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Arthrose post-traumatique · Poignet

L'arthrose du poignet carpienne : le SLAC et le SNAC, deux séquelles d'une même colonne

Un poignet douloureux, raide, qui perd sa force sans qu'aucun traumatisme récent ne l'explique. L'histoire, elle, remonte souvent à dix ou vingt ans : une entorse jamais explorée, ou une fracture du scaphoïde qui n'a jamais consolidé. Deux mécanismes, une même séquence radiologique, et une articulation constamment épargnée qui rend les chirurgies de sauvetage possibles.

57%
des arthroses dégénératives du poignet suivent le schéma SLAC : c'est le plus fréquent
Watson 1984 · JHS Am · 4 000 radiographies relues
75%
de remaniements radio-scaphoïdiens après 4 ans de pseudarthrose du scaphoïde
Vender 1987 · JHS Am · 64 pseudarthroses non opérées
3 174poignets
comparés entre les deux chirurgies de sauvetage : même force de préhension
Hones 2024 · JHS Am · méta-analyse, 61 études

Synthèse clinique

Deux entités, un seul mécanisme. Le poignet SLAC (scapholunate advanced collapse) est la séquelle d'une rupture du ligament scapho-lunaire ; le poignet SNAC (scaphoid nonunion advanced collapse) est la séquelle d'une pseudarthrose du scaphoïde. Dans les deux cas, le scaphoïde perd son alignement avec le radius, se met en flexion, et l'articulation radio-scaphoïdienne s'use d'abord parce que ses surfaces ne se correspondent plus1.

C'est la première cause d'arthrose du poignet. Sur 4 000 radiographies de poignet relues et 210 cas d'arthrose dégénérative retenus après exclusion des autres arthrites, le schéma SLAC représentait 57 % des cas, l'arthrose trapézo-scapho-trapézoïdienne 27 % et l'association des deux 15 %1. La série de 1986 confirme : environ 95 % des arthroses du poignet sont péri-scaphoïdiennes2.

La séquence est prévisible, et une articulation est constamment épargnée. L'usure commence entre le radius et le pôle distal du scaphoïde, gagne ensuite l'interligne capito-lunarien, et respecte le radio-lunarien même à un stade sévère. C'est cette épargne, décrite dès 1987 sur 64 pseudarthroses non opérées, qui rend possibles toutes les chirurgies de sauvetage : elles reposent toutes sur un lunatum encore sain en face du radius3.

Le délai est long, et il est chiffré. Pour une pseudarthrose du scaphoïde de 4 ans, 75 % des patients présentent des remaniements radio-scaphoïdiens ; à 9 ans, 60 % ont des remaniements médio-carpiens3. Ce qui se joue en consultation aujourd'hui a commencé une à deux décennies plus tôt.

Ce n'est pas la rhizarthrose. L'arthrose trapézo-métacarpienne du pouce touche une autre articulation, a une autre épidémiologie et un autre traitement. Elle est traitée pour elle-même dans un article dédié. La confusion est fréquente parce que les deux font mal « au poignet côté pouce », mais l'arthrose trapézo-scapho-trapézoïdienne, elle, appartient bien au groupe décrit ici.

Et le kinésithérapeute n'a pas de traitement curatif à proposer. Aucun essai ne montre qu'une rééducation modifie la séquence arthrosique. Ce qui est documenté relève de la charge, de la douleur et de la fonction : la revue Cochrane de l'exercice dans l'arthrose de la main conclut à des effets faibles à modérés et de faible niveau de preuve sur la douleur, la fonction et la raideur10. Le dire ainsi n'affaiblit pas la prise en charge : cela évite de promettre ce qui ne viendra pas.

CIM-11 FA02.157 % des arthroses du poignetRadio-lunarien épargnéPRC ou arthrodèse des 4 osForce identique entre les deux

SLAC, SNAC : deux noms pour la même colonne effondrée ?

Les deux sigles se ressemblent au point qu'on les confond, et pourtant leur origine diffère radicalement : d'un côté un ligament rompu, de l'autre un os qui n'a pas consolidé. Ce chapitre pose ce qui les sépare, et surtout ce qui les rend identiques une fois l'arthrose installée.

Le scaphoïde, pièce charnière des deux rangées

Le carpe est fait de deux rangées, et le scaphoïde les enjambe. Il est le seul os à ponter la rangée proximale et la rangée distale, ce qui en fait à la fois le stabilisateur du carpe et sa pièce la plus vulnérable. Sa stabilité dépend de son ancrage au lunatum par le ligament interosseux scapho-lunaire, et de son intégrité osseuse.

Que l'un ou l'autre lâche, et la mécanique se dérègle de la même façon : le fragment distal du scaphoïde bascule en flexion, tandis que le lunatum, libéré, part en extension. La revue de Wessel et Wolfe, publiée dans le Journal of Hand Surgery en 2023, rappelle que les lésions scapho-lunaires sont la cause la plus fréquente d'instabilité carpienne, et que non traitées elles conduisent au collapsus et à la détérioration progressive du carpe4.

