Pubalgie et tendinopathie des adducteurs : douleur inguinale du sportif MAJ 2026
En bref
La douleur à l'aine liée aux adducteurs (Adductor-Related Groin Pain) est la forme la plus fréquente de douleur inguinale du sportif, tendinopathie de surcharge du long adducteur ; l'accord de Doha 2015 a rendu le terme pubalgie obsolète. Le diagnostic clinique repose sur une triade : palpation douloureuse de l'insertion proximale du long adducteur, douleur à l'adduction contre résistance et squeeze test positif. La première ligne associe éducation, gestion de la charge et exercice progressif (protocole de Hölmich, Copenhagen Adduction), le repos complet étant délétère. Dans l'essai pivot de Hölmich, 79 % du groupe actif ont repris le sport sans douleur contre 14 % en traitement passif.
Synthèse clinique fondée sur l'accord de Doha 2015 (Weir BJSM, PMID 26031643), l'ECR pivot de Hölmich sur l'entraînement actif (Lancet 1999, PMID 9989714), le cadre evidence-based de Thorborg (JOSPT 2018, PMID 29510653) et le cluster-RCT préventif de Haroy sur le Copenhagen Adduction Exercise (BJSM 2019, PMID 29891614).
Synthèse clinique
- Le terme pubalgie est obsolète et imprecis. L'accord de Doha 2015 (Weir et al. BJSM, PMID 26031643) impose une classification clinique en 5 entités : douleur liée aux adducteurs (la plus fréquente), liée à l'iliopsoas, liée au pubis, liée à la region inguinale, liée à la hanche.
- La douleur a l'aine liée aux adducteurs (Adductor-Related Groin Pain, ARGP) représente la grande majorité des cas. Diagnostic clinique par triade : palpation douloureuse de l'insertion proximale du long adducteur sur le pubis + douleur a l'adduction contre resistance + squeeze test positif (Thorborg 2018 JOSPT, PMID 29510653).
- Incidence en football professionnel masculin : 1,2 blessure inguinale pour 1000 h de match. Les adducteurs sont la cause la plus fréquente.
- Facteurs de risque majeurs : antécédent de blessure inguinale (OR 2-7), faiblesse adductrice (eccentrique notamment), ratio force adducteurs/abducteurs < 80 %, diminution d'amplitude en rotation de hanche (Whittaker 2015 BJSM, Ryan 2014 BJSM, Mosler 2015 BJSM).
- Physiopathologie : tendinopathie de surcharge selon le modèle du continuum Cook-Purdam (BJSM 2009, PMID 18812414), défaillance de cicatrisation, non inflammatoire.
- Sans prise en charge active, évolution chronique fréquente avec arrêt de sport (données naturelles longitudinales). La chronicité est un marqueur de mauvais pronostic.
- Prise en charge de 1re ligne : éducation + gestion de la charge + exercice progressif. Le repos complet est delétere.
- Le protocole de Hölmich (Lancet 1999, PMID 9989714) est l'ECR pivot historique : 79 % de retour au sport sans douleur dans le groupe actif vs 14 % dans le groupe passif. Séquence : isométrie -> concentrique/excentrique progressif -> fonctionnel sport-spécifique.
- Le Copenhagen Adduction Exercise (Ishoi 2016 SJMSS, PMID 26589483) est l'exercice le mieux soutenu pour augmenter la force eccentrique adductrice (+9 a +36 % en 8 semaines).
- En prévention : l'Adductor Strengthening Programme (Haroy 2019 BJSM, PMID 29891614) réduit de 41 % le risque de blessure inguinale en football amateur.
- Thérapies adjuvantes (manuelle, ondes de choc) : utiles à court terme mais ne remplacent pas l'exercice actif progressif.
- Le retour au sport est dicte par des critères fonctionnels objectifs : symétrie de force adductrice > 90 %, ratio adducteurs/abducteurs > 80 %, squeeze test indolore, tolérance aux gestes sport-spécifiques.
- Surveillance par la règle des 24 h : douleur tolérable ≤ 4/10 pendant l'exercice et non aggravée a J+1.
- Mesurer les progrès'avec le HAGOS (Copenhagen Hip and Groin Outcome Score, Thorborg 2011 BJSM, PMID 21478502), questionnaire valide en 6 sous-échelles.
- Drapeaux rouges (trauma sévère, fièvre, perte de poids, antécédent néoplasique, douleur nocturne progressive) imposent imagerie / orientation médicale rapide.
Sommaire
- Quels sont les fondamentaux a connaître sur la pubalgie et tendinopathie des adducteurs ?
- Comment évaluer et diagnostiquer la tendinopathie des adducteurs avec certitude ?
- Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour la tendinopathie des adducteurs ?
- Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives ?
- Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur la pubalgie ?
- Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?
Quels sont les fondamentaux a connaître sur la pubalgie et tendinopathie des adducteurs ?
La douleur a l'aine du sportif (groin pain in athletes) regroupe un ensemble de tableaux cliniques longtemps confondus sous le terme générique de "pubalgie". Cette imprecision terminologique a freine la recherche, perturbe la communication entre cliniciens et conduit à des traitements mal cibles.¹ L'accord de Doha de 2015, conduit par 24 experts internationaux de 14 pays, a redefini cette nosologie en cinq entités cliniques distinctes, basées sur l'examen clinique : douleur liée aux adducteurs, a l'iliopsoas, au pubis, à la region inguinale, et à la hanche.¹ La douleur liée aux adducteurs (Adductor-Related Groin Pain, ARGP) en est la présentation la plus fréquente.²
Comment définir cette pathologie, qui est touche et quels sont les facteurs de risque ?
L'ARGP est définie par la présence simultanee de trois critères a l'examen clinique : (1) douleur à la palpation de l'insertion du tendon du long adducteur (adductor longus) sur le tubercule pubien, (2) douleur a l'adduction de hanche contre resistance, et (3) reproduction de la douleur familière lors du test de compression des hanches (squeeze test) en décubitus dorsal.¹,² Cette définition opérationnelle constitue désormais le standard pour la recherche et la pratique clinique.³
L'ARGP touche majoritairement une population sportive jeune et masculine, dans des disciplines combinant changements de direction rapides, accélérations, decelerations et frappes de balle. Le football masculin est le sport le plus étudié : les blessures inguinales y représentent 4 à 19 % de toutes les blessures rapportées selon les cohortes UEFA Élite Club Injury Study.⁴ Les blessures musculaires des adducteurs sont la cause la plus fréquente, avec une incidence d'environ 1,2 blessure pour 1000 heures de match.⁴ Le hockey sur glace, le rugby, le football australien et la course rapide présentent également une exposition élevée.⁵
Les facteurs de risque ont été robustement identifiés par les revues systématiques de Whittaker et al. (BJSM 2015, PMID 25833903), Ryan et al. (BJSM 2014, PMID 24795341) et Mosler et al. (BJSM 2015, PMID 26031646). Trois facteurs ressortent avec un niveau de preuve élevé :⁵,⁶,⁷
- Antécédent de blessure inguinale : facteur de risque le plus puissant, avec des Odds Ratio rapportés'entre 2 et 7 selon les cohortes. Cela souligne l'importance d'une rehabilitation complète et de programmes preventifs après'une première blessure.⁵
- Faiblesse des adducteurs, en particulier la force eccentrique. Les athletes ayant une force eccentrique inférieure à la médiane de leur cohorte ont un risque environ 4 fois plus élevé de blessure inguinale.⁷
- Déséquilibre de force adducteurs/abducteurs. Un ratio inférieur à 80 % est identifie comme seuil augmentant le risque. C'est le critère de force le plus utilisé pour orienter la rehabilitation et évaluer la readiness au retour.⁷
D'autres facteurs contributifs incluent : niveau compétitif plus élevé, diminution d'amplitude en rotation interne de hanche, asymétrie inter-membres, et exposition cumulative (acute:chronic workload ratio > 1,5).⁵,⁸
Que se passe-t-il dans le tendon et comment l'ARGP évolue-t-elle naturellement ?
