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Contrat d'assistanat en kinésithérapie : écrit obligatoire, communiqué sous un mois, et le préavis qu'aucun texte ne fixe

Le contrat doit être écrit et transmis au conseil départemental sous un mois, avenants compris. Et aucun texte ne fixe la durée du préavis légal.

Posté par

Anthony BAILLON

Masseur-Kinésithérapeute


Les pages sur la rupture d'un contrat d'assistanat commencent par le préavis et annoncent « un à trois mois ». Elles passent à côté de deux obligations qui, elles, sont dans la loi : le contrat doit être écrit, et il doit être communiqué au conseil départemental de l'ordre dans le mois qui suit sa conclusion. Et elles donnent comme légale une durée de préavis qui ne l'est pas.

Vérifié le 31 août 2026. Quatre articles du code de la santé publique, lus dans leur version en vigueur :
  • article L. 4113-9, version en vigueur depuis le 28 décembre 2009 : l'écrit obligatoire, la communication dans le mois et la sanction des clauses incompatibles ;
  • article L. 4321-19, version en vigueur depuis le 1er janvier 2023 : le renvoi qui rend le précédent applicable aux masseurs-kinésithérapeutes ;
  • article R. 4321-107 : les conditions propres au remplacement ;
  • articles R. 4321-127 et R. 4321-128 : les contrats écrits exigés pour l'exercice au sein d'une entreprise ou d'une administration.
Trois repères : le contrat doit être écrit, il doit être communiqué au conseil départemental dans le mois suivant sa conclusion, et aucune durée légale de préavis n'existe Par écrit obligatoirement 1 mois pour le communiquer Aucune durée légale de préavis article L. 4113-9 avenants compris elle vient du contrat
Source : articles L. 4113-9 et L. 4321-19 du code de la santé publique.

L'écrit n'est pas une précaution, c'est une obligation

L'article L. 4113-9 du code de la santé publique est formel : « Toute personne physique ou morale passant un contrat avec un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme doit le faire par écrit. » Cette disposition s'applique aux masseurs-kinésithérapeutes par l'effet de l'article L. 4321-19, qui rend applicables à la profession les articles L. 4113-9 à L. 4113-14.

Autrement dit, un assistanat conclu sur une poignée de main n'est pas un arrangement souple : c'est un manquement à une obligation légale, et c'est aussi la garantie qu'en cas de désaccord sur le préavis ou sur la patientèle, aucune des deux parties ne pourra opposer quoi que ce soit à l'autre.

La communication au conseil départemental, dans le mois

Le même article impose de communiquer au conseil départemental de l'ordre les contrats relatifs à l'exercice de la profession, ainsi que ceux assurant au praticien l'usage du matériel et du local. Le délai est précis : dans le mois suivant la conclusion du contrat ou de l'avenant.

Chronologie : la signature du contrat ouvre un délai d'un mois pour le communiquer au conseil départemental de l'ordre, l'obligation valant aussi pour chaque avenant ultérieur Le compteur part de la signature, pas du début d'activité Conclusion du contrat ou de l'avenant Un mois pour communiquer Conseil départemental de l'ordre L'obligation vise aussi les contrats assurant l'usage du matériel et du local. Et elle se répète à chaque avenant, y compris pour une simple modification de rétrocession.
Source : article L. 4113-9 du code de la santé publique, version en vigueur depuis le 28 décembre 2009.
Ce que l'examen du contrat cherche

Le même article prévoit que les dispositions contractuelles incompatibles avec les règles de la profession exposent les contractants aux sanctions disciplinaires prévues à l'article L. 4124-6. La communication n'est donc pas un enregistrement de courtoisie : c'est le moment où une clause contraire à la déontologie peut être repérée avant de produire ses effets. Mieux vaut qu'elle le soit à ce stade qu'au moment de la rupture.

Ce que L. 4113-9 imposeFormulation du texte
La formeToute personne physique ou morale passant un contrat avec le professionnel doit le faire par écrit
L'objet de la communicationLes contrats relatifs à l'exercice de la profession, et ceux assurant l'usage du matériel et du local
Le destinataireLe conseil départemental de l'ordre
Le délaiDans le mois suivant la conclusion du contrat ou de l'avenant
La sanction des clauses non conformesLes dispositions incompatibles avec les règles de la profession exposent aux sanctions disciplinaires de l'article L. 4124-6

Le préavis : ce que les pages annoncent, et ce que les textes disent

On lit couramment que le préavis d'un contrat d'assistanat serait « d'un à trois mois ». Nous avons cherché la disposition qui fixerait cette durée dans le code de la santé publique. Nous ne l'avons pas trouvée.