Deux origines, une même bascule

À gauche le mécanisme SLAC (ligament scapho-lunaire rompu), à droite le mécanisme SNAC (scaphoïde fracturé et non consolidé). Dans les deux cas le segment distal du scaphoïde bascule en flexion et l'articulation radio-scaphoïdienne perd sa congruence. D'après Watson 1984 (PMID 6725894), Vender 1987 (PMID 3611645) et Wessel 2023 (PMID 37452815).

Deux schémas côte à côte du carpe vu de face. À gauche, le SLAC : le ligament entre scaphoïde et lunatum est rompu, l'espace entre les deux os s'écarte et le scaphoïde bascule. À droite, le SNAC : le scaphoïde est fracturé en son milieu et non consolidé, son fragment distal bascule tandis que le fragment proximal reste solidaire du lunatum. Sous les deux schémas, une même flèche mène à la conséquence commune : perte de congruence radio-scaphoïdienne. SLAC : le ligament lâche SNAC : l'os ne consolide pas Radius Radius Scaphoïde Lunatum Ligament rompu, écart scapho-lunaire Scaphoïde en deux fragments Lunatum Le fragment proximal reste solidaire du lunatum Conséquence commune : le pôle distal du scaphoïde bascule en flexion Les surfaces radius et scaphoïde ne se correspondent plus, et l'usure commence là. Schéma de principe, non à l'échelle. Les os de la rangée distale ne sont pas représentés.

Le SNAC se distingue sur un point qui compte : le fragment PROXIMAL du scaphoïde reste attaché au lunatum, et sa surface face au radius reste congruente. C'est ce qui explique l'épargne du compartiment proximal.

Ce que la fracture du scaphoïde apporte comme population

Le registre national suédois donne les ordres de grandeur les plus fiables : sur 34 377 patients enregistrés entre 2006 et 2015, avec validation d'un échantillon de 300 dossiers, l'incidence vraie ajustée des fractures du scaphoïde est de 22 pour 100 000 personnes-années. Deux chiffres méritent d'être retenus par un rééducateur : 41 % des fractures initialement diagnostiquées étaient des faux positifs, et le risque de pseudarthrose était de 3 % chez l'homme contre 1 % chez la femme5.

Ce taux de pseudarthrose paraît faible, et il l'est. Mais rapporté à l'incidence, il produit chaque année un flux constant de scaphoïdes non consolidés, dont une partie ne sera symptomatique que dix ou vingt ans plus tard.

La fracture du scaphoïde, à l'échelle d'un pays

Registre national suédois, 34 377 patients enregistrés entre 2006 et 2015, avec validation d'un échantillon de 300 dossiers ayant permis d'ajuster les taux. D'après Swärd 2019 (PMID 31106681).

Quatre chiffres du registre suédois : incidence vraie ajustée de 22 fractures pour 100 000 personnes-années, 41 pour cent de faux positifs parmi les fractures initialement diagnostiquées, 3 pour cent de pseudarthrose chez l homme et 1 pour cent chez la femme, et 6 pour cent de traitement chirurgical chez l homme contre 3 pour cent chez la femme. 22 pour 100 000 personnes-années Incidence vraie, après ajustement sur la validation 41 % de faux positifs au diagnostic initial Tout ce qui est étiqueté fracture n'en est pas une Risque de pseudarthrose 3 % homme 1 % femme Traitement chirurgical 6 % homme 3 % femme Les taux d'opération n'ont pas varié sur la décennie étudiée. L'incidence, elle, a baissé chez l'homme jeune et augmenté chez la femme d'âge moyen.

Le taux de faux positifs vaut d'être retenu : un patient adressé pour « fracture du scaphoïde » a près d'une chance sur deux de ne pas en avoir eu une.

Quatre arthroses voisines, qu'il faut savoir séparer

La main et le poignet portent plusieurs arthroses distinctes que la douleur seule ne sépare pas. Les confondre conduit à traiter la mauvaise articulation, et à orienter vers la mauvaise chirurgie.

Distinction entre les arthroses péri-scaphoïdiennes, la rhizarthrose et l'arthrose digitale.
EntitéArticulation concernéeOrigine habituelleOù elle est traitée
Poignet SLACRadio-scaphoïdienne, puis capito-lunarienneRupture du ligament scapho-lunaireCet article
Poignet SNACLes mêmes, dans le même ordrePseudarthrose du scaphoïdeCet article
Arthrose trapézo-scapho-trapézoïdienneEntre pôle distal du scaphoïde, trapèze et trapézoïdeDégénérative, parfois associée au SLAC (15 % des cas de Watson)Cet article, groupe péri-scaphoïdien
RhizarthroseTrapézo-métacarpienne, base du pouceDégénérative primitive, nettement plus fréquente chez la femmeArticle dédié
Arthrose digitaleInterphalangiennes distales et proximalesDégénérative primitiveArticle dédié
  • Le scaphoïde est le seul os à ponter les deux rangées du carpe : sa défaillance, ligamentaire ou osseuse, désorganise tout l'ensemble.
  • SLAC : ligament scapho-lunaire rompu. SNAC : scaphoïde fracturé non consolidé. Même bascule, même usure.
  • Les lésions scapho-lunaires sont la première cause d'instabilité carpienne.
  • Fracture du scaphoïde : incidence vraie 22 / 100 000 / an, pseudarthrose 3 % chez l'homme, 1 % chez la femme.
  • 41 % de faux positifs au diagnostic initial dans le registre suédois : tout ce qui est étiqueté fracture du scaphoïde n'en est pas une.

