La hanche à ressaut (coxa saltans) : interne, externe ou intra-articulaire ?
En bref
Le ressaut de hanche n'est pas un diagnostic : c'est un bruit, et la seule question qui compte est d'où il vient. Trois origines, trois conduites incompatibles : le tendon de l'ilio-psoas en avant (ressaut interne), la bandelette ilio-tibiale ou le tendon du grand fessier sur le grand trochanter (ressaut externe), une lésion intra-articulaire le plus souvent labrale (ressaut intra-articulaire). Chez 87 danseurs de ballet d'élite, 91 % rapportent un ressaut de hanche et une majorité vit très bien avec : un ressaut indolore ne se traite pas, il s'explique. Quand il fait mal, la rééducation est la première ligne, et la ténotomie de l'ilio-psoas, souvent présentée comme anodine, laisse un déficit de force en flexion mesuré à 32 % à trois ans.
Synthèse clinique fondée sur l'étude princeps de Winston (AJSM 2007), la description échographique des mécanismes par Deslandes (AJR 2008), la série arthroscopique de Yamamoto sur le ressaut intra-articulaire (Arthroscopy 2005) et la revue systématique 2026 sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas : 45 références vérifiées une à une sur PubMed.
Synthèse clinique
Un patient décrit un claquement de hanche. Avant de chercher ce qu'il faut faire, il faut se souvenir de ce qu'on ne sait pas : on ignore combien de personnes claquent des hanches. Les revues les plus citées avancent « 5 à 10 % de la population » pour le ressaut asymptomatique (Sugrañes, JBJS Reviews 2023, PMID 37289915 ; Giai Via, 2024, PMID 38874780), mais aucune des deux ne renvoie à une enquête de population. La seule revue systématique consacrée au sujet écrit l'inverse, en toutes lettres : la prévalence du ressaut asymptomatique est inconnue, et l'incidence des formes symptomatiques mal définie (Potalivo, Hip International 2017, PMID 28222210). Tout ce qui est écrit ensuite se lit avec cette incertitude en tête.
Le ressaut est un signe, pas une maladie. Ce qu'on appelle snapping hip syndrome dans la littérature anglophone ne désigne pas le bruit, mais le bruit douloureux : la nuance est explicite chez Randelli (KSSTA 2021, PMID 33064193), pour qui le ressaut latéral est « habituellement asymptomatique ». Poser « coxa saltans » comme diagnostic, c'est s'arrêter au symptôme et laisser au patient un mot latin à la place d'une explication.
Trois origines, trois prises en charge. Le ressaut interne naît du tendon de l'ilio-psoas ; il se déclenche dans l'aine, à la sortie de la position flexion-abduction-rotation externe. Le ressaut externe naît de la bandelette ilio-tibiale ou du bord antérieur du tendon du grand fessier qui franchit le grand trochanter ; il est visible, souvent spectaculaire, et parfois reproductible debout par le patient lui-même. Le ressaut intra-articulaire est le seul qui doive faire changer d'avis en urgence : dans la série de Yamamoto (32 hanches opérées, PMID 16171638), l'IRM n'a identifié la cause dans aucun des 31 cas explorés, alors que l'arthroscopie retrouvait une lésion du labrum dans 80 % des cas.
Le mécanisme classique du ressaut interne est probablement faux. Les manuels décrivent le tendon de l'ilio-psoas franchissant l'éminence ilio-pectinée. En échographie dynamique, sur 18 hanches à ressaut, Deslandes retrouve dans 14 cas une bascule brusque du tendon autour du muscle iliaque, qui vient ensuite frapper l'os pubien, pas l'éminence (AJR 2008, PMID 18287424). Trois cas relèvent d'un tendon à deux chefs qui basculent l'un sur l'autre, et un d'un kyste paralabral. Cela a une conséquence pratique directe : les étirements « du psoas sur l'éminence » visent une géométrie que l'imagerie ne confirme pas.
La rééducation est la première ligne, mais les preuves sont minces. La revue systématique 2026 sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas rapporte 77 à 100 % de succès du traitement conservateur en population idiopathique et athlétique, contre 16 à 50 % après prothèse totale de hanche (doi:10.3390/jcm15155912). Pour le ressaut externe, une seule étude prospective de rééducation existe : neuf femmes, un tiers d'abandons, aucun groupe témoin (Kjeldsen, Physiotherapy Theory and Practice 2022, PMID 32643987). Ce n'est pas une raison de ne pas rééduquer ; c'en est une de ne pas promettre.
