En bref
Le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT) est la cause la plus fréquente de douleur latérale de hanche chez l'adulte ; il correspond avant tout à une tendinopathie de compression des tendons moyen et petit fessiers, et non à une bursite isolée (49,9 % de tendinose contre 20,2 % de bursite à l'échographie). À prédominance féminine (ratio femmes/hommes d'environ 4:1) et tardive (pic entre 40 et 60 ans), elle se manifeste par une douleur trochantérienne palpable, exacerbée en décubitus latéral homolatéral nocturne. La première ligne associe éducation et exercice progressif des abducteurs : l'essai LEAP montre 77,3 % de succès à 52 semaines contre 58,5 % pour l'infiltration de corticoïdes.
Synthèse clinique fondée sur LEAP 2018, méta-analyses récentes (Bremer 2025, Harding 2024) et reviews de référence (Grimaldi & Fearon 2015, Speers 2017) : tendinopathie des moyen et petit fessiers.
Synthèse clinique
- Le SDGT (Greater Trochanteric Pain Syndrome) est avant tout une tendinopathie de compression des tendons moyen et petit fessiers, pas une bursite isolée : sur 877 patients en échographie, Long 2013 retrouve 49,9 % de tendinose vs seulement 20,2 % de bursite, dont quasiment jamais isolée.
- Pathologie féminine et tardive : ratio F:H autour de 4:1, pic entre 40 et 60 ans (Fearon 2013, Segal 2007). Facteurs de risque consolidés : IMC élevé, douleurs lombaires associées, coxarthrose ipsilatérale, faiblesse des abducteurs de hanche (Allison 2016).
- Le diagnostic est clinique : douleur latérale du grand trochanter reproduite par la palpation, exacerbée en décubitus latéral homolatéral nocturne, à la station unipodale prolongée, à la marche en côte et aux escaliers.
- Tests cliniques de référence : Single Leg Stance à 30 secondes (sensibilité 100 %, spécificité 97 %, Lequesne 2008), FADER (Flexion-Adduction-Rotation Externe, sensibilité jusqu'à 88 %), reproduction de la douleur par palpation directe.
- L'imagerie (IRM ou échographie) n'est pas recommandée en première intention : les anomalies tendineuses sont très fréquentes chez les sujets asymptomatiques, en particulier avec l'âge (corrélation imagerie-symptômes faible).
- Première ligne, niveau de preuve élevé : éducation patient (éviter la compression) + exercice progressif des abducteurs. L'essai LEAP (Mellor 2018) montre 77,3 % de succès à 52 semaines vs 58,5 % pour l'infiltration de corticoïdes.
- La méta-analyse 2025 (Bremer, Clinical Rehabilitation) confirme la supériorité long terme de la combinaison éducation + exercice gradué. Ondes de choc (ESWT) en deuxième ligne pour les cas résistants (Harding 2024).
- Le PRP supplante les corticoïdes pour la fonction à 2 ans (Fitzpatrick 2019, AJSM) ; la chirurgie endoscopique ne se discute qu'en dernier recours après échec de plus de 6 mois de prise en charge conservatrice bien menée.
- Éducation centrale : éviter de croiser les jambes, ne pas s'affaisser sur une hanche en appui unipodal, oreiller entre les genoux la nuit, éviter les sièges bas (genoux plus hauts que les hanches).
- Le SDGT peut mimer une radiculopathie L5 (faiblesse des abducteurs, douleur latérale irradiante) ou une méralgie paresthésique : un examen neurologique systématique reste indispensable.
- Le retour aux activités d'impact doit être critériesé (force, contrôle moteur, test de Trendelenburg 30 s), avec règle des 10 % d'augmentation hebdomadaire de la charge pour prévenir les récidives.
- Les facteurs psychosociaux (kinésiophobie, catastrophisation) prédisent la chronicité (Plinsinga 2020) : leur identification précoce est non négociable.
- Anamnèse médicamenteuse : rechercher une exposition récente aux fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine, ofloxacine) et une corticothérapie générale ou locale. Les deux majorent le risque de tendinopathie et de rupture, surtout après 60 ans, sur les tendons porteurs et en cas d'association entre elles.
Sommaire
- Quels sont les fondamentaux à connaître sur le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT) ?
- Comment évaluer et diagnostiquer le SDGT avec certitude ?
- Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour le SDGT ?
- Par quoi commencer ? Quelle est la hiérarchie des interventions recommandées ?
- Quelle est la place de l'exercice et existe-t-il une approche supérieure ?
- Thérapies manuelles, ondes de choc, injections : quelle est leur réelle efficacité ?
- Au-delà du physique : comment éduquer le patient et agir sur les facteurs psychologiques ?
- Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives du SDGT ?
- Femme > 40 ans : pourquoi le SDGT est une pathologie sexe-spécifique et quelles implications cliniques ?
- Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur le SDGT ?
- Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?
1. Quels sont les fondamentaux à connaître sur le syndrome douloureux du grand trochanter (SDGT) ?
1.1. Comment définir cette pathologie, qui est touché et quels sont les facteurs de risque ?
Le SDGT se définit par une douleur reproductible à la palpation du grand trochanter, souvent associée à une douleur latérale de hanche aggravée par les positions ou activités sollicitant l'adduction relative de hanche : décubitus latéral homolatéral nocturne, station unipodale prolongée, marche en côte ou descente d'escaliers.³ Cette présentation clinique est aujourd'hui consensuellement attribuée à une tendinopathie dégénérative non inflammatoire des muscles fessiers, et non à une inflammation bursale primaire.²- Prévalence vie entière : 10 à 25 % de la population générale présente un épisode au moins (revues fondées sur cohortes Segal 2007 et Lievense 2005).⁴⁻⁵
- Incidence en soins primaires : 1,8 patients pour 1 000 par an (cohorte rétrospective Lievense 2005, n = 164, âge moyen 55 ans, 80 % femmes).⁵
- Ratio femmes : hommes ≈ 4:1 (Fearon 2013, Speers 2017, Grimaldi 2015) avec un pic d'incidence entre 40 et 60 ans, particulièrement marqué après la ménopause.¹⁻³
📊 SDGT : que retrouve-t-on réellement à l'imagerie ?
Distribution des anomalies sur 877 patients consécutifs (Long et coll., AJR 2013)
Source : Long SS, Surrey DE, Nazarian LN. AJR Am J Roentgenol. 2013;201(5):1083-1086. Implication clinique : le traitement focalisé sur l'anti-inflammation de la bourse est inapproprié dans 80 % des cas.
