suffisantes ; c'est la combinaison d'une anamnèse évocatrice et de tests de provocation concordants qui assoit la confiance diagnostique. L'imagerie n'est pas requise en première intention si le tableau est typique, mais elle devient utile en cas de doute, d'échec thérapeutique, ou pour exclure des diagnostics alternatifs sérieux comme une avulsion partielle ou complète.¹,²

Quelles questions poser pour bien comprendre le patient et son histoire ?

L'interrogatoire est l'étape la plus discriminante. Cinq éléments doivent être systématiquement recherches :¹

  • Localisation précise : le patient désigne typiquement avec un seul doigt l'os de la fesse (tubérosité ischiatique), souvent décrit comme \"dans le pli fessier\" ou \"juste sous la fesse quand je m'assois\". L'unilateralite est la règle. Une douleur descendant le long de la cuisse postérieure doit faire évoquer un diagnostic différentiel.
  • Aggravation à la position assise prolongée : c'est l'élément le plus discriminant. Le patient rapporte une douleur croissante après 20-30 minutes en voiture, au cinéma, au bureau, ou sur un siège dur. Beaucoup utilisent un coussin, basculent leur poids ou changent régulièrement de position.¹,²
  • Aggravation aux activités de stockage d'énergie : acceleration en course, sprint, montée de cotes, fentes profondes, soulevement (deadlift), changements de direction. Le patient remarque souvent que le \"footing lent\" passe mais que des qu'il essaie d'accélérer, la douleur revient.
  • Mode d'apparition insidieuse : le plus souvent progressive sur quelques semaines, en lien avec une modification récente de l'entraînement (volume, cotes, fractionne, surface). L'apparition aiguë avec ecchymose doit faire suspecter une avulsion ou une lésion myotendineuse.
  • Comportement 24h/24 : peu de douleur au repos ; raideur matinale modérée ; douleur d'échauffement au début de la course qui diminue puis revient après l'effort.

Quels tests cliniques réaliser et quelles autres pathologies faut-il écarter ?

Trois tests de provocation sont consideres comme les plus utiles pour reproduire la douleur familière du patient en chargeant le tendon proximal :¹,³

  • Test de Puranen-Orava (étirement actif) : patient debout, pied sur un support haut (hanche fléchie ~90°), genou en extension, patient se penche en avant. Reproduit la douleur à la tubérosité par étirement actif.
  • Bent-Knee Stretch Test (BKS) : patient en décubitus dorsal, hanche et genou flechis au maximum, l'examinateur ramene rapidement le membre en flexion maximale de hanche + extension passive du genou. Reproduit la douleur par étirement passif maximal.
  • Modified Bent-Knee Stretch Test (MBKS) : variante plus lente et contrôlée du BKS, considéré comme plus sensible et mieux tolérée. Reproduit la douleur par étirement progressif.³

La palpation directe de la tubérosité ischiatique reproduit souvent la douleur, mais ce test manque de spécificité : la zone est sensible chez de nombreux sujets asymptomatiques (bursite ischio-glutea, varia anatomique). La comparaison cote-a-cote est indispensable.¹,⁴

📋 Tableau comparatif des tests de provocation TPIJ

Niveau de preuve : evidence essentiellement basée sur les série cliniques et les revues d'experts (Goom 2016, Cacchio 2013)

TestModalitéSensibilité estiméeSpécificité estiméeNiveau preuve
Palpation tubérosité ischiatiquePression directe digitaleÉlevéFaible (peu spécifique)Avis d'experts
Puranen-OravaÉtirement actif deboutModéréModéréSérie cliniques (Cacchio 2013)
Bent-Knee Stretch Test (BKS)Étirement passif rapideÉlevéModéréSérie cliniques (Cacchio 2013)
Modified BKSÉtirement passif progressifÉlevéModéré a élevéSérie cliniques (Cacchio 2013)
Resisted isometric extension hancheTest musculaire forceVariableModéréAvis d'experts

Sources : Cacchio A, et al. Reliability and validity of three pain provocation tests for chronic PHT. Br J Sports Med. 2012;46(12):883-887. Goom 2016 JOSPT. Caveat : les valeurs precises de sensibilité/spécificité varient selon les études et ne reposent pas sur une meta-analyse robuste récente. Aucun test isolé ne constitue un \"gold standard\".

Le diagnostic différentiel est crucial dans la region fessière profonde, carrefour anatomique complexe :¹,⁵

  • Avulsion proximale aiguë ou subaiguë : mécanisme traumatique souvent identifiable (sprint, glissade en grand écart, chute), ecchymose étendue postérieure de cuisse, déficit de force pronostique (> 30 %), douleur aiguë intense. Si suspecte, IRM en urgence car une avulsion complète peut bénéficier d'une chirurgie précoce.⁶
  • Syndrome fessier profond (deep gluteal syndrome) : compression du nerf sciatique dans l'espace sous-fessier. Caractéristique : paresthésies ou engourdissements le long du trajet sciatique, douleur s'aggravant à la position assise mais avec composante neurologique. Tests d'aggravation neurale (SLR, slump test) souvent positifs.⁷
  • Radiculopathie lombaire L5-S1 : antécédents lombaires, douleur ascendante, signes neurologiques (déficit moteur, hypoesthésie, asymmetrie ROT). Examen lombaire et tests neurodynamiques essentiels.
  • Pathologie de hanche : conflit fémoro-acétabulaire (FAI), arthrose, lésion labrale. Douleur souvent inguinale ou en \"C-sign\", tests FADIR/FABER positifs. Radio et IRM si nécessaire.⁸
  • Tendinopathie glutea proximale : douleur trochantérienne latérale, pas ischiatique. Tests de provocation différents (Trendelenburg, single-leg stance).
  • Bursite ischio-glutea isolée : rare en isolation, plus souvent associée à la tendinopathie. L'échographie peut aider.

Drapeaux rouges imposant orientation urgente

  • Mécanisme traumatique aigu (sprint maximal, chute en grand écart) avec douleur intense brusque, ecchymose étendue postérieure de cuisse et déficit de force majeur → suspicion d'avulsion proximale : IRM ≤ 7 jours et avis chirurgical orthopédique. Une avulsion complète (3 tendons) chez un patient actif peut bénéficier d'une réparation précoce.
  • Antécédent de cancer, perte de poids inexpliquée, sueurs nocturnes, masse palpable → éliminer une pathologie tumorale (sarcome de la cuisse postérieure rare mais grave).
  • Douleur nocturne sévère, fièvre, altération état général → éliminer infection (rare : abcès, ischio-myosite tropicale chez voyageurs).
  • Déficit neurologique progressif (déficit moteur L5-S1, anesthésie en selle, troubles sphinctériens) → urgence neurochirurgicale (queue de cheval).
  • Avulsion apophysaire chez l'adolescent (cartilage de croissance ouvert, mécanisme de sprint) → suspicion d'arrachement de la tubérosité ischiatique : radio et avis chirurgical pédiatrique.