Cela ne veut pas dire que ces durées sont fantaisistes : elles correspondent à ce que stipulent couramment les contrats, y compris les modèles diffusés par l'ordre. Mais leur force ne vient pas de la loi, elle vient de votre contrat. La conséquence pratique est nette : la seule durée qui vous engage est celle qui est écrite dans le document que vous avez signé, et aucune page web ne peut vous la donner.

Le réflexe utile

Avant toute conversation sur un départ, relisez trois clauses de votre contrat : la durée du préavis, les modalités de notification, et ce qui est prévu pour la patientèle. Ce sont les trois points sur lesquels les désaccords se cristallisent, et les trois qui figurent noir sur blanc dans un document que vous possédez déjà.

Les contrats types de l'ordre

Le conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes met à disposition des contrats types, dont un contrat type d'assistanat libéral, sur un site dédié aux contrats. Les conseils départementaux les diffusent également.

Leur intérêt n'est pas seulement pratique : partir d'un modèle validé par l'ordre réduit le risque qu'une clause soit jugée incompatible avec les règles de la profession au moment de l'examen du contrat.

Les contrats voisins, et leurs règles propres

SituationCe que le code exigeFondement
Contrat relatif à l'exercice de la professionÉcrit, et communiqué au conseil départemental dans le mois suivant sa conclusion, avenants comprisL. 4113-9, applicable par L. 4321-19
RemplacementRemplacement temporaire, par un confrère inscrit au tableau ; information préalable du conseil départemental avec les nom et prénoms du remplaçant, les dates et la durée ; contrat communiquéR. 4321-107
Exercice au sein d'une entreprise, d'une collectivité ou d'une institution privéeContrat écrit définissant les obligations respectives et les moyens de respecter la déontologie ; les projets peuvent être soumis au conseil départementalR. 4321-127
Exercice au sein d'une administration de l'État, d'une collectivité territoriale ou d'un établissement publicContrat écrit, communiqué au conseil départemental, sauf pour les agents titulaires ou dispositions législatives spécifiquesR. 4321-128
Quatre situations contractuelles et leur exigence commune : dans les quatre cas le code impose un écrit, et dans trois d'entre eux une communication au conseil départemental de l'ordre Quatre situations, une exigence commune Exercice de la profession écrit et communiqué sous un mois Remplacement information préalable, puis communication Entreprise ou institution privée écrit, projet soumis possible Administration publique écrit et communiqué
Sources : articles L. 4113-9, R. 4321-107, R. 4321-127 et R. 4321-128 du code de la santé publique.

Les quatre choses à faire, dans l'ordre

  • Retrouver le contrat signé, et l'avenant s'il y en a eu

    C'est lui qui porte le préavis. S'il n'existe pas d'écrit, la difficulté commence là, et elle est double : rien à opposer, et une obligation légale non respectée par les deux parties.

  • Vérifier que le contrat a bien été communiqué

    Cette formalité incombe aux parties, dans le mois suivant la conclusion. Si elle a été omise, la question se pose au moment où l'on veut se prévaloir du contrat.

  • Notifier selon les formes prévues au contrat

    Le code ne prescrit pas de forme particulière pour la rupture d'un contrat d'assistanat. C'est donc le contrat qui commande, et une notification écrite avec preuve de réception reste la solution la plus sûre.

  • Traiter la suite des soins

    La continuité de la prise en charge des patients relève des devoirs généraux du professionnel, quel que soit le sort du contrat. C'est un sujet distinct de celui de la « patientèle » entendue comme un actif.

Questions fréquentes

Un contrat d'assistanat doit-il obligatoirement être écrit ?

Oui. L'article L. 4113-9 du code de la santé publique, rendu applicable aux masseurs-kinésithérapeutes par l'article L. 4321-19, dispose que toute personne physique ou morale passant un contrat avec le professionnel doit le faire par écrit. Un accord verbal ne satisfait pas à cette obligation.

Faut-il transmettre le contrat à l'ordre, et dans quel délai ?

Oui, dans le mois suivant la conclusion du contrat. L'article L. 4113-9 impose la communication au conseil départemental de l'ordre des contrats relatifs à l'exercice de la profession, ainsi que de ceux assurant l'usage du matériel et du local. Cette obligation vise le contrat comme ses avenants.

Que risque-t-on si une clause du contrat est contraire à la déontologie ?

L'article L. 4113-9 prévoit que les dispositions contractuelles incompatibles avec les règles de la profession exposent les contractants aux sanctions disciplinaires prévues à l'article L. 4124-6 du code de la santé publique. C'est précisément l'objet de l'examen du contrat par le conseil départemental.

Quelle est la durée légale du préavis pour rompre un contrat d'assistanat ?

Aucune. Nous n'avons trouvé aucune disposition du code de la santé publique fixant une durée de préavis pour ce type de contrat. Les durées que l'on lit couramment, souvent d'un à trois mois, proviennent des contrats eux-mêmes et non d'un texte. La seule durée qui vous engage est celle que votre contrat stipule.