- IMC élevé : l'un des facteurs les plus puissants ; en augmentation marquée du risque chez les sujets en surpoids et obèses (Segal 2007).⁴
- Sexe féminin et âge entre 40 et 60 ans, avec une exacerbation post-ménopausique (Fearon 2013, Speers 2017).¹⁻³
- Douleurs lombaires concomitantes : association documentée par plusieurs cohortes ; la prévalence du SDGT atteint 20 à 35 % chez les patients référés en chirurgie du rachis lombaire (Tortolani 2002).⁶
- Arthrose ipsilatérale (hanche ou genou) (Segal 2007).⁴
- Faiblesse des abducteurs de hanche : Allison 2016 (MSSE) démontre, en comparaison à des contrôles asymptomatiques, une réduction significative de la force isométrique des abducteurs du côté symptomatique ET du côté controlatéral.⁷
- Largeur du bassin augmentée et angle Q féminin (biomécanique) : favorisent l'adduction relative et la compression tendineuse.²
🚩 Drapeaux rouges devant une douleur latérale de hanche
- Douleur nocturne sévère non mécanique ou douleur au repos progressive → suspicion néoplasique (métastase osseuse, lymphome), infection
- Antécédent récent de cancer (sein, prostate, poumon, rein, thyroïde, mélanome) → bilan métastatique avant toute prise en charge
- Fièvre, syndrome inflammatoire biologique, sueurs nocturnes, perte de poids inexpliquée → recherche d'infection osseuse, arthrite septique, néoplasie
- Traumatisme récent à haute énergie ou douleur d'impotence brutale chez le sujet âgé / ostéoporotique → fracture du col fémoral ou fracture de stress trochantérienne
- Déficit neurologique progressif (faiblesse, dysesthésies dermatomales L4-S1, queue de cheval) → pathologie rachidienne grave
- Tuméfaction profonde, asymétrie de masse à l'inspection / palpation → bilan IRM + référence orthopédique
- Échec total d'un traitement conservateur bien conduit ≥ 6 mois → rechercher rupture tendineuse complète (IRM), pathologie articulaire associée
⚠️ Tout drapeau rouge → orientation médicale rapide (médecin généraliste, urgences, rhumatologie ou chirurgie orthopédique) avant la prise en charge kinésithérapique.
1.2. Que se passe-t-il dans le corps et comment le SDGT évolue-t-il naturellement ?
La physiopathologie centrale du SDGT est la compression tendineuse 🔬 : les tendons des moyen et petit fessiers sont comprimés contre la facette latérale et postéro-supérieure du grand trochanter, principalement par la bandelette ilio-tibiale qui les recouvre.²·⁸ Cette compression est maximale lorsque la hanche est en adduction relative ; c'est-à-dire chaque fois que le centre de gravité de la tête fémorale est déporté médialement par rapport au pied portant : station unipodale prolongée, position « hanchée » debout, décubitus latéral homolatéral sans coussin, ou jambes croisées en position assise.²·³🦵 Mécanisme : pourquoi l'adduction relative écrase les tendons fessiers
Positions à risque vs positions protectrices (concept de « charge compressive », Grimaldi 2015)
Adapté de Grimaldi A & Fearon A. JOSPT. 2015;45(11):910-922. Le levier biomécanique fondamental du traitement : déplacer les positions du patient vers la décompression tendineuse.
- Tendinopathie réactive (réponse aiguë à une surcharge, non inflammatoire, épaississement réversible) ;
- Tendon « remanié » (dysrepair) : tentative de guérison désorganisée ;
- Tendinopathie dégénérative : modifications structurales avancées avec perte d'organisation des fibres de collagène, néovascularisation, hyperinnervation sensitive contribuant à la douleur.
- Le SDGT est avant tout une tendinopathie de compression des moyen et petit fessiers, et non une bursite isolée (Long 2013 : 49,9 % tendinose vs 20,2 % bursite).
- Pathologie féminine et tardive : ratio F:H ≈ 4:1, pic entre 40 et 60 ans. Facteurs de risque clés : IMC élevé, lombalgie associée, coxarthrose, faiblesse des abducteurs.
- Mécanisme = compression des tendons par la bandelette ilio-tibiale, aggravée par les positions en adduction relative de hanche.
- Évolution potentiellement chronique : 36 % de symptômes persistants à 5 ans sans traitement actif. Une sensibilisation centrale peut s'installer dans les cas réfractaires.
Bibliographie - Chapitre 1
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome: a review of diagnosis and management in general practice. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Grimaldi A, Fearon A. Gluteal Tendinopathy: Integrating Pathomechanics and Clinical Features in Its Management. J Orthop Sports Phys Ther. 2015;45(11):910-922. PMID 26381486. doi:10.2519/jospt.2015.5829.
- Fearon AM, Scarvell JM, Neeman T, Cook JL, Cormick W, Smith PN. Greater trochanteric pain syndrome: defining the clinical syndrome. Br J Sports Med. 2013;47(10):649-653. PMID 22983121.
- Segal NA, Felson DT, Torner JC, et al. Greater trochanteric pain syndrome: epidemiology and associated factors. Arch Phys Med Rehabil. 2007;88(8):988-992. PMID 17678660.
- Lievense A, Bierma-Zeinstra S, Schouten B, Bohnen A, Verhaar J, Koes B. Prognosis of trochanteric pain in primary care. Br J Gen Pract. 2005;55(512):199-204. PMID 15808035.
- Tortolani PJ, Carbone JJ, Quartararo LG. Greater trochanteric pain syndrome in patients referred to orthopedic spine specialists. Spine J. 2002;2(4):251-254. PMID 14589475.
- Allison K, Vicenzino B, Wrigley TV, Grimaldi A, Hodges PW, Bennell KL. Hip Abductor Muscle Weakness in Individuals with Gluteal Tendinopathy. Med Sci Sports Exerc. 2016;48(3):346-352. PMID 26418561.
- Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical presentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416. PMID 18812414.
- Plinsinga ML, Coombes BK, Mellor R, Vicenzino B. Individuals with Persistent Greater Trochanteric Pain Syndrome Exhibit Impaired Pain Modulation, as well as Poorer Physical and Psychological Health, Compared with Pain-Free Individuals: A Cross-Sectional Study. Pain Med. 2020;21(11):2964-2974. PMID 32232468.
- Long SS, Surrey DE, Nazarian LN. Sonography of greater trochanteric pain syndrome and the rarity of primary bursitis. AJR Am J Roentgenol. 2013;201(5):1083-1086. AJR doi:10.2214/AJR.12.10038.
2. Comment évaluer et diagnostiquer le SDGT avec certitude ?
2.1. Quelles questions poser pour bien comprendre le patient et son histoire ? 🧐
L'anamnèse, étape la plus discriminante, doit chercher à reconstituer un schéma clinique pathognomonique :- « Votre douleur vous réveille-t-elle la nuit, surtout quand vous dormez sur le côté douloureux ? », réponse positive chez la majorité des patients avec SDGT.¹
- « Quelles activités provoquent ou aggravent la douleur ? », typiquement : marche prolongée, montée et descente d'escaliers, station unipodale (enfiler un pantalon), s'asseoir avec les jambes croisées ou sur un siège bas.³
- « Avez-vous changé récemment vos habitudes d'activité ? », augmentation rapide de volume de marche, prise de poids récente, reprise sportive, sont des contextes typiques.¹
- « Où exactement situez-vous la douleur ? », typiquement le grand trochanter, parfois irradiée le long de la face latérale de la cuisse sans descendre franchement sous le genou (signe discriminant vs radiculopathie L5).⁴
- « Avez-vous des douleurs lombaires associées ? », comorbidité fréquente, mais essentielle à distinguer (cf. différentiel ci-dessous).