La chirurgie marche, et elle coûte. Sur 875 hanches, la ténotomie arthroscopique de l'ilio-psoas fait disparaître le ressaut dans 93 % des cas, avec une atrophie du muscle visible à l'imagerie chez 92,4 % des hanches contrôlées (Gouveia, AJSM 2021, PMID 32628861). Le déficit de force en flexion atteint 32 % à trois ans après ténotomie pour conflit sur prothèse, et un index de symétrie de 40 % à 30° de flexion dans une autre série. Sur hanche native, quatre cohortes appariées ne montrent aucun bénéfice clair de la libération de l'ilio-psoas au-delà du traitement de la lésion intra-articulaire associée. Autrement dit : quand le ressaut interne accompagne un conflit fémoro-acétabulaire, ce n'est pas le tendon qu'il faut couper en premier.
- Un ressaut indolore n'est pas une indication de traitement. C'est une indication d'explication.
- La question clinique n'est jamais « est-ce un coxa saltans ? » mais « interne, externe ou intra-articulaire ? », les trois réponses n'ont ni le même bilan, ni la même conduite.
- Le seul des trois qui impose une imagerie et un avis chirurgical est l'intra-articulaire, et c'est aussi celui que l'IRM standard rate le plus souvent.
- Le chiffre « 5-10 % de la population » circule sans étude de population derrière lui. Ne le citez pas à un patient comme un fait.
Dans cet article
- Pourquoi le ressaut de hanche n'est-il pas un diagnostic ?
- Quelles structures produisent le ressaut, et par quel mécanisme exact ?
- Comment trancher entre ressaut interne, externe et intra-articulaire ?
- Quels ressauts ne faut-il surtout pas traiter ?
- Quelle rééducation proposer quand le ressaut fait mal ?
- Que valent l'infiltration et la chirurgie quand la rééducation échoue ?
- Que change une population où presque toutes les hanches claquent ?
- Que nous apprennent des cas cliniques publiés ?
- Comment appliquer concrètement en consultation ?
Pourquoi le ressaut de hanche n'est-il pas un diagnostic ?
Le mot, et ce qu'il ne dit pas
Trois vocabulaires cohabitent pour la même observation clinique. Coxa saltans est le terme latin historique, encore utilisé en France et dans la littérature radiologique ; il désigne littéralement « un claquement palpable ou audible accompagnant le mouvement de l'articulation de la hanche ».⁹ Snapping hip est le terme anglophone descriptif. Snapping hip syndrome (SHS) désigne, lui, quelque chose de plus étroit, et c'est là que se joue le malentendu.
Randelli et coll. écrivent la distinction sans ambiguïté dans leur revue des traitements du ressaut externe : lorsque le claquement est perçu sur la face latérale de la hanche, on parle de ressaut externe ou lateral coxa saltans, « qui est habituellement asymptomatique » ; le terme snapping hip syndrome renvoie, lui, à un ressaut douloureux.³ Autrement dit, la littérature réserve le mot « syndrome » aux patients qui souffrent, et la majorité des gens qui claquent n'en font pas partie.
Cette précision n'est pas de la sémantique. Elle décide de la conduite : le patient qui consulte pour un bruit sans douleur n'a pas la même demande, ni le même besoin, que celui dont le bruit s'accompagne d'une gêne fonctionnelle. Confondre les deux conduit à traiter des hanches qui n'ont rien.
Le chiffre le plus cité du domaine n'a pas de source
La plupart des revues récentes ouvrent sur la même phrase : le ressaut de hanche asymptomatique toucherait 5 à 10 % de la population.¹ Une revue systématique de 2024 sur le traitement endoscopique reprend la borne haute : « jusqu'à 10 % de la population générale ».⁶ Le chiffre est commode, il est partout, et aucune des deux publications ne renvoie à une enquête de population qui l'aurait mesuré.
Or une revue systématique dédiée dit exactement le contraire. Potalivo et Bugiantella, dans Hip International, écrivent que « la prévalence du ressaut asymptomatique dans la population est inconnue et l'incidence des cas symptomatiques n'est pas bien définie ».² Ils ajoutent une observation qui, elle, est clinique et fiable : le ressaut indolore est commun dans la population générale, tandis que la forme symptomatique et invalidante se voit surtout chez les danseurs et les coureurs de haies.
Conséquence pratique : ce chiffre n'a pas sa place dans une explication au patient. Dire « une personne sur dix a ça » donne une autorité statistique à une estimation qui n'en a pas. Dire « c'est très fréquent, au point qu'on ne sait pas le compter » est à la fois plus honnête et tout aussi rassurant.
Ce que l'on sait vraiment vient de 87 danseurs
L'étude de référence du domaine est transversale, publiée dans l'American Journal of Sports Medicine en 2007, et porte sur 87 danseurs de ballet d'élite non sélectionnés issus de deux institutions.⁴ Un questionnaire a été rempli par tous ; les 26 danseurs capables de déclencher volontairement leur ressaut (50 hanches) ont ensuite été examinés par deux cliniciens puis échographiés.