Pourquoi l'usure suit-elle toujours le même ordre ?

C'est le point qui rend cette arthrose lisible sur une radiographie et opérable au bon moment. La séquence n'est pas une convention de classification : elle a été mesurée, et l'articulation qu'elle épargne conditionne toute la chirurgie.

La séquence en trois temps

Watson et Ryu, en relisant les schémas d'usure, décrivent une progression qui part toujours du même endroit : les remaniements commencent entre le radius et le pôle distal du scaphoïde, parce que c'est là que l'alignement articulaire se perd d'abord. Ils gagnent ensuite l'interligne capito-lunarien, secondairement au collapsus du carpe2.

Vender et coll. ont quantifié cette progression sur 64 pseudarthroses du scaphoïde symptomatiques et jamais opérées. Deux constats gouvernent le reste : à quatre ans d'évolution, 75 % des patients ont des remaniements radio-scaphoïdiens ; à neuf ans, 60 % ont des remaniements médio-carpiens. Et surtout : l'articulation entre le radius et le fragment proximal du scaphoïde, ainsi que l'articulation radio-lunarienne, sont constamment épargnées, même en présence d'une arthrose sévère3.

Toute la chirurgie de sauvetage du poignet arthrosique repose sur une seule observation : le lunatum en face du radius reste sain. Enlevez ce fait, et il ne reste que l'arthrodèse totale.

La séquence d'usure, et le délai mesuré

Progression des remaniements dégénératifs sur 64 pseudarthroses du scaphoïde symptomatiques non opérées, en fonction de la durée d'évolution. D'après Vender 1987 (PMID 3611645), complété par Watson 1986 (PMID 3955970) pour l'ordre des compartiments.

Frise en trois étapes. Étape 1, articulation radius et pôle distal du scaphoïde : 75 pour cent de remaniements après 4 ans d évolution. Étape 2, articulation capito-lunarienne médio-carpienne : 60 pour cent de remaniements après 9 ans. Étape 3, articulation radio-lunarienne : constamment épargnée, même en arthrose sévère. Une bande verte marque cette épargne comme la condition des chirurgies de sauvetage. 1. Radio-scaphoïdien distal Le premier compartiment touché 2. Capito-lunarien Secondaire au collapsus 3. Radio-lunarien Jamais atteint 75 % après 4 ans d'évolution 60 % après 9 ans d'évolution Épargné même en stade sévère Cette épargne est la condition de toutes les chirurgies de sauvetage Résection de la première rangée comme arthrodèse des quatre os supposent un lunatum sain face au radius. Les pourcentages sont ceux de la série de Vender : ils décrivent des pseudarthroses SYMPTOMATIQUES et non opérées, donc une population sélectionnée.

Les deux dates comptent en consultation : le délai entre la lésion et l'arthrose est long, et la fenêtre pour agir sur la cause est bien antérieure aux premiers symptômes.

Le poignet non traité vieillit mieux qu'on ne le dit

Une série récente nuance le tableau, et elle mérite d'être citée parce qu'elle contredit l'intuition. Vingt patients porteurs de pseudarthroses chroniques du scaphoïde n'ayant jamais reçu aucun traitement ont été revus : durée moyenne de la pseudarthrose 34 ans (10 à 62 ans), âge moyen 62 ans. L'arthrose s'était bien développée, mais aucun paramètre (âge, sexe, siège de la fracture, déplacement, durée, paramètres radiologiques) ne prédisait le résultat fonctionnel, et la plupart des patients avaient un résultat passable à bon malgré une amplitude et une force diminuées. Beaucoup ne souhaitaient aucune intervention6.

Le niveau de preuve est celui d'une série rétrospective de 20 cas (niveau IV) et la sélection est évidente : ce sont des patients qui ont vécu avec, donc les moins gênés. La leçon utilisable reste : l'image radiologique et la gêne fonctionnelle sont mal corrélées, et une arthrose visible n'impose pas un geste.

  • L'usure commence en radio-scaphoïdien distal, gagne le capito-lunarien, et épargne le radio-lunarien.
  • 75 % à 4 ans, 60 % à 9 ans : le délai se compte en années, pas en mois.
  • L'épargne radio-lunarienne est ce qui rend possible la chirurgie conservatrice de mobilité.
  • Sur 20 pseudarthroses jamais traitées et anciennes de 34 ans en moyenne, le résultat fonctionnel restait passable à bon. L'arthrose radiologique ne dicte pas la conduite.

Que se passe-t-il en amont, et qu'y peut-on encore ?

L'arthrose constituée ne se traite pas à l'envers. Mais le kinésithérapeute rencontre régulièrement l'étape d'avant, celle où le ligament est lésé sans que le carpe soit encore effondré. Ce chapitre dit ce qui est établi à ce stade, et ce qui ne l'est pas.

La lésion scapho-lunaire récente

La revue de Wessel et Wolfe décrit un continuum, non un événement unique : la rupture du ligament interosseux produit d'abord une désynchronisation du mouvement entre scaphoïde et lunatum ; ce sont les lésions ligamentaires additionnelles, ou l'usure des stabilisateurs secondaires, qui produisent ensuite la subluxation rotatoire du scaphoïde et l'écart scapho-lunaire visible. L'objectif de toute intervention à ce stade est d'arrêter le processus dégénératif en restaurant l'intégrité ligamentaire et la cinématique du carpe4.