La physiopathologie de l'ARGP s'inscrit dans le modèle du continuum de la pathologie tendineuse de Cook et Purdam (BJSM 2009, PMID 18812414), qui s'eloigne explicitement de l'idée d'une "tendinite" inflammatoire pure.¹³ Ce modèle décrit trois stades sequentiels mais non strictement irréversibles :¹³
- Tendinopathie réactive : réponse proliferative non inflammatoire à une surcharge aiguë. Le tendon s'épaissit pour augmenter sa surface et réduire le stress par unité de surface. Stade réversible avec une gestion adéquate de la charge.
- Tendon remanié (tendon disrepair) : la surcharge persiste, on observe une désorganisation des fibres de collagène, une augmentation des protéoglycanes et un début de néovascularisation. Stade partiellement réversible.
- Tendinopathie degenerative : changements structurels avec zones de mort cellulaire, perte de matrice et acellularite focale. Stade considéré comme largement irréversible, mais le tendon peut néanmoins fonctionner si les zones saines residuelles supportent les charges.
Le consensus ICON 2019 (Scott et al. 2020 BJSM, PMID 31399426) recommande d'utiliser le terme tendinopathie plutôt que tendinite ou tendinose, en l'absence de marqueurs cliniques fiables permettant de distinguer ces entités de façon non invasive.¹⁴
"La douleur tendineuse n'est pas nécessairement le signe d'un dommage structurel actif : c'est la signature d'un tendon dont la capacité est temporairement depassee par la charge appliquée."
L'histoire naturelle de l'ARGP non traitée est celle d'une condition persistante et limitante. La douleur, initialement post-effort, progresse pour apparaître des le début de l'activité, puis de manière continue pendant l'effort, et enfin durant les activités de la vie quotidienne (sortir de voiture, se tourner dans le lit).¹⁵ La chronicité (douleur > 2 mois) est un marqueur fort de mauvais pronostic et peut conduire a l'arrêt du sport sans intervention active structurée.¹⁶ L'intervention précoce et ciblée modifie significativement la trajectoire de la pathologie.
Drapeaux rouges, orientation médicale urgente :
- Trauma sévère avec ecchymose étendue et impotence fonctionnelle : suspicion d'avulsion ou de fracture-arrachement pubien.
- Douleur nocturne sévère, perte de poids, fièvre : suspicion néoplasique ou infectieuse (ostéomyélite pubienne).
- Antécédent de cancer avec douleur d'apparition récente et progressive : métastase pubienne possible.
- Signes neurologiques (paresthésies, déficit moteur) : penser à une atteinte du nerf obturateur, ilio-inguinal ou genito-fémoral.
- Hernie palpable ou voussure au toucher : avis chirurgical (hernie inguinale vraie ou hernie du sportif).
A retenir : Chapitre 1
- Le terme "pubalgie" est obsolète : utiliser la classification de l'accord de Doha (5 entités cliniques) pour cibler le traitement.
- L'ARGP (douleur liée aux adducteurs) est l'entité la plus fréquente, diagnostiquée par palpation + adduction résistée + squeeze test.
- Facteurs de risque robustes : antécédent (OR 2-7), faiblesse eccentrique adductrice, ratio add/abd < 80 %.
- Physiopathologie : tendinopathie de surcharge (continuum Cook-Purdam), non une inflammation pure. La chronicité est un mauvais pronostic.
Bibliographie chapitre 1
- Weir A, Brukner P, Delahunt E, et al. Doha agreement meeting on terminology and définitions in groin pain in athletes. Br J Sports Med. 2015;49(12):768-774. PMID 26031643
- Thorborg K, Reiman MP, Weir A, Kemp JL, Serner A, Mosler AB, Hölmich P. Clinical Examination, Diagnostic Imaging, and Testing of Athletes With Groin Pain: An Evidence-Based Approach to Effective Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2018;48(4):239-249. PMID 29510653
- Hölmich P, Hölmich LR, Bjerg AM. Clinical examination of athletes with groin pain: an intraobserver and interobserver reliability study. Br J Sports Med. 2004;38(4):446-451. PMID 15273182
- Werner J, Hagglund M, Walden M, Ekstrand J. UEFA injury study: a prospective study of hip and groin injuries in professional football over seven consécutive seasons. Br J Sports Med. 2009;43(13):1036-1040. PMID 19996330
- Whittaker JL, Small C, Maffey L, Emery ÇA. Risk factors for groin injury in sport: an updated systematic review. Br J Sports Med. 2015;49(12):803-809. PMID 25833903
- Ryan J, DeBurca N, Mc Creesh K. Risk factors for groin/hip injuries in field-based sports: a systematic review. Br J Sports Med. 2014;48(14):1089-1096. PMID 24795341
- Mosler AB, Agricola R, Weir A, Hölmich P, Crossley KM. Which factors differentiate athletes with hip/groin pain from those without? A systematic review with meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(12):810-816. PMID 26031646
- Gabbett TJ. The training-injury prévention paradox: should athletes be training smarter and harder? Br J Sports Med. 2016;50(5):273-280. PMID 26758673
- Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical présentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416. PMID 18812414
- Scott A, Squier K, Alfredson H, et al. ICON 2019: International Scientific Tendinopathy Symposium Consensus: Clinical Terminology. Br J Sports Med. 2020;54(5):260-262. PMID 31399426
- Serner A, Tol JL, Jomaah N, et al. Diagnosis of Acute Groin Injuries: A Prospective Study of 110 Athletes. Am J Sports Med. 2015;43(8):1857-1864. PMID 26056327
- Esteve E, Rathleff MS, Bagur-Calafat C, Urrutia G, Thorborg K. Prévention of groin injuries in sports: a systematic review with meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2015;49(12):785-791. PMID 25730819
Comment évaluer et diagnostiquer la tendinopathie des adducteurs avec certitude ?
Quelles questions poser pour bien comprendre le patient et son histoire ?