Le rôle de l'imagerie est de seconde intention :¹,⁹

  • IRM : standard de référence. Met en evidence l'épaississement tendineux, l'oedeme intra-tendineux (hypersignal T2), l'oedeme osseux péri-ischiatique (parfois), les ruptures partielles. Permet d'éliminer une avulsion et de quantifier la composante chronique. Limite : des anomalies sont presentes chez 50 % de sujets asymptomatiques (corrigee Zissen 2010 AJR), interprétation a faire en corrélation clinique.¹⁰
  • Échographie : moins sensible que l'IRM pour l'oedeme mais utile pour visualiser l'épaississement, la néovascularisation Doppler, les bourses adjacentes. Opérateur-dépendant. Permet le guidage des injections.
  • Radiographie : peu informative pour le tendon mais utile pour éliminer une calcification, une avulsion osseuse adolescente ou une atteinte de hanche.

🧮 Flow chart décisionnel : suspicion de douleur fessière profonde

Démarche clinique recommandée selon Goom 2016, Beatty 2017 et consensus experts

Flow chart décisionnel TPIJ Douleur fessière profonde +/- aggravation assise / course Drapeaux rouges ? Traumatisme aigu + ecchymose, cancer, infection, déficit neuro progressif, avulsion apophysaire OUI Orientation urgente Imagerie + chirurgical / médical spécialisé NON Anamnèse + tests Puranen-Orava, BKS, MBKS TPIJ probable : début prise en charge Éducation + gestion de charge + Programme exercice progressif Si échec 6-12 sem ou doute : IRM (gold) ou échographie -- avis spécialisé Pas d'imagerie de 1re intention si tableau typique et absence de drapeaux rouges

Sources : Goom 2016 JOSPT, Beatty 2017 Curr Sports Med Rep, Lempainen 2015 KSSTA.

Faut-il classifier les patients selon le stade du continuum tendineux ?

Oui, non pas pour produire un \"label\" rigide, mais pour adapter la stratégie de gestion de charge.⁷ Le clinicien essaie de positionner le patient sur le continuum :

  • Stade réactif : jeune athlete, sympomes récents (< 4-6 semaines), déclenchés par une augmentation aiguë de charge identifiable. Tendon souvent gonflé. Priorité : réduction temporaire de la charge agressive (compression et stockage d'énergie), puis réintroduction progressive en quelques semaines.
  • Stade de dysreparation ou dégénératif : patient plus age, histoire longue (mois a années), échecs thérapeutiques antérieurs. Priorité : stimulus mécanique progressif lourd (HSR) pour améliorer la capacité tendineuse, plutôt que repos prolongé.

Cette logique explique un paradoxe clinique : un programme de charge lourd applique trop tôt sur un tendon réactif peut aggraver les symptômes, tandis qu'une simple réduction de charge ne suffit pas pour un tendon dégénératif qui a besoin de stimulus mécanique pour s'adapter.¹,⁷

La question clinique n'est pas \"ce tendon est-il anormal ?\" (souvent oui sur l'imagerie, même asymptomatique) mais \"quelle est la capacité actuelle de ce tendon a tolerer la charge requise par la fonction du patient ?\".
  • Le diagnostic de la TPIJ est clinique : combinaison d'anamnèse (assise + course aggrave) + tests de provocation positifs (Puranen-Orava, BKS, MBKS).
  • Pas de gold standard isolé : la batterie de tests prime sur un test unique. Les valeurs de sensibilité/spécificité publiées sont issues de petites séries sans meta-analyse robuste.
  • Le diagnostic différentiel impératif : syndrome fessier profond, avulsion aiguë, radiculopathie S1, pathologie de hanche, tendinopathie glutea proximale.
  • L'imagerie (IRM > échographie) est de seconde intention, justifiée par les drapeaux rouges, le doute diagnostique ou l'échec thérapeutique.
  • Classer le patient selon le stade du continuum (réactif vs dégénératif) aide a calibrer la stratégie de charge : réduction temporaire pour réactif, stimulus lourd pour dégénératif.
Bibliographie chapitre 2
  1. Goom TSH, Malliaras P, Reiman MP, Purdam CR. Proximal Hamstring Tendinopathy: Clinical Aspects of Assessment and Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674
  2. Beatty NR, Felix I, Hettler J, Moley PJ, Wyss JF. Rehabilitation and Prévention of Proximal Hamstring Tendinopathy. Curr Sports Med Rep. 2017;16(3):162-171. PMID 28498226
  3. Cacchio A, Borra F, Severini G, et al. Reliability and validity of three pain provocation tests used for the diagnosis of chronic proximal hamstring tendinopathy. Br J Sports Med. 2012;46(12):883-887. PMID 22219215
  4. Nasser AM, Vicenzino B, Grimaldi A, Anderson J, Semciw AI. Proximal hamstring tendinopathy; expert physiotherapists' perspectives on diagnosis, management and prévention. Phys Ther Sport. 2021;48:67-75. PMID 33378733
  5. Lempainen L, Banke IJ, Johansson K, et al. Clinical principles in the management of hamstring injuries. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2015;23(8):2449-2456. PMID 24973136
  6. Lempainen L, Sarimo J, Mattila K, Vaittinen S, Orava S. Proximal hamstring tendinopathy: results of surgical management and histopathologic findings. Am J Sports Med. 2009;37(4):727-734. PMID 19218559
  7. Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical présentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416. PMID 18812414
  8. Martin HD, Khoury A, Schroder R, Palmer IJ. Ischiofemoral Impingement and Hamstring Syndrome as Causes of Posterior Hip Pain: Where Do We Go Next? Clin Sports Med. 2016;35(3):469-486. PMID 27343396
  9. Cushman D, Rho ME. Conservative Treatment of Subacute Proximal Hamstring Tendinopathy Using Eccentric Exercises Performed With a Treadmill: A Case Report. J'Orthop Sports Phys Ther. 2015;45(7):557-562. PMID 25996362
  10. Zissen MH, Wallace G, Stevens KJ, Fredericson M, Beaulieu CF. High hamstring tendinopathy: MRI and ultrasound imaging and therapeutic efficacy of percutaneous corticosteroid injection. AJR Am J Roentgenol. 2010;195(4):993-998. PMID 20858830

Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour la TPIJ ?

Dans ce chapitre : hiérarchie thérapeutique (éducation + gestion de charge d'abord), exercice progressif en 4 phases (isométrie → HSR → stockage-restitution → retour course), place des ondes de choc (Korakakis 2018 BJSM, Cacchio 2011 AJSM), limites des injections (corticoïdes, PRP), et apport de l'éducation à la douleur.

La prise en charge de la TPIJ repose sur trois principes : (1) gestion de la charge (réduction temporaire des charges compressives + stockage d'énergie), (2) progression structurée du renforcement (isométrie, puis lourd-lent, puis pliométrique), et (3) addition prudente d'adjuvants en cas de plateau (ondes de choc en premier lieu, injections en dernier recours).¹,²,³

Par quoi commencer ? Quelle est la hiérarchie des interventions ?

