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Le syndrome du conflit postérieur de la cheville

Une douleur postérieure de cheville qui se réveille sur la pointe du pied, chez une danseuse classique, une gymnaste ou un footballeur. Le conflit postérieur est un diagnostic clinique simple à évoquer, et un diagnostic que l'imagerie ne confirmera pas, parce qu'elle trouve la même chose chez les gens qui n'ont mal nulle part.

Ce que cet article traite, et ce qu'il ne traite pas. Le conflit postérieur est une butée mécanique en flexion plantaire forcée, entre le tibia en arrière et le calcanéus en bas, sur un os trigone ou un processus postérieur du talus proéminent. Ce n'est pas une tendinopathie d'Achille, voir la tendinopathie d'Achille ; pas une entorse, voir l'entorse latérale de cheville ; pas une instabilité, voir l'instabilité chronique de la cheville ; pas une arthrose, voir l'arthrose talo-crurale. Et surtout : ce n'est pas une maladie de Haglund, dont le chapitre du différentiel donne la distinction en une phrase.

Trois chiffres qui commandent la conduite

Trois chiffres clés : 15,3 % de conflits purement osseux, 69,4 % avec atteinte du long fléchisseur de l'hallux, 82 % d'IRM anormales chez des danseurs sans douleur 15,3 % conflits purement osseux sur 111 chevilles arthroscopées : l'os seul explique 1 cas sur 7 69,4 % avec atteinte du fléchisseur long fléchisseur de l'hallux : c'est souvent lui, la vraie plainte 82 % d'IRM anormales sans douleur œdème osseux chez 31 danseurs professionnels asymptomatiques

Sources : Mansur et al., Foot Ankle Orthop 2024 (PMID 38559392) pour les deux premiers chiffres ; Katakura et al., Orthop J Sports Med 2024 (PMID 39143984) pour le troisième.

En bref : synthèse clinique

Ce qu'il faut avoir en tête
  • Le mécanisme. En flexion plantaire maximale, le bord postérieur du plafond tibial et la grosse tubérosité du calcanéus se rapprochent. Ce qui se trouve entre les deux (os trigone, processus postérieur du talus, capsule, tendon du long fléchisseur de l'hallux) est comprimé. Répétez le geste des milliers de fois, et le carrefour postérieur devient douloureux.
  • La population. Danse classique sur pointes en tête, puis football, gymnastique, plongeon. Chez le footballeur professionnel, le conflit postérieur représente 0,4 % de toutes les blessures mais reste 1,7 fois plus fréquent que son homologue antérieur.14
  • Le test. Reproduction de la douleur postérieure en flexion plantaire passive forcée. Il est simple, il est le pivot du diagnostic, et aucune étude n'a publié sa sensibilité ni sa spécificité. Les chiffres qu'on lui prête appartiennent à un autre test.
  • L'imagerie. Elle ne tranche pas. Chez 82 danseurs et athlètes d'élite, aucune association entre les images et la douleur, le test de provocation ou les scores fonctionnels.6 L'os trigone se trouve chez 9 % de la population générale1 et jusqu'à 50 % des danseurs professionnels sans plainte.5
  • La conduite. Conservatrice d'abord : adaptation de la charge, travail du triceps sural et du long fléchisseur de l'hallux, technique de pointe. Environ deux tiers des patients s'en sortent sans chirurgie.1617
  • La chirurgie. Bons résultats, preuve faible. Retour à la danse à 11 semaines en moyenne, mais 16 semaines quand le fléchisseur est seul en cause.18 Endoscopie et voie ouverte donnent le même score fonctionnel ; l'endoscopie fait moins de complications.19

Le conflit postérieur ne se voit pas sur une image, il se reproduit sous la main. Une IRM qui montre un os trigone chez une danseuse ne dit presque rien : la moitié de ses camarades en ont un et dansent sans douleur.

Qu'est-ce que le conflit postérieur, et pourquoi la flexion plantaire forcée ?

Le carrefour postérieur de la cheville est un espace qui se ferme. Comprendre ce qui s'y trouve, et ce que devient cet espace quand la cheville va au bout de sa flexion plantaire, suffit à comprendre toute la pathologie.

Un espace qui se referme sur son contenu

En position neutre, l'arrière de la talo-crurale est un espace confortable. Le bord postérieur du plafond tibial surplombe le dôme du talus ; derrière le talus, le processus postérieur descend vers la grosse tubérosité du calcanéus ; entre les deux tubercules de ce processus court le tendon du long fléchisseur de l'hallux, dans sa gaine, comme dans une poulie.

Emmenez la cheville en flexion plantaire maximale, et cet espace se ferme. Le tibia bascule en arrière et vient au contact de ce qui dépasse derrière le talus. C'est un phénomène normal : toute cheville arrive en butée en fin de flexion plantaire. Le conflit devient pathologique quand cette butée est répétée des milliers de fois, ou quand elle se fait sur une structure osseuse plus volumineuse que la moyenne.

L'imagerie en position sur pointes le montre directement. Chez six danseuses professionnelles imagées en IRM 3 tesla dans la position où elles dansent, la surface articulaire postérieure du plafond tibial devient incongruente au dôme talien et repose sur le talus postérieur, tandis que le bord postérieur du plafond comprime le coussinet adipeux de Kager.13 Ce n'est pas une hypothèse mécanique : c'est ce que l'appareil enregistre.

Le carrefour postérieur en position neutre et en flexion plantaire forcée

Vue sagittale schématique de la cheville droite, face médiale. En flexion plantaire, le bord postérieur du tibia se rapproche du calcanéus : ce qui occupe l'intervalle est comprimé.

Schéma du conflit postérieur en flexion plantaire forcée À gauche, la cheville en position neutre : l'espace entre le bord postérieur du tibia et le calcanéus est libre, l'os trigone et le tendon du long fléchisseur de l'hallux y logent sans contrainte. À droite, la même cheville en flexion plantaire forcée : le tibia a basculé en arrière, l'espace s'est fermé, et l'os trigone est pris en tenaille entre le tibia et le calcanéus tandis que le tendon est comprimé dans sa gaine. Position neutre le carrefour postérieur est ouvert Flexion plantaire forcée l'espace se ferme sur son contenu Tibia Talus Calcanéus espace libre tendon du long fléchisseur de l'hallux Tibia Talus Calcanéus butée os trigone (ou processus postérieur proéminent) tendon du long fléchisseur de l'hallux

Schéma pédagogique, proportions non anatomiques. Le rapprochement tibio-calcanéen en flexion plantaire et la compression du coussinet de Kager sont documentés par IRM en position sur pointes : Russell & Yoshioka, Acta Radiol 2016 (PMID 26567962). Le contenu du carrefour et les structures en cause suivent Russell et al., Clin Anat 2010 (PMID 20821398).

Deux variantes osseuses, une même conséquence

Deux variations morphologiques dominent la littérature du danseur, l'os trigone et un processus latéral du talus proéminent, auxquelles s'ajoutent des causes osseuses et des causes de parties molles moins connues.10 Il faut les distinguer, parce que leur pronostic diffère.

L'os trigone

Un osselet surnuméraire séparé du talus, vestige d'un noyau d'ossification secondaire qui ne s'est pas fusionné. Il est relié au talus par une synchondrose, articulation fibro-cartilagineuse qui peut elle-même devenir douloureuse.

Le processus de Stieda

Le même tubercule, mais fusionné au talus et anormalement long. Ce n'est pas un os à part : c'est un prolongement du talus. Il se fracture plutôt qu'il ne se désolidarise.

Les parties molles

Capsule postérieure épaissie, synovite, ténosynovite du long fléchisseur de l'hallux, ligament tibio-fibulaire postéro-inférieur hypertrophié. Elles peuvent suffire à elles seules : un conflit postérieur sans anomalie osseuse existe.

La distinction n'est pas académique. Sur 111 chevilles arthroscopées pour conflit trigonal, l'os trigone était en cause de façon isolée dans 20,3 % des cas, contre seulement 5,4 % pour le processus de Stieda (P = 0,040). Inversement, le processus de Stieda s'accompagnait bien plus souvent d'une atteinte du fléchisseur associée à d'autres lésions : 59,5 % contre 35,1 % (P = 0,015).3 Autrement dit : quand c'est un Stieda, il est encore moins probable que l'os résume le problème.

Quatre repères à retenir sur le carrefour postérieur

Quatre statistiques : 9 % d'os trigone dans la population générale, 32,7 % de formes bilatérales, environ 70 % de la flexion plantaire assurée par la talo-crurale, 0,4 % des blessures du footballeur professionnel 9,0 % os trigone population générale IC95 7,4-10,8 41 études, 36 612 pieds 32,7 % bilatéraux quand un os trigone existe d'un côté IC95 23,3-43,7 ~70 % de la flexion plantaire vient de la talo-crurale 57,6° sur pointes 7 danseuses, radios superposées 0,4 % des blessures du footballeur pro tous conflits confondus 25 462 blessures, 18 saisons

Sources : Preinl et al., Anat Sci Int 2025 (PMID 39586987) pour la prévalence et la bilatéralité ; Russell et al., Foot Ankle Int 2011 (PMID 21288419) pour la contribution talo-crurale ; D'Hooghe et al., KSSTA 2022 (PMID 35689100) pour la part des conflits chez le footballeur.

À retenir

Le conflit postérieur est un problème de contenant et de contenu. Le contenant se ferme en flexion plantaire, ce qui est normal. Le contenu (os trigone, processus de Stieda, capsule, tendon du fléchisseur), devient symptomatique quand la fermeture est trop répétée ou trop serrée. Chercher une seule cause est l'erreur la mieux documentée du sujet.

