Un même article de l'arrêté fixe où le stage peut se faire, combien il rapporte, quels frais sont remboursés et jusqu'à quel plafond. Un autre pose deux seuils de présence que les guides confondent presque systématiquement en un seul.
- L'arrêté du 2 septembre 2015 relatif au diplôme d'État de masseur-kinésithérapeute, version consolidée portant la mention « EN VIGUEUR AU 31/08/2026 ».
- Les articles 4, 6, 7, 11, 12, 13, 15 et 22, chacun relu avec sa ligne d'état : les articles 4, 6, 7, 15 et 22 sont en vigueur depuis le 20 décembre 2025, modifiés par l'arrêté du 11 décembre 2025 ; les articles 11, 12 et 13 depuis le 5 septembre 2015.
- L'article D. 4321-16-1 du code de la santé publique, pour ce que l'étudiant ne peut pas recevoir de son maître de stage.
- Les montants sont reproduits tels que le texte les écrit, sans conversion de notre part.
Où un stage peut se faire, et qui l'agrée
L'article 7 pose d'abord une règle de procédure que peu d'étudiants connaissent : « Les terrains de stage sont agréés annuellement par le directeur de l'institut de formation après avis de l'instance compétente pour les orientations générales de l'institut. » Un cabinet accueillant l'an dernier ne l'est donc pas de droit cette année.
Le périmètre géographique et institutionnel, lui, est large. Les terrains « sont situés, en France ou à l'étranger, dans toutes structures susceptibles de concourir à la construction des compétences professionnelles attendues de l'étudiant. Ils peuvent notamment être situés dans des structures hospitalières, médico-sociales, de réseau, publiques ou privées, ainsi que dans des cabinets libéraux et dans des structures associatives, éducatives, sportives. »
L'indemnité, année par année
Le même article 7 poursuit : « Une indemnité de stage est versée aux étudiants pendant la durée des stages réalisés au cours de leur formation. Le montant de cette indemnité est fixé, sur la base d'une durée de stage de 35 heures par semaine, comme suit : 1° 36 euros en deuxième année et 46 euros en troisième année ; 2° 60 euros en quatrième et cinquième années. »
Cette indemnité vient de l'institut et de son cadre réglementaire. Elle n'a rien à voir avec une rémunération par le lieu de stage, que l'article D. 4321-16-1 du code de la santé publique interdit expressément : l'étudiant « ne peut recevoir de rémunération ni de son maître de stage ou de son tuteur, ni des personnes prises en charge au titre de ses activités de stagiaire ».
Les frais de transport, et le plafond de 1 200 kilomètres
L'arrêté distingue deux situations, et il chiffre la seconde. Dans le cas général, la prise en charge suppose que « le stage est effectué sur le territoire français, dans la région d'implantation de l'institut de formation ou dans une région limitrophe à celle-ci, et hors de la commune où est situé ce dernier », le trajet pris en charge étant « celui entre le lieu de stage et l'institut de formation ».
| Situation | Ce que l'arrêté prévoit |
|---|---|
| Stage dans la région de l'institut ou une région limitrophe, hors de sa commune | Prise en charge du trajet entre le lieu de stage et l'institut |
| Véhicule personnel | Taux des indemnités kilométriques fixés par l'arrêté pris en application de l'article 10 du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 |
| Titre d'abonnement de transport | Remboursement sur la base du montant de l'abonnement, au prorata de la durée du stage, sur justificatif |
| Stage à temps plein hors de la région et des régions limitrophes | Remboursement une seule fois pour l'ensemble du stage |
| Plafond de ce remboursement | Un aller-retour de 1 200 km, véhicule d'au plus 5 CV |
| Délai de versement | À l'issue de chaque mois de stage, et au plus tard dans le mois suivant la fin du stage |
Deux règles de présence, et non une
C'est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet. L'article 6 pose d'abord le principe : « La présence est obligatoire : 1° Lors des travaux dirigés ; 2° Lors des périodes de stages. » Puis l'article 12 fixe deux seuils distincts, qui se cumulent. « La présence sur chaque stage ne peut être inférieure à 80 % du temps prévu ; la durée cumulée des absences en stage ne peut être supérieure à 10 % de la durée totale des stages. »
Ce qui valide un stage
L'article 12 énumère quatre conditions, et elles sont cumulatives : les crédits européens correspondant aux stages sont attribués semestriellement « dès lors que l'étudiant remplit les conditions suivantes ».