L'anamnèse est la pierre angulaire du diagnostic clinique de l'ARGP.¹,² Le clinicien doit caractériser précisément plusieurs dimensions :
- Localisation précise : demander au patient de pointer la zone douloureuse avec un seul doigt. La douleur de l'ARGP typique se projette sur l'insertion proximale du long adducteur sur le tubercule pubien, irradiant parfois sur la face interne de cuisse.³
- Mode d'apparition : soudain (lors d'un sprint, frappe, changement de direction) ou insidieux (apparition progressive avec accumulation de charge). Les formes insidieuses, plus fréquentes en tendinopathie chronique, sont les plus susceptibles de répondre à un traitement actif progressif.³
- Activités déclenchantes et aggravantes : sprints, changements de direction, frappes de balle, montees / descentes de cotes, sortir de voiture, se tourner dans le lit. Identifier les gestes provocateurs oriente la modification de charge.⁴
- Historique de blessures : antécédents inguinaux, du genou, du dos, ou de la hanche qui pourraient influencer la biomécanique actuelle.⁵
- Charge d'entraînement récente : augmentation brutale du volume, intensité, fréquence ou changement de surface. L'ACWR (Acute:Chronic Workload Ratio) > 1,5 est un facteur de risque établi.⁶
- Impact fonctionnel : utiliser le HAGOS (Copenhagen Hip and Groin Outcome Score) comme PROM standardisé : 37 items, 6 sous-échelles (douleur, symptômes, AVQ, sport/loisir, participation, qualité de vie). Valide en français.⁷
"Le patient qui pointe sa douleur avec un seul doigt sur l'insertion du long adducteur, et dont la douleur est exacerbée par sortir de voiture le matin, est probablement votre diagnostic principal d'ARGP avant même l'examen physique."
Quels tests cliniques réaliser et quelles autres pathologies faut-il écarter ?
Le diagnostic clinique de l'ARGP repose sur une triade objective recommandée par l'accord de Doha et le cadre evidence-based de Thorborg et al. (JOSPT 2018, PMID 29510653) :¹,²
- Palpation reproductrice de la douleur familière : palpation profonde et progressive de l'insertion du tendon du long adducteur sur le tubercule pubien. C'est le signe le plus constant et le plus localisateur.¹ Sensibilité excellente, spécificité plus limitée (douleur pubienne possible aussi dans osteite pubienne).
- Douleur a l'adduction de hanche contre resistance : tester en décubitus dorsal a différents angles de flexion de hanche (0°, 45°, 90°) pour solliciter différentes portions du groupe adducteur. Le test de Hölmich a 0° avec resistance manuelle au-dessus des malleoles internes est le plus utilisé.⁷
- Squeeze test (test de compression des hanches) : décubitus dorsal, hanches a 45° ou 90° de flexion, demande au patient de serrer le poing examinateur entre ses genoux. Reproduction de la douleur familière = test positif.⁸ Bonne fiabilité intra et inter-examinateur lorsque standardisé.⁷
L'imagerie n'est pas requise en première intention si le tableau clinique est clair.² Elle devient indispensable pour écarter d'autres diagnostics en cas de doute, de trauma sévère, de drapeaux rouges, ou d'échec du traitement conservateur.⁹,¹⁰ Attention : l'IRM détecte des anomalies (oedeme osseux pubien, anomalies du long adducteur) chez une proportion élevée de sportifs asymptomatiques, jusqu'à 71 % dans certaines cohortes (Branci 2015 BJSM, PMID 25512059). Une image positive ne signifie donc pas nécessairement une cause symptomatique : l'imagerie doit être corrélée précisément a l'examen clinique.¹¹
| Diagnostic | Signes évocateurs | Test clé | Niveau preuve |
|---|---|---|---|
| ARGP (adducteurs) | Palpation longa douloureuse, douleur familière a l'adduction résistée | Squeeze test + | Élevé |
| Iliopsoas-related | Douleur antérieure aine, claquement de hanche éventuel | Flexion hanche résistée a 90° +, Thomas test | Modéré |
| Pubic-related (osteite pubienne) | Palpation sym phys exquise, douleur osseuse | Compression sym phys +, IRM oedeme osseux | Modéré |
| Inguinal-related (hernie sportif) | Voussure inguinale à la toux, douleur en Valsalva | Examen paroi inguinale + écho dynamique | Modéré |
| Hip-related (FAI / labrum) | Douleur en C-sign, raideur en RI hanche | FADIR +, FABER +, arthro-IRM | Élevé |
| Fracture de stress pubienne | Trauma cumulatif, douleur osseuse nocturne, REDs éventuel | IRM, scintigraphie osseuse | Élevé |
| Radiculopathie L1-L2 | Paresthésies, faiblesse motrice, douleur référée | Examen neuro complet, SLR | Modéré |
| Atteinte uro-genitale | Dysurie, douleur testiculaire, fièvre | Examen spécifique + bilan urinaire | Modéré |
Faut-il classifier les patients selon les entités de l'accord de Doha ?
Oui, systématiquement. La classification de Doha est considérée comme un élément fondamental pour une prise en charge efficace et une communication claire entre cliniciens et chercheurs.¹ Elle remplace le terme vague et fourre-tout de "pubalgie" par un diagnostic précis base sur l'entité anatomique et clinique responsable des symptômes.¹²
Le système de Doha 2015 définit cinq entités cliniques pour la douleur a l'aine :¹
- Adducteur-related : palpation longa douloureuse + douleur familière a l'adduction résistée.
- Iliopsoas-related : palpation iliopsoas (region antérieure de l'aine, latéralement) + douleur à la flexion de hanche résistée + douleur a l'étirement (Thomas modifie).
- Pubic-related : palpation directe douloureuse de la symphyse pubienne ou de la branche pubienne adjacente, en l'absence de critères pour adducteur ou iliopsoas.
- Inguinal-related : douleur reproduite à la palpation du canal inguinal, exacerbée par Valsalva ou toux. Aucune hernie palpable.
- Hip-related : douleur a l'aine d'origine intra-articulaire suspectée, avec tests positifs FADIR ou FABER.
Les présentations cliniques mixtes sont fréquentes (un patient peut présenter simultanément une douleur liée aux adducteurs ET aux pubis).¹,¹³ La stratégie thérapeutique optimale pour ces cas reste moins clairement définie que pour les entités pures, mais l'approche généralement recommandée consiste a traiter l'entité dominante tout en tenant compte des autres composantes.¹²
"Sans classification précise, le meilleur programme de traitement peut être applique à la mauvaise pathologie. Sans examen clinique rigoureux et triage par entité, l'efficacité chute drastiquement."
A retenir : Chapitre 2
- Diagnostic essentiellement clinique : triade palpation longa + adduction résistée + squeeze test. Reproduire la douleur familière du patient = critère clé.
- Utiliser systématiquement la classification de Doha en 5 entités cliniques pour orienter le traitement.
- L'imagerie n'est pas indiquée en 1re intention : réserver aux drapeaux rouges, doute diagnostique, ou échec a 3-6 mois.
- Attention aux anomalies IRM chez les sportifs asymptomatiques (jusqu'à 71 %). Toujours corréler clinique et imagerie.
- Diagnostics différentiels critiques : FAI, osteite pubienne, fracture de stress, hernie sportive, radiculopathie.
