La Région finance la moitié des travaux et des équipements d'une première installation libérale, jusqu'à dix mille euros. La condition qui élimine le plus de candidats n'est ni le taux ni le plafond : c'est une liste de cinq départements, dont Paris ne fait pas partie.
- La page du dispositif régional « Soutien à l'installation des professionnels de santé libéraux exerçant seuls ou en cabinet de groupe », ouverte le 31 août 2026 sur le site de la Région Île-de-France, et lue dans le rendu de la page elle-même.
- Cette page ne porte aucune date de mise à jour visible et ne cite aucune délibération. Nous le signalons plutôt que de le masquer.
- Un chiffre différent circulait dans nos recherches préparatoires. Nous avons retenu celui qui figure sur la page du dispositif, et lui seul.
- La moitié nationale du sujet, les trois contrats conventionnels, est traitée dans notre article sur le conventionnement et le zonage.
Deux étages d'aide, et deux financeurs
Un kiné qui s'installe en Île-de-France peut relever de deux dispositifs distincts, qui n'ont ni le même financeur, ni le même objet. Le premier est national : ce sont les contrats conventionnels signés avec l'Assurance Maladie, qui versent une somme forfaitaire contre un engagement d'activité dans une zone très sous-dotée. Le second est régional : c'est une subvention d'investissement, calculée sur des dépenses réelles et justifiées.
La confusion entre les deux est fréquente, et elle coûte cher, parce qu'ils ne s'obtiennent pas de la même manière ni auprès du même guichet.
La condition qui élimine, et que personne ne met en avant
Le dispositif régional pose deux filtres géographiques successifs, et c'est le second qui surprend. Le premier est celui que l'on attend : le projet doit concerner « les territoires les plus déficitaires en offre de soins », soit les zones d'intervention prioritaire pour les médecins et, pour les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers, les zones très sous-dotées.
Le second est écrit juste après : « Par ailleurs, ces territoires doivent être situés dans les départements de grande couronne, Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91), Val d'Oise (95), ou en Seine-Saint-Denis (93). » Une zone très sous-dotée située ailleurs en Île-de-France ne suffit donc pas.
Le taux, les deux plafonds, et le seuil où le plafond mord
L'aide est « une aide en investissement pour les travaux d'installation et/ou pour l'acquisition d'équipement (médical, informatique ou mobilier) à hauteur de 50 % maximum des dépenses éligibles, dans la limite de 10 000 euros par professionnel concerné ». Et si plusieurs professionnels d'un même cabinet déposent une demande, « l'aide régionale est limitée à 20 000 euros par cabinet ».
De ces deux nombres se déduit un seuil que la page n'écrit pas : pour un professionnel seul, le plafond est atteint dès 20 000 euros de dépenses éligibles, puisque la moitié de cette somme vaut exactement 10 000 euros. Au-delà, une dépense supplémentaire n'apporte plus rien. Ce seuil est notre calcul.
Les conditions, une par une
| Condition | Ce que le dispositif exige |
|---|---|
| Première installation | Nouvellement diplômé, praticien hospitalier passant au libéral, praticien libéral quittant le remplacement pour un exercice en son nom, ou praticien nouvellement arrivé sur le territoire d'Île-de-France |
| Profession | Généralistes ou spécialistes de premier recours, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, sages-femmes |
| Zone | Zone très sous-dotée pour les kinés, les infirmiers et les sages-femmes ; zone d'intervention prioritaire pour les médecins |
| Département | Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise ou Seine-Saint-Denis |
| Dépenses | Travaux d'installation et acquisition d'équipement médical, informatique ou mobilier |
| Démarrage | À partir du vote en commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé |
| Cumul | Non cumulable avec les subventions issues d'un autre dispositif régional portant sur le même projet |
Le projet « doit démarrer à partir du vote en Commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé ». Autrement dit, des travaux engagés avant ce vote peuvent sortir du champ de l'aide. C'est la condition la plus facile à manquer, parce qu'elle porte sur une date que le candidat ne maîtrise pas.