Les résultats sont d'une densité rare pour ce sujet, et ce sont eux qui alimentent la quasi-totalité des chiffres que l'on croise ailleurs :
Ce que rapportent 87 danseurs de ballet d'élite
Étude transversale, niveau de preuve 3 : population extrême, non généralisable à la patientèle générale
Source : Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med 2007;35(1):118-126. PMID 17021311. Population de danseurs professionnels : ces proportions ne se transposent pas à une patientèle de cabinet.
Un chiffre qui change de dénominateur en changeant d'article
La revue systématique de Smith et coll. sur les blessures en ballet rapporte, parmi les rares données de prévalence disponibles, « 58 % de hanches à ressaut douloureux ».⁷ Ce 58 % vient de Winston. Mais chez Winston, il ne s'applique pas à la cohorte entière : il porte sur les danseurs qui rapportent un ressaut, soit 91 % des 87. Rapporté à l'ensemble, l'ordre de grandeur descend autour de 53 %.
L'écart est modeste, la mécanique ne l'est pas : un pourcentage a perdu son dénominateur en changeant de publication, et se lit désormais comme une prévalence brute. C'est la forme la plus commune de dérive bibliographique, et elle ne se voit qu'en remontant à la source primaire. Nous écrivons donc le chiffre ainsi : 58 % des danseurs qui claquent ont une douleur associée au ressaut, ce que dit exactement l'article d'origine.
Le ressaut douloureux existe, et il coûte cher
Il serait aussi faux de conclure que tout ressaut est bénin. Toujours chez Winston, 7 % des danseurs ont dû arrêter la danse à cause de leur ressaut.⁴ Dans une cohorte transversale de 486 blessures survenues chez des danseurs professionnels espagnols, le ressaut latéral ressort comme significativement associé aux disciplines classique et espagnole (p = 0,02).⁸ Et Walker et coll. rappellent que le traitement n'est recommandé que pour les formes symptomatiques, la majorité se résolvant après 6 à 12 mois de prise en charge conservatrice.⁵
La bonne lecture n'est donc ni « c'est bénin, laissez tomber », ni « c'est un syndrome, il faut agir ». Elle est en deux temps : d'abord établir si le ressaut fait mal, ensuite seulement chercher d'où il vient.
Drapeaux rouges devant un ressaut de hanche
- Douleur nocturne non mécanique, au repos, progressive, ou masse palpable de l'aine → une tumeur ténosynoviale à cellules géantes a été rapportée comme cause de ressaut interne, avec neuf mois d'évolution avant le diagnostic (Vervaecke 2022).
- Adolescent en croissance, douleur de hanche ou de genou avec boiterie → épiphysiolyse fémorale supérieure jusqu'à preuve du contraire : la douleur projetée au genou est une cause classique de retard diagnostique.
- Douleur inguinale d'aggravation rapide chez un sportif d'endurance, surtout en contexte de faible disponibilité énergétique → fracture de contrainte du col fémoral ; le ressaut ne doit pas confisquer l'attention.
- Fièvre, syndrome inflammatoire, amaigrissement, antécédent néoplasique → infection ou lésion secondaire ; le consensus de Zurich impose d'écarter les causes non musculo-squelettiques et graves avant de retenir une douleur de hanche mécanique.¹⁰
- Blocage vrai (la hanche se bloque et doit être débloquée), et non simple claquement → suspicion de corps étranger ou de lésion labrale instable ; c'est le tableau intra-articulaire, développé au chapitre 3.
- Coxa saltans = le bruit. Snapping hip syndrome = le bruit douloureux. Les deux ne se prennent pas en charge de la même façon.
- Le « 5-10 % de la population » vient de revues qui ne citent pas d'étude primaire ; la revue systématique du domaine dit que la prévalence est inconnue.
- Presque toute l'épidémiologie disponible provient d'une étude de 87 danseurs de ballet : population extrême, chiffres non transposables au cabinet.
- Le ressaut peut coûter une carrière : 7 % des danseurs de cette cohorte ont dû interrompre la danse.
Bibliographie - Chapitre 1
- Sugrañes J, Jackson GR, Warrier AA, Allahabadi S, Chahla J. Snapping Hip Syndrome: Pathoanatomy, Diagnosis, Nonoperative Therapy, and Current Concepts in Operative Management. JBJS Rev. 2023;11(6). PMID 37289915.
- Potalivo G, Bugiantella W. Snapping hip syndrome: systematic review of surgical treatment. Hip Int. 2017;27(2):111-121. PMID 28222210.
- Randelli F, Mazzoleni MG, Fioruzzi A, Giai Via A, Calvisi V, Ayeni OR. Surgical interventions for external snapping hip syndrome. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2021;29(8):2386-2393. PMID 33064193.