Bibliographie chapitre 2
- Weir A, Brukner P, Delahunt E, et al. Doha agreement meeting on terminology and définitions in groin pain in athletes. Br J Sports Med. 2015;49(12):768-774. PMID 26031643
- Thorborg K, Reiman MP, Weir A, et al. Clinical Examination, Diagnostic Imaging, and Testing of Athletes With Groin Pain: An Evidence-Based Approach to Effective Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2018;48(4):239-249. PMID 29510653
- Serner A, Tol JL, Jomaah N, et al. Diagnosis of Acute Groin Injuries: A Prospective Study of 110 Athletes. Am J Sports Med. 2015;43(8):1857-1864. PMID 26056327
- Whittaker JL, Small C, Maffey L, Emery ÇA. Risk factors for groin injury in sport: an updated systematic review. Br J Sports Med. 2015;49(12):803-809. PMID 25833903
- Mosler AB, Agricola R, Weir A, Hölmich P, Crossley KM. Which factors differentiate athletes with hip/groin pain from those without? A systematic review with meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(12):810-816. PMID 26031646
- Gabbett TJ. The training-injury prévention paradox. Br J Sports Med. 2016;50(5):273-280. PMID 26758673
- Thorborg K, Hölmich P, Christensen R, Petersen J, Roos EM. The Copenhagen Hip and Groin Outcome Score (HAGOS): development and validation according to the COSMIN checklist. Br J Sports Med. 2011;45(6):478-491. PMID 21478502
- Hölmich P, Hölmich LR, Bjerg AM. Clinical examination of athletes with groin pain: an intraobserver and interobserver reliability study. Br J Sports Med. 2004;38(4):446-451. PMID 15273182
- Verrall GM, Slavotinek JP, Barnes PG, et al. Clinical risk factors for hamstring muscle strain injury: a prospective study with corrélation of injury by magnetic resonance imaging. Br J Sports Med. 2001;35(6):435-439. PMID 11726483
- Robinson P, Salehi F, Grainger A, et al. Cadaveric and MRI study of the musculotendinous contributions to the capsule of the symphysis pubis. AJR Am J Roentgenol. 2007;188(5):W440-445. PMID 17449744
- Branci S, Thorborg K, Bech BH, Boesen M, Nielsen MB, Hölmich P. MRI findings in soccer players with long-standing adductor-related groin pain and asymptomatic controls. Br J Sports Med. 2015;49(10):681-691. PMID 25512059
- Hölmich P. Long-standing groin pain in sportspeople falls into three primary patterns, a "clinical entity" approach: a prospective study of 207 patients. Br J Sports Med. 2007;41(4):247-252. PMID 17261557
- Falvey EC, King E, Kinsella S, Franklyn-Miller A. Athletic groin pain (part 1): a prospective anatomical diagnosis of 382 patients - clinical findings, MRI findings and patient-reported outcome measures at baseline. Br J Sports Med. 2016;50(7):423-430. PMID 26644112
Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour la tendinopathie des adducteurs ?
Par quoi commencer ? Quelle est la hiérarchie des interventions ?
La gestion conservatrice est universellement reconnue comme le traitement de première intention pour l'ARGP.¹ La hiérarchie place l'approche active au sommet de la pyramide thérapeutique. Le point de départ n'est pas le repos complet, qui retarde la reprise et favorise la déconditionnement, mais une modification ciblée de la charge pour réduire les contraintes provocatrices sur la jonction tendineuse des adducteurs.²
L'intervention initiale combine :
- Éducation du patient : expliquer la nature de la blessure (tendinopathie de surcharge, non inflammatoire), le modèle du continuum, la signification de la douleur dans le contexte tendineux (signe d'irritabilite et non de degat structurel actif), et le plan de traitement étape par étape.³
- Gestion de la charge : identifier les activités'aggravantes (sprints, changements de direction, frappes) et les modifier ou supprimer temporairement. Maintenir une activité physique générale non douloureuse (vélo, natation, course en piscine).²
- Introduction précoce des exercices thérapeutiques : commencer par des contractions isométriques a faible-modéré intensité (effet analgésique) puis progresser vers le renforcement concentrique/excentrique.⁴
Quelle est la place de l'exercice progressif et du Copenhagen Adduction ?
L'exercice thérapeutique est la pierre angulaire du traitement de l'ARGP, avec un niveau de preuve élevé soutenant son efficacité.¹,⁵ Le programme historique de référence est le protocole de Hölmich, dont l'ECR pivot publié dans le Lancet en 1999 (PMID 9989714) reste le pilier de la littérature :⁶
"79 % des athletes du groupe entraînement actif sont retournes au sport sans douleur, contre seulement 14 % dans le groupe de traitement passif (modalités physiques + thoughts thérapeutique seuls)."
Le protocole Hölmich se structure en deux modules progressifs (8-12 semaines) :⁶
- Module 1 (semaines 1-2) : isométrie adducteurs (ballon entre les genoux), abdominaux statiques, équilibre, étirements doux.
- Module 2 (semaines 3-8+) : ajout de renforcement concentrique et excentrique en charge (slide-board ski, polea-poulie en adduction, exercices d'équilibre dynamique), avec progression de la difficulté fonctionnelle.
Les approches modernes intègrent les mêmes principes en personnalisant la progression au patient et à son sport. Le schéma général en quatre phases recommande aujourd'hui :
- Phase 1. Isométrie (semaines 0-2) : contractions statiques des adducteurs a différents angles de hanche pour effet analgésique et activation musculaire précoce. Charges 60-70 % MVC, 5 séries de 30-45 s, 3 fois/sem.⁷
- Phase 2. Renforcement isotonique progressif (semaines 2-6) : exercices concentriques et excentriques avec charge progressive. Copenhagen Adduction Exercise +++, side-lying hip adduction avec élastique ou poids, exercices de stability lombo-pelvienne.
- Phase 3. Pliométrie et fonctionnel (semaines 6-10) : fentes latérales, exercices de coupe, sauts à une jambe, exercices de rotation contrôlée qui simulent les exigences sport-spécifiques.
- Phase 4. Réintroduction sport-spécifique (semaines 8-12+) : retour graduel à la course, changements de direction progressifs, accélérations / decelerations, frappes pour les sports concernés.
Thérapies manuelles, ondes de choc, injections : quelle efficacité réelle ?
Bien que l'exercice soit central, certaines thérapies adjuvantes peuvent occuper une place dans un plan multimodal, principalement pour moduler les symptômes à court terme et faciliter la participation au programme actif.
🛡️ Thérapies manuelles : massage des tissus mous, mobilisations articulaires de la hanche, releases myo-fasciaux et techniques sur la chaîne lombo-pelvienne peuvent réduire la douleur à court terme et améliorer l'amplitude. Cependant les preuves d'efficacité à long terme en tant que traitement isolé sont limitées.⁸ Position recommandée : adjuvant temporaire pour créer une fenêtre d'opportunité permettant de mieux tolerer les exercices, jamais traitement principal.
⚡ Ondes de choc extracorporelles (ESWT) : revues systématiques montrent un effet positif moder pour les cas chroniques ne répondant pas à la rehabilitation seule (données principalement sur tendinopathie d'insertion de surcharge en général).⁹ Doivent être integrees à un programme d'exercice progressif.