La pyramide thérapeutique consensuelle place toujours l'éducation et la modification des charges en première ligne :¹,⁴

  • Modifier la position assise : utiliser un coussin en forme de \"donut\" ou un coussin de gel, s'asseoir sur le bord du siège (transferant la pression vers les cuisses), éviter les sieges durs prolonges, faire des pauses debout toutes les 30-45 minutes.
  • Éviter temporairement les étirements provocateurs : les étirements classiques en flexion de hanche complète (hands-to-toes, étirements assis jambes tendues) majorent la compression. A bannir en phase initiale, puis a reintroduire prudemment à partir de la phase 3.³
  • Réduire le volume des activités de stockage d'énergie : sprints, cotes, montees, fentes profondes sont temporairement limites. Le \"footing lent\" sur terrain plat peut être maintenu si bien tolere.
  • Éducation : expliquer la nature de surcharge non-inflammatoire, le caractère chronique potentiel, et l'importance de l'adhésion à la progression (3-6 mois typiques).

Le repos complet est délétère : il fragilise davantage le tendon et augmente le risque de re-exacerbation lors de la reprise. La règle est : charger sans aggraver, en s'aidant du monitoring de la douleur a 24 heures (règle de Silbernagel).⁵

Quelle est la place de l'exercice progressif et de quelles phases est-il fait ?

L'exercice progressif est l'intervention la mieux soutenue par les preuves, bien que la qualité globale des études reste modérée (revues systématiques Nasser 2021 IJSPT et Dizon 2023 Sports identifient un manque d'ECR de qualité mais une concordance des résultats favorables à la charge progressive sur la douleur et la fonction).⁶,⁷ La séquence recommandée par Goom 2016 est devenue le standard de fait clinique :¹

🏋️ Programme d'exercice progressif en 4 phases pour la TPIJ

Progression conceptuelle : durées indicatives, adaptées individuellement selon la règle des 24h

Programme exercice TPIJ en 4 phases PHASE 1 : Isométrie (~2-4 sem) Pont fessier isométrique, glute bridge tenu 30-45 s × 5, prone hip extension isométrique. Objectif : analgésie, activation sans compression. PHASE 2 : Heavy Slow Resistance HSR (~6-12 sem) Romanian deadlift, single-leg deadlift, hip thrust lourd, leg curl. Tempo 3-1-3, 3-4 séries × 8-12 reps, charge croissante (RPE 7-8/10). PHASE 3 : Stockage-restitution d'énergie (~4-6 sem) Plyométrie : A-skips, bondissements, fentes sautees. Réintroduction graduelle des étirements en flexion de hanche. PHASE 4 : Retour à la course / sport (~4-12 sem) Course en ligne droite progressive → acceleration → sprints → changement direction → compétition. Pacing strict. Critère de progression : douleur ≤ 4/10 pendant l'exercice ET sans aggravation a J+1 (règle Silbernagel) Source : Goom 2016 JOSPT, adapté de Cook & Purdam 2012 et Khan 2020 IJSPT (HSR)

Sources : Goom et al. JOSPT. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674. Khan SK et al. IJSPT. 2020;15(5):844-852. PMID 33110701. Bohm 2015 Sports Med Open (charge tendineuse).

Quelques précisions cliniques sur chaque phase :

  • Phase 1 (isométrie) : l'isométrie en chaîne fermée, hanche près de la neutre (pont fessier basique) permet d'activer la chaîne postérieure sans compression contre l'ischion. Les contractions sont longues (30-45 sec), répétées 5 fois, 2-3 fois par jour. L'effet analgésique post-isométrique observe sur d'autres tendinopathies (tendon patellaire) est parfois cité pour la TPIJ par extrapolation, sans preuve directe spécifique de haut niveau.⁸
  • Phase 2 (HSR) : la Heavy Slow Resistance (3 sec excentrique + 3 sec concentrique) avec charges croissantes (RPE 7-8/10) est aujourd'hui l'approche dominante. Le case report exemplaire de Khan 2020 (powerlifter 31 ans) décrit une progression sur 12 semaines aboutissant à un retour au pré-blessure et plus haut.⁹ Exercices typiques : romanian deadlift, single-leg deadlift, hip thrust avec haltere, leg curl machine. Amplitude limitée initialement (éviter flexion de hanche maximale), puis élargie.
  • Phase 3 (stockage-restitution) : uniquement pour les patients ayant besoin de courir ou de sauter. Plyométrie graduelle : A-skips → bondissements en place → bondissements en avant → fentes sautees. Cette phase n'est pas requise pour les patients sedentaires.
  • Phase 4 (retour course) : course en ligne droite faible intensité → volume croissant → intensité croissante → sprints courts → changements de direction. La cadence de course peut être augmentée de 5-10 % pour réduire les forces de compression au tendon (Lenhart 2014 JOSPT).¹⁰

Ondes de choc, injections, thérapies adjuvantes : quelle efficacité réelle ?

Les modalités'adjuvantes ne se substituent jamais à un programme d'exercice bien conduit. Elles peuvent être envisagées en cas de stagnation a 8-12 semaines.¹,²

  • Ondes de choc extracorporelles (ESWT) : la revue systématique de Korakakis 2018 BJSM (52(6):387-407) sur les tendinopathies du membre inférieur conclut que l'ESWT est une option raisonnable pour les tendinopathies chroniques, y compris la TPIJ. L'ECR pivot de Cacchio 2011 AJSM (39(1):146-153) chez 40 athletes professionnels avec PHT chronique a montre une supériorité des ondes de choc radiales (4 séances, 2500 impulsions) vs traitement conservateur traditionnel a 12 mois (succès : 85 % vs 10 %).¹¹,¹² Caveat : étude petite, monocentrique, population spécifique d'athletes professionnels.
  • Injections de corticostéroïdes guidées par échographie : peuvent offrir un soulagement court terme (4-6 semaines, Zissen 2010 AJR 50 % de soulagement > 1 mois). Mais : risque accru de rupture tendineuse, non-recommandées en routine, a réserver aux cas exceptionnels (impossibilité de la rehabilitation pour raison professionnelle ou compétition immédiate).⁵,¹³
  • Plasma riche en plaquettes (PRP) : données limitées spécifiques à la TPIJ. Pour les tendinopathies en général, les meta-analyses récentes ne démontrent pas de supériorité robuste vs placebo dans les ECR de bonne qualité.¹⁴ A ne pas recommander en routine.
  • Thérapies manuelles, dry needling, frictions transverses : peuvent être utilisées comme adjuvants pour la modulation de la douleur, mais sans preuve d'efficacité spécifique pour la TPIJ. Le dry needling a parfois été utilisé en complément (Jayaseelan 2014 JOSPT).¹⁵
  • Repos relatif, glace, AINS systémiques : les AINS peuvent être utilisés'en cas d'exacerbation aiguë ponctuellement, mais leur utilisation chronique est délétère (inhibition de la cicatrisation tendineuse). Le repos complet est contre-indique.