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Walker P, Ellis E, Scofield J, Kongchum T, Sherman WF, Kaye AD. Snapping Hip Syndrome: A Comprehensive Update. Orthop Rev (Pavia). 2021;13(2):25088. PMID 34745476.
- Giai Via R, Elzeiny A, Pantè S, De Vivo S, Massè A, Giachino M. Can we encourage the endoscopic treatment for external snapping hip (ESH)? A systematic review of current concepts. Eur J Orthop Surg Traumatol. 2024;34(6):2835-2844. PMID 38874780.
- Smith PJ, Gerrie BJ, Varner KE, McCulloch PC, Lintner DM, Harris JD. Incidence and Prevalence of Musculoskeletal Injury in Ballet: A Systematic Review. Orthop J Sports Med. 2015;3(7):2325967115592621. PMID 26673541.
- Sobrino FJ, de la Cuadra C, Guillén P. Overuse Injuries in Professional Ballet: Injury-Based Differences Among Ballet Disciplines. Orthop J Sports Med. 2015;3(6):2325967115590114. PMID 26665100.
- Yen YM, Lewis CL, Kim YJ. Understanding and Treating the Snapping Hip. Sports Med Arthrosc Rev. 2015;23(4):194-199. PMID 26524554.
- Reiman MP, Agricola R, Kemp JL, et al. Consensus recommendations on the classification, definition and diagnostic criteria of hip-related pain in young and middle-aged active adults from the International Hip-related Pain Research Network, Zurich 2018. Br J Sports Med. 2020;54(11):631-641. PMID 31959678.
Quelles structures produisent le ressaut, et par quel mécanisme exact ?
La carte des trois ressauts
La classification est stable dans toute la littérature depuis les années 1980 et n'a pas été remise en cause : le ressaut est extra-articulaire, interne ou externe, ou intra-articulaire.²·⁶ Ce qui a changé, c'est la finesse de description des mécanismes, grâce à l'échographie dynamique.
Les trois sites du ressaut de hanche
Trois topographies, trois structures, trois conduites : ce que le patient montre du doigt oriente à lui seul vers l'une des trois familles
Pictogrammes réalisés pour cet article. Structures et topographies d'après Piechota 2016 (PMID 27679733), Randelli 2021 (PMID 33064193) et Yamamoto 2005 (PMID 16171638). Représentation simplifiée, non proportionnelle.
Ressaut interne : le mécanisme des manuels ne correspond pas à l'image
La description classique est celle que reprend encore la littérature radiologique : la forme interne est « attribuée à un mouvement brusque du tendon de l'ilio-psoas contre l'éminence ilio-pectinée ».² C'est la version enseignée, celle qui justifie la plupart des protocoles d'étirement du psoas.
En 2008, Deslandes et coll. ont fait quelque chose de simple et de rare : ils ont relu les enregistrements vidéo d'échographies dynamiques ayant servi à poser le diagnostic sur 18 tendons ilio-psoas à ressaut chez 14 patients (9 femmes, 5 hommes, 13 à 50 ans), sonde placée en oblique transverse juste au-dessus de l'articulation, parallèle au pubis. Le mouvement déclencheur était le même chez tous : ramener la hanche de flexion-abduction-rotation externe vers la position neutre.¹
Ce que l'échographie dynamique filme réellement dans le ressaut interne
18 tendons ilio-psoas à ressaut chez 14 patients : mécanismes identifiés en temps réel
Source : Deslandes M, Guillin R, Cardinal E, Hobden R, Bureau NJ. The snapping iliopsoas tendon: new mechanisms using dynamic sonography. AJR Am J Roentgenol 2008;190(3):576-581. PMID 18287424. Série de 14 patients adressés pour ressaut : effectif faible, mais mesure directe du mécanisme.
La conclusion des auteurs est nette : « la bascule brusque du tendon ilio-psoas par-dessus le muscle iliaque était la cause la plus fréquente de hanche à ressaut ».¹ Le tendon ne franchit pas une saillie osseuse fixe : il change de côté par rapport au ventre musculaire de l'iliaque, puis vient percuter l'os pubien.
Cette nuance change deux choses en pratique. D'abord, la manœuvre de provocation la plus fiable n'est pas une extension pure, c'est le retour depuis la position flexion-abduction-rotation externe : celle-là même qui a servi à tous les patients de la série. Ensuite, un programme d'étirement conçu pour « décoller le psoas de l'éminence » vise une géométrie que l'image ne confirme pas ; le raisonnement doit se déplacer vers le contrôle du mouvement au passage critique plutôt que vers la longueur du tendon.