Ce que la rééducation peut viser, et ce qu'elle ne peut pas

Il n'existe aucun essai randomisé démontrant qu'un programme de rééducation prévient l'évolution vers un SLAC. Ce qui existe est un rationnel neuromusculaire, exposé par Hagert, Lluch et Rein : au-delà de la congruence articulaire, de la stabilité ligamentaire statique et de la compression dynamique par les muscles, un quatrième facteur de stabilité carpienne a été proposé, le contrôle proprioceptif et neuromusculaire. Les ligaments et capsules du carpe contiennent des mécanorécepteurs qui déclenchent des réflexes spinaux de stabilisation immédiate et alimentent des boucles supérieures7.

Cette revue est narrative, et elle décrit un mécanisme, pas un résultat clinique. Elle justifie qu'on travaille le contrôle moteur du poignet ; elle ne permet pas d'annoncer à un patient que ce travail préviendra son arthrose.

Devant un poignet douloureux post-traumatique, ce qui impose un avis

  • Douleur de la tabatière anatomique après une chute sur la main, même avec une radiographie initiale normale : la fracture du scaphoïde est le diagnostic à ne pas manquer, et le registre suédois rappelle que le diagnostic initial se trompe dans les deux sens.
  • Douleur dorsale radiale reproduite au niveau de l'interligne scapho-lunaire, avec sensation de ressaut ou de dérobement, chez un patient jeune : lésion scapho-lunaire jusqu'à preuve du contraire.
  • Perte de force de préhension marquée et récente, sans amyotrophie ni déficit neurologique.
  • Poignet globalement enflé, chaud, avec dérouillage matinal prolongé : penser à une arthrite inflammatoire plutôt qu'à une arthrose post-traumatique. La série de Watson excluait explicitement les autres arthrites avant de décrire le schéma SLAC.
  • Douleur nocturne permanente, altération de l'état général, antécédent tumoral : la logique oncologique prime.

Que valent l'examen clinique et les tests de provocation ?

Il faut une réponse chiffrée, et elle est inconfortable : la plupart des tests provocateurs du poignet ne valent presque rien pris isolément. Autant le savoir avant de fonder une conduite sur eux.

L'étude la plus utile est une étude transversale australienne conduite chez 105 patients consultant pour douleur du poignet avec suspicion de lésion ligamentaire, chez qui sept tests provocateurs ont été confrontés à l'arthroscopie comme référence, et l'IRM chez 55 d'entre eux. Le verdict des auteurs est net : la plupart des tests et des données d'IRM ont peu ou pas de valeur diagnostique. Font exception, avec une utilité qualifiée de légère, le scaphoid shift test (rapport de vraisemblance positif 2,88, négatif 0,28), le test médio-carpien (RV+ 2,67) et le test de l'articulation radio-ulnaire distale (RV- 0,30). L'IRM était modérément utile pour le complexe fibro-cartilagineux triangulaire et légèrement utile pour le ligament scapho-lunaire (RV+ 4,17 ; RV- 0,32)8.

Valeur diagnostique des tests provocateurs du poignet et de l'IRM, comparés à l'arthroscopie.
TestRapport de vraisemblance positifRapport de vraisemblance négatifLecture
Scaphoid shift (Watson)2,880,28Utilité légère : oriente, ne tranche pas
Test médio-carpien2,67non retenuUtilité légère
Test de la radio-ulnaire distalenon retenu0,30Utile surtout pour écarter
IRM, ligament scapho-lunaire4,170,32Utilité légère à modérée
IRM, complexe fibro-cartilagineux triangulaire5,560,15Utilité modérée
Les autres tests provocateursPeu ou pas de valeur diagnostiqueNe pas fonder de conduite dessus

Ce que déplace réellement chaque examen

Rapports de vraisemblance mesurés chez 105 patients avec suspicion de lésion ligamentaire du poignet, contre arthroscopie de référence. Un rapport positif au-dessus de 10 change la conduite, entre 5 et 10 pèse modérément, en dessous de 2 ne déplace presque rien. D'après Prosser 2011 (PMID 22093123).

Barres horizontales des rapports de vraisemblance positifs : complexe fibro-cartilagineux triangulaire à l IRM 5,56, ligament scapho-lunaire à l IRM 4,17, scaphoid shift 2,88, test médio-carpien 2,67. Une zone grisée marque le seuil de 2 sous lequel un test ne déplace presque rien, et un repère à 10 indique le seuil qui change une conduite. sous 2 : négligeable 10 : change la conduite IRM, complexe triangulaire 5,56 IRM, ligament scapho-lunaire 4,17 Scaphoid shift 2,88 Test médio-carpien 2,67 Les quatre seuls examens à ressortir sur sept tests provocateurs et trois cibles d'IRM. Tous les autres n'avaient « peu ou pas de valeur diagnostique » selon les auteurs.

Aucun de ces examens n'atteint le seuil qui change une conduite à lui seul. C'est l'histoire du traumatisme, et la conséquence d'une lésion manquée, qui décident de l'avis spécialisé.