| Condition | Ce que le texte demande |
|---|---|
| 1° | Avoir réalisé la totalité des stages, dans les limites de présence et d'absence rappelées plus haut, toute absence devant être justifiée |
| 2° | Avoir participé aux activités de la structure d'accueil en lien avec les objectifs de stage |
| 3° | Avoir mis en œuvre et validé les compétences au niveau requis dans une ou plusieurs situations |
| 4° | Avoir analysé des situations et activités rencontrées au cours des stages |
L'appréciation ne se fait pas au jugé. L'article 11 la rattache à un document : « La progression de l'étudiant au cours des stages est appréciée à partir du portfolio », qui « comporte des éléments inscrits par l'étudiant et le tuteur ». Le tuteur évalue les niveaux d'acquisition, le formateur référent en prend connaissance, et c'est la commission semestrielle d'attribution des crédits qui tranche. Cette commission, décrite à l'article 13, comprend le président de l'université ou son représentant, les formateurs référents et « plusieurs représentants des tuteurs masseurs-kinésithérapeutes salariés et libéraux des structures d'accueil en stage ».
Ce qui se rattrape, et jusqu'à quand
Le texte prévoit trois issues successives, et il vaut mieux les connaître avant d'en avoir besoin.
En cours de semestre : compléter ou recommencer
Le formateur référent propose à la commission « l'attribution des crédits européens liés aux stages ou un complément de stages ou la réalisation d'une nouvelle période de stages ». Les modalités sont alors définies par l'équipe pédagogique.
Au passage du premier au second cycle : rattraper avant la rentrée
L'article 15 conditionne ce passage à la validation des stages du premier cycle, et ajoute : « Les étudiants n'ayant pas validé leurs stages sont autorisés à les rattraper avant la rentrée en quatrième année. »
Au diplôme : deux sessions, dans les deux années
L'article 22 prévoit que l'étudiant non reçu peut s'inscrire aux unités d'enseignement manquantes, et que « chaque étudiant inscrit a le droit de se présenter à deux sessions des éléments constitutifs du semestre 10 (unités d'enseignement et stages) dans les deux années qui suivent la fin de la scolarité de la promotion » dans laquelle il était inscrit pour la première session.
Un stage non validé n'est pas une impasse : le texte organise le complément, le rattrapage avant la quatrième année, puis deux sessions pour le semestre 10. Ce qui n'est pas rattrapable, en revanche, c'est une absence non justifiée qui fait franchir l'un des deux seuils.
Questions fréquentes
Un étudiant en kinésithérapie touche-t-il une indemnité de stage ?
Oui. L'article 7 de l'arrêté du 2 septembre 2015 prévoit qu'une indemnité de stage est versée aux étudiants pendant la durée des stages. Son montant est fixé sur la base d'une durée de stage de 35 heures par semaine : 36 euros en deuxième année, 46 euros en troisième année, 60 euros en quatrième et cinquième années.
Où un stage de kinésithérapie peut-il se dérouler ?
Dans toute structure susceptible de concourir à la construction des compétences attendues, en France ou à l'étranger. Le texte cite les structures hospitalières, médico-sociales, de réseau, publiques ou privées, les cabinets libéraux et les structures associatives, éducatives et sportives.
Qui décide qu'un lieu peut accueillir des stagiaires ?
Le directeur de l'institut de formation, après avis de l'instance compétente pour les orientations générales de l'institut. L'agrément est annuel : un terrain de stage validé une année ne l'est pas définitivement.