Ce qui relève de l'autre étage
La subvention régionale finance des dépenses. Elle ne remplace pas les contrats conventionnels, qui fonctionnent autrement : une somme forfaitaire, un engagement d'activité, un nombre d'actes à atteindre dont la moitié dans la zone. Les deux peuvent se poser sur le même projet sans que l'exclusion de cumul du dispositif régional s'y oppose, puisqu'elle vise expressément un autre dispositif régional.
| Question | Où se trouve la réponse |
|---|---|
| Ma commune est-elle en zone très sous-dotée | Auprès de l'agence régionale de santé, qui arrête le classement et le fait évoluer |
| Combien versent les contrats conventionnels | Notre article sur le conventionnement et le zonage |
| Quelles formalités pour s'installer | Les déclarations obligatoires et l'inscription à l'Assurance Maladie |
| Quelles contraintes pèsent sur le local | Le lieu d'exercice et son accessibilité |
| Le montant exact de ma subvention | Le règlement d'intervention et l'instruction du dossier, que cette page ne remplace pas |
| Les aides des autres régions | Ailleurs : chaque région a son dispositif, et nous n'avons lu que celui-ci |
Questions fréquentes
Quelle aide la Région Île-de-France verse-t-elle à un kiné qui s'installe ?
Une aide en investissement pour les travaux d'installation ou l'acquisition d'équipement médical, informatique ou mobilier, à hauteur de 50 % maximum des dépenses éligibles, dans la limite de 10 000 euros par professionnel concerné et de 20 000 euros par cabinet lorsque plusieurs professionnels déposent une demande.
Tous les départements franciliens sont-ils concernés ?
Non. Le dispositif exige que le territoire du projet se situe en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne, dans le Val-d'Oise ou en Seine-Saint-Denis. Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne ne figurent pas dans cette liste.
Quelle zone faut-il viser quand on est kiné ?
Les zones très sous-dotées. Le dispositif réserve les zones d'intervention prioritaire aux médecins et retient, pour les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers, les zones très sous-dotées. Ce classement est arrêté par l'agence régionale de santé et il change.
Qui peut déposer une demande ?
Les professionnels qui s'installent pour la première fois en exercice libéral, dans quatre situations que le dispositif énumère : nouvellement diplômés, praticiens hospitaliers passant au libéral, praticiens libéraux quittant le remplacement pour un exercice en leur nom, et praticiens nouvellement arrivés en Île-de-France.
À partir de quel montant de dépenses le plafond bloque-t-il ?
À 20 000 euros de dépenses éligibles pour un professionnel seul, puisque la moitié de cette somme atteint le plafond de 10 000 euros. Au-delà, l'aide n'augmente plus. Ce seuil est notre calcul à partir du taux et du plafond publiés.
Peut-on cumuler cette aide avec une autre ?
Pas avec une autre subvention régionale portant sur le même projet : le dispositif l'exclut expressément. Les contrats conventionnels signés avec l'Assurance Maladie relèvent d'un autre financeur et d'un autre texte, que cette exclusion ne vise pas.
Quand le projet peut-il démarrer ?
À partir du vote en commission permanente régionale, sauf autorisation exceptionnelle de démarrage anticipé. Engager les travaux avant ce vote expose donc à sortir du champ de l'aide.
Les sources, une par une
- Région Île-de-France, dispositif « Soutien à l'installation des professionnels de santé libéraux exerçant seuls ou en cabinet de groupe », page du dispositif lue le 31 août 2026. Les citations entre guillemets en sont tirées mot pour mot. La page ne porte aucune date de mise à jour visible. Consulter la page du dispositif.
- Les contrats conventionnels et le zonage, avec leurs montants, leurs seuils d'actes et leur texte, dans notre article sur le conventionnement en zone non prioritaire.
- Les quatre montants d'aide de la figure et le seuil de vingt mille euros sont notre calcul, appliqué au taux de 50 % et au plafond de 10 000 euros publiés par le dispositif.
Ce que cette page ne fait pas. Elle ne cite aucune délibération : la page du dispositif n'en mentionne aucune, et nous n'avons pas ouvert le règlement d'intervention qu'elle propose au téléchargement. Elle ne dit pas si votre commune est classée en zone très sous-dotée, ce classement étant arrêté par l'agence régionale de santé et modifié périodiquement. Elle ne décrit pas la procédure d'instruction ni les pièces du dossier, qui relèvent de la plateforme régionale et non de cette page. Elle ne traite d'aucune autre région : chaque conseil régional a son propre dispositif, et nous n'avons lu que celui d'Île-de-France. Elle ne promet aucun montant : le taux est un maximum, et l'aide est versée sur présentation du récapitulatif des dépenses réellement réalisées.
La suite du dossier installation : le conventionnement et le zonage, les déclarations obligatoires, le local et son accessibilité et l'exonération en zone France ruralités revitalisation.