Deux conséquences pratiques. D'abord, un scaphoid shift positif chez un patient jeune après une chute reste un motif suffisant pour demander un avis, non parce que le test est bon, mais parce que la conséquence d'une lésion manquée est le SLAC. Ensuite, un test négatif n'autorise pas à rassurer : son rapport de vraisemblance négatif de 0,28 déplace peu la probabilité.

Un test dont le rapport de vraisemblance positif vaut 2,88 fait passer une probabilité de 30 % à environ 55 %. Ce n'est pas rien, et ce n'est pas un diagnostic.
  • Sept tests provocateurs confrontés à l'arthroscopie : la plupart n'ont pas de valeur diagnostique.
  • Scaphoid shift : RV+ 2,88, RV- 0,28. Une utilité légère, jamais un verdict.
  • L'IRM du ligament scapho-lunaire est légèrement à modérément utile, pas décisive.
  • Un examen clinique négatif n'écarte pas la lésion : c'est la conséquence, le SLAC, qui justifie l'avis spécialisé.

Quels stades, et pourquoi la radiographie seule ne suffit pas ?

La classification en stades gouverne la décision chirurgicale. Elle est aussi beaucoup moins reproductible qu'on ne le croit, et c'est une information que le rééducateur doit avoir avant d'interpréter un compte rendu.

Les stades, et ce qu'ils commandent

Stades de l'arthrose péri-scaphoïdienne selon la classification de Watson et conséquences thérapeutiques.
StadeCe que montre la radiographieCe qui reste possible
Stade 1Usure limitée entre le radius et le pôle distal du scaphoïde (styloïde radiale)Gestes limités au compartiment atteint ; la mobilité est largement conservée
Stade 2L'ensemble de l'interligne radio-scaphoïdien est atteintRésection de la première rangée ou arthrodèse des quatre os, l'une comme l'autre
Stade 3Extension à l'interligne capito-lunarien (médio-carpien)La résection de la première rangée devient discutable : elle repose sur un capitatum sain
Atteinte radio-lunarienneSituation rare, hors séquence habituelleLes sauvetages conservateurs de mobilité ne s'appliquent plus : arthrodèse totale ou arthroplastie

Le problème de reproductibilité

Une étude allemande a fait coter 38 poignets SLAC de 37 patients par deux radiologues et deux chirurgiens, sur des radiographies de face et de profil, puis a fait recoter les chirurgiens quatorze jours plus tard avec les images d'arthroscopie sous les yeux. Les résultats sont sévères : la concordance inter-observateurs était qualifiée de faible entre radiologues et de légère entre chirurgiens, avec une tendance des radiologues à surestimer la sévérité. Surtout, la connaissance des images arthroscopiques a changé le stade dans 55 % des cas, les stades 1 et 3 étant alors diagnostiqués moins souvent9.

Ce qu'un stade annoncé vaut réellement

38 poignets SLAC de 37 patients, cotés sur radiographies de face et de profil par deux radiologues et deux chirurgiens, puis recotés par les chirurgiens quatorze jours plus tard avec les images d'arthroscopie. D'après Hagen 2015 (PMID 26084857).

Trois constats. Concordance entre radiologues qualifiée de faible, concordance entre chirurgiens qualifiée de légère, et concordance entre les deux groupes également faible à légère. En dessous, un bloc indique que la connaissance des images d arthroscopie a changé le stade dans 55 pour cent des cas, les stades 1 et 3 étant alors diagnostiqués moins souvent. Concordance entre observateurs, sur radiographie seule Entre radiologues faible Entre chirurgiens légère Entre les deux groupes faible à légère Les radiologues tendaient à coter la sévérité plus haut que les chirurgiens. 55 % des poignets ont changé de stade quand les images d'arthroscopie ont été portées à la connaissance des chirurgiens Les stades 1 et 3 étaient alors diagnostiqués moins souvent qu'à la radiographie seule. Série rétrospective monocentrique de 38 poignets : le constat de faible reproductibilité est solide, sa généralisation l'est moins.

La conclusion des auteurs est explicite : interpréter des radiographies seules est une méthode peu fiable pour établir le stade d'un poignet SLAC.

Concrètement : un compte rendu qui annonce un stade doit se lire comme une estimation, pas comme une mesure. Cela n'invalide pas la classification, qui reste le langage commun des décisions, mais cela explique pourquoi deux avis chirurgicaux peuvent diverger sur le même cliché.

  • Les stades commandent la chirurgie : l'atteinte du capito-lunarien est la charnière.
  • La concordance entre observateurs sur radiographie est faible à légère.
  • L'arthroscopie a modifié le stade dans 55 % des cas de la série de Hagen.
  • Un stade annoncé se lit comme une estimation : il explique les divergences d'avis, il ne les tranche pas.

Que peut le traitement conservateur ?

La question honnête n'est pas « comment traiter un SLAC en kinésithérapie » mais « qu'est-ce qui est documenté ». La réponse est courte, et il vaut mieux la connaître que la deviner.