2.2. Quels tests cliniques réaliser et quelles autres pathologies faut-il écarter ? 🤸

IRMIRM de bassin en coupe coronale : légendes directement sur l'image, tendon du moyen fessier normal à droite, rupture tendineuse avec atrophie graisseuse à gauche, syndrome douloureux du grand trochanter.
Source : Kaltenborn et al., PLoS ONE, 2014, figure 3 · CC BY
| Test | Description | Performance | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Palpation directe du grand trochanter | Reproduction de la douleur familière par pression sur la facette postéro-supérieure | Sensibilité élevée mais spécificité faible (la palpation est sensible chez beaucoup d'asymptomatiques aussi) | Modérée |
| Single Leg Stance (30 s) | Le patient se tient sur la jambe atteinte pendant 30 s ; test positif si reproduction de la douleur latérale | Sens. 100 % / Spéc. 97,3 % pour la tendinopathie fessière à l'IRM (cohorte Lequesne 2008 : 17 patients en SDGT réfractaire, comparés à des témoins appariés sans douleur de hanche) | Modérée (échantillon limité) |
| FADER (Flexion-Adduction-Rotation Externe) | Patient en décubitus dorsal : hanche fléchie 90°, adduction maximale, rotation externe | Sensibilité jusqu'à 88 % (Grimaldi 2017 cohorte avec IRM-référence) | Modérée |
| Test de résistance à l'abduction de hanche en décubitus latéral | Patient en décubitus latéral, abduction contre résistance manuelle | Sensibilité variable, spécificité correcte | Modérée |
| Trendelenburg modifié (30 s) | Inclinaison du bassin du côté non porteur ≥ 2 cm pendant station unipodale 30 s | Indicateur de faiblesse abductrice fonctionnelle | Faible (test indirect) |
🧭 Arbre décisionnel diagnostique devant une douleur latérale de hanche
De la suspicion clinique à la confirmation : d'après Grimaldi 2015 (Sports Med) et Grimaldi 2017 (BJSM)
Algorithme synthétisé à partir de Grimaldi 2015 (Sports Med), de Grimaldi 2017 (BJSM) et de la pratique courante : l'imagerie n'a aucune place en première intention chez le patient sans drapeau rouge.
- Radiculopathie L4-L5 : douleur le long de la face latérale de cuisse pouvant descendre jusqu'au pied, déficit moteur radiculaire, dysesthésies dermatomales, signes neurodynamiques positifs (Slump, SLR). Plusieurs cas rapportés de fausse radiculopathie sur SDGT ou inversement.⁴
- Coxarthrose : douleur plutôt inguinale, raideur matinale, limitation des amplitudes (surtout rotation interne), test FADIR positif.⁶
- Conflit fémoro-acétabulaire (FAI) : sujet jeune sportif, douleur antérieure dominante, FADIR positif.
- Méralgie paresthésique : symptômes neurologiques à type de brûlure ou paresthésie sur le territoire du nerf cutané fémoral latéral (face antéro-externe de cuisse) ; test de Tinel sur l'épine iliaque antéro-supérieure parfois positif.⁷
- Syndrome du piriforme ou pathologie sacro-iliaque : douleur fessière postérieure plutôt que latérale.
- Tendinopathie ischio-fémorale proximale : douleur fessière basse, à la station assise prolongée.
- Fracture de stress du col fémoral ou trochanter (sportif endurance, femme en RED-s, sujet âgé ostéoporotique) : douleur progressive d'intensité croissante, parfois impotence brutale.
2.3. Faut-il classifier les patients souffrant de SDGT et pour quels bénéfices ? 🎯
Une classification fonctionnelle est utile pour doser la charge thérapeutique. Le modèle de continuum tendinopathique de Cook & Purdam (BJSM 2009, revisité 2016) reste la référence opérationnelle :⁸- Tendinopathie réactive (souvent jeune adulte, début récent < 6 sem.) : douleur d'apparition rapide après surcharge. La gestion privilégie la réduction temporaire de la charge et les exercices isométriques sans douleur. Le renforcement lourd précoce serait délétère.
- Tendon remanié (3-6 mois) : phase intermédiaire ; introduction progressive d'exercices isotoniques sans charges compressives élevées.
- Tendinopathie dégénérative (souvent > 6 mois, sujet plus âgé) : approche par renforcement progressif et lourd (HSR : Heavy Slow Resistance) pour améliorer la capacité fonctionnelle, même si la structure tendineuse n'est pas restaurée.
- Diagnostic SDGT = cluster clinique : douleur latérale trochantérienne reproduite à la palpation + Single Leg Stance 30 s positif + FADER positif + anamnèse compatible.
- Imagerie inutile en première intention sauf drapeaux rouges ou échec conservateur. Risque majeur : sur-interprétation des anomalies asymptomatiques.
- Diagnostic différentiel non négociable : radiculopathie L5, coxarthrose, FAI, méralgie paresthésique, fracture de stress.
- Classification par stade (réactif / remanié / dégénératif) pour doser la rééducation : isométrique en aigu, HSR en chronique.
Bibliographie - Chapitre 2
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Long SS, Surrey DE, Nazarian LN. Sonography of greater trochanteric pain syndrome and the rarity of primary bursitis. AJR Am J Roentgenol. 2013;201(5):1083-1086. AJR.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome: a review of diagnosis and management in general practice. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Tortolani PJ, Carbone JJ, Quartararo LG. Greater trochanteric pain syndrome in patients referred to orthopedic spine specialists. Spine J. 2002;2(4):251-254. PMID 14589475.
- Lequesne M, Mathieu P, Vuillemin-Bodaghi V, Bard H, Djian P. Gluteal tendinopathy in refractory greater trochanter pain syndrome: diagnostic value of two clinical tests. Arthritis Rheum. 2008;59(2):241-246. PMID 18240186.
- Fearon AM, Scarvell JM, Neeman T, Cook JL, Cormick W, Smith PN. Greater trochanteric pain syndrome: defining the clinical syndrome. Br J Sports Med. 2013;47(10):649-653. PMID 22983121.
- Grimaldi A, Mellor R, Nicolson PJA, Hodges P, Bennell K, Vicenzino B. Utility of clinical tests to diagnose MRI-confirmed gluteal tendinopathy in patients presenting with lateral hip pain. Br J Sports Med. 2017;51(6):519-524. PMID 27633027.
- Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical presentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416. PMID 18812414.
- Cook JL, Rio E, Purdam CR, Docking SI. Revisiting the continuum model of tendinopathy: what is its merit in clinical practice and research? Br J Sports Med. 2016;50(19):1187-1191. PMID 27127294.