Le tendon de l'ilio-psoas n'est pas un tendon : c'est souvent deux, parfois trois
La série de Deslandes retrouvait trois ressauts sur dix-huit provoqués par deux chefs tendineux basculant l'un sur l'autre.¹ Ce n'est pas une curiosité : c'est la norme anatomique.
Une étude cadavérique publiée en 2022 a disséqué unilatéralement le complexe ilio-psoas sur 28 pièces (13 hommes, 15 femmes, âge moyen 85,6 ans). Elle retrouve 12 insertions tendineuses uniques, 12 doubles et 4 triples, soit des tendons multiples chez plus de la moitié des sujets.⁴ Lorsqu'ils existent, ces tendons s'insèrent séparément sur le petit trochanter. La largeur totale du tendon du psoas décroît avec leur nombre : 14,6 ± 2,2 mm pour un tendon unique, 8,2 ± 3,0 mm pour deux, 5,9 ± 1,1 mm pour trois (p < 0,001). L'ilio-psoas est d'ailleurs la structure dont la pathologie de l'aine est la plus polymorphe : tendinopathie, bursite, conflit, ressaut relèvent du même complexe musculo-tendineux.⁸ Les auteurs décrivent aussi une insertion musculaire, non tendineuse, des fibres les plus latérales de l'iliaque sur la face antérieure du petit trochanter et de la diaphyse : variante non décrite jusque-là.
Deux réserves à garder : c'est un travail de niveau de preuve V, et l'âge moyen de 85,6 ans n'est pas celui des patients qui consultent pour un ressaut. Mais la conséquence chirurgicale est réelle et documentée par ailleurs : une libération qui ne trouve qu'un chef laisse l'autre intact, et le ressaut revient ; c'est exactement le cas rapporté par Shu et Safran, développé au chapitre 8.
Ressaut externe : deux structures, pas une
Le ressaut externe est classiquement attribué au franchissement du grand trochanter par la bandelette ilio-tibiale.³ Mais la chirurgie a montré qu'il fallait compter avec une deuxième structure : le bord antérieur du tendon du grand fessier. Les séries endoscopiques modernes libèrent l'une, l'autre, ou les deux, et rapportent des résolutions complètes dans les deux configurations.⁶
La conséquence palpatoire compte : selon la structure en cause, la crête qui saute se sent plus antérieure et plus haute (bandelette) ou plus postérieure et plus basse (grand fessier). Et une troisième situation existe, indépendante des deux précédentes : la contracture du muscle fessier, entité décrite surtout dans la littérature asiatique, souvent séquellaire d'injections intramusculaires répétées dans l'enfance, et qui produit un ressaut externe d'un mécanisme différent, la bandelette n'est pas trop tendue par le geste sportif, elle est rétractée en permanence.¹⁰
C'est aussi ici que le voisinage clinique se resserre. La bandelette ilio-tibiale qui frotte sur le grand trochanter est la même structure qui comprime les tendons des moyen et petit fessiers contre l'os, mécanisme central de la tendinopathie fessière décrit par Grimaldi et coll.⁷ Le ressaut externe et le syndrome douloureux du grand trochanter partagent une topographie, une structure et une position aggravante : l'adduction relative de hanche. Ils peuvent coexister, et une douleur latérale de hanche persistante chez un patient qui claque n'est pas forcément expliquée par le claquement.
Ressaut intra-articulaire : rare, mais c'est celui qui change la conduite
Yamamoto et coll. ont étudié 32 hanches (30 patients, âge moyen 26 ans) chez qui la douleur associée au ressaut était transitoirement levée par une injection intra-articulaire d'anesthésique local : critère de sélection qui garantit l'origine articulaire. Radiographie, arthrographie, IRM et arthroscopie ont été comparées.⁵
Le résultat est double, et les deux moitiés comptent :
- L'arthroscopie retrouve une lésion du labrum acétabulaire dans 80 % des cas, dans les 11 hanches à radiographie normale comme dans 15 des 19 hanches arthrosiques. Les autres causes sont un corps étranger intra-articulaire (2 hanches), une incongruence entre labrum et tête fémorale déformée (2 hanches), et une séquelle de maladie de Perthes.
- L'IRM n'a identifié la cause du ressaut dans aucun des 31 cas explorés. Zéro sur trente-et-un.
Deux précautions de lecture : l'étude date de 2005 et les séquences IRM ont progressé, notamment avec l'arthro-IRM ; et la sélection par le test anesthésique enrichit mécaniquement la série en pathologie articulaire. Mais l'enseignement clinique tient : une IRM normale n'écarte pas un ressaut intra-articulaire, et devant un tableau profond, avec blocage, chez un sujet jeune, l'absence d'anomalie à l'IRM ne doit pas conclure le bilan.
C'est le lien direct avec le conflit fémoro-acétabulaire : la lésion labrale y est la lésion associée la plus fréquente, et une hanche qui claque en profondeur chez un sportif jeune avec des signes de conflit relève de la même démarche diagnostique.
