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Aides à l'installation en Île-de-France : cinq départements, et pas un de plus

La Région finance 50 % des travaux et équipements, plafonnés à 10 000 euros. Mais la zone très sous-dotée doit être dans l'un des cinq départements nommés.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


La Région finance la moitié des travaux et des équipements d'une première installation libérale, jusqu'à dix mille euros. La condition qui élimine le plus de candidats n'est ni le taux ni le plafond : c'est une liste de cinq départements, dont Paris ne fait pas partie.

Ce que cette page a lu, et quand.
  • La page du dispositif régional « Soutien à l'installation des professionnels de santé libéraux exerçant seuls ou en cabinet de groupe », ouverte le 31 août 2026 sur le site de la Région Île-de-France, et lue dans le rendu de la page elle-même.
  • Cette page ne porte aucune date de mise à jour visible et ne cite aucune délibération. Nous le signalons plutôt que de le masquer.
  • Un chiffre différent circulait dans nos recherches préparatoires. Nous avons retenu celui qui figure sur la page du dispositif, et lui seul.
  • La moitié nationale du sujet, les trois contrats conventionnels, est traitée dans notre article sur le conventionnement et le zonage.

Deux étages d'aide, et deux financeurs

Un kiné qui s'installe en Île-de-France peut relever de deux dispositifs distincts, qui n'ont ni le même financeur, ni le même objet. Le premier est national : ce sont les contrats conventionnels signés avec l'Assurance Maladie, qui versent une somme forfaitaire contre un engagement d'activité dans une zone très sous-dotée. Le second est régional : c'est une subvention d'investissement, calculée sur des dépenses réelles et justifiées.

La confusion entre les deux est fréquente, et elle coûte cher, parce qu'ils ne s'obtiennent pas de la même manière ni auprès du même guichet.

Les deux étages d'aide à l'installation : les contrats conventionnels nationaux versés par l'Assurance Maladie contre un engagement d'activité, et la subvention régionale d'investissement calculée sur des dépenses réelles Deux dispositifs, deux logiques National, Assurance Maladie une somme forfaitaire, versée contre un engagement d'activité dans la zone et un nombre d'actes à atteindre Régional, Île-de-France une subvention d'investissement, sur présentation du récapitulatif des dépenses réellement réalisées L'exclusion de cumul posée par le dispositif régional vise une autre subvention RÉGIONALE sur le même projet. Elle ne vise pas les contrats conventionnels, qui relèvent d'un autre financeur et d'un autre texte.
Les montants et les conditions des contrats conventionnels figurent dans notre article consacré au conventionnement et au zonage.

La condition qui élimine, et que personne ne met en avant

Le dispositif régional pose deux filtres géographiques successifs, et c'est le second qui surprend. Le premier est celui que l'on attend : le projet doit concerner « les territoires les plus déficitaires en offre de soins », soit les zones d'intervention prioritaire pour les médecins et, pour les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers, les zones très sous-dotées.

Le second est écrit juste après : « Par ailleurs, ces territoires doivent être situés dans les départements de grande couronne, Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91), Val d'Oise (95), ou en Seine-Saint-Denis (93). » Une zone très sous-dotée située ailleurs en Île-de-France ne suffit donc pas.

Les cinq départements que le dispositif nomme, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise et Seine-Saint-Denis, et les trois qui n'y figurent pas, Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne La liste, telle que le dispositif l'écrit Dans le champ Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Essonne (91) Val-d'Oise (95) Seine-Saint-Denis (93) Absents de la liste Paris (75) Hauts-de-Seine (92) Val-de-Marne (94) le dispositif ne les nomme pas Les deux conditions se cumulent : il faut une zone très sous-dotée ET l'un de ces cinq départements. Le classement des zones est arrêté par l'agence régionale de santé et change : vérifiez la vôtre avant tout.
Les intitulés et les numéros sont ceux que la page du dispositif emploie. Nous n'ajoutons aucun territoire qu'elle ne nomme pas.

Le taux, les deux plafonds, et le seuil où le plafond mord

L'aide est « une aide en investissement pour les travaux d'installation et/ou pour l'acquisition d'équipement (médical, informatique ou mobilier) à hauteur de 50 % maximum des dépenses éligibles, dans la limite de 10 000 euros par professionnel concerné ». Et si plusieurs professionnels d'un même cabinet déposent une demande, « l'aide régionale est limitée à 20 000 euros par cabinet ».

De ces deux nombres se déduit un seuil que la page n'écrit pas : pour un professionnel seul, le plafond est atteint dès 20 000 euros de dépenses éligibles, puisque la moitié de cette somme vaut exactement 10 000 euros. Au-delà, une dépense supplémentaire n'apporte plus rien. Ce seuil est notre calcul.

Effet du taux de 50 pour cent et du plafond de 10 000 euros selon le montant des dépenses éligibles d'un professionnel seul : 3 000 euros d'aide pour 6 000 euros de dépenses, 7 500 pour 15 000, 10 000 pour 20 000, et toujours 10 000 pour 30 000 L'aide obtenue selon la dépense, pour un professionnel seul 6 000 EUR de dépenses 3 000 EUR 15 000 EUR de dépenses 7 500 EUR 20 000 EUR de dépenses 10 000 EUR 30 000 EUR de dépenses 10 000 EUR Largeurs proportionnelles : 0,052 unité par euro d'aide, l'axe partant de zéro à gauche. Les quatre montants sont notre calcul, appliqué au taux et au plafond publiés par le dispositif.
Les deux dernières barres sont identiques, et c'est le fait à retenir : le plafond mord à partir de vingt mille euros de dépenses éligibles.