3. Quelles sont les stratégies de traitement les plus efficaces pour le SDGT ?
3.1. Par quoi commencer ? Quelle est la hiérarchie des interventions recommandées ?
La hiérarchie consensuelle (LEAP, Speers 2017, Grimaldi 2015, Bremer 2025) :¹⁻⁴- Première ligne (toujours) : éducation + exercice gradué. Niveau de preuve élevé.
- Deuxième ligne pour les cas résistants à 8-12 semaines : ondes de choc extracorporelles (ESWT, Harding 2024).⁵
- Troisième ligne : infiltration de corticoïdes, uniquement pour un soulagement à court terme (≤ 6 sem.) en attendant que l'exercice prenne le relais. Effet délétère sur l'intégrité tendineuse en cas de répétition (Coombes 2010, Lancet).⁶
- Alternative aux corticoïdes : PRP (Plasma Riche en Plaquettes). Fitzpatrick 2019 (AJSM, RCT n=80) montre une amélioration maintenue à 2 ans, contrairement aux corticoïdes dont le bénéfice se perd dès 6 semaines.⁷
- Dernière ligne : chirurgie (réparation endoscopique des tendons fessiers, Walker-Santiago 2020) en cas d'échec d'au moins 6 mois de PEC conservatrice ou de rupture tendineuse complète documentée.⁸
📊 LEAP trial : éducation + exercice vs corticoïdes vs « wait and see » à 52 sem.
% de patients rapportant une amélioration globale perçue (n=204, ECR multicentrique, Mellor 2018)
Source : Mellor R et al. BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374. Succès = « beaucoup mieux » ou « guéri » sur l'échelle GROC. Conclusion : l'approche active double quasiment l'odds de succès vs corticoïdes.
3.2. Quelle est la place de l'exercice et existe-t-il une approche supérieure ?
L'exercice n'est pas seulement une composante du traitement : c'est l'intervention avec le plus haut niveau de preuve pour des résultats durables. La méta-analyse Bremer 2025 (recherche jusqu'en août 2024, RCT de qualité moyenne à élevée) conclut sans ambiguïté : « A combined approach of graded exercises and education has the best evidence for the management of gluteal tendinopathy and should be adopted as the core approach ».² 💪- Phase 1. Modulation de la douleur et décompression (semaines 1-2) :
- Éducation sur la gestion des positions compressives (cf. § auto-gestion) priorité absolue.
- Isométriques d'abduction en décubitus dorsal (sans charge compressive) : maintien 30-45 s × 4-5 répétitions, 1-2 fois/jour.
- Évitement des positions en adduction prolongée.
- Phase 2. Renforcement isotonique ciblé (semaines 3-6) :
- Pont fessier unipodal (progressif vers 20-30 répétitions de qualité) ;
- Abduction couchée sur le côté sans laisser tomber la cuisse en adduction, élastique ou poids léger ;
- « Clam shell » modifié sans compression latérale ;
- Hip hike (relevé hémibassin) en station unipodale contrôlée.
- Phase 3. Renforcement fonctionnel (semaines 6-12) :
- Squat monopodal partiel avec contrôle de l'alignement bassin-genou ;
- Step-up et step-down contrôlés ;
- Marche en côte progressive ;
- Heavy Slow Resistance (HSR) à charge croissante pour les patients dégénératifs.
- Phase 4 : Retour aux activités spécifiques (au-delà de 12 sem.) : course, sports, randonnée, cf. chapitre 4.
3.3. Thérapies manuelles, ondes de choc, injections : quelle est leur réelle efficacité ?

IRMIRM coronale de hanche avant et après traitement : épaississement du tendon du moyen fessier avec hypersignal intratendineux, flèche, réduction visible après injection de ténocytes autologues.
Source : Bucher et al., Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2017, figure 4 · CC BY-NC-ND
| Modalité | Niveau de preuve | Effet attendu | Place en pratique |
|---|---|---|---|
| Éducation + exercice gradué | Élevé (LEAP, Bremer 2025) | 77 % succès à 52 sem. | 1re ligne, indispensable |
| Ondes de choc (ESWT) | Modéré (Harding 2024 SR/MA) | Aucune différence statistiquement significative sur la douleur ni sur la fonction face au contrôle (12 études, n = 1 121) ; taille d'effet modérée sur la douleur (Hedges' g 0,71), faible sur la fonction (0,20) | 2e ligne si échec à 8-12 sem. |
| PRP (Plasma Riche en Plaquettes) | Modéré (Fitzpatrick 2019 RCT) | Bénéfice maintenu à 2 ans vs corticoïdes ; effet à 12 sem. supérieur | Alternative aux corticoïdes |
| Infiltration corticoïdes | Modéré (court terme seulement) | Amélioration nette à 4-6 sem., perte de bénéfice à 12 sem., inférieur à exercice à 52 sem. | 3e ligne : soulagement transitoire |
| Dry needling | Faible (Brennan 2017 noninferiority) | Non-infériorité vs corticoïde à court terme dans un RCT | Option adjuvante ; preuves limitées |
| Thérapie manuelle | Faible (peu de RCT spécifiques) | Utile sur restrictions associées (rachis lombaire, mobilité de hanche) | Adjuvant pour faciliter l'exercice |
| AINS oraux | Faible | Soulagement symptomatique court terme | Prudence (tendinose > tendinite, biais anti-inflammatoire) |
| Chirurgie endoscopique | Modéré (Walker-Santiago 2020 SR) | Bonne récupération à 2 ans, complications > PRP | Dernier recours ou rupture complète |
📐 Hiérarchie GRADE des interventions pour le SDGT
Pyramide horizontale (synthèse Bremer 2025, Mellor 2018, Harding 2024)
GRADE = Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation. Source : synthèse des méta-analyses Bremer 2025 et Harding 2024. La chirurgie endoscopique reste réservée aux échecs ≥ 6 mois.
3.4. Au-delà du physique : comment éduquer le patient et agir sur les facteurs psychologiques ?
🧠 L'approche biopsychosociale est non négociable pour les SDGT chroniques. Plinsinga 2020 (Pain Med) a démontré que les patients atteints de SDGT persistant présentent :⁹- Une modulation conditionnée de la douleur (CPM) altérée : marqueur de sensibilisation centrale.
- Une santé psychologique dégradée (anxiété, dépression, qualité de vie).
- Des scores de catastrophisation et de kinésiophobie élevés.
- Première ligne (preuve élevée) : éducation patient + exercice progressif des abducteurs. LEAP 2018 : 77,3 % succès vs 58,5 % corticoïdes vs 51,9 % « wait and see » à 52 sem.
- Hiérarchie claire : exercice → ondes de choc → injections (corticoïdes court terme ou PRP pour durabilité) → chirurgie en dernier recours.
- Éviter la compression : éducation systématique sur les positions à éviter (jambes croisées, hanchée, décubitus latéral sans oreiller).