L'os trigone est-il vraiment la cause ?

C'est la question qui décide de tout le reste. Si l'os trigone est la cause, on le retire et la douleur s'en va. Les données disent quelque chose de plus nuancé, et de plus utile.

Une prévalence que tout le monde cite, et presque personne ne source

« L'os trigone est présent chez 7 à 25 % de la population » : la phrase circule dans les revues, les mémoires et les sites de rééducation, généralement sans référence primaire. Deux méta-analyses parues à un an d'intervalle permettent enfin de la remplacer par des chiffres traçables, et leur écart est instructif.

La plus large, publiée en 2025, agrège 41 études et 36 612 pieds : l'os trigone est présent dans 9,0 % des pieds (IC95 7,4-10,8), et bilatéralement dans 32,7 % des cas (IC95 23,3-43,7).1 La précédente, parue en 2024 sur 18 études et 17 626 chevilles, trouvait 10,3 % (IC95 7-14,1), sans différence de sexe ni de côté.2 Les deux s'accordent donc autour d'un pied sur dix.

Mais le chiffre global cache l'essentiel. La prévalence dépend massivement de la façon dont on regarde :

La prévalence de l'os trigone dépend de la modalité d'imagerie

Même méta-analyse, mêmes 36 612 pieds : de 5 % en dissection à 24 % en IRM. L'écart n'est pas biologique, il est méthodologique, et il explique la fourchette de 1,7 à 32,5 % qu'on lit dans la littérature primaire.

Prévalence de l'os trigone selon la modalité : dissection cadavérique 5,0 %, radiographie 8,2 %, tomodensitométrie 21,0 %, IRM 24,2 % 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % Dissection cadavérique 5,0 % IC95 3,4-7,4 Radiographie 8,2 % IC95 6,8-9,9 Tomodensitométrie 21,0 % IRM 24,2 % Barres = prévalence poolée ; segments noirs = intervalle de confiance à 95 %.

Source : Preinl M, Osiowski A, Stolarz K, Osiowski M, Taterra D. Prevalence and clinical aspects of os trigonum: a meta-analysis. Anat Sci Int. 2025;100(3):287-297. PMID 39586987.

Une IRM trouve cinq fois plus d'os trigones qu'une dissection. Ce n'est évidemment pas que les cadavres en ont moins : c'est que l'IRM voit des synchondroses et de petits noyaux que la dissection classe autrement et que la radiographie ne montre pas. La conséquence pratique est immédiate : plus vous imagez finement une cheville douloureuse, plus vous avez de chances d'y trouver un os trigone, que ce soit lui ou non le coupable.

Le chiffre qu'on ne peut pas écrire

La même méta-analyse rapporte un odds ratio liant conflit postérieur et os trigone de 15,98. Il est tentant d'en conclure « seize fois plus de risque ». Son intervalle de confiance à 95 % va de 0,255 à 1 002,8, et il est calculé sur deux études.1 Un intervalle qui traverse 1 sur quatre ordres de grandeur ne montre rien du tout. Ce chiffre ne doit pas circuler.

Ce que l'arthroscopie trouve quand elle regarde vraiment

La donnée la plus décisive du sujet vient d'une série de 111 chevilles opérées par arthroscopie postérieure pour conflit trigonal, entre 2011 et 2016. L'arthroscopie a l'avantage d'être dynamique et grossissante : elle voit ce que les coupes statiques manquent.

Résultat : le conflit osseux était en cause de façon isolée dans 15,3 % des cas seulement. Dans les 84,7 % restants, il s'accompagnait d'autre chose, et pas d'une seule chose : le nombre le plus fréquent de pathologies additionnelles était de trois.3

Ce que l'arthroscopie postérieure trouve réellement, au-delà de l'os

111 chevilles opérées pour conflit trigonal. Les lésions se cumulent : les pourcentages ne s'additionnent pas à 100.

Lésions trouvées à l'arthroscopie : atteinte du long fléchisseur de l'hallux 69,4 %, conflit sous-talien 32,4 %, synovite postéro-médiale 25,2 %, synovite postéro-latérale 22,5 %, conflit du ligament tibio-fibulaire postéro-inférieur 19,8 %, conflit osseux isolé 15,3 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % Long fléchisseur de l'hallux 69,4 % Conflit sous-talien 32,4 % Synovite postéro-médiale 25,2 % Synovite postéro-latérale 22,5 % Ligament tibio-fibulaire post. 19,8 % Conflit osseux ISOLÉ 15,3 % Même en excluant le fléchisseur du décompte, 58,6 % des chevilles portaient au moins une lésion associée.

Source : Mansur NSB, Femino JE, Chinnakkannu K, Fayed A, Glass N, Phisitkul P, Amendola A. Posterior Ankle Impingement: It's Not Only About the Os Trigonum. Foot Ankle Orthop. 2024;9(1):24730114241241326. PMID 38559392. Étude rétrospective comparative, niveau de preuve III.

Sur sept chevilles opérées pour un conflit osseux postérieur, une seule n'avait que ce conflit osseux. Retirer l'os et s'arrêter là, c'est traiter le sixième du problème dans six cas sur sept.

À retenir

L'os trigone est fréquent (environ un pied sur dix), souvent bilatéral (un tiers des porteurs) et rarement seul en cause (15,3 % des chevilles opérées). Sa présence sur une image ne fait pas le diagnostic ; son absence ne l'élimine pas. Le raisonnement clinique ne doit pas s'arrêter à lui.

Comment reconnaître un conflit postérieur à l'examen ?

Le test est simple, il est le pivot du diagnostic, et il n'a jamais été évalué. Cette phrase paraît contradictoire ; elle décrit exactement l'état de la littérature, et il vaut mieux le savoir avant de coter une confiance qu'on n'a pas.

L'interrogatoire fait déjà la moitié du travail

Trois éléments orientent avant même de toucher la cheville.

  • Le siège. Une douleur profonde, postérieure, que le patient situe mal, souvent en pinçant l'arrière de la cheville entre pouce et index, de part et d'autre du tendon d'Achille, plutôt qu'en pointant le tendon lui-même.
  • Le geste déclenchant. La pointe de pied forcée : relevé et pointes chez la danseuse, frappe du ballon en coup de pied chez le footballeur, réception et impulsion chez la gymnaste, entrée à l'eau chez le plongeur. Le patient dit spontanément « c'est quand je tends le pied ».
  • Le mode d'installation. Progressif dans la majorité des cas, mais pas toujours : chez le footballeur professionnel, 53 % des conflits postérieurs ont un début aigu, contre 31 % des conflits antérieurs (P = 0,03).14 Un conflit postérieur peut donc se révéler après un traumatisme unique.

Ce dernier point mérite d'être retenu, parce qu'il génère des erreurs. Une entorse en inversion suivie d'une douleur postérieure persistante n'est pas nécessairement une entorse qui traîne : elle peut avoir démasqué un conflit postérieur, ou une ténosynovite du fléchisseur. C'est exactement le cas rapporté chez un homme de 37 ans dont le diagnostic initial d'entorse latérale a été corrigé, deux semaines plus tard, en ténosynovite du long fléchisseur de l'hallux confirmée par IRM.25

Le test de flexion plantaire passive forcée

Le patient est assis, genou fléchi pour détendre le triceps sural. L'examinateur saisit l'avant-pied et amène passivement la cheville en flexion plantaire maximale, par un mouvement rapide et répété plutôt que par une poussée lente et soutenue. Le test est positif si le geste reproduit la douleur postérieure du patient, pas une simple sensation de butée, que toute cheville normale éprouve en fin d'amplitude.

Deux raffinements augmentent le rendement clinique :

  • Ajouter une composante rotatoire permet parfois de séparer un conflit postéro-latéral d'un conflit postéro-médial, les deux localisations de synovite retrouvées à l'arthroscopie dans respectivement 22,5 % et 25,2 % des cas.3
  • Ajouter une pronation sous-talienne forcée à la flexion plantaire maximale oriente vers l'articulation sous-talienne plutôt que vers le carrefour talo-crural. Ce geste a permis de redresser le diagnostic d'une danseuse adolescente initialement étiquetée « syndrome de l'os trigone » et qui souffrait en réalité d'une arthrite de la facette talo-calcanéenne postérieure.26

Le test du fléchisseur, qu'il ne faut pas oublier

Puisque le fléchisseur est atteint dans près de sept cas sur dix, son examen n'est pas un complément, c'est une partie du diagnostic.

  • Palpation dynamique. Le tendon se palpe en arrière de la malléole médiale, juste derrière le paquet vasculo-nerveux tibial postérieur. On demande une flexion-extension répétée de l'hallux, cheville en légère flexion plantaire : on cherche une crépitation, un ressaut, ou un point douloureux qui se déplace avec le tendon.
  • Signe du ressaut de l'hallux. Un blocage ou un claquement audible à l'extension active de l'hallux signe une ténosynovite sténosante : le hallux saltans, ou « orteil à ressaut ». Chez une danseuse de 16 ans, ce signe a précédé de deux ans le diagnostic, puis s'est reproduit du côté opposé huit mois après la première intervention.27
  • Test de mise en tension. Dorsiflexion de la cheville et extension de l'hallux, comparativement au côté sain, à la recherche d'une limitation ou d'une reproduction douloureuse.
Le chiffre qu'on prête au test, et à qui il appartient vraiment

On lit couramment que « le test de conflit a une sensibilité de 95 % et une spécificité de 88 % ». Ces valeurs sont réelles, mais elles ne concernent ni ce test ni ce compartiment. Elles proviennent de Molloy, Solan et Bendall, qui ont décrit en 2003 un signe de conflit synovial antéro-latéral chez 73 patients après entorse en inversion : sensibilité 94,8 %, spécificité 88 %.8 Un test antérieur, une pathologie antérieure, une population post-traumatique.