L'exercice

Il n'existe pas d'essai spécifique de l'exercice dans l'arthrose péri-scaphoïdienne. La donnée la plus proche est la revue Cochrane de l'exercice dans l'arthrose de la main : sept essais inclus, jusqu'à cinq dans les analyses groupées (381 participants). Comparé à l'absence d'exercice, l'exercice pourrait améliorer la douleur (différence moyenne standardisée -0,27 ; IC 95 % -0,47 à -0,07), la fonction (-0,28 ; -0,58 à 0,02) et la raideur digitale (-0,36 ; -0,58 à -0,15), avec un niveau de preuve faible. Les auteurs écrivent eux-mêmes que les tailles d'effet estimées sont petites et que leur pertinence clinique est discutable. Les événements indésirables étaient rares et bénins10.

Transposer ces résultats de l'arthrose digitale à l'arthrose carpienne est un raisonnement par analogie, et il faut le présenter comme tel. Ce qui reste solide : l'exercice n'aggrave pas, il apporte un bénéfice modeste sur la douleur et la fonction, et la fenêtre de tolérance se travaille.

Ce que la rééducation vise réellement

  • Préserver la fonction dans la fenêtre de tolérance. L'objectif est la charge tolérée, pas l'amplitude maximale : un poignet arthrosique qui gagne 10 degrés au prix d'une flambée douloureuse n'a rien gagné.
  • Travailler la force de préhension et la chaîne proximale. C'est ce qui détermine l'usage de la main dans la vie quotidienne et professionnelle.
  • Adapter le geste. Réduire les contraintes en compression axiale et en extension forcée, réorganiser les prises, choisir les outils.
  • Orthèse de repos ou de travail. Elle a sa place dans les phases douloureuses, sans qu'un essai randomisé propre au poignet SLAC vienne l'appuyer.
  • Préparer une décision. Documenter la douleur, la force et la fonction dans le temps donne au chirurgien l'information qui manque le plus souvent au moment de décider.

Les deux chirurgies de sauvetage, ce que la méta-analyse a tranché ?

Le kinésithérapeute reçoit ces patients après l'opération, et son travail change du tout au tout selon le geste. Ce chapitre compare les deux options sur les données les plus larges disponibles.

Les deux gestes

La résection de la première rangée des os du carpe retire le scaphoïde, le lunatum et le triquetrum, et laisse le capitatum s'articuler directement dans la fossette lunarienne du radius. L'arthrodèse des quatre os retire le scaphoïde et fusionne capitatum, lunatum, hamatum et triquetrum, en conservant l'articulation radio-lunarienne. Les deux supposent la même chose : un radio-lunarien intact.

Ce que la méta-analyse de 2024 établit

Hones et coll. ont rassemblé 61 études et 3 174 poignets (54 % de résection de première rangée, 46 % d'arthrodèse des quatre os), avec un recul moyen pondéré de 61 mois (12 à 216). Résultats : la résection de première rangée obtenait une extension et une inclinaison ulnaire postopératoires supérieures, de meilleurs gains en extension, flexion et inclinaison ulnaire, et un meilleur score de douleur sur échelle visuelle analogique. Aucune différence sur la force de préhension. Le taux de conversion en arthrodèse totale était de 5,2 % après résection contre 11 % après arthrodèse des quatre os, avec un taux de pseudarthrose de 8,9 % pour cette dernière et 2,2 % d'ablation de matériel. Le niveau de preuve est thérapeutique IV11.

Résection de la première rangée contre arthrodèse des quatre os

Méta-analyse de 61 études, 3 174 poignets opérés pour SLAC ou SNAC, recul moyen pondéré 61 mois. D'après Hones 2024 (PMID 38416092). Niveau de preuve thérapeutique IV.

Comparaison en deux colonnes. Résection de la première rangée : extension et inclinaison ulnaire postopératoires supérieures, douleur inférieure, conversion en arthrodèse totale 5,2 pour cent. Arthrodèse des quatre os : conversion en arthrodèse totale 11 pour cent, pseudarthrose 8,9 pour cent, ablation de matériel 2,2 pour cent. Au centre, une bande neutre indique que la force de préhension ne diffère pas entre les deux. Résection de la première rangée 1 714 poignets, soit 54 % de la série Arthrodèse des quatre os 1 460 poignets, soit 46 % de la série Extension postopératoire supérieure Extension inférieure Inclinaison ulnaire supérieure Inclinaison ulnaire inférieure Score de douleur meilleur Score de douleur moins bon Force de préhension : aucune différence significative entre les deux techniques 5,2 % de conversion en arthrodèse totale du poignet 11 % de conversion en arthrodèse totale du poignet 8,9 % de pseudarthrose et 2,2 % d'ablation de matériel Les effectifs par bras sont recalculés depuis les 3 174 poignets et les parts publiées. Aucune de ces comparaisons ne vient d'un essai randomisé : le niveau reste thérapeutique IV.

Les auteurs concluent à un avantage de la résection de première rangée. Le poids de ce verdict reste celui d'études observationnelles agrégées, avec des populations non appariées.

Le recul long de l'arthrodèse des quatre os

Une série de suivi minimal de dix ans nuance utilement. Sur des patients opérés entre 1982 et 2003, quinze poignets ont pu être revus avec un recul moyen de 18 ans (11 à 27). Arc flexion-extension moyen 68,6 degrés, QuickDASH moyen 7,8 (un seul score au-dessus de 16), et pourtant 73 % des radiographies montraient des remaniements radio-lunariens, 27 % sévères. Autrement dit : les patients allaient bien alors que leurs images se dégradaient12.