🧮 Synthèse GRADE des interventions pour la TPIJ

Synthèse narrative des données disponibles : aucun système GRADE formalise spécifique TPIJ à ce jour

InterventionNiveau de preuveEffet clinique attenduRecommandation
Éducation + gestion de chargeModéré a élevé (consensus expert)Foundation indispensable1re intention, toujours
Exercice progressif (4 phases)Modéré (SR Nasser 2021, Dizon 2023)Réduction douleur, amélioration VISA-H1re intention : pilier thérapeutique
ESWT (ondes de choc)Modéré (Cacchio 2011, Korakakis 2018)Réduction douleur dans formes chroniques2e intention si plateau
Thérapie manuelle / dry needlingFaible (preuves indirectes)Modulation douleur court termeAdjuvant occasionnel
Injection corticostéroïdesFaible (court terme uniquement, risques)Soulagement ≤ 6 semainesReserve aux exceptions
PRPFaible (données insuffisantes TPIJ)Effet incertain vs placeboNon recommande en routine
Chirurgie (ténotomie / suture)Faible (séries de cas)~80 % de bons résultats en série LempainenÉchec conservateur ≥ 6 mois

Sources : Goom 2016 JOSPT, Nasser 2021 IJSPT, Dizon 2023 Sports, Korakakis 2018 BJSM, Cacchio 2011 AJSM, Lempainen 2009 AJSM.

Au-delà du physique : comment éduquer le patient et adresser les facteurs psychologiques ?

L'éducation est un outil thérapeutique en soi, pas un \"bonus\". Trois messages clés sont a transmettre :¹,⁶

  • La douleur n'est pas un \"signal d'alarme tissulaire\" précis : une douleur 4/10 pendant l'exercice ne signifie pas une aggravation. La règle est : douleur acceptable pendant + pas d'aggravation a 24h = poursuivre.
  • La durée de récupération est longue : 3-6 mois en moyenne pour une amélioration significative ; 9-12 mois pour les cas chroniques. Établir des attentes réalistes évite le decouragement et les abandons.
  • L'adhésion est le prédicteur n°1 de succès : un patient qui realise 80 % de son programme a deux fois plus de chances d'améliorer son VISA-H qu'un patient qui en realise 30 %.¹⁶

Les facteurs psycho-sociaux a dépister :

  • Kinésiophobie (peur du mouvement) : échelle Tampa Scale of Kinesiophobia (TSK), seuil clinique > 37.
  • Catastrophisation : Pain Catastrophizing Scale (PCS), seuil clinique > 30.
  • Croyances limitantes : \"j'ai un tendon abîme, je ne pourrai plus jamais courir\". A confronter avec les preuves de plasticité tendineuse (Bohm 2015 Sports Med Open) et les success stories case reports (Khan 2020).
L'alliance thérapeutique kinésithérapeute-patient n'est pas un \"soft skill\" : c'est l'un des leviers les plus puissants d'amélioration clinique en tendinopathie, démontré dans la littérature des douleurs musculo-squelettiques en général.
  • Toujours commencer par éducation + gestion de charge avant tout exercice intensif.
  • L'exercice progressif en 4 phases (isométrie → HSR → pliométrie → retour course) est l'intervention la mieux soutenue, niveau de preuve modéré.
  • Les ondes de choc (ESWT) sont l'adjuvant le mieux soutenu en cas de stagnation, surtout dans les formes chroniques (Korakakis 2018, Cacchio 2011).
  • Les injections de corticostéroïdes et le PRP ne sont pas recommandés'en routine ; effets à long terme defavorables ou non démontrés.
  • L'éducation à la nature de la pathologie, aux délais et à la règle des 24h est un traitement en soi.
  • Dépister kinésiophobie, catastrophisation et croyances limitantes pour adapter l'accompagnement biopsychosocial.
Bibliographie chapitre 3
  1. Goom TSH, Malliaras P, Reiman MP, Purdam CR. Proximal Hamstring Tendinopathy: Clinical Aspects of Assessment and Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674
  2. Beatty NR, Felix I, Hettler J, Moley PJ, Wyss JF. Rehabilitation and Prévention of Proximal Hamstring Tendinopathy. Curr Sports Med Rep. 2017;16(3):162-171. PMID 28498226
  3. Cook JL, Purdam CR. Is compressive load a factor in the development of tendinopathy? Br J Sports Med. 2012;46(3):163-168. PMID 22113234
  4. Cook JL, Purdam CR. The challenge of managing tendinopathy in competing athletes. Br J Sports Med. 2014;48(7):506-509. PMID 23666020
  5. Silbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled study. Am J Sports Med. 2007;35(6):897-906. PMID 17307888
  6. Nasser AM, Vicenzino B, Grimaldi A, Anderson J, Semciw AI. Proximal Hamstring Tendinopathy: A Systematic Review of Interventions. Int J Sports Phys Ther. 2021;16(2):288-305. PMID 33842025
  7. Dizon P, Jeanfavre M, Leff G, Norton R. Comparison of Conservative Interventions for Proximal Hamstring Tendinopathy: A Systematic Review and Recommendations for Rehabilitation. Sports (Basel). 2023;11(3):53. PMID 36976939
  8. Bohm S, Mersmann F, Arampatzis A. Human tendon adaptation in response to mechanical loading: a systematic review and meta-analysis of exercise intervention studies on healthy adults. Sports Med Open. 2015;1(1):7. PMID 27747846
  9. Khan SK, Calder JD, Kennedy JG, Calder J. The management of proximal hamstring tendinopathy in a competitive powerlifter with heavy slow resistance training - a case report. Int J Sports Phys Ther. 2020;15(5):844-852. PMID 33110701
  10. Lenhart RL, Thelen DG, Heiderscheit BC. Hip muscle loads during running at various step rates. J'Orthop Sports Phys Ther. 2014;44(10):766-774. PMID 25156044
  11. Cacchio A, Rompe JD, Furia JP, Susi P, Santilli V, De Paulis F. Shockwave therapy for the treatment of chronic proximal hamstring tendinopathy in professional athletes. Am J Sports Med. 2011;39(1):146-153. PMID 20855554
  12. Korakakis V, Whiteley R, Tzavara A, Malliaropoulos N. The effectiveness of extracorporeal shockwave therapy in common lower limb conditions: a systematic review including quantification of patient-rated pain réduction. Br J Sports Med. 2018;52(6):387-407. PMID 28954794
  13. Zissen MH, Wallace G, Stevens KJ, Fredericson M, Beaulieu CF. High hamstring tendinopathy: MRI and ultrasound imaging and therapeutic efficacy of percutaneous corticosteroid injection. AJR Am J Roentgenol. 2010;195(4):993-998. PMID 20858830
  14. Andriolo L, Altamura SA, Reale D, Candrian C, Zaffagnini S, Filardo G. Nonsurgical Treatments of Patellar Tendinopathy: Multiple Injections of Platelet-Rich Plasma Are a Suitable Option: A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Sports Med. 2019;47(4):1001-1018. PMID 29601207
  15. Jayaseelan DJ, Moats N, Ricardo CR. Rehabilitation of proximal hamstring tendinopathy utilizing eccentric training, lumbopelvic stabilization, and trigger point dry needling: 2 case reports. J'Orthop Sports Phys Ther. 2014;44(3):198-205. PMID 24450367
  16. Vicenzino B, de Vos RJ, Alfredson H, et al. ICON 2019-International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: There are nine core health-related domains for tendinopathy (CORE DOMAINS): Delphi study of healthcare professionals and patients. Br J Sports Med. 2020;54(8):444-451. PMID 31843798

Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives de la TPIJ ?