À ce jour, aucune étude n'a publié la sensibilité ni la spécificité du test de flexion plantaire forcée pour le conflit postérieur. Le test reste le meilleur outil dont on dispose, mais on ne peut pas chiffrer sa performance, et il faut le dire au patient comme au chirurgien qu'on sollicite.

L'infiltration test : ce qu'elle vaut, et ce qu'on ignore

Le principe est logique : si l'injection d'un anesthésique local dans le carrefour postérieur fait disparaître la douleur au test de flexion plantaire, la source est bien là. La technique est décrite par voie postéro-latérale, entre le processus postérieur du talus et le bord postérieur du tibia, et l'usage en est ancien.2220

Ce qu'on ignore : sa précision diagnostique n'a jamais été mesurée. Aucune étude ne fournit de sensibilité, de spécificité ni de valeur prédictive pour ce geste dans le conflit postérieur. Il est utilisé comme confirmation avant une décision chirurgicale, et c'est un usage raisonnable ; ce n'est pas un examen validé. La distinction compte quand on en parle au patient.

Démarche diagnostique devant une douleur postérieure de cheville

L'imagerie n'intervient pas pour poser le diagnostic, mais pour préparer une décision thérapeutique ou écarter un différentiel.

Arbre décisionnel : douleur postérieure, puis test de flexion plantaire forcée, puis examen du long fléchisseur de l'hallux, puis traitement conservateur trois mois avant toute imagerie décisionnelle Douleur postérieure de cheville déclenchée par la pointe de pied Test de flexion plantaire passive forcée reproduit-il LA douleur du patient ? non oui Reprendre le différentiel Achille, Haglund, fibulaires, soléaire accessoire, sous-talienne Examiner le fléchisseur palpation dynamique, ressaut, mise en tension : atteint 7 fois sur 10 Traitement conservateur, 3 mois adaptation de la charge, triceps sural, fléchisseur, technique : 2 patients sur 3 guérissent échec Imagerie et infiltration test non pour confirmer le diagnostic, mais pour cartographier avant décision Avis chirurgical

Construction éditoriale à partir de l'algorithme en trois temps de Kudaş et al., Acta Orthop Traumatol Turc 2016 (PMID 27919560), du protocole conservateur en deux étapes de Cengiz et al., J Am Podiatr Med Assoc 2023 (PMID 35271461), et de la recommandation d'appui clinique de Baillie et al., Clin J Sport Med 2022 (PMID 36315819).

Drapeaux rouges
  • Douleur nocturne permanente, non mécanique, non modifiée par la position du pied : penser tumeur osseuse, en particulier chez l'adolescent sportif.
  • Fièvre, rougeur, chaleur locale après un geste infiltratif ou une plaie : arthrite septique du carrefour postérieur ou de la sous-talienne.
  • Traumatisme aigu en flexion plantaire violente avec impotence immédiate : fracture du processus postérieur du talus, qui peut passer pour une entorse sur des clichés standards mal centrés.
  • Déficit sensitif du bord latéral du pied : atteinte du nerf sural, spontanée ou iatrogène, la dysesthésie surale est la complication la plus fréquente de l'endoscopie postérieure, retrouvée chez 11,1 % des opérés d'une série.17
  • Œdème du mollet, douleur à la dorsiflexion passive, facteurs de risque thrombo-emboliques : écarter une thrombose veineuse profonde avant toute mobilisation forcée.
À retenir

Le diagnostic est clinique : une douleur postérieure profonde, un geste déclenchant en flexion plantaire, un test de provocation qui reproduit exactement cette douleur, et un examen du fléchisseur qui n'est pas facultatif. Le test n'a pas de valeur diagnostique chiffrée : les chiffres qu'on lui prête appartiennent au conflit antéro-latéral.

Que vaut vraiment l'imagerie, et quand la demander ?

Quatre études convergentes, dont une revue systématique qui n'a pu inclure aucune étude, disent la même chose : l'imagerie du carrefour postérieur montre presque toujours quelque chose, et ce quelque chose n'est pas corrélé à la douleur.

La revue systématique qui n'a rien trouvé à inclure

En 2022, une équipe australienne a cherché toutes les études ayant comparé l'imagerie de patients atteints de conflit postérieur à celle de témoins asymptomatiques. Elle a criblé 8 394 titres et résumés, lu 156 textes intégraux, et inclus… aucune étude. Pas une seule publication n'avait jamais fait cette comparaison élémentaire.4

Une revue systématique vide n'est pas un échec méthodologique : c'est un résultat. Elle établit que l'usage diagnostique de l'IRM dans cette pathologie reposait, jusque-là, sur rien de comparatif.

Ce qu'on trouve chez ceux qui n'ont pas mal

Les mêmes auteurs ont comblé le vide. Trente-huit danseurs professionnels et trente-huit athlètes d'élite appariés, tous à pleine charge d'entraînement, ont passé une IRM 3 tesla standardisée d'une cheville :

Prévalence des signes IRM associés au conflit postérieur chez des sportifs d'élite, symptomatiques ou non
Signe IRMDanseurs et athlètes d'élite à pleine chargeDanseurs professionnels asymptomatiques
Épanchement-synovite talo-crurale postérieure90,8 %63 %
Épanchement-synovite sous-talienne93,4 %63 %
Os trigone ou processus de Stieda61,8 %
athlètes 74 %, danseurs 50 %
21 %
os trigone 8 %, Stieda 13 %
Œdème médullaire osseuxévalué, non isolé82 % ont au moins une zone
talus 66 %
Liquide autour du long fléchisseur de l'halluxévalué21 %
Effectif38 danseurs + 38 athlètes31 danseurs, 62 pieds/chevilles

Colonne de gauche : Baillie et al., Skeletal Radiol 2021 (PMID 34013446). Colonne de droite : Katakura et al., Orthop J Sports Med 2024 (PMID 39143984). Les deux populations diffèrent, les protocoles aussi : les chiffres se lisent en ordre de grandeur, pas en comparaison directe.

Le point décisif est ailleurs que dans les pourcentages. Chez les 31 danseurs asymptomatiques suivis un an, deux seulement ont développé des symptômes nécessitant une prise en charge médicale.7 Autrement dit : une IRM anormale chez un danseur qui n'a pas mal ne prédit presque rien.

Ce que l'IRM montre chez des danseurs professionnels qui n'ont aucune douleur

31 danseurs asymptomatiques, 62 pieds et chevilles, IRM 3 tesla. Le pourcentage est celui des chevilles porteuses du signe.

Signes IRM chez 31 danseurs asymptomatiques : œdème médullaire 82 %, œdème du talus 66 %, liquide talo-crural postérieur 63 %, liquide sous-talien 63 %, liquide antérieur 48 %, liquide autour du fléchisseur 21 %, processus de Stieda 13 %, os trigone 8 % 0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Œdème médullaire (≥ 1 zone) 82 % dont œdème du talus 66 % Liquide talo-crural postérieur 63 % Liquide sous-talien 63 % Liquide talo-crural antérieur 48 % Liquide autour du fléchisseur 21 % Processus de Stieda 13 % Os trigone 8 % Sur les 31 danseurs, 2 seulement ont développé des symptômes dans les 12 mois suivants.

Source : Katakura M, Clark R, Lee JC, Mitchell AWM, Shaw JW, Tsuchida AI, Jones M, Kelly S, Calder JDF. Foot and Ankle MRI Findings in Asymptomatic Professional Ballet Dancers. Orthop J Sports Med. 2024;12(8):23259671241263593. PMID 39143984. Série de cas, niveau de preuve 4.

L'étude qui a testé l'association directement

Restait à vérifier que, chez des patients réellement symptomatiques, l'imagerie corrélait au tableau clinique. Quatre-vingt-deux sportifs d'élite (43 danseurs de ballet, 24 lanceurs rapides de cricket, 15 footballeurs) ont été évalués cliniquement puis imagés en IRM 3 tesla. Le résultat est net et négatif sur toute la ligne :

  • les signes IRM ne sont associés ni à la douleur postérieure reportée sur schéma corporel, ni au test de provocation en flexion plantaire ;
  • ils ne sont associés à aucun score fonctionnel rapporté par le patient (questionnaire de surcharge de l'OSTRC, sous-échelle sport du FAAM) ;
  • ils ne diffèrent pas entre les sportifs porteurs d'un diagnostic clinique de conflit postérieur et ceux qui n'en ont pas.6

La conclusion des auteurs mérite d'être citée dans son intention : l'absence d'association interroge le rôle même de l'imagerie dans cette pathologie, et les cliniciens devraient s'appuyer d'abord sur l'évaluation clinique pour le diagnostic comme pour la prise en charge.

Une IRM ne dira pas si votre patient a un conflit postérieur. Elle dira ce qu'il y a dans son carrefour postérieur, ce qui n'est pas la même question, et n'a pas la même réponse.

Alors quand demander une imagerie ?

Non pas pour poser le diagnostic, mais pour trois usages précis :

Écarter un différentiel

Fracture du processus postérieur, ostéochondrite du talus, tumeur devant un drapeau rouge, soléaire accessoire, subluxation des fibulaires. C'est l'indication la mieux justifiée.