- Pensez biopsychosocial dès l'évaluation initiale : la kinésiophobie et la catastrophisation prédisent l'échec (Plinsinga 2020).
Bibliographie - Chapitre 3
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial (LEAP). BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374.
- Bremer T, Nicklen P, Fearon A, Morrissey D. The efficacy of gluteal tendinopathy treatments: A systematic review. Clin Rehabil. 2025. doi:10.1177/02692155251327298.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome: a review of diagnosis and management in general practice. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Mani-Babu S, Morrissey D, Waugh C, et al. The effectiveness of extracorporeal shock wave therapy in lower limb tendinopathy: a systematic review. Am J Sports Med. 2015;43(3):752-761. PMID 24817008.
- Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B. Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. Lancet. 2010;376(9754):1751-1767. PMID 20970844.
- Fitzpatrick J, Bulsara MK, O'Donnell J, Zheng MH. Leucocyte-Rich Platelet-Rich Plasma Treatment of Gluteus Medius and Minimus Tendinopathy: A Double-Blind Randomized Controlled Trial With 2-Year Follow-up. Am J Sports Med. 2019;47(5):1130-1137. PMID 30840831.
- Walker-Santiago R, Wojnowski NM, Lall AC, et al. Platelet-Rich Plasma Versus Surgery for the Management of Recalcitrant Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Systematic Review. Arthroscopy. 2020;36(3):875-888. PMID 31882270.
- Plinsinga ML, Coombes BK, Mellor R, Vicenzino B. Individuals with Persistent Greater Trochanteric Pain Syndrome Exhibit Impaired Pain Modulation, as well as Poorer Physical and Psychological Health. Pain Med. 2020;21(11):2964-2974. PMID 32232468.
- Brennan KL, Allen BC, Maldonado YM. Dry Needling Versus Cortisone Injection in the Treatment of Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Noninferiority Randomized Clinical Trial. J Orthop Sports Phys Ther. 2017;47(4):232-239. PMID 28257614.
- Harding D, Cameron L, Monga A, Winter S. Is shockwave therapy effective in the management of greater trochanteric pain syndrome? A systematic review and meta-analysis. Musculoskeletal Care. 2024;22(2):e1892. doi:10.1002/msc.1892. PMID 38777616.
4. Comment assurer une récupération durable et prévenir les récidives du SDGT ?
4.1. Comment rendre le patient acteur de sa guérison grâce à l'auto-gestion ?
L'éducation thérapeutique surpasse les approches passives à long terme (LEAP : 77 % succès « éducation+exercice » vs 58 % « infiltration », à 52 sem.).² Le patient doit acquérir 4 compétences clés :- Gestion des charges compressives au quotidien 🧑🏫 :
- Ne pas croiser les jambes en position assise ;
- Éviter les sièges bas (genoux plus hauts que les hanches) ;
- Position debout : répartir le poids sur les deux jambes, éviter la position « hanchée » prolongée ;
- Sommeil : préférer le côté non douloureux avec un oreiller entre les genoux ; éviter le décubitus latéral homolatéral.³
- Pain monitoring ⚖️ : règle simple, applicable de manière autonome, la douleur pendant une activité peut atteindre 4-5/10 si elle ne s'aggrave pas dans les 24 h suivantes (modèle Silbernagel adapté).⁴
- Adhésion au programme à domicile 💪 : régularité > intensité. Une séance quotidienne brève vaut mieux qu'une longue séance hebdomadaire ratée.
- Identification des facteurs psychosociaux 🧠 : reconnaître ses propres pensées catastrophistes ou évitements ; dialogue ouvert avec le clinicien sur les peurs liées au mouvement.
🏠 8 gestes clés d'auto-gestion validés (synthèse Grimaldi 2015, Mellor 2018)
À enseigner systématiquement dès la première séance
Adapté de Grimaldi A. JOSPT 2015 et du protocole LEAP (Mellor 2018). À distribuer comme feuille de route patient.
4.2. Quand et comment planifier un retour sécurisé au sport et aux activités ? 🏃
Le retour aux activités d'impact doit être critérisé, pas calendaire.⁵ La hiérarchie validée :- Restauration de la fonction quotidienne sans douleur : marche 30 min, montée escaliers indolore, station debout prolongée tolérée.
- Critères de force et de contrôle moteur :
- 20-30 répétitions de pont fessier unipodal sans compensation ;
- Test de Trendelenburg 30 s sans inclinaison ≥ 2 cm ;
- Symétrie de force isométrique abductrice ≥ 90 % (mesure dynamomètre).
- Réintroduction progressive des charges spécifiques (exemple coureur) :
- Semaines 1-2 : programme marche/course alternée (1 min course + 4 min marche × 5) ;
- Semaines 3-6 : augmentation du volume de ≤ 10 % par semaine ⚠️ (règle Gabbett 2016 : au-delà, risque de blessure majoré) ;⁶
- Semaines 6+ : introduction d'un seul paramètre nouveau à la fois (côtes, vitesse, surface).
- Maintenance long terme : 1-2 séances de renforcement fessier hebdomadaires à vie chez les patients à risque (femme ménopausée, coureur loisir).
🚩 Drapeaux rouges spécifiques au retour aux activités
- Réveil nocturne par la douleur après reprise d'activité → réduction immédiate de la charge
- Augmentation de la douleur > 4/10 persistante à 24 h post-exercice → adapter le programme
- Apparition de boiterie ou de signe de Trendelenburg persistant → reprise des exercices analytiques
- Douleur descendant sous le genou (irradiation L5-S1) → ré-évaluer un diagnostic différentiel radiculaire
- Sensation de « clac » ou impotence brutale → suspicion rupture tendineuse → IRM
- Pour une récupération durable du SDGT, l'approche doit être active et centrée sur le patient.
- ✅ L'éducation est la clé : éviter les positions de compression (jambes croisées, hanchée, décubitus homolatéral sans coussin).
- 🏋️ L'exercice est le traitement : renforcement progressif et constant des abducteurs.
- 📈 Retour gradué critérié : règle des 10 % d'augmentation hebdomadaire (Gabbett 2016) pour prévenir les récidives.
- 🧠 L'auto-gestion est l'objectif final : le patient devient expert de sa pathologie.
Bibliographie - Chapitre 4
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. LEAP trial. BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Silbernagel KG, Thomeé R, Eriksson BI, Karlsson J. Continued sports activity, using a pain-monitoring model, during rehabilitation in patients with Achilles tendinopathy: a randomized controlled study. Am J Sports Med. 2007;35(6):897-906. PMID 17307888.
- Bremer T, Nicklen P, Fearon A, Morrissey D. The efficacy of gluteal tendinopathy treatments: A systematic review. Clin Rehabil. 2025. doi:10.1177/02692155251327298.
- Gabbett TJ. The training-injury prevention paradox: should athletes be training smarter and harder? Br J Sports Med. 2016;50(5):273-280. PMID 26758673.