Réserve nécessaire : quinze poignets revus sur 489 opérés dans la période. Le biais de sélection est majeur, et les auteurs ne le cachent pas.

La dénervation, option souvent oubliée

Quand la priorité est de soulager sans sacrifier la mobilité, la dénervation sélective du poignet existe. Une revue systématique de 12 études sur 993 identifiées rapporte des reprises du travail jusqu'à 94 %, une satisfaction jusqu'à 92 %, une force de préhension augmentée de 7 à 64 %, et des scores de douleur améliorés de 36 à 92 %. Les auteurs soulignent la variabilité des résultats et le besoin de meilleures preuves sur la technique et l'identification des nerfs13. Ces fourchettes très larges disent l'hétérogénéité des séries plus qu'elles ne mesurent un effet.

Et en amont, la pseudarthrose du scaphoïde

Chez un patient dont le scaphoïde n'a pas consolidé mais dont l'arthrose n'est pas installée, le geste vise encore la consolidation. La méta-analyse la plus large, 78 études et 7 671 patients, rapporte un taux moyen de consolidation de 88,7 % pour les greffons non vascularisés contre 87,5 % pour les greffons vascularisés, sans différence significative (p = 0,685). Ni le type de fixation ni la source du greffon ne modifiaient le résultat. En revanche, les études qui excluaient les fractures du pôle proximal et les nécroses avasculaires atteignaient 96,5 % de consolidation contre 86,8 % pour les autres (p < 0,001)14. La localisation et la vascularisation dictent le pronostic, pas la sophistication du greffon.

  • Les deux sauvetages supposent un radio-lunarien intact. C'est la condition, pas une préférence.
  • Sur 3 174 poignets : la résection de première rangée obtient plus d'extension et moins de douleur, mais la même force de préhension.
  • Conversion en arthrodèse totale : 5,2 % après résection contre 11 % après arthrodèse des quatre os, dont 8,9 % de pseudarthrose.
  • À 18 ans de recul, l'arthrodèse des quatre os garde un QuickDASH de 7,8 malgré 73 % de remaniements radiologiques.
  • Avant l'arthrose : la consolidation d'une pseudarthrose dépend de la localisation et de la vascularisation, pas du type de greffon.

Quelle rééducation après le geste ?

Aucun protocole n'est validé par un essai randomisé dans cette indication. Ce que l'on peut faire, en revanche, c'est déduire les objectifs et les contraintes de ce que le geste a modifié mécaniquement, et le dire comme tel.

Après résection de la première rangée

Il n'y a plus de fusion à protéger : la contrainte est celle des parties molles et de la nouvelle congruence entre capitatum et fossette lunarienne. La mobilité revient plus vite, et c'est ce que la méta-analyse retrouve en amplitudes postopératoires supérieures. L'attention porte sur la reprise progressive de la charge en compression axiale, et sur la force de préhension, qui reste le point faible commun aux deux techniques.

Après arthrodèse des quatre os

Une fusion doit consolider, et le risque documenté est justement là : 8,9 % de pseudarthrose dans la méta-analyse. La progression est donc dictée par le chirurgien et par le contrôle radiologique, pas par le confort du patient. La mobilité obtenue sera moindre, ce qui n'empêche pas d'excellents résultats fonctionnels à long terme, comme le montre le recul de 18 ans.

Ce qui vaut pour les deux

  • La force de préhension est le vrai marqueur fonctionnel, et la méta-analyse montre qu'elle ne diffère pas entre les techniques. C'est donc là que le travail se joue, quel que soit le geste.
  • Mesurer plutôt qu'estimer : dynamomètre, amplitudes goniométriques, et un questionnaire fonctionnel (le QuickDASH est celui que les séries publient, ce qui rend les résultats comparables).
  • Prévenir la déception : ces chirurgies sont des sauvetages. Elles échangent de la mobilité contre de l'indolence, et l'annoncer avant est plus efficace que de l'expliquer après.
  • Le poignet controlatéral et la chaîne proximale ne sont pas des consolations : ils décident de l'usage réel de la main pendant les mois d'immobilisation relative.

Comment s'y prendre en consultation ?

Résumé opérationnel, du premier contact à l'orientation.

Reconstituer l'histoire, vraiment

La question qui change le diagnostic est la plus simple : « vous êtes-vous déjà blessé ce poignet, même il y a très longtemps ? ». Une chute sur la main à vingt ans, un plâtre de six semaines, une entorse jamais explorée : c'est ce qui distingue une arthrose post-traumatique péri-scaphoïdienne d'une arthrose primitive, et cela oriente la lecture des images.

Examiner ce qui est mesurable

  • Amplitudes actives et passives comparées au côté opposé, en flexion, extension et inclinaisons.
  • Force de préhension au dynamomètre, avec le côté opposé comme témoin. C'est la mesure qui suit le patient le mieux dans le temps.
  • Localisation précise de la douleur : dorsale radiale sur l'interligne scapho-lunaire, tabatière anatomique, versant médio-carpien.
  • Retentissement fonctionnel coté, par un questionnaire, plutôt que décrit.