Cartographier avant une décision chirurgicale

Puisque le conflit est isolé dans 15 % des cas, savoir ce qui accompagne l'os change le geste. L'IRM reste imparfaite pour cela : l'arthroscopie voit plus.

Documenter une atteinte du fléchisseur

L'échographie a l'avantage d'être dynamique : elle montre le glissement tendineux et le ressaut, ce qu'aucune coupe statique ne fait.

Sur ce dernier point, une nuance utile : le tendon du fléchisseur ne s'épaissit pas par simple adaptation à la danse. Comparant non-danseurs sains, danseurs sains et danseurs avec tendinopathie diagnostiquée cliniquement, une étude échographique n'a trouvé d'épaississement que chez les danseurs symptomatiques : aucune différence entre danseurs sains et non-danseurs.30 Un tendon épais chez un danseur n'est donc pas « normal pour un danseur » : c'est un signe. L'effectif reste petit, dix sujets par groupe, et aucune anomalie de micromorphologie n'a été mise en évidence.

À retenir

Chez le sportif de haut niveau, l'IRM du carrefour postérieur est anormale par défaut : 82 % d'œdème médullaire et 63 % d'épanchement postérieur chez des danseurs qui n'ont mal nulle part. Aucune de ces images n'est associée à la douleur ni au test de provocation. L'imagerie sert à écarter et à cartographier, pas à diagnostiquer.

Pourquoi la danse classique concentre-t-elle ce diagnostic ?

Un article sur le conflit postérieur qui ne parlerait pas de la danse passerait à côté de l'essentiel de la clientèle de ce diagnostic. La position sur pointes n'est pas une flexion plantaire un peu poussée : c'est une contrainte d'une autre nature, et les chiffres le montrent.

Ce que la pointe exige de la cheville

La danse classique demande à la cheville une amplitude que presque aucune autre activité n'exige. Sur quinze danseuses de niveaux universitaire, vocationnel et professionnel, les amplitudes mesurées sont les suivantes :

Amplitudes de cheville mesurées chez quinze danseuses classiques selon la méthode et la mise en charge
MesureValeur moyenneContexte
Dorsiflexion, goniométrie sans charge17° ± 1,3décubitus
Dorsiflexion en charge (demi-plié)30° ± 1,8P < 0,001 vs sans charge
Flexion plantaire, goniométrie sans charge77° ± 2,5décubitus
Flexion plantaire en charge (en pointe)83° ± 2,2P = 0,01 vs sans charge
Flexion plantaire, inclinométrie89° ± 1,6P < 0,001 vs goniométrie

Deux enseignements pratiques. Le premier : la mesure sans charge sous-estime ce que fait réellement la danseuse. Évaluer une cheville de danseuse en décubitus, c'est mesurer autre chose que la position où elle a mal. Le second : goniométrie et inclinométrie ne mesurent pas la même chose, 77° contre 89° sur les mêmes chevilles. Choisir un outil et s'y tenir vaut mieux que comparer des valeurs issues de deux méthodes.12

Une observation de cette même étude mérite une attention particulière : la dorsiflexion diminue et la flexion plantaire augmente à mesure que le niveau de danse progresse. La cheville de la danseuse professionnelle est donc une cheville qui a dérivé vers la flexion plantaire : celle-là même qui referme le carrefour postérieur.

D'où vient l'amplitude : la talo-crurale porte 70 % de la charge

On pourrait espérer que les 83° de la pointe se répartissent entre la cheville et les articulations du pied. Des radiographies en charge superposées chez sept danseuses montrent que non : la talo-crurale fournit à elle seule 57,6° ± 5,2 en position sur pointes, soit environ 70 % de la flexion plantaire totale ; les 30 % restants viennent des articulations du pied.11 En demi-plié, la talo-crurale fournit 24,6° ± 9,6 de dorsiflexion.

C'est une donnée mécaniquement lourde : la contrainte n'est pas diluée. Elle se concentre exactement là où siège le conflit.

De la position neutre à la pointe : où va l'amplitude

Sept danseuses, radiographies latérales en charge superposées. La talo-crurale assure l'essentiel du mouvement dans les deux directions extrêmes.

Contribution articulaire : en demi-plié la talo-crurale fournit 24,6 degrés de dorsiflexion, en pointe elle fournit 57,6 degrés de flexion plantaire, soit environ 70 % du mouvement total dans les deux cas Demi-plié dorsiflexion maximale en charge En pointe flexion plantaire maximale en charge 24,6° ± 9,6 : talo-crurale sur 30° mesurés au total ~70 % vient de la cheville 57,6° ± 5,2 : talo-crurale sur 83° mesurés en charge le carrefour postérieur encaisse

Sources : Russell JA, Shave RM, Kruse DW, Koutedakis Y, Wyon MA. Ankle and foot contributions to extreme plantar- and dorsiflexion in female ballet dancers. Foot Ankle Int. 2011;32(2):183-188. PMID 21288419 (contributions articulaires, n = 7). Amplitudes totales en charge : Russell et al., Foot Ankle Spec 2010, PMID 20581228 (n = 15).

La ténosynovite du fléchisseur, presque la règle chez la danseuse

Le long fléchisseur de l'hallux passe dans une gaine fibreuse étroite entre les deux tubercules du processus postérieur du talus. Chez la danseuse, ce tendon travaille à pleine tension exactement dans la position où sa poulie est comprimée : sur pointes, l'hallux est en extension, le tendon est tendu, et le carrefour est fermé. D'où son surnom historique de « tendinite du danseur ».

Sa fréquence explique qu'on ne puisse pas le traiter comme un détail. Sur 111 chevilles opérées pour conflit trigonal, le fléchisseur était atteint dans 69,4 % des cas.3 La revue systématique consacrée aux danseurs traite d'ailleurs les deux entités ensemble, en précisant qu'elles peuvent exister isolément et qu'elles constituent des entités pathologiques distinctes, ce qui a des conséquences directes sur le délai de retour à la danse, on y revient au chapitre chirurgical.18

Une population dont la charge de travail est le premier facteur

Le contexte dans lequel s'installe ce diagnostic n'est pas anodin. Un suivi hebdomadaire prospectif de trois compagnies professionnelles (57 danseurs, 44 semaines, 1 627 rapports), donne la mesure de la charge symptomatique de fond :

  • 82,2 % des semaines comportent une douleur musculo-squelettique ;
  • la capacité à danser à plein potentiel est diminuée une semaine sur deux (52,6 %) ;
  • 96,5 % des danseurs rapportent au moins une blessure sur la saison, avec une moyenne de 5,6 problèmes de santé par danseur ;
  • la cheville est la première région touchée, devant la cuisse, le pied et le bas du dos ;
  • les causes subjectives citées en premier sont la charge de travail excessive (35,3 %), la fatigue (22,4 %) et la surcharge avec récupération insuffisante (21,6 %).15

Ces chiffres commandent la conduite kinésithérapique. Chez une population qui a mal quatre semaines sur cinq et qui désigne elle-même la charge comme cause première, l'intervention la plus rentable n'est pas un exercice de plus : c'est une négociation de la charge avec le danseur et son encadrement.

Ce que cela change en consultation
  • Demander le calendrier, pas seulement les symptômes. Une reprise après vacances, une montée en répétitions avant une production, un changement de chorégraphe, un passage aux pointes plus précoce : ce sont des causes, pas du contexte.
  • Parler au professeur. Le seul cas clinique publié de rééducation post-exérèse d'os trigone insiste explicitement sur la communication avec le professeur de danse et la connaissance de la biomécanique spécifique comme conditions du succès.24
  • Dépister l'hypermobilité. Le même cas clinique en fait un point de dépistage systématique chez le danseur, l'hypermobilité modifiant la stratégie de renforcement et de contrôle.
  • Ne pas surinterpréter l'imagerie du danseur. C'est dans cette population précisément que les faux positifs sont les plus nombreux.
À retenir

La danse classique concentre ce diagnostic parce qu'elle exige 83° de flexion plantaire en charge, dont 70 % viennent de la talo-crurale, dans une population qui a déjà mal 82 % des semaines et qui désigne la charge de travail comme première cause. Chez la danseuse, la ténosynovite du fléchisseur accompagne le conflit dans la grande majorité des cas : la traiter, c'est traiter la vraie plainte.

Comment distinguer le conflit postérieur des autres douleurs postérieures ?

L'arrière de la cheville est un carrefour au sens propre : os, tendons, bourses, articulations et muscles surnuméraires y voisinent. Le geste qui déclenche la douleur sépare mieux que la topographie.

La question du geste, pas de la zone

Demander « où avez-vous mal ? » à un patient qui souffre de l'arrière de la cheville produit à peu près la même réponse quelle que soit la cause. Demander « que faisiez-vous quand ça fait mal ? » discrimine immédiatement. Le tableau ci-dessous est construit sur ce principe.

Chez le danseur, la liste des causes à écarter est bien établie : subluxation des tendons fibulaires, conflit postérieur sur os trigone douloureux, ostéochondrite disséquante du talus postérieur, tendinopathie du long fléchisseur de l'hallux et tendinopathie du tibial postérieur.29 Pour cette dernière, voir la tendinopathie du tibial postérieur, dont la douleur siège au bord médial et s'accompagne d'un affaissement de l'arche.