Les causes rares, et pourquoi il faut les connaître
Elles ne se rencontrent qu'une fois de temps en temps, mais chacune a été piégeuse pour l'équipe qui l'a rapportée :
- Conflit ischio-fémoral. Un rétrécissement de l'espace entre l'ischion et le petit trochanter, avec œdème du carré fémoral à l'IRM, peut produire un ressaut audible.¹¹ Les seuils de mesure sont établis par méta-analyse : espace ischio-fémoral ≤ 15 mm (Se 76,9 %, Sp 81,0 %), espace du carré fémoral ≤ 10 mm (Se 78,7 %, Sp 74,1 %).¹²
- Tendinite calcifiante du droit fémoral, rapportée comme cause de ressaut de hanche.⁹
- Hyperlaxité constitutionnelle. Un coxa saltans a été décrit chez des patients atteints de syndrome d'Ehlers-Danlos de type III¹³ : la question de l'hypermobilité mérite d'être posée devant un ressaut bilatéral, volontaire et précoce.
- Après prothèse totale de hanche, le tableau change de nature : le tendon de l'ilio-psoas peut buter sur un débord de cupule. Ce n'est plus un ressaut de sportif, c'est un conflit implant-tendon, développé dans notre article sur le conflit ilio-psoas.
- Le ressaut interne ne franchit pas l'éminence ilio-pectinée : dans 14 cas sur 18 filmés, le tendon bascule autour du muscle iliaque et frappe l'os pubien.
- L'ilio-psoas a plusieurs tendons chez plus de la moitié des sujets : la première explication d'un ressaut qui persiste après libération.
- Le ressaut externe met en cause la bandelette ilio-tibiale et le tendon du grand fessier ; c'est la même structure qui comprime les tendons fessiers dans le syndrome du grand trochanter.
- Dans le ressaut intra-articulaire, la cause est labrale 4 fois sur 5, et l'IRM ne l'a pas vue une seule fois sur 31 dans la série de référence.
Bibliographie - Chapitre 2
- Deslandes M, Guillin R, Cardinal E, Hobden R, Bureau NJ. The snapping iliopsoas tendon: new mechanisms using dynamic sonography. AJR Am J Roentgenol. 2008;190(3):576-581. PMID 18287424.
- Piechota M, Maczuch J, Skupiński J, Kukawska-Sysio K, Wawrzynek W. Internal snapping hip syndrome in dynamic ultrasonography. J Ultrason. 2016;16(66):296-303. PMID 27679733.
- Sugrañes J, Jackson GR, Warrier AA, Allahabadi S, Chahla J. Snapping Hip Syndrome: Pathoanatomy, Diagnosis, Nonoperative Therapy, and Current Concepts in Operative Management. JBJS Rev. 2023;11(6). PMID 37289915.
- Lin B, Bartlett J, Lloyd TD, Challoumas D, Brassett C, Khanduja V. Multiple iliopsoas tendons: a cadaveric study and treatment implications for internal snapping hip syndrome. Arch Orthop Trauma Surg. 2022;142(6):1147-1154. PMID 34347120.
- Yamamoto Y, Hamada Y, Ide T, Usui I. Arthroscopic surgery to treat intra-articular type snapping hip. Arthroscopy. 2005;21(9):1120-1125. PMID 16171638.
- Randelli F, Mazzoleni MG, Fioruzzi A, Giai Via A, Calvisi V, Ayeni OR. Surgical interventions for external snapping hip syndrome. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2021;29(8):2386-2393. PMID 33064193.
- Grimaldi A, Mellor R, Hodges P, Bennell K, Wajswelner H, Vicenzino B. Gluteal Tendinopathy: A Review of Mechanisms, Assessment and Management. Sports Med. 2015;45(8):1107-1119. PMID 25969366.
- Anderson CN. Iliopsoas: Pathology, Diagnosis, and Treatment. Clin Sports Med. 2016;35(3):419-433. PMID 27343394.
- Pierannunzii L, Tramontana F, Gallazzi M. Case report: calcific tendinitis of the rectus femoris: a rare cause of snapping hip. Clin Orthop Relat Res. 2010;468(10):2814-2818. PMID 20054675.
- Dai Z, Chen Z, Liao Y, Tang Z, Cui J. Comparison of arthroscopic versus open surgery on external snapping hip caused by gluteal muscle contracture. Hip Int. 2018;28(2):173-177. PMID 29890911.
- Ali AM, Whitwell D, Ostlere SJ. Case report: imaging and surgical treatment of a snapping hip due to ischiofemoral impingement. Skeletal Radiol. 2011;40(5):653-656. PMID 21207021.