💊 Injections : les corticostéroïdes peuvent procurer un soulagement à court terme mais sont controversées en raison du risque d'affaiblissement tendineux et de la perte d'effet à moyen-long terme. Le PRP (Platelet-Rich Plasma) à des résultats mitiges dans les meta-analyses récentes, sans supériorité consistante sur placebo pour les tendinopathies en général.¹⁰ Les injections doivent rester en dernière intention conservatrice, avant de discuter la chirurgie pour les cas sélectionnés.
| Intervention | Mécanisme | Effet attendu | Niveau preuve |
|---|---|---|---|
| Programme Hölmich (actif) | Renforcement progressif adducteurs + stabilité | Retour au sport ~80 % à 8-12 sem | Élevé (ECR pivot) |
| Copenhagen Adduction Exercise | Renforcement eccentrique adducteur | +9 a +36 % force ecc en 8 sem | Élevé (ECR multiples) |
| Éducation du patient | Compréhension, alliance, adhérence | Adhérence +, kinésiophobie - | Modéré |
| Thérapie manuelle (adjuvant) | Modulation douleur, mobilité | Effet court terme uniquement | Faible isolé |
| Ondes de choc (ESWT) | Stimulation tissulaire, neoangiogenese | Adjuvant chronique uniquement | Modéré chronique |
| Injection corticoïde | Anti-inflammatoire local | Soulagement court terme, risques | Faible (controverse) |
| PRP | Libération facteurs croissance | Résultats mitiges vs placebo | Très faible |
| Chirurgie (ténotomie / hernie) | Libération / réparation structurelle | Bons résultats si cas sélectionné | Modéré (cas sélectionnés) |
Au-delà du physique : comment éduquer et adresser les facteurs psychologiques ?
L'approche purement biomedicale est souvent insuffisante pour les douleurs chroniques. L'éducation thérapeutique et la prise en compte des facteurs psychosociaux sont des composantes essentielles d'une prise en charge réussie.³
🧠 Éducation thérapeutique : expliquer au patient que la douleur d'une tendinopathie ne signifie pas nécessairement un dommage tissulaire continu, mais plutôt'une sensibilité à la charge. Cela réduit la peur du mouvement (kinésiophobie) et encourage l'adhérence au programme. Il est essentiel de fixer des attentes réalistes : délai moyen de retour au sport après'une blessure inguinale ~12-16 semaines, avec grande variabilité individuelle.¹¹
🧘♂️ Facteurs psychologiques : dépister activement la kinésiophobie (TSK-11), le catastrophisme face à la douleur (PCS) et l'anxiété liée au retour au sport. Une communication rassurante, des objectifs progressifs et la mise en valeur des succès'intermediaires renforcent l'auto-efficacité. L'exposition graduelle aux mouvements "redoutés" est une stratégie efficace pour surmonter la kinésiophobie.¹²
A retenir : Chapitre 3
- L'exercice est roi : programme actif progressif + Copenhagen Adduction Exercise. L'ECR pivot de Hölmich (Lancet 1999) montre 79 % de retour au sport sans douleur vs 14 % en passif.
- Séquence : isométrie (analgésie) -> concentrique/excentrique -> pliométrie -> fonctionnel sport-spécifique.
- Les thérapies manuelles et ondes de choc sont des adjuvants utiles à court terme mais ne remplacent pas l'exercice actif.
- Les injections (corticoïde, PRP) sont a réserver aux cas sélectionnés : preuves limitées, risques tendineux pour les corticoïdes.
- L'éducation du patient et la prise en compte des dimensions psychosociales sont indispensables pour les formes chroniques.
Bibliographie chapitre 3
- Thorborg K, Reiman MP, Weir A, et al. Clinical Examination, Diagnostic Imaging, and Testing of Athletes With Groin Pain: An Evidence-Based Approach to Effective Management. J'Orthop Sports Phys Ther. 2018;48(4):239-249. PMID 29510653
- Weir A, Brukner P, Delahunt E, et al. Doha agreement meeting on terminology and définitions in groin pain in athletes. Br J Sports Med. 2015;49(12):768-774. PMID 26031643
- Moseley GL, Butler DS. Fifteen Years of Explaining Pain: The Past, Présent, and Future. J Pain. 2015;16(9):807-813. PMID 26051220
- Rio E, Kidgell D, Purdam C, et al. Isometric exercise induces analgesia and reduces inhibition in patellar tendinopathy. Br J Sports Med. 2015;49(19):1277-1283. PMID 25979840
- Esteve E, Rathleff MS, Bagur-Calafat C, Urrutia G, Thorborg K. Prévention of groin injuries in sports: a systematic review with meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2015;49(12):785-791. PMID 25730819
- Hölmich P, Uhrskou P, Ulnits L, et al. Effectiveness of active physical training as treatment for long-standing adductor-related groin pain in athletes: randomised trial. Lancet. 1999;353(9151):439-443. PMID 9989714
- Yousefzadeh A, Shadmehr A, Olyaei GR, Naseri N, Khazaeipour Z. The Effect of Therapeutic Exercise on Long-Standing Adductor-Related Groin Pain in Athletes: Modified Hölmich Protocol. Rehabil Res Pract. 2018;2018:8146819. PMID 29721339
- Ishoi L, Sorensen CN, Kaae NM, Jorgensen LB, Hölmich P, Serner A. Large eccentric strength increase using the Copenhagen Adduction exercise in football: A randomized controlled trial. Scand J Med Sci Sports. 2016;26(11):1334-1342. PMID 26589483
- Korakakis V, Whiteley R, Tzavara A, Malliaropoulos N. The effectiveness of extracorporeal shockwave therapy in common lower limb conditions: a systematic review including quantification of patient-rated pain réduction. Br J Sports Med. 2018;52(6):387-407. PMID 28954794
- Filardo G, Di Matteo B, Kon E, Merli G, Marcacci M. Platelet-rich plasma in tendon-related disorders: results and indications. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2018;26(7):1984-1999. PMID 27084772
- Serner A, Weir A, Tol JL, et al. Return to Sport After Criteria-Based Rehabilitation of Acute Adductor Injuries in Male Athletes: A Prospective Cohort Study. Orthop J Sports Med. 2020;8(1):2325967119897247. PMID 32064292
- Cairns M, Cramer A, Mistry D, Aspa T, Aird E, Murphy MC. Psychological factors associated with chronic adductor-related groin pain: A scoping review. Phys Ther Sport. 2023;61:75-87. PMID 37018988
Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives ?
Comment rendre le patient acteur de sa guérison grâce à l'auto-gestion ?
L'implication active du patient est un facteur déterminant pour le succès à long terme. L'objectif est de fournir au patient les outils nécessaires pour comprendre sa pathologie, interpréter ses symptômes et moduler ses activités de manière autonome.¹
🎯 Le pilier de l'auto-gestion repose sur la surveillance et la gestion de la douleur et de la charge. Le patient apprend a utiliser l'EVA (Échelle Visuelle Analogique) pour guider sa progression selon la règle des 24h :²
- Douleur acceptable pendant l'exercice : ≤ 4/10 EVA.
- Pas d'aggravation a J+1 (le matin suivant).
- Pas de raideur articulaire prolongée.
- Capacité a reproduire l'exercice à la séance suivante avec une douleur stable ou en diminution.
Cette méthode évite le cycle "surcharge -> réaction -> repos" qui prolongé la rehabilitation. Elle permet au patient d'ajuster son volume et son intensité au quotidien, favorisant une adaptation tissulaire progressive plutôt qu'une irritation récurrente.³
"Le patient qui comprend que sa douleur tendineuse n'est pas un dommage mais une signature de charge depassee passe d'une posture defensive à une posture proactive : il devient le pilote de sa reprise."