Diagnostic différentiel des douleurs postérieures de cheville : le geste déclenchant sépare mieux que le siège
DiagnosticGeste déclenchantSiège précisSigne distinctifPopulation typique
Conflit postérieur Pointe de pied forcée : relevé, pointes, frappe du ballon Profond, entre Achille et malléoles, mal localisé Flexion plantaire passive forcée reproduit LA douleur Danseuse, footballeur, gymnaste, plongeur
Maladie de Haglund Frottement du contrefort de la chaussure, marche en chaussures fermées Superficiel, angle postéro-supérieur du calcanéus Tuméfaction visible et palpable ; soulagée pieds nus ou en chaussure ouverte Adulte de 40-50 ans ; hockeyeur (« bosse de Bauer »)
Ténosynovite du long fléchisseur de l'hallux Extension-flexion répétée de l'hallux, appui sur demi-pointe Postéro-médial, derrière la malléole médiale Crépitation ou ressaut de l'hallux (hallux saltans) Danseuse classique surtout
Tendinopathie d'Achille corporéale Course, sauts, mise en charge du tendon Sur le tendon, 2 à 6 cm au-dessus de l'insertion Douleur à la palpation du tendon lui-même, raideur matinale Coureur, sportif de sauts
Tendinopathie d'insertion et bursite rétro-calcanéenne Montée, dorsiflexion contrainte, chaussage Insertion calcanéenne du tendon Douleur au pincement latéro-médial en avant du tendon Souvent associée à Haglund
Arthrite ou arthrose sous-talienne Marche en terrain irrégulier, inversion-éversion Sinus du tarse et face postéro-latérale Douleur en flexion plantaire combinée à une pronation sous-talienne forcée Post-traumatique ; peut coexister avec le conflit
Subluxation des tendons fibulaires Éversion contrariée, changement d'appui Rétro-malléolaire latéral Ressaut visible ou palpable du tendon sur la malléole Danseur, sportif de pivot
Muscle soléaire accessoire Flexion plantaire forcée et activité sportive, calmée au repos Postéro-médial, masse molle Masse palpable qui durcit à la contraction ; IRM ou TDM tranche Athlète ; douleur évoluant souvent depuis plus d'un an
Fracture du processus postérieur du talus Traumatisme unique en flexion plantaire violente Postérieur, exquis Impotence immédiate ; clichés standards souvent pris en défaut Tout sportif ; piège classique de l'entorse
Ostéochondrite disséquante du talus postérieur Mise en charge, blocages Profond, articulaire Épanchement, blocages, accrochages Antécédent d'entorse ou de traumatisme

Sources du tableau : liste différentielle du danseur d'après Luk et al., J Dance Med Sci 2013 (PMID 23759482) ; muscle soléaire accessoire d'après Pogliacomi et al., Ann Ital Chir 2026 (PMID 42304152) ; distinction Haglund d'après Desai et al., Phys Sportsmed 2023 (PMID 35583477) ; pronation sous-talienne forcée d'après Futamura et al., Cureus 2025 (PMID 41098269).

Conflit postérieur ou maladie de Haglund : le voisin le plus trompeur

C'est la confusion qui coûte le plus cher, parce que les deux affections donnent une douleur postérieure de cheville chez un sportif et que le traitement diverge complètement. La distinction tient en une phrase.

Le conflit postérieur fait mal quand le pied se tend ; la maladie de Haglund fait mal quand la chaussure frotte.

Détaillons ce que cette phrase recouvre.

Le mécanisme

Conflit : compression interne, entre tibia et calcanéus, sur l'os trigone ou le processus postérieur. Haglund : conflit externe, entre la tubérosité postéro-supérieure du calcanéus et le contrefort rigide de la chaussure, avec bursite rétro-calcanéenne et tendinopathie d'insertion possibles.31

Le geste qui réveille

Conflit : la flexion plantaire forcée, la douleur apparaît pieds nus, sur pointes, à la frappe. Haglund : le chaussage. La douleur cesse en chaussure ouverte ou pieds nus, ce qui est presque pathognomonique.

Ce qu'on voit et palpe

Conflit : rien à voir ; la douleur se cherche profondément, de part et d'autre du tendon. Haglund : une tuméfaction osseuse visible à l'angle postéro-supérieur, souvent rougie par le frottement.

Qui consulte

Conflit : danseuses, footballeurs, gymnastes, souvent adolescents ou jeunes adultes. Haglund : population plus âgée ; l'âge moyen des séries chirurgicales est de 44,8 ± 8,2 ans.32

Une précision honnête pour finir : les deux peuvent coexister, et l'endoscopie postérieure traite d'ailleurs les deux par la même voie d'abord, le conflit postérieur, l'arthrose sous-talienne et la bursite rétro-calcanéenne figurent ensemble parmi les indications les mieux étayées de l'endoscopie du carrefour postérieur.21 Que la voie chirurgicale soit commune ne dispense pas de faire le diagnostic : la conduite conservatrice, elle, n'a rien de commun. Adapter un contrefort de chaussure ne soulagera pas un conflit postérieur, et travailler la technique de pointe ne soulagera pas un Haglund.

Le piège du soléaire accessoire

Trois athlètes, une douleur postérieure évoluant depuis plus d'un an, aggravée par la flexion plantaire forcée et calmée au repos : cliniquement, c'est un conflit postérieur. Il s'agissait d'un muscle soléaire accessoire, variante anatomique dont l'effet de masse mime le conflit. L'IRM ou la TDM ont fait le diagnostic, et l'exérèse par voie postéro-médiale a été le traitement définitif.28 C'est l'un des rares cas où l'imagerie change réellement la décision, et une raison de ne pas s'entêter au-delà de trois mois d'échec sans imager.

À retenir

Le geste déclenchant sépare mieux que la topographie. Pointe de pied forcée pour le conflit postérieur, frottement de la chaussure pour Haglund, ressaut de l'hallux pour le fléchisseur, pronation sous-talienne associée pour la sous-talienne, masse palpable pour le soléaire accessoire. Un échec de trois mois de traitement bien conduit justifie de reprendre ce tableau depuis le début.

Conflit osseux ou parties molles : le traitement change-t-il ?

Oui, et c'est probablement la distinction la plus utile de cet article. Un conflit osseux et une ténosynovite du fléchisseur ne répondent pas aux mêmes leviers, ne guérissent pas dans les mêmes délais, et n'imposent pas les mêmes décisions.

Deux mécanismes, deux logiques thérapeutiques

Ce qui sépare le conflit osseux du conflit des parties molles en pratique
CritèreConflit osseuxConflit des parties molles
Ce qui fait malButée d'un os trigone ou d'un processus postérieur, synchondrose douloureuseTénosynovite du fléchisseur, synovite capsulaire, ligament tibio-fibulaire postérieur épaissi
Levier principalRéduire l'exposition à l'amplitude terminale : la butée ne se rééduque pas, elle s'évite ou se supprimeRétablir un tendon qui glisse et supporte la charge : le tissu répond au travail
Ce que la kinésithérapie peutRépartir la contrainte, améliorer le contrôle, retarder ou éviter la butée par la techniqueBeaucoup : mobilité tendineuse, renforcement progressif, correction des contraintes
Ce qu'elle ne peut pasFaire disparaître l'osLever une sténose fibreuse constituée avec ressaut permanent
Délai de retour après chirurgie11 semaines en moyenne, toutes chirurgies du conflit confondues16 semaines quand la ténosynovite du fléchisseur est isolée
Signe qui doit alerterDouleur strictement reproductible en fin d'amplitude, sans crépitationRessaut, crépitation, blocage de l'hallux

Délais issus de Rietveld et al., J Dance Med Sci 2018 (PMID 29510786) : 11 semaines (extrêmes 4 à 36) pour l'ensemble des chirurgies chez le danseur, 16 semaines (extrêmes 8 à 36) pour la ténosynovite du fléchisseur isolée. Le reste du tableau est une synthèse éditoriale des mécanismes décrits par Mansur et al. (PMID 38559392) et Ishibashi et al. (PMID 36368844).

Le point contre-intuitif mérite d'être souligné : c'est l'atteinte des parties molles qui met le plus longtemps à récupérer, pas la lésion osseuse. Cinq semaines de plus en moyenne, et une fourchette qui monte à 36 semaines. Annoncer « on enlève l'os, tu danses dans deux mois » à une danseuse dont la vraie plainte est tendineuse, c'est promettre un délai qu'on ne tiendra pas.

Pourquoi le fléchisseur mérite un traitement à part entière

Trois arguments convergent.

  • Il est atteint dans 69,4 % des cas à l'arthroscopie.3 Chez le danseur, la revue systématique du champ traite les deux entités conjointement précisément parce qu'elles sont rarement séparables.18
  • Il est traitable. Contrairement à une butée osseuse, un tendon répond à la mise en charge progressive et à la restauration de son glissement. Le cas d'un patient de 37 ans traité 14 semaines par thérapie tissulaire, chaîne cinétique ouverte puis fermée, proprioception et conditionnement, avec une infiltration de cortisone, s'est soldé par un retour au jeu sans douleur.25
  • Il évolue s'il est négligé. Une ténosynovite peut devenir sténosante et produire un ressaut permanent de l'hallux : stade auquel la ténolyse arthroscopique devient la solution, avec d'excellents résultats mais une chirurgie de plus.27
À retenir

Devant un conflit postérieur, la question utile n'est pas « y a-t-il un os trigone ? » mais « qu'est-ce qui, dans ce carrefour, fait mal chez ce patient ? ». Dans sept cas sur dix, le fléchisseur en fait partie, et c'est la composante que la kinésithérapie peut réellement changer.

Quelle rééducation, et avec quel niveau de preuve ?