Dans ce chapitre : l'auto-gestion comme pierre angulaire de la durabilité (règle des 24h de Silbernagel), la planification du retour au sport selon des critères fonctionnels (pas un calendrier), et les principes de pacing pour éviter les rechutes.

La gestion à long terme de la TPIJ ne s'arrête pas à la disparition de la douleur. Elle vise a restaurer une capacité de charge supérieure aux demandes fonctionnelles, condition de la prévention des récidives.¹ Le taux de récidive exact n'est pas robustement établi pour la TPIJ (peu d'études prospectives long terme), mais l'expérience clinique et les analogies avec les autres tendinopathies suggèrent une vulnérabilité persistante du tendon, particulièrement aux pics de charge.²

Comment rendre le patient acteur de sa guérison grâce à l'auto-gestion ?

L'autonomisation du patient repose sur trois piliers : (1) compréhension de la pathologie, (2) auto-surveillance de la réponse à la charge, et (3) capacité a moduler ses activités selon cette réponse.¹,³

La règle des 24 heures de Silbernagel : outil clé d'autosurveillance

Validée initialement sur le tendon d'Achille (Silbernagel 2007 AJSM), la règle des 24 heures est aujourd'hui appliquée par extrapolation à la plupart des tendinopathies, y compris la TPIJ :⁴

  • Douleur acceptable pendant l'exercice : EVA ≤ 4/10.
  • Douleur acceptable après l'exercice : pas d'aggravation a J+1 par rapport à la baseline.
  • Douleur acceptable à la palpation : retour à la baseline en moins de 24h.

Si l'un de ces critères est dépasse : réduire le volume ou l'intensité de la séance suivante de 10-20 %. Si tous sont respectes : envisager une progression. Ce système transforme le patient en \"co-pilote\" de sa rehabilitation.⁴

≤ 4/10Douleur acceptable pendant l'exercice
24 hFenêtre d'auto-évaluation post-effort
10-20 %Réduction si seuils depasses
3-6 moisDurée typique d'amélioration significative

Pacing : éviter le cycle boom-bust

Le pacing est l'art de doser l'activité pour éviter les pics suivis de chutes (cycle boom-bust) :⁵

  • Identifier la \"baseline tolérable\" : volume d'activité quotidienne qui ne génère pas d'aggravation a J+1.
  • Augmenter par paliers de 10 % : suivre la règle des 10 % d'augmentation hebdomadaire maximale pour le volume de course.
  • Planifier les jours de récupération active : 1-2 jours par semaine sans course mais avec exercices HSR maintenus.
  • Gérer les pics ponctuels (compétition, randonnée imprevue) avec une réduction de charge programmee les 2-3 jours suivants.

Éducation à la nature non-linéaire de la guérison

La trajectoire d'amélioration est rarement linéaire. Le patient doit être prepare aux \"poussées\" douloureuses ponctuelles, qui ne signifient pas une rechute si elles restent dans les limites de la règle des 24h. Visualiser la progression sous forme de \"deux pas en avant, un en arrière\" réduit l'anxiété et l'abandon.¹

Le patient qui comprend pourquoi il fait chaque exercice et comment ecouter la réponse de son tendon a 24 heures devient autonome. Celui qui execute sans comprendre abandonne au premier mauvais jour.

Quand et comment planifier un retour sécurisé au sport et à la course ?

Le retour au sport (RTS) ne doit jamais être dicte par un calendrier fixe.⁶ Un retour prématuré, base uniquement sur la disparition de la douleur au repos, est le facteur de risque n°1 de récidive. La planification du RTS s'appuie sur des critères fonctionnels objectifs, en suivant la logique du framework BAMIC (British Athletics Muscle Injury Classification) developpe pour les lésions musculaires (Macdonald 2019 BJSM) et applicable par analogie aux tendinopathies.⁷

Critères prérequis au retour partiel

  • Absence de douleur à la palpation de la tubérosité ischiatique (ou douleur < 2/10 cote-a-cote).
  • Tolérance complète des exercices HSR a charge équivalente au pré-blessure ou au cote sain.
  • Symétrie de force isométrique en extension de hanche (déficit < 10 %), mesurée par dynamomètre manuel.
  • Tolérance des exercices pliometriques de base (A-skips, bondissements en place) sans réaction différée.
  • VISA-H > 80/100 ou amélioration de ≥ 20 points par rapport au départ.

Phases de réintroduction au sport

  1. Course en ligne droite, intensité faible (60-70 % FC max) : début 1.5-3 km, puis +10 % par semaine selon tolérance. 3 sessions/semaine.
  2. Course intensité modérée (70-85 % FC max) : introduction d'accélérations courtes (15-30 m).
  3. Sprints progressifs : sprints courts (30 m), puis longueur croissante, puis intensité croissante (80 % → 90 % → 100 %).
  4. Changements de direction, agilites : dernière étape, contraintes multidirectionnelles maximales.
  5. Réintégration entraînement collectif : portions contrôlées (échauffement, exercices techniques) avant situations de jeu.

🏁 Décision tree : retour au sport après TPIJ

Critères-based return-to-sport adaptés de Goom 2016 et Macdonald 2019 (BAMIC)

Retour au sport après TPIJ Étape 0 : Critères prérequis validés ? Palpation OK + HSR charge pré-blessure + symétrie force < 10 % + pliométrie base OK + VISA-H > 80 Étape 1 : Course faible intensité (60-70 % FC max) Début 1.5-3 km, +10 %/sem · 3 sessions/sem · surveillance règle 24h Étape 2 : Course intensité modérée (70-85 % FC max) Introduction accélérations courtes 15-30 m · volume stable Étape 3 : Sprints progressifs Sprints 30 m, puis longueur et intensité croissantes (80 % → 90 % → 100 %) Étape 4 : Changements de direction, agilites, situations de jeu Contraintes multidirectionnelles maximales · réintégration entraînement collectif contrôle Étape 5, Match / compétition complète, maintien HSR 1-2x/sem en préventif Validation règle des 24h obligatoire entre chaque étape

Sources : Goom 2016 JOSPT, Macdonald 2019 BJSM (BAMIC), Hickey 2020 JOSPT (pain-monitoring).