- Plinsinga ML, Coombes BK, Mellor R, Vicenzino B. Individuals with Persistent GTPS Exhibit Impaired Pain Modulation. Pain Med. 2020;21(11):2964-2974. PMID 32232468.
- Allison K, Vicenzino B, Wrigley TV, Grimaldi A, Hodges PW, Bennell KL. Hip Abductor Muscle Weakness in Individuals with Gluteal Tendinopathy. Med Sci Sports Exerc. 2016;48(3):346-352. PMID 26418561.
5. Femme > 40 ans : pourquoi le SDGT est une pathologie sexe-spécifique ?
5.1. Anatomie pelvienne et biomécanique : pourquoi les femmes sont-elles plus exposées ?
Plusieurs particularités biomécaniques féminines convergent pour augmenter les contraintes compressives sur les tendons des moyen et petit fessiers à l'insertion trochantérienne :²⁻³- Bassin plus large : la distance bi-trochantérienne est en moyenne de 5 à 10 % supérieure chez la femme, ce qui augmente le bras de levier en adduction relative et la tension sur la bandelette ilio-tibiale qui surplombe les tendons fessiers.²
- Angle Q (quadricipital) augmenté : valgus dynamique du genou plus marqué pendant la marche, le squat et la course, contribuant à une adduction-rotation interne de hanche compressive pour les fessiers latéraux.
- Géométrie du col fémoral : antéversion fémorale moyenne supérieure de 4 à 6 °, modifiant la trajectoire du fascia lata sur le grand trochanter.
- Faiblesse abductrice relative : la cohorte Allison 2016 (MSSE) a démontré une force isométrique abductrice significativement plus faible chez les femmes avec SDGT vs contrôles asymptomatiques, même du côté non douloureux, suggérant une vulnérabilité de base avant que la pathologie ne se déclenche.⁴
5.2. Ménopause, œstrogènes et santé tendineuse : un cocktail défavorable ?
La transition ménopausique chevauche le pic d'incidence du SDGT, ce qui n'est pas un hasard. 🌡️ Les œstrogènes interviennent dans la régulation du métabolisme du collagène tendineux : leur chute brutale (et celle des androgènes circulants) altère la qualité matricielle tendineuse, augmentant la susceptibilité aux tendinopathies de surcharge.⁵⁻⁶- Diminution de la synthèse de collagène de type I et augmentation de la cross-link maturation altérée → tendon moins résilient aux charges compressives.
- Modification de l'architecture en fibres : altération du turnover ténocytaire.
- Inflammation systémique de bas grade (oestro-déprivation) : potentiation de la sensibilité aux micro-traumas répétés.
- Modifications de la composition corporelle : augmentation de la masse grasse abdomino-pelvienne, prise de poids fréquente, déconditionnement musculaire global.
⚖️ Facteurs de risque sexe-spécifiques cumulés chez la femme > 40 ans
Force des associations (OR estimés ou consensus clinique, Segal 2007, Allison 2016, Fearon 2013)
OR consolidés à partir de Segal 2007 (n=3026), Fearon 2013, Allison 2016. Pour la ménopause, estimation indirecte basée sur l'incidence chronologique de pic (40-60 ans). Les estimations OR sont indicatives.
5.3. Comment stratifier le risque et adapter la prise en charge ?
🎯 Il est utile d'identifier 3 grands sous-groupes cliniques de femmes > 40 ans avec SDGT, car la stratégie thérapeutique optimale diffère :| Sous-groupe | Profil typique | Priorité thérapeutique | Pronostic |
|---|---|---|---|
| A. Femme sédentaire ménopausée + IMC élevé | 55-65 ans, IMC ≥ 28, déconditionnement global, lombalgie souvent associée, niveau d'activité bas | Approche globale : éducation + perte de poids + reconditionnement physique. Démarrage très progressif (isométriques en décharge) | Bon si adhésion ; risque de chronicité élevé si sédentarité maintenue |
| B. Femme active masters (loisir/sportive) | 45-60 ans, coureuse ou randonneuse, IMC normal, augmentation récente du volume d'entraînement | Modification temporaire de la charge + renforcement abducteur progressif. Plan retour à la course en ≤ 10 % d'augmentation hebdomadaire | Excellent (récupération en 12-16 sem.) |
| C. Femme « SDGT compliqué » chronique | > 6 mois d'évolution, échec de PEC, signes de sensibilisation centrale (kinésiophobie, catastrophisation), comorbidités psy fréquentes | Approche biopsychosociale renforcée. Adjuvants : ondes de choc, PRP si échec. Travailler la modulation centrale (éducation à la douleur, exposition graduée) | Variable ; nécessite équipe pluridisciplinaire |
- 📋 Dépister systématiquement les autres tendinopathies : épicondylite, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, fasciite plantaire, fréquence augmentée en post-ménopause.
- 🦴 Évaluer le statut osseux (DXA si indication) : la femme post-ménopausique avec douleur trochantérienne progressive doit faire éliminer une fracture de stress ou une fragilité osseuse sous-jacente.
- 💊 Discuter l'opportunité d'un avis gynécologique pour les femmes symptomatiques de ménopause (THS, raloxifène, etc.) : décision partagée hors champ kiné.
- 🥗 Approche métabolique : nutrition adaptée, protéines suffisantes, vitamine D, activité physique régulière. L'IMC est l'un des deux facteurs de risque modifiables majeurs.
- Le SDGT a un biais sexuel marqué (F:H ≈ 4:1) expliqué par l'anatomie pelvienne (bassin large, angle Q, antéversion fémorale) et la transition ménopausique (impact sur la santé tendineuse).
- Stratifier en 3 sous-groupes : (A) sédentaire ménopausée + IMC élevé, (B) masters active, (C) chronique compliquée. La stratégie thérapeutique diffère pour chacune.
- Dépister les tendinopathies associées (coiffe, épicondyle, plantaire), la fragilité osseuse et discuter l'orientation gynécologique selon le tableau ménopausique global.
- L'IMC et la sédentarité sont les facteurs de risque modifiables majeurs : leur prise en charge dépasse le champ kiné strict et nécessite une approche pluridisciplinaire.
Bibliographie - Chapitre 5
- Fearon AM, Scarvell JM, Neeman T, Cook JL, Cormick W, Smith PN. Greater trochanteric pain syndrome: defining the clinical syndrome. Br J Sports Med. 2013;47(10):649-653. PMID 22983121.
- Birnbaum K, Siebert CH, Pandorf T, Schopphoff E, Prescher A, Niethard FU. Anatomical and biomechanical investigations of the iliotibial tract. Surg Radiol Anat. 2004;26(6):433-446. PMID 15378277.
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Allison K, Vicenzino B, Wrigley TV, Grimaldi A, Hodges PW, Bennell KL. Hip Abductor Muscle Weakness in Individuals with Gluteal Tendinopathy. Med Sci Sports Exerc. 2016;48(3):346-352. PMID 26418561.