Quel est le seuil de présence à respecter en stage ?
Il y en a deux, et ils se cumulent. La présence sur chaque stage ne peut être inférieure à 80 % du temps prévu pour ce stage, et la durée cumulée des absences ne peut être supérieure à 10 % de la durée totale des stages. Respecter le premier seuil ne dispense donc pas du second.
Qu'est-ce qui valide un stage ?
Quatre conditions cumulatives fixées par l'article 12 : avoir réalisé la totalité des stages dans les limites de présence, avoir participé aux activités de la structure d'accueil en lien avec les objectifs de stage, avoir mis en œuvre et validé les compétences au niveau requis dans une ou plusieurs situations, et avoir analysé des situations et activités rencontrées.
Les frais de transport vers le lieu de stage sont-ils remboursés ?
Oui, selon des modalités que l'arrêté détaille. Pour un stage hors de la région d'implantation de l'institut et des régions limitrophes, le remboursement n'a lieu qu'une seule fois pour l'ensemble du stage et ne peut dépasser un montant égal à un aller-retour de 1 200 kilomètres dans un véhicule d'une puissance fiscale au plus égale à 5 CV.
Que se passe-t-il si un stage n'est pas validé ?
Le formateur référent peut proposer à la commission semestrielle d'attribution des crédits un complément de stages ou une nouvelle période de stages. Pour le passage au second cycle, les étudiants n'ayant pas validé leurs stages sont autorisés à les rattraper avant la rentrée en quatrième année.
Les sources, une par une
- Arrêté du 2 septembre 2015 relatif au diplôme d'État de masseur-kinésithérapeute, version consolidée portant la mention « EN VIGUEUR AU 31/08/2026 ». Article 7, en vigueur depuis le 20 décembre 2025 : l'agrément annuel des terrains de stage, la liste des structures, les montants de l'indemnité, les modalités de remboursement des frais de transport, le plafond de 1 200 kilomètres et le délai de versement. Article 6, même version : la présence obligatoire. Articles 11, 12 et 13, en vigueur depuis le 5 septembre 2015 : le portfolio, les quatre conditions d'attribution des crédits, les deux seuils de présence et la composition de la commission semestrielle. Articles 15 et 22, en vigueur depuis le 20 décembre 2025 : le rattrapage avant la quatrième année et les deux sessions du semestre 10. Consulter sur Légifrance.
- Article D. 4321-16-1 du code de la santé publique, version en vigueur depuis le 20 décembre 2025 : l'interdiction faite à l'étudiant de recevoir une rémunération de son maître de stage, de son tuteur ou des personnes prises en charge. Consulter sur Légifrance.
Ce que cette page ne fait pas. Elle ne convertit pas les montants de l'indemnité en somme mensuelle : l'arrêté les énonce « sur la base d'une durée de stage de 35 heures par semaine » sans nommer de période dans la phrase qui les fixe, et nous les reproduisons donc tels quels. Elle ne donne pas les taux des indemnités kilométriques, renvoyés à un autre arrêté que nous n'avons pas lu. Elle ne décrit pas le contenu du portfolio ni le référentiel de formation, qui figurent en annexes de l'arrêté. Elle ne détaille pas la durée de chaque stage, fixée par la répartition que le directeur de l'institut arrête conformément au référentiel. Enfin, elle ne dit rien de l'apprentissage, et pour cause : nous avons depuis cherché dans l'arrêté du 2 septembre 2015 les mots « apprenti », « contrat d'apprentissage », « centre de formation d'apprentis » et « code du travail », et aucun n'y figure. La voie existe pourtant, réglée par un autre code ; nous la détaillons dans notre article sur l'apprentissage.
Le reste du parcours de formation : l'admission en IFMK et le volume horaire, les voies d'admission et le plafond de 50 %, le coût des études et les aides régionales et la fiche métier et les dix semestres.