Il faut annoncer la couleur avant de détailler les modalités : la conduite recommandée en première intention est celle dont la preuve est la plus faible. Ce n'est pas une contradiction à masquer, c'est l'état du champ.

L'aveu de la littérature

La revue systématique consacrée au traitement du conflit postérieur et de la ténosynovite du fléchisseur chez le danseur a identifié 27 publications rapportant des résultats chirurgicaux sur 376 chevilles. Côté conservateur, elle n'a trouvé que six publications, portant sur 33 chevilles de 28 danseurs, et conclut sans détour que cela « ne permet aucune recommandation fondée sur les preuves ».18 Les niveaux de preuve disponibles sont 4 et 5.

Cela ne veut pas dire que le traitement conservateur ne marche pas : les séries prospectives montrent le contraire. Cela veut dire que personne n'a comparé les modalités entre elles, et qu'aucune supériorité d'un protocole sur un autre n'est démontrée. Ce que l'on peut affirmer avec des chiffres, c'est le taux de succès global.

Deux séries, deux populations, un même ordre de grandeur

Proportion de patients résolus sans chirurgie, chez le footballeur professionnel et en population non sportive.

Traitement conservateur : 69,2 % de succès chez 26 footballeurs professionnels, 60,9 % chez 46 patients non sportifs Footballeurs professionnels 26 athlètes d'élite Population non sportive 46 patients 69,2 % sans chirurgie retour à l'entraînement : 36,3 jours (extrêmes 24-42) 60,9 % sans chirurgie après 3 mois de traitement en 2 temps retour au travail : 4,2 semaines

Sources : Kudaş S et al. Posterior ankle impingement syndrome in football players: Case series of 26 elite athletes. Acta Orthop Traumatol Turc. 2016;50(6):649-654. PMID 27919560 (niveau IV). Cengiz B, Moradi R, Karaoglu S. Posterior Ankle Impingement Syndrome in a Nonathletic Population. J Am Podiatr Med Assoc. 2023;113(4). PMID 35271461. Les deux séries sont non comparatives : les proportions ne s'opposent pas, elles se corroborent.

Les quatre leviers de la prise en charge

1. Adapter la charge, et le faire précisément

C'est le levier le plus documenté indirectement, par l'épidémiologie plutôt que par les essais. Rappelons que 35,3 % des danseurs professionnels désignent la charge de travail excessive comme cause première de leurs problèmes.15 Adapter la charge ne signifie pas arrêter :

  • Retirer l'amplitude terminale, garder le volume. Un danseur peut continuer à travailler la barre, le centre et la condition physique en limitant temporairement les pointes et les relevés maximaux. Un footballeur peut courir et jouer en réduisant les frappes en coup de pied.
  • Compter, ne pas estimer. Nombre de relevés par cours, nombre de frappes par séance, minutes sur pointes : ce sont ces variables qu'on module, et il faut les chiffrer pour les moduler.
  • Utiliser une talonnette pour limiter passivement l'amplitude en dorsiflexion et modifier l'appui, mesure classique décrite dans les revues du champ.23
  • Adapter le chaussage : chausson de pointe usé, boîte trop molle, chaussure de football à crampons inadaptée ; ce sont des paramètres modifiables gratuitement.

2. Restaurer la capacité du triceps sural

C'est le déficit fonctionnel mesuré. Comparés à des danseurs et athlètes appariés sur l'âge, le sexe et l'activité, les sportifs porteurs d'un conflit postérieur réalisent significativement moins de répétitions au test d'endurance en montée sur pointe unipodale (P = 0,02).9

La réserve à poser tout de suite : cette étude compte dix sujets par groupe. C'est une piste solide et cohérente avec la clinique, pas une preuve robuste. Elle justifie de mesurer le test chez chaque patient et de le travailler s'il est déficitaire ; elle ne démontre pas qu'améliorer le test guérit le conflit.

En pratique : progression classique de montées sur pointe, d'abord bipodales puis unipodales, genou tendu puis genou fléchi pour solliciter le soléaire, en évitant l'amplitude terminale douloureuse au début ; on travaille dans l'amplitude disponible et indolore, qu'on élargit à mesure que la sensibilité diminue.

3. Traiter le long fléchisseur de l'hallux

Puisqu'il est atteint dans près de sept cas sur dix, il mérite un travail dédié :

  • Glissement tendineux : mobilisation active de l'hallux dans différentes positions de cheville, pour restaurer la course du tendon dans sa poulie.
  • Renforcement progressif du fléchisseur : flexion résistée de l'hallux, puis travail en charge sur demi-pointe avec contrôle de l'appui du premier rayon.
  • Correction des contraintes en amont : un hallux qui manque d'extension impose au tendon de travailler en tension permanente sur demi-pointe.
  • Thérapie tissulaire locale, décrite dans le protocole conservateur détaillé du seul cas clinique publié avec description complète du programme.25

4. Travailler la technique, et l'instabilité perçue

Le second résultat de l'étude sur les déficits fonctionnels est peut-être le plus surprenant : les sportifs avec conflit postérieur rapportent une instabilité perçue significativement plus marquée au questionnaire de Cumberland (P = 0,004), sans différence d'amplitude articulaire ni de score de Beighton.9 Un patient avec conflit postérieur peut donc se plaindre de dérobements : voir l'instabilité chronique de la cheville pour le cadre complet de cette plainte, dont le mécanisme est différent.

Côté technique de pointe, les cibles habituelles : alignement du bloc pied-cheville-genou sur demi-pointe et sur pointe, éviter le passage en supination du bloc calcanéen, contrôle de la descente de pointe plutôt que sa chute, qualité du demi-plié d'amortissement. Ces éléments relèvent de la coopération avec le professeur de danse plus que de la salle de rééducation.24

Les modalités face à leur niveau de preuve

Modalités thérapeutiques et niveau de preuve disponible

Appréciation éditoriale appliquant les principes GRADE, non la reprise d'une évaluation GRADE publiée : aucune n'existe pour cette pathologie.

Cartes de niveau de preuve : aucune modalité conservatrice ne dépasse le niveau très faible à faible ; la chirurgie atteint un niveau faible à modéré NIVEAU FAIBLE À MODÉRÉ : le mieux étayé du sujet Chirurgie après échec conservateur (endoscopique ou ouverte) Méta-analyse de 32 études ; bons résultats constants, mais aucune étude randomisée en dehors d'une seule NIVEAU FAIBLE : séries prospectives concordantes, aucune comparaison Traitement conservateur global : adaptation de charge + rééducation 61 à 69 % de succès sur deux séries indépendantes (n = 46 et n = 26), sans groupe contrôle NIVEAU FAIBLE : décrit dans les algorithmes, jamais comparé Infiltration de corticoïde échoguidée, en deuxième intention Étape intermédiaire des séries publiées ; aucun essai contrôlé, aucun chiffre d'efficacité isolée NIVEAU TRÈS FAIBLE : cohérence physiopathologique, données indirectes Renforcement du triceps sural et du fléchisseur, travail technique Déficit mesuré sur 10 sujets contre 10 ; aucune étude n'a testé la correction de ce déficit NIVEAU TRÈS FAIBLE : usage établi, preuve absente Talonnette, adaptation du chaussage, anti-inflammatoires Mesures citées dans toutes les revues, évaluées dans aucune

Cotation éditoriale appliquant les principes GRADE aux sources suivantes : Zwiers et al., Am J Sports Med 2022 (PMID 34048272) ; Kudaş et al., Acta Orthop Traumatol Turc 2016 (PMID 27919560) ; Cengiz et al., J Am Podiatr Med Assoc 2023 (PMID 35271461) ; Baillie et al., Clin J Sport Med 2024 (PMID 38507243) ; Rietveld et al., J Dance Med Sci 2018 (PMID 29510786) ; Ishibashi et al., Clin Podiatr Med Surg 2023 (PMID 36368844). Aucune évaluation GRADE publiée n'existe sur ce sujet.

Deux patients sur trois guérissent sans chirurgie, et nous ne savons pas dire lequel de nos gestes y contribue. Assumer cette ignorance vaut mieux que de vendre un protocole que la littérature ne soutient pas.

À retenir

Trois mois de traitement conservateur bien conduit avant d'envisager autre chose : c'est le délai retenu par les deux séries publiées, et environ deux patients sur trois n'iront pas plus loin. Le contenu de ce traitement (charge, triceps, fléchisseur, technique) est cohérent physiologiquement et faiblement étayé. Le dire au patient fait partie du soin.

Quand la chirurgie devient-elle légitime, et qu'attendre d'elle ?

Après échec d'un traitement conservateur mené trois mois. Les résultats publiés sont bons, homogènes, et reposent presque entièrement sur des séries rétrospectives : il faut donner les deux informations ensemble.

Voie ouverte ou endoscopique

La technique endoscopique à deux voies en décubitus ventral, décrite en 2000 sur le cas d'une danseuse professionnelle porteuse d'un os trigone bilatéral et d'une tendinite chronique du fléchisseur, est aujourd'hui la plus employée.20 Elle permet d'accéder au compartiment postérieur, à la sous-talienne et au fléchisseur par le même abord.