- Hansen M, Kjaer M. Sex hormones and tendon. Adv Exp Med Biol. 2016;920:139-149. PMID 27535256.
- Magnusson SP, Hansen M, Langberg H, et al. The adaptability of tendon to loading differs in men and women. Int J Exp Pathol. 2007;88(4):237-240. PMID 17696904.
- Segal NA, Felson DT, Torner JC, et al. Greater trochanteric pain syndrome: epidemiology and associated factors. Arch Phys Med Rehabil. 2007;88(8):988-992. PMID 17678660.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
6. Que nous apprennent les cas cliniques concrets sur le SDGT ? 📖
6.1. Analyse d'un cas « classique » : de l'évaluation à la résolution
Le cas typique du SDGT correspond au profil moyen de l'essai LEAP (Mellor 2018, BMJ) :¹- Femme de 50 à 65 ans, IMC souvent > 27, douleur latérale de hanche d'apparition insidieuse sur plusieurs mois.
- Douleur nocturne en décubitus latéral homolatéral, douleur à la montée des escaliers, douleur à la marche prolongée.
- Échec d'un traitement initial (AINS, repos relatif, parfois infiltration antérieure transitoirement efficace).
- Examen physique : palpation trochantérienne reproductrice, Single Leg Stance 30 s positif, FADER positif.
- Évaluation initiale (1 séance) : anamnèse, examen clinique avec cluster, identification des facteurs de risque modifiables, dépistage drapeaux rouges/jaunes.
- Éducation patient (intégrée à toutes les séances) : déconstruction du mythe « bursite », principes de décompression, gestion des positions.
- Programme d'exercices supervisés sur 8 semaines (14 séances dans LEAP) : phase isométrique → isotonique → fonctionnelle.
- Programme à domicile quotidien en parallèle : 10-15 min/jour.
- Réévaluation à 6 et 12 semaines : ajustement de la charge selon réponse, introduction du retour aux activités.
6.2. Le défi diagnostique : quand le SDGT imite une autre pathologie
Le SDGT est un grand imitateur. Plusieurs cas cliniques publiés rapportent des présentations atypiques où les symptômes mimaient parfaitement d'autres pathologies. ⚠️ Cas 1 : SDGT mimant une méralgie paresthésique 🔬 Une présentation avec brûlures et paresthésies sur la face antéro-latérale de la cuisse peut initialement orienter vers une compression du nerf cutané fémoral latéral (méralgie paresthésique). Lorsque les traitements ciblant le nerf restent inefficaces, une réévaluation clinique méticuleuse peut révéler que la palpation du grand trochanter reproduit la douleur familière et que le traitement focalisé sur la tendinopathie fessière résout les symptômes. Implication : la douleur latérale de cuisse n'est pas toujours neurogène ; vérifier systématiquement la palpation trochantérienne.² Cas 2 : SDGT par rupture du moyen fessier mimant une radiculopathie L5 🔬 Une faiblesse de l'abduction de hanche (signe de Trendelenburg positif) associée à une douleur irradiant le long de la face latérale du membre inférieur est un tableau classique de radiculopathie L5. Cependant, une IRM lombaire non concluante doit faire évoquer une rupture transfixiante du tendon du moyen fessier, qui peut produire un Trendelenburg authentique et une douleur d'irradiation cutanée trompeuse. L'IRM de hanche est alors la clé du diagnostic, et la réparation chirurgicale peut faire disparaître les symptômes « pseudo-radiculaires ».³🚩 Pièges diagnostiques fréquents du SDGT
- Trendelenburg positif + douleur latérale qui descend en dessous du genou → ne pas se contenter d'un diagnostic radiculaire avant d'avoir éliminé une rupture tendineuse moyen fessier (IRM hanche)
- Paresthésies face antéro-latérale de cuisse résistantes au traitement de méralgie → palper systématiquement le grand trochanter
- SDGT chez l'homme jeune et sportif sans facteur de risque évident → rechercher fracture de stress, FAI, syndrome du muscle piriforme, conflit ilio-pectiné
- Douleur unilatérale brutale après chute chez le sujet âgé → fracture du grand trochanter ou du col fémoral avant tout
- SDGT bilatéral symétrique d'évolution progressive chez l'adulte jeune → suspicion de spondylarthropathie axiale, polyarthrite rhumatoïde, ou fibromyalgie comme comorbidité
6.3. Étude d'un cas complexe : la rupture tendineuse opérée
Certains patients ne répondent pas à la prise en charge conservatrice bien menée pendant > 6 mois. Dans ces cas, il faut investiguer plus avant et envisager des options de 2e/3e ligne. 🔧 Profil typique :- Femme ≥ 55-65 ans avec SDGT chronique, échec conservateur ≥ 6 mois ;
- Faiblesse abductrice marquée et persistante (Trendelenburg positif) malgré la rééducation ;
- IRM montrant rupture partielle haute ou transfixiante du tendon du moyen fessier.
- Ondes de choc focalisées : si symptômes prédominants mais sans rupture complète. La revue systématique avec méta-analyse Harding 2024 (Musculoskeletal Care, 12 études, n = 1 121) ne retrouve aucune différence statistiquement significative sur la douleur ni sur la fonction face au contrôle ; elle ne retient les ondes de choc comme option défendable qu'au regard de leur faible taux d'effets indésirables.⁴
- PRP (Fitzpatrick 2019, AJSM) : RCT n=80, supériorité à 2 ans vs corticoïdes pour fonction et douleur.⁵
- Chirurgie endoscopique de réparation tendineuse (Walker-Santiago 2020, revue systématique) : ré-attache des moyen/petit fessier sous arthroscopie. Restauration progressive de la force, résolution de la douleur dans la majorité des cas à 1-2 ans post-op, mais nécessite une rééducation post-op rigoureuse (8-12 mois).⁶
- Cas particuliers post-PTH : douleur trochantérienne persistante post-arthroplastie de hanche → rechercher mécanisme local (impingement de l'implant, fragment intra-articulaire, infection low-grade), ne pas se contenter d'un diagnostic d'« SDGT secondaire ».
- Le cas typique LEAP (femme 50-65 ans, IMC élevé, douleur insidieuse) répond bien à un protocole éducation + exercice sur 8-12 semaines : 77 % de succès à 1 an.
- Pièges : méralgie paresthésique, radiculopathie L5, fracture de stress, syndrome du piriforme, FAI. La palpation trochantérienne familière reste le pivot diagnostique.
- En cas d'échec ≥ 6 mois : IRM hanche pour éliminer une rupture, puis ondes de choc / PRP / chirurgie endoscopique en escalade thérapeutique.
- Toujours rechercher une cause mécanique secondaire en cas de SDGT post-arthroplastie ou post-traumatique persistant.
Bibliographie - Chapitre 6
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. LEAP trial. BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374.
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Lequesne M, Mathieu P, Vuillemin-Bodaghi V, Bard H, Djian P. Gluteal tendinopathy in refractory greater trochanter pain syndrome: diagnostic value of two clinical tests. Arthritis Rheum. 2008;59(2):241-246. PMID 18240186.