- Singer AD, Subhawong TK, Jose J, Tresley J, Clifford PD. Ischiofemoral impingement syndrome: a meta-analysis. Skeletal Radiol. 2015;44(6):831-837. PMID 25672947.
- Kaalund S, Høgsaa B, Grevy C. Coxa saltans in patients with Ehlers-Danlos syndrome, type III. Scand J Rheumatol. 1988;17(3):229-230. PMID 3175552. Rapport de cas sans résumé indexé : seule la description portée par le titre est vérifiable.
Comment trancher entre ressaut interne, externe et intra-articulaire ?
Quatre questions qui font l'essentiel du diagnostic
1. Où exactement ? La topographie est le premier discriminant, et le patient la donne spontanément si on lui demande de poser un doigt. En avant, dans le pli de l'aine : ressaut interne. Sur la face latérale, au niveau du relief osseux : ressaut externe. « Au fond », sans que le patient puisse montrer : ressaut intra-articulaire ou douleur référée.
2. Est-ce que ça fait mal, ou est-ce que ça fait du bruit ? La question paraît naïve ; c'est la plus utile. Un ressaut indolore ne relève pas d'un traitement (chapitre 4). Faire préciser la gêne réelle (sportive, professionnelle, sociale), évite de traiter une inquiétude par un protocole.
3. Pouvez-vous le déclencher vous-même ? Chez Winston, 60 % des danseurs pouvaient déclencher volontairement leur ressaut, et un ou plusieurs de trois mouvements de danse le provoquaient chez 81 %.³ Un ressaut reproductible sur commande est presque toujours extra-articulaire : le patient devient alors le meilleur examinateur de la consultation.
4. Est-ce que ça claque, ou est-ce que ça bloque ? Un claquement qui n'empêche pas le mouvement oriente vers l'extra-articulaire. Un vrai blocage (la hanche reste coincée, il faut la débloquer), oriente vers l'intra-articulaire : corps étranger, lésion labrale instable, incongruence.⁴
Les tests, et ce qu'ils valent vraiment
Le point le plus important d'abord : il n'existe aucune étude de valeur diagnostique des tests cliniques pour « le ressaut de hanche » en tant que tel. Les chiffres disponibles portent sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas, entité voisine mais plus large, et ils sont fragiles.
La revue systématique de 2026 sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas a retenu trois études de valeur diagnostique. Trois. Toutes fondées sur l'infiltration guidée comme étalon, et toutes à risque de biais élevé selon QUADAS-3.¹ Dans ces conditions, le test hip-external rotation-flexion-ceiling (HEC) et la flexion de hanche résistée en position assise ressortent avec les meilleures performances : Se 94 %, Sp 88 % pour le HEC. Les auteurs qualifient eux-mêmes ces estimations de préliminaires. Les tests de provocation en décubitus dorsal, eux, ont une sensibilité élevée et une spécificité médiocre : ils écartent, ils ne confirment pas.
| Test | Réalisation | Ce qu'il apporte | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Manœuvre FABER → neutre | Depuis flexion-abduction-rotation externe, ramener la hanche en position neutre, en actif ; c'est la manœuvre décrite pour l'examen du danseur⁹ | C'est le mouvement qui a déclenché le ressaut chez les 14 patients de la série échographique de référence.⁶ Reproduction du claquement dans l'aine = ressaut interne | Modéré (mécanisme documenté, valeur diagnostique non chiffrée) |
| Test HEC (hip-external rotation-flexion-ceiling) | Provocation en rotation externe, flexion, contre plafond | Se 94 % / Sp 88 % pour la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas : 3 études, toutes à risque de biais élevé | Faible (estimation qualifiée de préliminaire par les auteurs)¹ |
| Flexion de hanche résistée, assis | Contraction isométrique résistée en position assise | Meilleure performance avec le HEC dans la même revue ; reproduit la douleur du tendon plus que le ressaut lui-même | Faible (mêmes 3 études)¹ |
| Ressaut déclenché par le patient | Debout, le patient reproduit son propre claquement | 60 % des danseurs y parviennent ; 46 des 50 ressauts auto-rapportés étaient palpables par le clinicien³ | Modéré (cohorte de danseurs, n = 50 hanches) |
| Palpation du grand trochanter pendant flexion-extension debout | Main sur le relief trochantérien, hanche en flexion-extension, patient en charge | Ressaut externe : la bandelette ou le tendon du grand fessier se sent franchir l'os. Le ressaut externe est « évident à l'examen physique et à l'échographie »³ | Modéré |
| Test d'anesthésique intra-articulaire | Injection intra-articulaire guidée d'anesthésique local | Critère d'inclusion de la série de référence sur le ressaut intra-articulaire⁴ ; recommandé avant toute libération tendineuse pour éviter un échec chirurgical¹⁰ | Modéré (étalon de référence par défaut, mais faute de mieux) |
| Tests de conflit fémoro-acétabulaire (FADIR) | Flexion-adduction-rotation interne | Un FADIR négatif aide à écarter une douleur de hanche intra-articulaire ; positif, il ne désigne aucune structure⁷ | Modéré (consensus Zurich 2018) |
L'arbre décisionnel
Trancher devant un ressaut de hanche
La première bifurcation n'est pas anatomique : elle est symptomatique
Arbre construit pour cet article à partir de Winston 2007 (PMID 17021311), Deslandes 2008 (PMID 18287424), Yamamoto 2005 (PMID 16171638), Walker 2021 (PMID 34745476) et Frans-Jozef 2026 (doi:10.3390/jcm15155912). Aucun algorithme validé prospectivement n'existe pour ce tri : cet arbre organise les données, il ne les remplace pas.