Orienter au bon moment

  • Vers le chirurgien de la main devant une douleur post-traumatique persistante du versant radial du poignet chez un patient jeune, avant que l'arthrose ne soit installée : c'est la seule fenêtre où l'on agit sur la cause.
  • Vers l'imagerie quand l'histoire évoque une lésion ancienne jamais explorée. Une radiographie de face en inclinaison ulnaire et un cliché de profil suffisent souvent à voir l'écart scapho-lunaire ou la pseudarthrose.
  • Ne pas orienter en urgence une arthrose ancienne, bien tolérée, chez un patient qui ne demande rien : la série des pseudarthroses non traitées montre qu'un poignet arthrosique peut fonctionner honorablement pendant des décennies.
  • La question décisive est celle du traumatisme ancien, souvent oublié par le patient.
  • Le dynamomètre est l'instrument le plus utile de ce suivi : il mesure ce que les deux chirurgies ne parviennent pas à améliorer.
  • La fenêtre d'action sur la cause se situe avant l'arthrose, et se compte en années après la lésion initiale.
  • Une arthrose radiologique bien tolérée n'est pas une indication.

Questions fréquentes

Est-ce la même chose que la rhizarthrose ?

Non. La rhizarthrose est l'arthrose de l'articulation trapézo-métacarpienne, à la base du pouce. Le SLAC et le SNAC touchent les articulations autour du scaphoïde, entre le radius et le carpe. Ce sont deux articulations différentes, deux mécanismes différents et deux prises en charge différentes. Le sujet est traité pour lui-même dans l'article consacré à la rhizarthrose.

Et l'arthrose trapézo-scapho-trapézoïdienne ?

Celle-là appartient bien au groupe péri-scaphoïdien : elle représentait 27 % des arthroses dégénératives du poignet dans la série de Watson, contre 57 % pour le SLAC. Elle se situe entre le pôle distal du scaphoïde, le trapèze et le trapézoïde, donc juste sous la base du pouce, ce qui explique la confusion clinique avec la rhizarthrose.

Une entorse du poignet peut-elle vraiment donner de l'arthrose vingt ans plus tard ?

Oui, quand elle comportait une lésion du ligament scapho-lunaire passée inaperçue. C'est précisément le mécanisme du SLAC, et la série de Vender documente un délai de plusieurs années entre la lésion et les premiers remaniements visibles.

Faut-il opérer toute pseudarthrose du scaphoïde ?

La question relève du chirurgien, et la réponse dépend de l'âge, de la localisation, de la vascularisation et de la gêne. Ce que la littérature apporte : la consolidation est bien meilleure quand le pôle proximal et la nécrose avasculaire sont hors du tableau (96,5 % contre 86,8 %), et une série de pseudarthroses jamais traitées, anciennes de plusieurs décennies, retrouvait des résultats fonctionnels passables à bons.

Quelle chirurgie donne le meilleur résultat ?

Sur les données agrégées les plus larges, la résection de la première rangée obtient de meilleures amplitudes et une douleur moindre, avec moins de conversions secondaires en arthrodèse totale. La force de préhension, elle, ne diffère pas. Ces comparaisons ne viennent pas d'essais randomisés, et le choix intègre l'âge, la profession et l'état du capitatum.

Peut-on récupérer une force normale après ces gestes ?

Non, et il vaut mieux l'annoncer. Aucune des deux techniques ne rétablit la force du côté sain, et la méta-analyse ne les départage pas sur ce point. L'objectif réaliste est une main utilisable, indolore, avec une force suffisante pour l'activité visée.

La kinésithérapie peut-elle éviter l'arthrose après une lésion scapho-lunaire ?

Aucun essai ne le montre. Le rationnel proprioceptif décrit par Hagert justifie un travail de contrôle moteur du poignet, mais il décrit un mécanisme, pas un résultat clinique. Ce qui est établi, c'est que la lésion non traitée conduit au collapsus : c'est donc le diagnostic précoce et l'avis chirurgical qui font la différence, pas la rééducation seule.

Références

Dix-huit références, résolues une à une par l'API PubMed E-utilities. Pour chacune, le résumé a été lu intégralement et les chiffres cités dans l'article vérifiés à la source. L'année retenue est celle du fascicule, relue sur la fiche XML : le premier champ « année » d'une fiche PubMed est parfois une date de révision, et décale la citation d'un an.

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Le corpus traite séparément les voisins immédiats de ce tableau. La rhizarthrose concerne l'articulation trapézo-métacarpienne, sous la base du pouce, et ne relève pas de la même mécanique. L'arthrose digitale interphalangienne couvre le versant primitif de l'arthrose de la main. En amont du poignet SNAC, la fracture du scaphoïde carpien traite la lésion initiale et le moment où tout se joue encore : le diagnostic d'une fracture que la radiographie n'écarte pas, et l'immobilisation dont la durée décide de la consolidation. Cet article-ci reprend là où celui-là s'arrête, quand la pseudarthrose est constituée. Enfin, deux causes fréquentes de douleur du poignet à éliminer avant de conclure : les kystes synoviaux du poignet et la maladie de Kienböck, qui touche justement le lunatum dont dépendent les chirurgies décrites ici.

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