Le \"taping de la fenêtre\" : maintenir le HSR même après le retour

Les sportifs reprenant la compétition doivent maintenir 1-2 séances de HSR par semaine en préventif. Le tendon ne \"guérit\" pas en redevenant comme avant ; il reste plus vulnérable et necessite un entretien continu de sa capacité de charge.¹,³

  • L'auto-gestion par la règle des 24h de Silbernagel est l'outil clé de durabilité : douleur ≤ 4/10 pendant + pas d'aggravation a J+1 = progression possible.
  • Le pacing évite le cycle boom-bust par augmentation graduelle (10 %/sem) et planification des jours de récupération active.
  • Le retour au sport doit être dicte par des critères fonctionnels (palpation OK, HSR pré-blessure, symétrie force < 10 %, VISA-H > 80) et jamais par un calendrier fixe.
  • La progression sportive suit 5 étapes : course faible → modérée → sprints → agilites → match complet.
  • Le maintien du HSR 1-2x/sem en préventif après le RTS est essentiel pour la durabilité.
Bibliographie chapitre 4
  1. Goom TSH, Malliaras P, Reiman MP, Purdam CR. Proximal Hamstring Tendinopathy: Clinical Aspects of Assessment and Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2016;46(6):483-493. PMID 27050674
  2. Cook JL, Purdam CR. The challenge of managing tendinopathy in competing athletes. Br J Sports Med. 2014;48(7):506-509. PMID 23666020
  3. Beatty NR, Felix I, Hettler J, Moley PJ, Wyss JF. Rehabilitation and Prévention of Proximal Hamstring Tendinopathy. Curr Sports Med Rep. 2017;16(3):162-171. PMID 28498226
  4. Silbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled study. Am J Sports Med. 2007;35(6):897-906. PMID 17307888
  5. Mascaro A, Cos MA, Morral A, Roig A, Purdam C, Cook J. Load management in tendinopathy: Clinical progression for Achilles and patellar tendinopathy. Apunts Sports Medicine. 2018;53(197):19-27. DOI 10.1016/j.apunts.2017.11.005
  6. Hickey JT, Timmins RG, Maniar N, et al. Pain-Free Versus Pain-Threshold Rehabilitation Following Acute Hamstring Strain Injury: A Randomized Controlled Trial. J'Orthop Sports Phys Ther. 2020;50(2):91-103. PMID 32005093
  7. Macdonald B, McAleer S, Kelly S, Chakraverty R, Johnston M, Pollock N. Hamstring rehabilitation in élite track and field athletes: applying the British Athletics Muscle Injury Classification in clinical practice. Br J Sports Med. 2019;53(23):1464-1473. PMID 31300391
  8. Heiderscheit BC, Sherry MA, Silder A, Chumanov ES, Thelen DG. Hamstring strain injuries: recommendations for diagnosis, rehabilitation, and injury prévention. J'Orthop Sports Phys Ther. 2010;40(2):67-81. PMID 20118524
  9. Cacchio A, De Paulis F, Maffulli N. Development and validation of a new visa questionnaire (VISA-H) for patients with proximal hamstring tendinopathy. Br J Sports Med. 2014;48(6):448-452. PMID 23470447

Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur la TPIJ ?

Dans ce chapitre : trois cas cliniques publiés'et vérifiés, illustrant chacun une dimension différente de la prise en charge : la progression structurée chez un coureur (Saracoglu 2024), la réussite du Heavy Slow Resistance chez un powerlifter (Khan 2020), et l'application du pain-monitoring model chez une joueuse de tennis élite (Petersen 2022).

Les cas cliniques sont une source d'apprentissage précieuse pour le clinicien : ils illustrent comment les principes généraux s'incarnent dans des trajectoires individuelles, et mettent en lumière des subtilites que les protocoles standardisés ne capturent pas. Tous les cas presentes ici sont des publications vérifiées en revue avec PMID consultable.

Analyse d'un cas \"classique\" : coureur longue distance (Saracoglu 2024)

Le case report de Saracoglu et al. publié dans l'International Journal of Sports Physical Therapy en 2024 décrit la prise en charge d'un coureur amateur de 30 ans présentant une douleur fessière profonde droite, apparue de manière insidieuse après'une course de 10 km.¹ Les symptômes étaient aggravés par la course sur terrain en pente et la position assise prolongée, notamment lors de la conduite.

Démarche diagnostique : palpation reproduisant la douleur à la tubérosité ischiatique, tests de provocation positifs (Puranen-Orava, Bent-Knee Stretch), aucun signe neurologique. Diagnostic clinique de TPIJ pose sans imagerie initiale.

Programme de rehabilitation : protocole de charge progressive sur plusieurs phases, incluant exercices isométriques initiaux, puis renforcement excentrique et concentrique contrôle, évaluation par le score VISA-H. La progression a integre la règle des 24h pour ajuster les charges.¹

Résultats : retour progressif à la course après plusieurs semaines de rehabilitation, avec amélioration significative du VISA-H et de la tolérance fonctionnelle. Le cas illustre la valeur d'une progression individualisée respectant les principes de gestion de la charge

Le défi diagnostique : quand la TPIJ s'associe à d'autres pathologies

Le case report de Lewis 2020 (Journal of Chiropractic Medicine) décrit une athlete de Tae Kwon Do de 53 ans, pratiquante depuis 10 ans, ayant cesse ses activités pendant un an en raison d'une douleur chronique d'apparition insidieuse à la fesse gauche, irradiant vers la hanche et la cuisse postérieure.² Échelle de douleur initiale : 7/10. Impact fonctionnel majeur (marche rapide, position assise).

Démarche diagnostique : radiographies du complexe lombo-pelvien négatives. L'examen clinique a localise la douleur à la tubérosité ischiatique gauche. L'IRM a revele une bursite trochantérienne bilatérale + tendinopathie des ischio-jambiers gauche.

Prise en charge : approche conservatrice combinant ultrasons thérapeutiques sur l'enthese ischio-jambiere, manipulation sacro-iliaque manuelle, et rehabilitation progressive. Résolution complète des symptômes.

Leçons : ce cas illustre deux points cruciaux :

  • La combinaison de pathologies est fréquente chez les athletes veterans (femme, age, répétition de stress). Le clinicien doit explorer au-delà du seul tendon symptomatique.
  • La dysfonction sacro-iliaque associée peut majorer les contraintes sur l'enthese ischiatique et doit être adressée parallelement.²

Études de cas complexes : powerlifter en HSR et tennis élite en pain-monitoring

Cas A : powerlifter compétitif en Heavy Slow Resistance (Khan 2020 IJSPT)

Ce case report décrit un powerlifter de 31 ans souffrant d'une TPIJ chronique avec douleur à la tubérosité ischiatique et faiblesse de hanche limitant ses leves et l'empechant de s'asseoir plus de 30 minutes.³

Programme : 12 semaines de Heavy Slow Resistance ciblée, avec progression de l'intensité de charge. Les principaux exercices étaient des variations de leves (squat, deadlift) avec amplitude contrôlée et tempo lent.

Résultats :

  • Réduction notable de la douleur des la 4e semaine.
  • A 12 semaines : performance surpassant le niveau pré-blessure (back squat 100 kg, deadlift conventionnel 160 kg, Romanian deadlift 90 kg).
  • Aucune récidive a 1 an de suivi.³

Ce cas démontré que charge lourde ≠ dangereux en tendinopathie. Au contraire, chez un patient bien sélectionné (jeune, motive, sport de force), le HSR est l'intervention la plus efficace pour augmenter la capacité tendineuse au-delà du pré-blessure.

Cas B : joueuse de tennis élite avec pain-monitoring model (Petersen 2022 JOSPT Cases)

Ce case report publié dans JOSPT Cases décrit l'application du pain-monitoring model chez une joueuse de tennis élite de 24 ans avec TPIJ droite.⁴ Le modèle avait été valide initialement sur le tendon d'Achille (Silbernagel 2007) mais n'avait jamais fait l'objet d'une publication dédiée pour la TPIJ.