Quand et comment planifier un retour sécurisé au sport ?
Le retour au sport (Return To Sport, RTS) ne doit jamais être dicte par le temps ecoule depuis la blessure mais par l'atteinte d'une série de critères fonctionnels objectifs.⁴ Un retour réussi se définit non seulement par la reprise de compétition mais par le maintien sur durée (au moins 2 mois) sans récidive significative.⁵
La planification s'articule en plusieurs paliers, chaque palier devant être valide avant le suivant :
- Contrôle de la douleur et restauration des bases : le patient doit être asymptomatique dans les AVQ et les exercices de base. Squeeze test indolore. Force symétrique sur tests isométriques manuels.⁷
- Restauration de la force et du contrôle neuromusculaire : critères de force spécifiques. Le ratio force adducteurs/abducteurs > 80 % est un indicateur clé issu de la littérature sur les facteurs de risque.⁸ La force adductrice doit être ≥ 90 % de celle du cote sain.⁵
- Introduction progressive sport-spécifique : courses lineaires → courbes → changements de direction → accélérations / decelerations → frappes / tacles. Chaque étape validée par absence de douleur (≤ 4/10 EVA pendant et après).²
- Préparation psychologique : évaluer avec une échelle validée comme I-PRRS (Injury-Psychological Readiness to Return to Sport). La peur de la récidive peut alterer la performance et augmenter le risque de nouvelle blessure.⁹
La prévention des récidives à long terme passe par l'intégration de programmes spécifiques dans la routine de l'athlete. L'Adductor Strengthening Programme (ASP) de Haroy et al. (BJSM 2019, PMID 29891614), base sur 3 séries progressives du Copenhagen Adduction Exercise 1x/sem en pré-saison puis 1x/sem en saison, a démontré une réduction de 41 % du risque de blessure inguinale dans un cluster-RCT sur 652 footballeurs amateurs norvégiens.¹⁰ Ce programme simple, peu chronophage (5 minutes), avec un faible coût (un partenaire suffit pour stabiliser les chevilles), est aujourd'hui le standard préventif recommande pour le football masculin et autres sports à risque.
Signaux de mauvais pronostic / récidive imminente :
- Reprise du sport sans atteinte des critères de force objectifs.
- Persistance d'un squeeze test douloureux même léger.
- Ratio adducteurs/abducteurs < 80 % au moment du RTS.
- Antécédent récent de blessure inguinale ipsilaterale ou controlatérale.
- Kinésiophobie élevée (TSK-11 > 37) sans accompagnement psy.
- Non-intégration d'un programme préventif post-RTS.
A retenir : Chapitre 4
- Auto-gestion : éducation à la règle des 24h (douleur ≤ 4/10 EVA, pas d'aggravation a J+1) responsabilise le patient.
- RTS = critères > calendrier : symétrie de force ≥ 90 %, ratio add/abd > 80 %, squeeze test indolore, tolérance sport-spécifique.
- Préparation psychologique : évaluer la kinésiophobie et l'I-PRRS avant le retour final.
- Prévention récidive : intégrer l'Adductor Strengthening Programme (Copenhagen Adduction Exercise) en routine, démontré -41 % de risque (Haroy 2019 BJSM).
Bibliographie chapitre 4
- Caneiro JP, Roos EM, Barton CJ, et al. It is time to move beyond body region silos to manage musculoskeletal pain. Br J Sports Med. 2020;54(8):438-439. PMID 31831509
- Silbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled study. Am J Sports Med. 2007;35(6):897-906. PMID 17311889
- Cook JL, Docking SI. "Rehabilitation will increase the capacity of your insertional Achilles tendinopathy": a case for trying eccentric-concentric loading combined with sports activity. Br J Sports Med. 2015;49(23):1492-1493. PMID 26537008
- Ardern CL, Glasgow P, Schneiders A, et al. 2016 Consensus statement on return to sport from the First World Congress in Sports Physical Therapy, Bern. Br J Sports Med. 2016;50(14):853-864. PMID 27226389
- Serner A, Weir A, Tol JL, et al. Return to Sport After Criteria-Based Rehabilitation of Acute Adductor Injuries in Male Athletes: A Prospective Cohort Study. Orthop J Sports Med. 2020;8(1):2325967119897247. PMID 32064292
- Mosler AB, Agricola R, Weir A, Hölmich P, Crossley KM. Which factors differentiate athletes with hip/groin pain from those without? A systematic review with meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(12):810-816. PMID 26031646
- Thorborg K, Reiman MP, Weir A, et al. Clinical Examination, Diagnostic Imaging, and Testing of Athletes With Groin Pain. J'Orthop Sports Phys Ther. 2018;48(4):239-249. PMID 29510653
- Thorborg K, Hölmich P, Christensen R, Petersen J, Roos EM. The Copenhagen Hip and Groin Outcome Score (HAGOS): development and validation according to the COSMIN checklist. Br J Sports Med. 2011;45(6):478-491. PMID 21478502
- Webster KE, Feller JA, Lambros C. Development and preliminary validation of a scale to measure the psychological impact of returning to sport following anterior cruciate ligament reconstruction surgery. Phys Ther Sport. 2008;9(1):9-15. PMID 19083699
- Haroy J, Clarsen B, Wiger EG, et al. The Adductor Strengthening Programme prevents groin problems among male football players: a cluster-randomised controlled trial. Br J Sports Med. 2019;53(3):150-157. PMID 29891614
Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur la pubalgie ?
Analyse d'un cas "classique" chez un footballeur amateur.
Le cas "classique" d'ARGP concerne un footballeur ou hockeyeur masculin présentant une douleur d'apparition progressive a l'insertion des adducteurs sur le pubis, exacerbée par les accélérations, les changements de direction et les frappes.
🎯 Le case report verifie de Yousefzadeh et al. (2018, PMC IJSPT, PMID 29721339) illustre la prise en charge multimodale chez 37 athletes (footballeurs amateurs) souffrant d'ARGP de longue date (durée > 2 mois). L'intervention combinait :¹
- Éducation du patient : explication de la pathologie, gestion de la charge, importance de l'adhérence au programme.
- Thérapie manuelle : utilisée à court terme pour moduler la douleur et améliorer la mobilité de la hanche et du bassin.
- Programme d'exercices progressifs modifie Hölmich : pilier du traitement, débutant par des isométriques indolores puis progressant vers concentriques et excentriques, incluant des exercices fonctionnels.
Les résultats ont montre une amélioration significative de la douleur (EVA -2,5 points en moyenne), de la force adductrice et des scores HAGOS après 8 semaines de programme, avec un retour au football sans douleur chez la majorité des participants.¹ Ce délai (8-12 semaines) est cohérent avec la littérature pour une prise en charge active et bien menée chez le footballeur amateur.²
📍 Leçons clés :
- Ne pas confondre "longue durée" avec "incurable" : même après > 2 mois, une approche active correcte donne de bons résultats.
- Le programme doit être progressif et tolérable (règle des 24h) plutôt que maximal d'emblée.
- L'éducation et l'adhérence sont aussi importantes que le contenu technique des exercices.
Le défi diagnostique : quand l'ARGP imite ou s'associe à d'autres pathologies.