- Harding D, Cameron L, Monga A, Winter S. Is shockwave therapy effective in the management of greater trochanteric pain syndrome? A systematic review and meta-analysis. Musculoskeletal Care. 2024;22(2):e1892. doi:10.1002/msc.1892. PMID 38777616.
- Fitzpatrick J, Bulsara MK, O'Donnell J, Zheng MH. Leucocyte-Rich PRP Treatment of Gluteus Medius and Minimus Tendinopathy: A Double-Blind RCT With 2-Year Follow-up. Am J Sports Med. 2019;47(5):1130-1137. PMID 30840831.
- Walker-Santiago R, Wojnowski NM, Lall AC, et al. Platelet-Rich Plasma Versus Surgery for the Management of Recalcitrant Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Systematic Review. Arthroscopy. 2020;36(3):875-888. PMID 31882270.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome: a review of diagnosis and management in general practice. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Long SS, Surrey DE, Nazarian LN. Sonography of greater trochanteric pain syndrome and the rarity of primary bursitis. AJR Am J Roentgenol. 2013;201(5):1083-1086. AJR.
7. Comment appliquer concrètement ces recommandations dans votre pratique ?
7.1. Quand et vers quels autres professionnels de santé faut-il orienter ?
La compétence fondamentale du kinésithérapeute moderne inclut la reconnaissance des limites de son champ d'action. L'identification des drapeaux rouges (Finucane 2020) est un prérequis non négociable.¹ Critères d'orientation médicale 🚨 :- Drapeaux rouges (cf. chapitre 1) : antécédent récent de cancer, douleur nocturne sévère non mécanique, fièvre, perte de poids inexpliquée, déficit neurologique progressif, traumatisme à haute énergie, suspicion fracture de stress.
- Échec d'un traitement conservateur bien conduit ≥ 8-12 semaines → consulter médecin pour discussion ondes de choc / PRP / imagerie / infiltration.
- Suspicion de rupture tendineuse complète (Trendelenburg majeur, faiblesse abductrice marquée) → IRM hanche + avis orthopédique.
- Comorbidités psychiatriques significatives (dépression majeure, troubles anxieux invalidants) → orientation psychologique ou médecin traitant.
- Suspicion de pathologie systémique (spondylarthropathie, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie) → rhumatologue.
- SDGT bilatéral symétrique progressif → bilan rhumatologique complet.
- Médecin traitant : pour la prescription d'AINS courte durée si besoin, demandes d'examens, orientation spécialisée.
- Médecin du sport / médecin physique et réadaptation : pour les athlètes loisir/compétition, ondes de choc, PRP.
- Rhumatologue : suspicion inflammatoire, comorbidités rhumatologiques.
- Chirurgien orthopédique : suspicion rupture tendineuse, échec conservateur prolongé.
- Diététicien / nutritionniste : IMC élevé (un des facteurs de risque modifiables majeurs).
- Psychologue clinicien / spécialiste douleur : kinésiophobie, catastrophisation, comorbidités anxio-dépressives, signes de sensibilisation centrale.
7.2. Comment mesurer les résultats et surmonter les obstacles à l'implémentation ?
📊 Les PROMs (Patient-Reported Outcome Measures) sont des questionnaires standardisés permettant de quantifier l'évolution du point de vue du patient. Pour le SDGT, les plus pertinents :- VISA-G (Victorian Institute of Sport Assessment - Gluteal) : 8 items, spécifiquement validé pour la tendinopathie fessière, sensibilité au changement démontrée.²
- HOOS (Hip disability and Osteoarthritis Outcome Score) : générique de la hanche, 5 sous-échelles (douleur, symptômes, AVQ, sport, qualité de vie).
- Numerical Pain Rating Scale (NPRS) 0-10 : simple, validé.
- GROC (Global Rating of Change) : auto-évaluation perçue du changement (-7 à +7), utilisée dans LEAP.
- FABQ (Fear-Avoidance Beliefs Questionnaire) : dépistage kinésiophobie.
🛠️ Surmonter les barrières à l'implémentation de l'EBP
Synthèse des barrières les plus citées par les kinésithérapeutes et leviers d'amélioration
Synthèse de plusieurs revues sur les barrières à l'EBP en kinésithérapie. La décision partagée (Shared Decision-Making) est un levier puissant pour aligner attentes patient et données scientifiques.
- Présenter les 3 options évidence-based au patient : (1) éducation + exercice (1re ligne, succès à long terme mais nécessite engagement), (2) infiltration corticoïde (rapide mais transitoire), (3) attente seule (option si épisode aigu peu invalidant).
- Expliquer les chiffres réels (LEAP 2018) en utilisant un langage compréhensible.
- Identifier les valeurs et préférences du patient (préfère-t-il un soulagement immédiat ou une solution durable ? Quelles activités veut-il retrouver ?).
- Construire conjointement le plan thérapeutique, avec objectifs concrets et critères de réévaluation.
- L'orientation est cruciale : drapeaux rouges → médecin/urgences, drapeaux jaunes → psychologue, échec conservateur ≥ 6-8 sem. → médecin pour escalade.
- La collaboration interprofessionnelle (médecin, rhumatologue, chirurgien, diététicien, psychologue) est essentielle pour les cas complexes.
- Mesurer les résultats avec des PROMs validés (VISA-G spécifique, HOOS générique, NPRS, GROC).
- Les obstacles à l'EBP (temps, compétences, ressources) sont réels mais surmontables par formation continue, outils numériques et décision partagée.
Bibliographie - Chapitre 7
- Finucane LM, Downie A, Mercer C, et al. International Framework for Red Flags for Potential Serious Spinal Pathologies. J Orthop Sports Phys Ther. 2020;50(7):350-372. PMID 32438853. doi:10.2519/jospt.2020.9971.
- Fearon AM, Ganderton C, Scarvell JM, et al. Development and validation of a VISA tendinopathy questionnaire for greater trochanteric pain syndrome, the VISA-G. Man Ther. 2015;20(6):805-813. PMID 25870117.
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. LEAP trial. BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374.
- Bremer T, Nicklen P, Fearon A, Morrissey D. The efficacy of gluteal tendinopathy treatments: A systematic review. Clin Rehabil. 2025. doi:10.1177/02692155251327298.
- Plinsinga ML, Coombes BK, Mellor R, Vicenzino B. Individuals with Persistent GTPS Exhibit Impaired Pain Modulation. Pain Med. 2020;21(11):2964-2974. PMID 32232468.
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Speers CJ, Bhogal GS. Greater trochanteric pain syndrome. Br J Gen Pract. 2017;67(663):479-480. PMID 28963433.
- Hoffmann TC, Légaré F, Simmons MB, et al. Shared decision making: what do clinicians need to know and why should they bother? Med J Aust. 2014;201(1):35-39. PMID 24999896.
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