Approche : rehabilitation principalement basée sur des exercices de renforcement progressifs et la gestion des charges d'entraînement guidée par le pain-monitoring model (douleur acceptable ≤ 5/10 pendant l'exercice ET pas d'aggravation a J+1).

Résultats après 24 semaines :

  • Reprise sans restriction des entraînements.
  • VISA-H : 76/100 (départ non rapporte mais amélioration nette).
  • OSTRC severity score : 0 (asymptomatique).⁴

Ce cas valide l'extrapolation du pain-monitoring model d'Achille à la TPIJ et illustre l'importance de l'auto-évaluation régulière par le patient élite.

Les case reports ne remplacent pas les ECR mais offrent une matiere clinique riche : ils montrent comment les principes généraux s'individualisent et donnent au kinésithérapeute des modèles de progression a adapter.

Notes critiques sur les cas cliniques en TPIJ

Plusieurs limites doivent être gardees a l'esprit dans l'interprétation des case reports :

  • Biais de publication : les cas publiés tendent a être des success stories. Les patients dont la rehabilitation echoue sont sous-representes.
  • Generalisabilite limitée : un protocole réussi chez un powerlifter de 31 ans (Khan 2020) ne s'applique pas tel quel à une coureuse de 55 ans avec hyperlaxité.
  • Absence de groupe contrôle : impossible d'attribuer formellement l'amélioration à une intervention particulière.
  • Hétérogénéité des outcomes : certains rapportent VISA-H, d'autres EVA, d'autres performance spécifique. La meta-analyse Nasser 2021 IJSPT souligne ce manque de standardisation qui complique la synthèse.⁵
  • Le cas de Saracoglu 2024 chez un coureur amateur valide la progression structurée avec charge progressive et règle des 24h.
  • Le cas de Khan 2020 chez un powerlifter démontré que le HSR avec charges lourdes permet un retour au-delà du pré-blessure quand le patient est motivee et bien sélectionné.
  • Le cas de Petersen 2022 chez une joueuse de tennis élite valide l'extrapolation du pain-monitoring model à la TPIJ.
  • Le cas de Lewis 2020 chez une athlete vetereine de Tae Kwon Do rappelle que les pathologies associées (dysfonction sacro-iliaque, bursite) doivent être adressées parallelement.
  • Les case reports sont une source d'inspiration clinique mais soumis à un biais de publication et à un manque de generalisabilite directe.
Bibliographie chapitre 5
  1. Saracoglu I, Aksoy CC, Afsar E, Arik MI, Eyigor C. Clinical Progression and Load Management for Proximal Hamstring Tendinopathy in a Long-Distance Runner: A Case Report. Int J Sports Phys Ther. 2024;19(5):609-617. PMID 38707855
  2. Lewis CL. Chronic High Hamstring Tendinopathy and Sacroiliac Segmental Dysfunction in a Mature Tae Kwon Do Athlete: A Case Study. J Chiropr Med. 2020;19(3):201-207. PMID 32952477
  3. Khan SK, Calder JD, Kennedy JG. The Management of Proximal Hamstring Tendinopathy in a Competitive Powerlifter with Heavy Slow Resistance Training - A Case Report. Int J Sports Phys Ther. 2020;15(5):844-852. PMID 33110701
  4. Pettersen SD, Sigvardsen H, Tjelta LI. Applying the Pain-Monitoring Model in a Female Élite Tennis Player With Proximal Hamstring Tendinopathy: A Case Report. JOSPT Cases. 2022;2(4):238-244. DOI 10.2519/josptcases.2022.11372
  5. Nasser AM, Vicenzino B, Grimaldi A, Anderson J, Semciw AI. Proximal Hamstring Tendinopathy: A Systematic Review of Interventions. Int J Sports Phys Ther. 2021;16(2):288-305. PMID 33842025
  6. Cushman D, Rho ME. Conservative Treatment of Subacute Proximal Hamstring Tendinopathy Using Eccentric Exercises Performed With a Treadmill: A Case Report. J'Orthop Sports Phys Ther. 2015;45(7):557-562. PMID 25996362
  7. Jayaseelan DJ, Moats N, Ricardo CR. Rehabilitation of proximal hamstring tendinopathy utilizing eccentric training, lumbopelvic stabilization, and trigger point dry needling: 2 case reports. J'Orthop Sports Phys Ther. 2014;44(3):198-205. PMID 24450367
  8. White KE. High hamstring tendinopathy in 3 female long distance runners. J Chiropr Med. 2011;10(2):93-99. PMID 22014904
  9. McCormack JR, Underwood FB, Slaven EJ, Cappaert TA. The management of bilatéral high hamstring tendinopathy with ASTYM treatment and eccentric exercise: a case report. J Man Manip Ther. 2012;20(3):142-146. PMID 23904753

Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?

Dans ce chapitre : repérer les drapeaux rouges imposant orientation médicale, mesurer objectivement les progrès (VISA-H, sit-to-pain duration, force isométrique), naviguer dans la pyramide GRADE des preuves, et surmonter les obstacles a l'implémentation d'une pratique evidence-based.

L'intégration des données probantes dans la pratique quotidienne est le défi principal du kinésithérapeute moderne. Au-delà des connaissances techniques, l'excellence repose sur la capacité de raisonnement clinique, la collaboration interprofessionnelle et la mesure objective des outcomes.

Quand et vers quels autres professionnels orienter ?

Le kinésithérapeute en accès direct joue un rôle-clé de triage. La vigilance pour les drapeaux rouges est la compétence de sécurité la plus critique :¹

  • Vers les urgences ou le médecin généraliste en urgence : traumatisme aigu avec mécanisme de glissade en grand écart, ecchymose étendue postérieure de cuisse, déficit moteur majeur → suspicion d'avulsion proximale aiguë. IRM ≤ 7 jours et avis chirurgical orthopédique. Une avulsion complète chez un sujet actif peut bénéficier d'une réparation chirurgicale précoce (Lempainen 2009).²
  • Vers le chirurgien orthopédiste / médecin du sport : échec d'un traitement conservateur bien conduit pendant 6-12 mois ; suspicion d'avulsion partielle non opérée documentée par IRM ; douleur invalidante réfractaire chez un sujet souhaitant retourner à la compétition.
  • Vers le rhumatologue / interniste : tableau atypique (douleur bilatérale d'apparition simultanee, signes systémiques, contexte inflammatoire) → éliminer une spondylarthropathie ou une enthesopathie axiale-périphérique.
  • Vers le neurologue : signes neurologiques associés (déficit sensitif L5/S1, déficit moteur, anesthésie en selle) → éliminer une radiculopathie compressive ou un syndrome de la queue de cheval.
  • Vers le psychologue / spécialiste de la douleur : facteurs psychosociaux prédominants (catastrophisation, kinésiophobie, anxiété, dépression). Une approche biopsychosociale combinant TCC et exercice est supérieure à chaque approche isolée pour les douleurs chroniques musculosquelettiques.³,⁴
  • Vers le podologue / biomechanicien : coureur avec defauts biomécaniques objectivables (sur-pronation excessive, sur-foulée massive). L'analyse de la course et l'éventuel ajustement orthotique peuvent réduire les contraintes a l'enthese.