Une méta-analyse de 32 études a comparé les deux voies :

Voie ouverte contre voie endoscopique dans le conflit postérieur, méta-analyse de 32 études
CritèreVoie ouverteVoie endoscopiqueDifférence
Score AOFAS postopératoire88,0 (IC95 82,1-94,4)94,4 (IC95 93,1-95,7)non significative
Satisfaction bonne ou excellente0,91 (IC95 0,86-0,96)0,86 (IC95 0,79-0,94)non significative
Délai de retour à l'activité10,8 semaines (7,4-15,9)8,9 semaines (7,6-10,4)non significative
Complications, toutes études0,15 (IC95 0,11-0,19)0,08 (IC95 0,05-0,14)
Complications, hors études de faible qualité0,24 (IC95 0,14-0,35)0,02 (IC95 0,00-0,06)significative
Complications mineures, hors études de faible qualité0,14 (IC95 0,09-0,20)0,03 (IC95 0,01-0,05)significative

Source : Zwiers R, Miedema T, Wiegerinck JI, Blankevoort L, van Dijk CN. Open Versus Endoscopic Surgical Treatment of Posterior Ankle Impingement: A Meta-analysis. Am J Sports Med. 2022;50(2):563-575. PMID 34048272.

Ce tableau se lit dans les deux sens, et il faut le lire honnêtement. Le résultat fonctionnel et le délai de retour ne diffèrent pas significativement : l'endoscopie n'est pas magique. En revanche, quand on exclut les études de mauvaise qualité méthodologique, l'écart de complications devient net : 2 % contre 24 %. C'est sur la sécurité, pas sur la performance, que l'endoscopie se distingue.

Ce qu'on peut promettre, et à qui

Délais de retour à l'activité selon la population et la voie

Les chiffres proviennent d'études différentes sur des populations différentes : ils se lisent en ordres de grandeur, non en comparaison directe.

Délais de retour : footballeur traité sans chirurgie 5,2 semaines, footballeur opéré 7,1 semaines, danseur toutes chirurgies 11 semaines, danseur avec ténosynovite isolée du fléchisseur 16 semaines 0 5 10 15 20 semaines Footballeur, conservateur 36,3 jours 5,2 sem. Footballeur, opéré 49,8 jours 7,1 sem. Danseur, toutes chirurgies extrêmes 4 à 36 11 sem. Danseur, fléchisseur isolé extrêmes 8 à 36 16 sem. Flèches : l'étendue publiée se poursuit au-delà du graphique, jusqu'à 36 semaines. Le retour est plus long quand c'est le tendon, pas l'os, qui est en cause.

Sources : Kudaş et al., Acta Orthop Traumatol Turc 2016 (PMID 27919560) pour les footballeurs, en semaines converties depuis les jours publiés (36,3 et 49,8 jours) ; Rietveld et al., J Dance Med Sci 2018 (PMID 29510786) pour les danseurs. Populations et critères de reprise différents : aucune comparaison statistique n'est possible entre ces barres.

Ce que les séries permettent d'annoncer :

  • Chez le danseur opéré : résultat bon à excellent dans 89 % des cas, retour à la danse à 11 semaines en moyenne mais avec une fourchette réelle de 4 à 36 semaines, et 16 semaines si le fléchisseur est seul en cause.18
  • Chez le footballeur professionnel : sur huit joueurs opérés, tous sont revenus à leur niveau antérieur en 49,8 jours en moyenne, sans complication ni récidive à 36,5 mois de recul moyen.16
  • En population non sportive : AOFAS de 66,4 à 96,8, EVA de 6,4 à 0,9, retour au travail en 4,2 semaines, mais 11,1 % de dysesthésies du nerf sural.17
Les limites qu'il faut énoncer avec les résultats
  • Les séries sont petites et rétrospectives. Les 376 chevilles de la revue chez le danseur proviennent de 27 publications, soit une moyenne de 14 chevilles par étude, aux niveaux de preuve 4 et 5.
  • Une seule étude randomisée existe dans tout le champ de la comparaison ouvert/endoscopique.
  • La recommandation la plus forte du domaine est de grade Cf : c'est-à-dire fondée sur des preuves de faible qualité.21
  • Les études ne rapportent presque jamais les caractéristiques spécifiques à la danse (style, niveau, volume), ce qui empêche de savoir à quel danseur s'appliquent ces délais.18
À retenir

La chirurgie donne de bons résultats après échec conservateur. L'endoscopie n'améliore pas le score fonctionnel ni le délai de retour, mais divise les complications dans les études de bonne qualité. Le délai à annoncer dépend de ce qu'on opère : environ 11 semaines pour le danseur, 16 si c'est le fléchisseur.

Que nous apprennent des cas cliniques concrets ?

Cinq cas publiés et indexés, choisis parce que chacun illustre une erreur ou une décision que la littérature de synthèse ne montre pas. Aucun n'est reconstitué : ce sont des observations réelles, avec leurs identifiants.

Cas 1 : Quand le diagnostic d'os trigone est juste, et incomplet

Danseuse adolescente, douleur postérieure persistante au relevé. Le bilan initial, tomodensitométrie et échographie, conclut à un syndrome de l'os trigone, avec des anomalies autour du tendon du fléchisseur. Traitement adapté : 15 jours de repos et une kinésithérapie ciblée sur le glissement du fléchisseur.

Échec. Le réexamen retrouve une sensibilité localisée sur la facette talo-calcanéenne postérieure, et surtout une douleur reproduite en flexion plantaire maximale combinée à une pronation sous-talienne forcée. L'échographie dynamique montre une lésion intra-articulaire hypoéchogène qui migre au pincement de l'interligne et reproduit les symptômes ; la TDM confirme une sclérose sous-chondrale et une irrégularité osseuse de la facette postérieure. Diagnostic final : arthrite sous-talienne. Une infiltration intra-articulaire échoguidée résout rapidement la douleur, avec retour au sport complet en 60 jours et aucune récidive à 90 jours.26

Ce que le cas enseigne. L'os trigone était bien là, et il n'était pas le problème. C'est l'illustration clinique du chiffre de 15,3 % : trouver l'os ne dispense pas de chercher ce qui l'accompagne. Le test modifié, flexion plantaire plus pronation, a fait ce que l'imagerie statique n'avait pas fait.

Cas 2 : L'entorse qui n'en était plus une

Homme de 37 ans, douleur postéro-latérale de cheville exacerbée par la flexion plantaire, deux semaines après une entorse en inversion, avec œdème et sensation d'instabilité à la marche. Le diagnostic initial d'entorse latérale est révisé à l'examen : une ténosynovite de la gaine du long fléchisseur de l'hallux est suspectée cliniquement, puis confirmée par IRM.

Prise en charge sur 14 semaines : thérapie des tissus mous, programme de rééducation détaillé associant chaîne cinétique ouverte, chaîne fermée, proprioception et conditionnement, et une infiltration de cortisone. Retour au jeu sans douleur, sans limitation dans les activités quotidiennes.25

Ce que le cas enseigne. Une douleur postérieure qui persiste après une entorse mérite un réexamen, pas une prolongation du protocole d'entorse. Il rappelle aussi que le conflit postérieur n'est pas réservé aux danseuses : c'est ici un adulte sportif ordinaire, après un traumatisme banal.

Cas 3 : La rééducation après exérèse, décrite pas à pas

Danseuse préprofessionnelle adolescente avec un long passé de douleur postérieure du talon gauche, débutée à l'âge de 8 ans, ayant conduit à l'exérèse chirurgicale d'un os trigone à 15 ans. Suivi postopératoire : 22 séances sur 20 semaines, associant exercices thérapeutiques, réapprentissage neuromusculaire et thérapie manuelle, avec des tests et critères de retour à la danse pour progresser vers la reprise sans restriction.

Résultat : récupération complète des amplitudes, de la force et de l'équilibre, amélioration des scores rapportés, retour complet à la danse. Les auteurs insistent sur trois points : dépistage de l'hypermobilité, communication avec le professeur de danse, connaissance de la biomécanique spécifique à la danse.24 Niveau de preuve 5.

Ce que le cas enseigne. Vingt semaines de rééducation après une chirurgie souvent présentée comme mineure. C'est un ordre de grandeur utile à donner, et il dépasse le délai moyen de retour à la danse de la littérature : signe que « reprendre la danse » et « avoir terminé sa rééducation » ne sont pas la même chose.

Cas 4 : Quand la ténosynovite devient sténosante

Danseuse de 16 ans en formation professionnelle, deux ans de douleur et de gonflement de la cheville droite, avec ressaut de l'hallux et craquement audible à l'extension active. L'IRM confirme une ténosynovite du fléchisseur. Traitement par ténolyse arthroscopique postérieure : le tendon était enserré par le tissu fibreux de sa gaine.

Soulagement immédiat du ressaut, reprise de la danse à 6 semaines. Huit mois plus tard, les mêmes symptômes apparaissent du côté opposé : même diagnostic, même geste, même soulagement immédiat. Asymptomatique des deux côtés à 5 et 4 ans de recul.27

Ce que le cas enseigne. Deux ans d'évolution avant le diagnostic, pour un signe, le ressaut de l'hallux, qui s'examine en dix secondes. Et la bilatéralité, cohérente avec le tiers de formes bilatérales de l'os trigone : ce qui touche une cheville de danseuse touche souvent l'autre, plus tard.

Cas 5 : Le mime parfait

Trois athlètes, douleur postérieure de cheville évoluant depuis plus d'un an, aggravée par l'activité sportive et par la flexion plantaire forcée, soulagée par le repos. Le tableau clinique est celui d'un conflit postérieur. L'IRM ou la TDM montrent du tissu musculaire ectopique : un muscle soléaire accessoire. Les trois ont été opérés par exérèse via un abord postéro-médial, avec disparition de la douleur, amélioration fonctionnelle et retour au sport sans complication ni récidive.28

Ce que le cas enseigne. Le conflit postérieur est un diagnostic clinique, ce qui veut aussi dire qu'il ne se protège pas tout seul des imposteurs. Une douleur qui coche toutes les cases mais ne cède pas au traitement bien conduit justifie d'imager, précisément pour chercher ce genre de variante.