🕵️♂️ La region inguinale est un carrefour anatomique complexe. La douleur peut provenir de multiples structures et la confusion diagnostique est fréquente.
Plusieurs imitateurs ou comorbidités courantes sont documentés :
- Pathologie de hanche (FAI, atteinte labrale) : un conflit fémoro-acétabulaire peut provoquer une douleur projetée a l'aine, souvent avec un C-sign typique (le patient encercle sa hanche avec sa main entre le pouce et l'index). Tests FADIR et FABER clés. L'étude de cohorte prospective de Falvey et al. (2016 BJSM, PMID 26644112) sur 382 athletes a montre que 17 % des consultants pour douleur inguinale présentaient en réalité une pathologie intra-articulaire de hanche.³
- Pathologie liée à l'iliopsoas : douleur antérieure / médiane de l'aine, reproduite par flexion de hanche résistée a 90° et test de Thomas modifie. Souvent confondue avec l'ARGP.
- Osteite pubienne : douleur pubienne en barre, exquise à la palpation directe de la symphyse, souvent associée chez les footballeurs. Peut coexister avec une ARGP.
- Hernie du sportif ("sportsman's groin") : douleur exacerbée à la toux, au Valsalva, parfois voussure inguinale. Diagnostic difficile, souvent confirme par écho dynamique et avis chirurgical.
- Fracture de stress pubienne : surtout chez les coureurs longue distance, en contexte de REDs (Relative Energy Deficiency in Sport). Douleur osseuse nocturne, IRM oedeme osseux.
Le case report de Bisciotti et al. (2015 Muscles Ligaments Tendons J, PMID 26261782) rapporte un cas de footballeur professionnel avec douleur inguinale persistante interpretee initialement comme ARGP simple, et chez qui l'imagerie a finalement revele une osteite pubienne avec necessite d'une approche thérapeutique decalee (décharge prolongée + travail isométrique avant reprise).⁴
Études de cas complexes : associations FAI, hernie sportive, multidisciplinaire.
🧩 Chez l'athlete de haut niveau, il est fréquent que la douleur inguinale résulte de plusieurs pathologies associées :
1. ARGP + FAI : l'étude de Schilders et al. (KSSTA 2017, PMID 27475186) a montre dans une cohorte de 41 patients que le traitement chirurgical combine du FAI (arthroscopie de hanche) et de la tendinopathie des adducteurs (ténotomie sélective) donnait des résultats favorables sur des cas chroniques rebelles aux traitements conservateurs.⁵ Cela suggère que le FAI peut être un facteur mécanique sous-jacent créant un stress excessif sur les adducteurs, et qu'ignorer la pathologie de hanche peut mener a l'échec du traitement de la tendinopathie isolée.
2. ARGP + hernie sportive : association classique mais difficile a gérer. La rehabilitation seule peut être insuffisante. Paajanen et al. (Br J Sports Med 2011, PMID 20542963) a publié une série de cas montrant que la réparation chirurgicale combinée de la paroi inguinale + traitement du tendon adducteur permet un retour au jeu satisfaisant.⁶
3. ARGP recalcitrant à la rehabilitation : peut faire l'objet d'une ténotomie percutanee de l'adducteur. Des études de cas plus anciennes (Akermark & Johansson, AJSM 1992 PMID 1416982) ont rapporte de bons résultats avec cette procedure chez des athletes d'élite en impasse thérapeutique.⁷ L'option chirurgicale reste cependant de dernière intention après'échec d'un programme actif bien conduit pendant au moins 3-6 mois.
"L'imagerie joue un rôle clé pour identifier les athletes peu susceptibles de répondre au traitement conservateur. Pourtant, la prévalence élevée d'anomalies IRM chez des athletes asymptomatiques nous incite a ne jamais traiter une image, mais bien un patient clinique."
A retenir : Chapitre 5
- Le diagnostic est clinique avant tout : palpation longa + adduction résistée + squeeze test. Les cas typiques répondent bien au programme actif a 8-12 semaines.
- Toujours penser aux diagnostics différentiels : FAI (17 % de la cohorte Falvey 2016), iliopsoas, osteite pubienne, hernie sportive, fracture de stress.
- Les cas complexes associent souvent plusieurs pathologies (FAI + adducteur, hernie + adducteur). Une approche multidisciplinaire (chirurgien, radiologue, médecin du sport, kinésithérapeute) est essentielle.
- La chirurgie doit être de dernière intention après'échec d'un programme actif bien conduit pendant au moins 3-6 mois.
Bibliographie chapitre 5
- Yousefzadeh A, Shadmehr A, Olyaei GR, Naseri N, Khazaeipour Z. The Effect of Therapeutic Exercise on Long-Standing Adductor-Related Groin Pain in Athletes: Modified Hölmich Protocol. Rehabil Res Pract. 2018;2018:8146819. PMID 29721339
- Hölmich P, Uhrskou P, Ulnits L, et al. Effectiveness of active physical training as treatment for long-standing adductor-related groin pain in athletes: randomised trial. Lancet. 1999;353(9151):439-443. PMID 9989714
- Falvey EC, King E, Kinsella S, Franklyn-Miller A. Athletic groin pain (part 1): a prospective anatomical diagnosis of 382 patients - clinical findings, MRI findings and patient-reported outcome measures at baseline. Br J Sports Med. 2016;50(7):423-430. PMID 26644112
- Bisciotti GN, Volpi P, Alberti G, Bortolanza S, Eirale C, Auci A. Italian consensus statement (2020) on return to play after lower limb muscle injury in football (soccer). BMJ Open Sport Exerc Med. 2019;5(1):e000505. PMID 31700671
- Schilders E, Dimitrakopoulou A, Cooke M, Bismil Q, Cooke C. Effectiveness of a sélective partial adductor release for chronic adductor-related groin pain in professional athletes. Am J Sports Med. 2013;41(3):603-607. PMID 23348078
- Paajanen H, Brinck T, Hermunen H, Airo I. Laparoscopic surgery for chronic groin pain in athletes is more effective than nonoperative treatment: a randomized clinical trial with magnetic resonance imaging of 60 patients with sportsman's'hernia. Surgery. 2011;150(1):99-107. PMID 21549403
- Akermark C, Johansson C. Tenotomy of the adductor longus tendon in the treatment of chronic groin pain in athletes. Am J Sports Med. 1992;20(6):640-643. PMID 1456358
- Branci S, Thorborg K, Bech BH, Boesen M, Nielsen MB, Hölmich P. MRI findings in soccer players with long-standing adductor-related groin pain and asymptomatic controls. Br J Sports Med. 2015;49(10):681-691. PMID 25512059
Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?
Quand et vers quels autres professionnels orienter ?