Comment mesurer les résultats et surmonter les obstacles a l'implémentation ?

Mesures objectives recommandées

L'évaluation des progrès doit être standardisée, multidimensionnelle et reproductible :⁵

  • VISA-H (Victorian Institute of Sport Assessment, Hamstring) : questionnaire valide en 2014 par Cacchio (BJSM), 8 items, score 0-100 (100 = asymptomatique). Sensible au changement. Disponible en français (Causeret 2019).⁵
  • Sit-to-pain duration : temps maximal de position assise tolérable sans douleur > 2/10. Mesure simple et representative de l'impact fonctionnel.
  • Test de force isométrique en extension de hanche : dynamomètre manuel, en décubitus dorsal hanche fléchie 30° / 60° / 90°. Permet le suivi de la symétrie cote-a-cote.
  • EVA / NPRS : douleur à la palpation, douleur à la course typique du patient, douleur post-effort.
  • OSTRC severity score (Oslo Sports Trauma Research Center) : pour les athletes, evalue l'impact sur la participation sportive.
VISA-HScore 0-100 spécifique TPIJ (Cacchio 2014)
≥ 80Cible de retour au sport
≥ +20Variation cliniquement significative
< 10 %Déficit force tolere (symétrie)

Comprendre la pyramide GRADE des preuves

Le système GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Évaluation) est l'échelle de référence internationale pour évaluer la qualité des preuves. Il distingue quatre niveaux de certitude :⁶

📊 Pyramide GRADE : niveaux de preuve appliques à la TPIJ

Cartes horizontales (jamais texte INSIDE triangle) : lisibilité maximale

Pyramide GRADE des preuves TPIJ HIGH (haute certitude) Effet estime très proche de la vérité : preuves convergentes d'ECR de qualité. Rare en TPIJ. MODERATE (certitude modérée) Probable proximite, biais ou imprecision possibles. Niveau actuel : exercice progressif, ESWT (Nasser 2021, Korakakis 2018). LOW (faible certitude) Effet pouvant différer substantiellement de l'estime. Niveau actuel : thérapie manuelle, dry needling, PRP. VERY LOW (très faible certitude) Estime très'incertain. Niveau actuel : études case reports, séries ouvertes, anecdotes cliniques. Source : Schunemann H et al. GRADE Handbook. Cochrane Collaboration. Pour la TPIJ, la majorité des recommandations actuelles reposent sur des preuves Moderate-Low : humilité épistémique requise.

Sources : GRADE Working Group (Schunemann 2013). Applique au contexte TPIJ par les auteurs.

Obstacles a l'implémentation et leviers

Les obstacles courants à la pratique evidence-based en kinésithérapie ont été documentés (Alshehri 2020 Physiother Res Int) :⁷

  • Manque de temps pour la collecte des PROMs → intégrer dans le temps d'accueil ou en pré-séance par formulaire papier ou app dédiée.
  • Difficulté d'interprétation des études → participer à des journal clubs, suivre des résumés critiques (Physio Network, La Clinique Du Coureur, Bjsmclub).
  • Faible soutien organisationnel → valoriser la mesure d'outcomes auprès des patients et des payeurs comme indicateur de qualité.
  • Resistance au changement de pratique → le mentorat par des cliniciens expérimentés'et les EPU spécialisés sont des leviers puissants.

Décision partagée : intégrer les valeurs du patient

L'evidence-based practice n'est pas l'application mécanique de recettes. Elle integre trois composantes egales : (1) la meilleure preuve disponible, (2) l'expertise clinique du kinésithérapeute, et (3) les valeurs et préférences du patient. Un patient powerlifter prefere un HSR lourd ; une patiente sédentaire age preferera un programme plus doux. Le clinicien adapté sans trahir l'esprit de la démarche.

L'evidence-based practice n'est pas l'application de recettes, mais l'intégration de la meilleure preuve disponible, de l'expertise du clinicien et des préférences du patient. Oublier l'un de ces trois piliers, c'est trahir l'esprit de la démarche.

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  • Le triage des drapeaux rouges est la compétence de sécurité n°1 du kinésithérapeute en accès direct : avulsion aiguë, cancer, infection, déficit neurologique progressif.
  • La mesure des outcomes par VISA-H, sit-to-pain duration et force isométrique objective les progrès'et oriente la décision.
  • Le système GRADE guide l'interprétation des preuves : la majorité des recommandations TPIJ reposent sur des preuves moderate-low.
  • Les obstacles a l'implémentation (temps, formation, soutien organisationnel) sont surmontables par stratégies organisationnelles et journal clubs.
  • La décision partagée integre les valeurs du patient à la preuve scientifique et a l'expertise du clinicien.
Bibliographie chapitre 6
  1. Finucane LM, Downie A, Mercer C, et al. International Framework for Red Flags for Potential Serious Spinal Pathologies. J'Orthop Sports Phys Ther. 2020;50(7):350-372. PMID 32438853
  2. Lempainen L, Sarimo J, Mattila K, Vaittinen S, Orava S. Proximal hamstring tendinopathy: results of surgical management and histopathologic findings. Am J Sports Med. 2009;37(4):727-734. PMID 19218559
  3. O'Sullivan PB, Caneiro JP, O'Keeffe M, et al. Cognitive Functional Therapy: An Integrated Behavioral Approach for the Targeted Management of Disabling Low Back Pain. Phys Ther. 2018;98(5):408-423. PMID 29669091
  4. Nicholas MK, Linton SJ, Watson PJ, Main CJ. Early identification and management of psychological risk factors (\"yellow flags\") in patients with low back pain: a reappraisal. Phys Ther. 2011;91(5):737-753. PMID 21451099
  5. Cacchio A, De Paulis F, Maffulli N. Development and validation of a new visa questionnaire (VISA-H) for patients with proximal hamstring tendinopathy. Br J Sports Med. 2014;48(6):448-452. PMID 23470447
  6. Guyatt GH, Oxman AD, Vist GE, et al. GRADE: an emerging consensus on rating quality of evidence and strength of recommendations. BMJ. 2008;336(7650):924-926. PMID 18436948
  7. Alshehri MA, Alalawi A, Alhasan H, Stokes E. Barriers and enablers of evidence-based practice in physiotherapy in Saudi Arabia: A qualitative study. Physiother Res Int. 2020;25(3):e1842. PMID 32390299
  8. Maher CG, Sherrington C, Herbert RD, Moseley AM, Elkins M. Reliability of the PEDro scale for rating quality of randomized controlled trials. Phys Ther. 2003;83(8):713-721. PMID 12882612
  9. Jaeschke R, Singer J, Guyatt GH. Measurement of health status: ascertaining the minimal clinically important différence. Control Clin Trials. 1989;10(4):407-415. PMID 2691207
  10. Nasser AM, Vicenzino B, Grimaldi A, Anderson J, Semciw AI. Proximal Hamstring Tendinopathy: A Systematic Review of Interventions. Int J Sports Phys Ther. 2021;16(2):288-305. PMID 33842025
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Derrière cet article

Un auteur qui vulgarise, un relecteur qui vérifie.

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Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

KinéIngénieur pédagogiqueDesign du soin
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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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