Existe-t-il un contrat type pour l'assistanat libéral ?

Oui. Le conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes met à disposition des contrats types, dont un contrat type d'assistanat libéral, sur un site dédié aux contrats. Les conseils départementaux les diffusent également.

Le remplacement obéit-il aux mêmes règles ?

Il a ses règles propres. L'article R. 4321-107 prévoit qu'un masseur-kinésithérapeute ne peut se faire remplacer que temporairement et par un confrère inscrit au tableau de l'ordre, qu'il doit informer préalablement le conseil départemental en indiquant les nom et prénoms du remplaçant ainsi que les dates et la durée du remplacement, et que le contrat de remplacement est communiqué dans les conditions de l'article L. 4113-9.

Quels autres contrats doivent être communiqués ?

L'obligation vise les contrats relatifs à l'exercice de la profession en général. Le code prévoit en outre expressément un contrat écrit pour l'exercice habituel de la masso-kinésithérapie au sein d'une entreprise, d'une collectivité ou d'une institution privée, ainsi qu'au sein d'une administration de l'État, d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public, ce dernier contrat étant communiqué au conseil départemental.

Sources

  1. Article L. 4113-9 du code de la santé publique, version en vigueur depuis le 28 décembre 2009 : obligation de contracter par écrit, communication au conseil départemental de l'ordre des contrats relatifs à l'exercice de la profession et de ceux assurant l'usage du matériel et du local dans le mois suivant la conclusion du contrat ou de l'avenant, et exposition aux sanctions disciplinaires de l'article L. 4124-6 pour les dispositions contractuelles incompatibles avec les règles de la profession. Consulter sur Légifrance.
  2. Article L. 4321-19 du code de la santé publique, version en vigueur depuis le 1er janvier 2023 : rend notamment applicables aux masseurs-kinésithérapeutes les articles L. 4113-9 à L. 4113-14. Consulter sur Légifrance.
  3. Articles R. 4321-107, R. 4321-127 et R. 4321-128 du code de la santé publique, section « Déontologie des masseurs-kinésithérapeutes » : conditions du remplacement, et contrats écrits exigés pour l'exercice au sein d'une entreprise ou d'une administration. Consulter sur Légifrance.
  4. Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, site dédié aux contrats, qui met à disposition les contrats types élaborés par le conseil national. Consulter sur contrats.ordremk.fr.

Ce que cette page ne fait pas : elle ne reproduit pas le contenu des contrats types, qui évoluent et dont seule la version diffusée par l'ordre fait foi. Elle ne se prononce pas sur la validité d'une clause de non-concurrence dans une situation donnée, question qui relève du droit des contrats et de l'appréciation d'un juge, et sur laquelle nous n'avons pas de texte spécifique à la profession à citer. Elle ne donne pas non plus de durée de préavis, pour la raison exposée plus haut : il n'en existe pas de légale. Sur un contrat précis, l'interlocuteur est votre conseil départemental, qui examine les contrats et peut faire des observations.

Redevance et rétrocession : l'argent ne va pas dans le même sens

Les deux mots se confondent souvent, alors qu'ils désignent des flux opposés. Dans un assistanat, c'est l'assistant qui verse une redevance au titulaire, en contrepartie de l'usage du cabinet et de son organisation. Dans un remplacement, c'est le titulaire qui verse une rétrocession au remplaçant, sur les honoraires qu'il a encaissés. Employer un mot pour l'autre dans un contrat ne change pas la réalité du flux, mais rend la clause ambiguë. Nous avons traité le second cas dans la fiche sur la rétrocession d'honoraires.

L'Ordre publie des modèles

Vous n'avez pas à rédiger seul. Le rapport d'activité 2025 du Conseil national l'indique à propos du contrôle des contrats par les conseils départementaux : « Des modèles de contrats sont régulièrement mis à disposition sur le site de l'Ordre. » Partir d'un modèle à jour évite l'omission la plus fréquente, celle d'une mention que le texte impose.

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Derrière cet article

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Anthony Baillon, kinésithérapeute et co-fondateur de Physio Learning
✍️ Auteur

Anthony Baillon

Kiné · co-fondateur de Physio Learning

Marqué à vie par son premier cours magistral de 4 heures sans une seule image, il a fait un M2 d'ingénierie pédagogique pour que ça n'arrive plus jamais à personne. Il traque les biais de publication et les diapos illisibles avec la même intransigeance.

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Robin Vervaeke, responsable scientifique de Physio Learning✓ Vérifié

Robin Vervaeke

Responsable scientifique

Kinésithérapeute spécialisé en neuro-musculosquelettique et diplômé d'un Master 2 en santé publique. Il valide la rigueur méthodologique de chaque article : sources primaires, niveaux de preuve, pas d'exception.

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