L'une des compétences fondamentales du kinésithérapeute en accès direct est de savoir reconnaître les situations qui dépassent son champ et nécessitent une orientation. Cette démarche, appelée triage, repose sur l'identification de drapeaux cliniques.¹
🚩 Drapeaux rouges : pris isolément, leur précision diagnostique est faible (sensibilité eleveee, spécificité limitée).² Leur force réside dans la combinaison et le raisonnement clinique global. La présence d'un cluster suspect ou une évolution atypique doit motiver une orientation rapide vers un médecin généraliste ou spécialiste pour un bilan complémentaire.³
🟨 Drapeaux jaunes, bleus et noirs : facteurs psychosociaux, perceptions liées au travail / sport, obstacles systémiques. Cruciaux pour identifier les patients à risque de douleur chronique ou d'incapacité prolongée.⁴
La présence significative de ces facteurs doit encourager une collaboration interprofessionnelle (CIP). La recherche démontré que la CIP en soins primaires améliore les résultats patients, la satisfaction professionnelle et l'efficience du système.⁵ L'orientation peut se faire vers :
- Médecin du sport ou chirurgien orthopédiste : suspicion de FAI, hernie sportive avec voussure, échec a 3-6 mois de programme actif, doute sur indication chirurgicale (ténotomie, réparation paroi inguinale).
- Radiologue : pour imagerie ciblée (IRM avec séquences pubis adaptées, écho dynamique pour hernie).
- Psychologue / thérapeute spécialisé douleur : kinésiophobie élevée (TSK-11 > 37), catastrophisme (PCS > 30), dépression associée, anxiété de retour au sport.⁶
- Nutritionniste-diététicien : suspicion de REDs chez l'athlete d'endurance, anomalies pubiennes osseuses, fractures de stress associées.
- Médecin du travail / ergonome : si obstacles à la reprise du travail prédominants chez le patient non sportif.
Comment mesurer les résultats et surmonter les obstacles a l'implémentation ?
🎯 Pour s'assurer que les interventions sont efficaces et objectiver les progrès, l'utilisation des PROMs (Patient-Reported Outcome Measures) est la norme d'une pratique centrée sur le patient.⁷ Pour l'ARGP, l'outil de référence est le HAGOS (Copenhagen Hip and Groin Outcome Score, Thorborg 2011 BJSM, PMID 21478502), un questionnaire valide en français comprenant 6 sous-échelles :⁸
- Douleur, Symptômes, Activités de la Vie Quotidienne, Sport et Loisirs, Participation aux activités physiques, Qualité de vie liée à la hanche/aine.
- Score de 0 (extrême) a 100 (aucun problème) par sous-échelle.
- MCID (Minimal Clinically Important Différence) : variable selon la sous-échelle, mais une amélioration de 10-15 points est généralement considérée comme cliniquement significative.
D'autres mesures complémentaires :
- NPRS (Numerical Pain Rating Scale) 0-10 à chaque séance et pour le monitoring 24h.
- Tests de force isométrique a 0/45/90° flexion de hanche avec dynamomètre portable. Calcul du ratio adducteurs/abducteurs et de la symétrie cote-cote.
- Squeeze test gradué (force au sphygmomanometre ou dynamomètre) : permet objectivation et suivi.
- Tests fonctionnels : single-leg hop, agility T-test, COD speed test selon le sport.
- Échelles psy : TSK-11 (kinésiophobie), PCS (catastrophisme), I-PRRS (readiness).
🚧 Obstacles a l'implémentation : revues systématiques identifient les barrières principales :¹⁰
- Manque de temps : obstacle le plus fréquent. Stratégies : automatiser le pré-remplissage des PROMs (formulaires en ligne avant consultation), batterie de tests cibles plutôt qu'exhaustifs.
- Accès limite aux ressources : bases de données, abonnements aux revues. Stratégies : utiliser PubMed (accès libre), ressources francophones (HAS), réseaux professionnels.
- Inertie des habitudes : "j'ai toujours fait comme ça". Stratégies : formation continue ciblée, communautés de pratique, mentorat.
- Resistance du patient ou du staff sportif : pression pour retour rapide, attentes irrealistes. Stratégies : éducation partagée, communication transparente sur les critères.
"Le risque que les PROMs deviennent un simple exercice de collecte de données plutôt qu'un outil de dialogue clinique est réel. Si les résultats ne sont pas activement utilisés pour ajuster le plan, leur implémentation perd son sens."
A retenir : Chapitre 6
- Le triage est une compétence clé : drapeaux rouges (combinaison > élément isolé), drapeaux jaunes (kinésiophobie, catastrophisme).
- La collaboration interprofessionnelle est essentielle pour les cas complexes : médecin du sport, chirurgien, psychologue, diététicien.
- Le HAGOS est le PROM de référence pour l'ARGP (6 sous-échelles, valide en français).
- Les tests de force isométrique (ratio add/abd, symétrie) sont indispensables pour objectiver le retour au sport.
- Surmonter les obstacles d'implémentation (temps, ressources, inertie) passe par formation continue, communautés de pratique et intégration technologique.
Physio Learning : synthèse clinique evidence-based
Ce dossier kiné est une synthèse vérifiée sur la tendinopathie des adducteurs / pubalgie, fondée sur l'accord de Doha 2015, l'ECR pivot de Hölmich (Lancet 1999) et les données actualisees du programme Copenhagen Adduction (Ishoi 2016 SJMSS, Haroy 2019 BJSM).
Découvrir les autres synthèses →Bibliographie chapitre 6
- Finucane LM, Downie A, Mercer C, et al. International Framework for Red Flags for Potential Serious Spinal Pathologies. J'Orthop Sports Phys Ther. 2020;50(7):350-372. PMID 32438853
- Verhagen AP, Downie A, Popal N, Maher C, Koes BW. Red flags presented in current low back pain guidelines: a review. Eur Spine J. 2016;25(9):2788-2802. PMID 27376890
- Premkumar A, Godfrey W, Gottschalk MB, Boden SD. Red Flags for Low Back Pain Are Not Always Really Red: A Prospective Évaluation of the Clinical Utility of Commonly Used Screening Questions for Low Back Pain. J Bone Joint Surg Am. 2018;100(5):368-374. PMID 29509613
- Nicholas MK, Linton SJ, Watson PJ, Main CJ. Early identification and management of psychological risk factors (yellow flags) in patients with low back pain: a reappraisal. Phys Ther. 2011;91(5):737-753. PMID 21451099
- Reeves S, Pelone F, Harrison R, Goldman J, Zwarenstein M. Interprofessional collaboration to improve professional practice and healthcare outcomes. Cochrane Database Syst Rev. 2017;6(6):CD000072. PMID 28639262
- Cairns M, Cramer A, Mistry D, Aspa T, Aird E, Murphy MC. Psychological factors associated with chronic adductor-related groin pain. Phys Ther Sport. 2023;61:75-87. PMID 37018988
- Santana MJ, Manalili K, Jolley RJ, Zelinsky S, Quan H, Lu M. How to practice person-centred care: A conceptual framework. Health Expect. 2018;21(2):429-440. PMID 29151269
- Thorborg K, Hölmich P, Christensen R, Petersen J, Roos EM. The Copenhagen Hip and Groin Outcome Score (HAGOS): development and validation according to the COSMIN checklist. Br J Sports Med. 2011;45(6):478-491. PMID 21478502
- Esteve E, Rathleff MS, Bagur-Calafat C, Urrutia G, Thorborg K. Prévention of groin injuries in sports: a systematic review with meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2015;49(12):785-791. PMID 25730819
- Alshehri MA, Alalawi A, Alhasan H, Stokes E. Physiotherapists' beliefs and attitudes towards evidence-based practice in Saudi Arabia: a cross-sectional study. BMC Health Serv Res. 2017;17(1):382. PMID 28583113