Le fil commun de ces cinq cas

Dans quatre cas sur cinq, le premier diagnostic était incomplet ou faux, et c'est le réexamen, pas une imagerie supplémentaire, qui a redressé la trajectoire. Le cinquième, à l'inverse, montre le moment où l'imagerie devient indispensable : quand un traitement correct échoue sur un tableau typique.

Comment appliquer concrètement en pratique ?

Ce chapitre condense l'article en gestes. Il est écrit pour être relu avant une consultation.

À la première consultation

  1. Faire préciser le geste, pas la zone. « Que faisiez-vous exactement quand ça fait mal ? » Pointe de pied forcée oriente vers le conflit ; frottement de chaussure vers Haglund ; course et sauts vers l'Achille.
  2. Dater et contextualiser. Reprise après coupure, montée en répétitions, passage aux pointes, changement de chaussage, entorse récente. La charge est le premier facteur cité par les danseurs eux-mêmes.
  3. Faire le test de flexion plantaire passive forcée, genou fléchi, par mouvements rapides et répétés. Positif seulement s'il reproduit LA douleur du patient.
  4. Ajouter les variantes : composante rotatoire pour latéraliser, pronation sous-talienne forcée pour tester la sous-talienne.
  5. Examiner le fléchisseur systématiquement : palpation dynamique rétro-malléolaire médiale, recherche de crépitation et de ressaut de l'hallux, mise en tension comparative.
  6. Mesurer le test de montée sur pointe unipodale des deux côtés, et noter le nombre de répétitions. C'est le seul déficit fonctionnel documenté.
  7. Passer les drapeaux rouges en revue avant de mobiliser en force.

Ce qu'il faut dire au patient

  • « Votre cheville n'est pas abîmée, elle bute. » Le conflit est un problème de contrainte répétée en fin d'amplitude, pas une lésion dégénérative.
  • « Deux personnes sur trois s'en sortent sans opération. » C'est vrai dans les deux séries publiées, chez le sportif de haut niveau comme chez le non-sportif.
  • « On ne va pas vous arrêter, on va modifier ce qui déclenche. » L'adaptation de la charge n'est pas le repos.
  • « Si on fait une IRM, ce sera pour écarter autre chose. » Prévenir que l'IRM montrera probablement quelque chose évite que le compte rendu ne fasse plus de mal que la douleur.
  • « Comptez trois mois avant de décider de la suite. » C'est le délai utilisé par les protocoles publiés.

Trame de progression sur douze semaines

Trame de progression indicative : synthèse éditoriale, non un protocole validé
PhaseObjectif principalContenuCritère pour passer à la suite
Semaines 1-3
Calmer
Retirer le déclencheur sans arrêter l'activité Suppression temporaire de l'amplitude terminale ; maintien du volume par des tâches non provocantes ; talonnette si utile ; mobilité de l'hallux et glissement tendineux indolores Douleur au test de provocation nettement diminuée ; activités de base indolores
Semaines 3-6
Charger
Restaurer la capacité du triceps et du fléchisseur Montées sur pointe bipodales puis unipodales, genou tendu puis fléchi, dans l'amplitude indolore ; flexion résistée de l'hallux ; renforcement global du membre inférieur Test de montée sur pointe unipodale symétrique au côté sain
Semaines 6-9
Réintroduire l'amplitude
Retrouver la fin d'amplitude sous contrôle Élargissement progressif de l'amplitude travaillée ; travail en demi-pointe puis pointe pour le danseur ; frappes progressives pour le footballeur ; contrôle du bloc calcanéen Amplitude terminale tolérée en charge, sans douleur résiduelle le lendemain
Semaines 9-12
Réexposer
Remonter la charge spécifique Retour progressif au volume de relevés, de pointes ou de frappes, chiffré et négocié avec l'encadrement ; travail technique ciblé Volume antérieur atteint sans réapparition douloureuse ; sinon, réévaluer le diagnostic

Cette trame est une construction éditoriale assemblant les principes des protocoles décrits par Kudaş et al. (PMID 27919560), Cengiz et al. (PMID 35271461), Senécal & Richer (PMC4915470) et Filipa & Barton (PMID 29113569). Aucun protocole de rééducation n'a été validé par essai contrôlé dans cette pathologie ; les durées sont indicatives et se calent sur le délai de trois mois retenu par les séries publiées.

Quand adresser

  • Échec de trois mois de traitement conservateur bien conduit et bien suivi.
  • Ressaut permanent de l'hallux avec blocage : la sténose constituée relève de la ténolyse.
  • Doute diagnostique persistant sur un tableau typique qui ne cède pas : imager pour chercher un soléaire accessoire, une fracture méconnue, une atteinte sous-talienne.
  • Contexte professionnel contraint, danseur ou joueur en cours de saison, où la décision doit être prise avec le staff médical, en connaissant les délais respectifs des deux voies.
  • Tout drapeau rouge, sans délai.

Questions fréquentes

Un os trigone doit-il être retiré parce qu'il est là ?

Non. Il est présent chez environ 9 % de la population générale1 et chez la moitié des danseurs professionnels sans douleur.5 Sa présence n'est pas une indication. Ce qui indique un geste, c'est une clinique concordante résistant au traitement conservateur.

Faut-il faire une IRM pour poser le diagnostic ?

Non. Chez 82 danseurs et athlètes d'élite, les signes IRM n'étaient associés ni à la douleur, ni au test de provocation, ni aux scores fonctionnels, et ne différaient pas entre porteurs et non-porteurs du diagnostic clinique.6 L'imagerie sert à écarter un différentiel ou à préparer une décision chirurgicale.

Le conflit postérieur touche-t-il seulement les danseuses ?

Non, même si la danse classique en concentre une grande part. Il est décrit chez le footballeur (où il représente 62 % des conflits de cheville et reste 1,7 fois plus fréquent que le conflit antérieur14), chez le gymnaste, le plongeur, le lanceur rapide de cricket, et en population non sportive, où une série de 46 patients a été publiée.17

Peut-on continuer à danser ou à jouer pendant le traitement ?

Le plus souvent oui, à condition de retirer précisément le geste provocateur, l'amplitude terminale, tout en conservant le reste. Chez 26 footballeurs professionnels traités selon un algorithme conservateur, 18 sont revenus à l'entraînement en 36 jours en moyenne sans chirurgie.16

Quelle différence exacte avec la maladie de Haglund ?

Le geste déclenchant. Le conflit postérieur fait mal quand le pied se tend : pointe forcée, relevé, frappe. La maladie de Haglund fait mal quand la chaussure frotte l'angle postéro-supérieur du calcanéus, et se calme pieds nus ou en chaussure ouverte.31 Le conflit est profond et invisible, Haglund donne une tuméfaction visible. Les populations diffèrent aussi : jeunes sportifs d'un côté, adultes autour de la quarantaine de l'autre.32

Le test de flexion plantaire forcée est-il fiable ?

Il est le pivot du diagnostic, mais sa sensibilité et sa spécificité n'ont jamais été publiées pour le conflit postérieur. Les valeurs de 95 % et 88 % qu'on lui attribue souvent proviennent d'un test différent, portant sur le conflit synovial antéro-latéral.8

Combien de temps avant de reprendre après une opération ?

Chez le danseur, 11 semaines en moyenne toutes chirurgies confondues, avec une fourchette réelle de 4 à 36 semaines ; 16 semaines si la ténosynovite du fléchisseur est isolée.18 Chez le footballeur professionnel, environ 50 jours.16 Et un cas clinique détaillé de rééducation post-exérèse décrit 20 semaines de suivi avant la reprise sans restriction.24

Vaut-il mieux l'endoscopie ou la voie ouverte ?

Le score fonctionnel, la satisfaction et le délai de retour ne diffèrent pas significativement entre les deux. L'endoscopie se distingue sur les complications : 2 % contre 24 % lorsqu'on exclut les études de faible qualité méthodologique.19

Une infiltration règle-t-elle le problème ?

Elle occupe une place d'étape intermédiaire dans les algorithmes publiés, entre la rééducation et la chirurgie,16 et elle a permis un retour au sport en 60 jours dans un cas d'arthrite sous-talienne associée.26 Mais aucun essai contrôlé n'a mesuré son efficacité propre dans cette indication.

Ce conflit peut-il apparaître après une entorse ?

Oui. Chez le footballeur professionnel, 53 % des conflits postérieurs ont un début aigu.14 Et un cas publié décrit une entorse en inversion dont la douleur persistante s'est révélée être une ténosynovite du fléchisseur.25 Voir l'entorse latérale de cheville pour la prise en charge initiale.

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Note méthodologique. Chaque référence a été confrontée à l'API E-utilities du NCBI avant citation : existence du PMID, liste d'auteurs, revue, année, pagination et DOI, puis lecture du résumé pour vérifier que la source établit bien ce qui lui est attribué. Les niveaux de preuve du tableau des modalités sont une appréciation éditoriale appliquant les principes GRADE, et non la reprise d'une évaluation GRADE publiée : aucune n'existe sur ce sujet. La recommandation formelle la plus forte du champ est de grade Cf, c'est-à-dire fondée sur des preuves de faible qualité.21 La CIM-11 ne comporte aucune entité correspondant au conflit postérieur de cheville ni à l'os trigone : le balisage structuré de cette page ne porte donc pas de code, plutôt qu'un code approchant. Article rédigé le 15 août 2026.

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