Les conditions, une par une

ConditionCe que le dispositif exige
Première installationNouvellement diplômé, praticien hospitalier passant au libéral, praticien libéral quittant le remplacement pour un exercice en son nom, ou praticien nouvellement arrivé sur le territoire d'Île-de-France
ProfessionGénéralistes ou spécialistes de premier recours, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, sages-femmes
ZoneZone très sous-dotée pour les kinés, les infirmiers et les sages-femmes ; zone d'intervention prioritaire pour les médecins
DépartementSeine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise ou Seine-Saint-Denis
DépensesTravaux d'installation et acquisition d'équipement médical, informatique ou mobilier
DémarrageÀ partir du vote en commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé
CumulNon cumulable avec les subventions issues d'un autre dispositif régional portant sur le même projet
Le piège du calendrier

Le projet « doit démarrer à partir du vote en Commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé ». Autrement dit, des travaux engagés avant ce vote peuvent sortir du champ de l'aide. C'est la condition la plus facile à manquer, parce qu'elle porte sur une date que le candidat ne maîtrise pas.

Ce qui relève de l'autre étage

La subvention régionale finance des dépenses. Elle ne remplace pas les contrats conventionnels, qui fonctionnent autrement : une somme forfaitaire, un engagement d'activité, un nombre d'actes à atteindre dont la moitié dans la zone. Les deux peuvent se poser sur le même projet sans que l'exclusion de cumul du dispositif régional s'y oppose, puisqu'elle vise expressément un autre dispositif régional.

QuestionOù se trouve la réponse
Ma commune est-elle en zone très sous-dotéeAuprès de l'agence régionale de santé, qui arrête le classement et le fait évoluer
Combien versent les contrats conventionnelsNotre article sur le conventionnement et le zonage
Quelles formalités pour s'installerLes déclarations obligatoires et l'inscription à l'Assurance Maladie
Quelles contraintes pèsent sur le localLe lieu d'exercice et son accessibilité
Le montant exact de ma subventionLe règlement d'intervention et l'instruction du dossier, que cette page ne remplace pas
Les aides des autres régionsAilleurs : chaque région a son dispositif, et nous n'avons lu que celui-ci

Questions fréquentes

Quelle aide la Région Île-de-France verse-t-elle à un kiné qui s'installe ?

Une aide en investissement pour les travaux d'installation ou l'acquisition d'équipement médical, informatique ou mobilier, à hauteur de 50 % maximum des dépenses éligibles, dans la limite de 10 000 euros par professionnel concerné et de 20 000 euros par cabinet lorsque plusieurs professionnels déposent une demande.

Tous les départements franciliens sont-ils concernés ?

Non. Le dispositif exige que le territoire du projet se situe en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne, dans le Val-d'Oise ou en Seine-Saint-Denis. Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne ne figurent pas dans cette liste.

Quelle zone faut-il viser quand on est kiné ?

Les zones très sous-dotées. Le dispositif réserve les zones d'intervention prioritaire aux médecins et retient, pour les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers, les zones très sous-dotées. Ce classement est arrêté par l'agence régionale de santé et il change.

Qui peut déposer une demande ?

Les professionnels qui s'installent pour la première fois en exercice libéral, dans quatre situations que le dispositif énumère : nouvellement diplômés, praticiens hospitaliers passant au libéral, praticiens libéraux quittant le remplacement pour un exercice en leur nom, et praticiens nouvellement arrivés en Île-de-France.

À partir de quel montant de dépenses le plafond bloque-t-il ?

À 20 000 euros de dépenses éligibles pour un professionnel seul, puisque la moitié de cette somme atteint le plafond de 10 000 euros. Au-delà, l'aide n'augmente plus. Ce seuil est notre calcul à partir du taux et du plafond publiés.

Peut-on cumuler cette aide avec une autre ?

Pas avec une autre subvention régionale portant sur le même projet : le dispositif l'exclut expressément. Les contrats conventionnels signés avec l'Assurance Maladie relèvent d'un autre financeur et d'un autre texte, que cette exclusion ne vise pas.

Quand le projet peut-il démarrer ?

À partir du vote en commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé. Engager les travaux avant ce vote expose donc à sortir du champ de l'aide.

Les sources, une par une

  1. Région Île-de-France, dispositif « Soutien à l'installation des professionnels de santé libéraux exerçant seuls ou en cabinet de groupe », page du dispositif lue le 31 août 2026. Les citations entre guillemets en sont tirées mot pour mot. La page ne porte aucune date de mise à jour visible. Consulter la page du dispositif.
  2. Les contrats conventionnels et le zonage, avec leurs montants, leurs seuils d'actes et leur texte, dans notre article sur le conventionnement en zone non prioritaire.
  3. Les quatre montants d'aide de la figure et le seuil de vingt mille euros sont notre calcul, appliqué au taux de 50 % et au plafond de 10 000 euros publiés par le dispositif.

Ce que cette page ne fait pas. Elle ne cite aucune délibération : la page du dispositif n'en mentionne aucune, et nous n'avons pas ouvert le règlement d'intervention qu'elle propose au téléchargement. Elle ne dit pas si votre commune est classée en zone très sous-dotée, ce classement étant arrêté par l'agence régionale de santé et modifié périodiquement. Elle ne décrit pas la procédure d'instruction ni les pièces du dossier, qui relèvent de la plateforme régionale et non de cette page. Elle ne traite d'aucune autre région : chaque conseil régional a son propre dispositif, et nous n'avons lu que celui d'Île-de-France. Elle ne promet aucun montant : le taux est un maximum, et l'aide est versée sur présentation du récapitulatif des dépenses réellement réalisées.

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Derrière cet article

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Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

KinéIngénieur pédagogiqueDesign du soin
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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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