L'imagerie : la bonne, dans le bon ordre
Il faut renverser un réflexe. Devant une hanche douloureuse, la demande spontanée est l'IRM. Or pour les formes extra-articulaires, l'échographie dynamique est l'examen de référence, et l'IRM ne voit rien de ce qui se passe en mouvement.²
Ce que chaque examen apporte, et ce qu'il rate
Performances rapportées, avec le niveau de preuve qui les accompagne
Sources : Winston 2007 PMID 17021311 · Yamamoto 2005 PMID 16171638 · Frans-Jozef 2026 doi:10.3390/jcm15155912. Les quatre lignes ne mesurent pas la même chose : la première est un taux d'identification étiologique, la deuxième une sensibilité, la troisième un taux de concordance palpatoire, la quatrième un taux d'identification également.
Échographie dynamique. Elle est l'étalon des deux formes extra-articulaires.² Elle filme le mécanisme en temps réel, sans irradiation, et permet de détecter les lésions associées : bursite, tendinopathie. Chez Winston, elle a montré un tendon ilio-psoas à ressaut dans 59 % des hanches et une bandelette dans 4 %, mais dans un tiers des cas elle n'a pas permis d'identifier la cause.³ Elle est opérateur-dépendante, et elle exige que le patient sache déclencher son ressaut sur la table.
IRM. Son rôle est de chercher autre chose : pathologie intra-articulaire concomitante, variante anatomique susceptible de changer une technique chirurgicale, orientation d'une infiltration.⁵ Elle n'est pas l'examen qui fait le diagnostic du ressaut : l'anamnèse et l'examen physique suggèrent le plus souvent le bon diagnostic, l'imagerie ne fait que le confirmer et écarter les autres.⁵·¹¹ Et elle a raté 31 ressauts intra-articulaires sur 31 dans la série de référence.⁴
Radiographies. Normales dans la forme interne.² Elles gardent leur place pour ce qu'elles écartent : dysplasie, morphologie de conflit, arthrose, épiphysiolyse chez l'adolescent. Le consensus de Zurich recommande la radiographie du bassin de face et un cliché de profil de la tête et du col comme imagerie de première intention devant une douleur de hanche du sujet jeune, l'imagerie avancée n'intervenant que pour un détail supplémentaire.⁷
Diagnostic différentiel : ce qui claque n'est pas toujours ce qui fait mal
Le piège central de ce sujet est l'attribution. Un patient peut avoir un ressaut parfaitement authentique et une douleur qui vient d'ailleurs. Le consensus de Doha rappelle que la douleur inguinale du sportif se répartit entre plusieurs entités définies par leur structure (adducteurs, ilio-psoas, région inguinale, pubis, hanche), qui coexistent fréquemment.⁸
| À évoquer | Ce qui doit faire penser | Comment on tranche |
|---|---|---|
| Syndrome douloureux du grand trochanter | Douleur latérale, réveil en décubitus latéral, douleur à l'appui monopodal, chez un patient qui claque aussi | La compression des tendons fessiers par la bandelette est le mécanisme ; voir notre article dédié. Le ressaut n'explique pas forcément la douleur |
| Conflit fémoro-acétabulaire | Douleur profonde d'aine, signe du C, limitation de rotation interne, sportif jeune | Radiographies et tests de conflit ; la lésion labrale associée est aussi la première cause de ressaut intra-articulaire |
| Tendinopathie de l'ilio-psoas sans ressaut | Douleur d'aine à la flexion résistée, sans claquement | C'est la pathologie du tendon, pas le phénomène mécanique ; article dédié sur le conflit ilio-psoas |
| Conflit ischio-fémoral | Douleur fessière basse, gêne en extension-adduction, femme d'âge moyen | IRM : espace ischio-fémoral ≤ 15 mm (Se 76,9 % / Sp 81,0 %), œdème du carré fémoral¹³ |
| Pathologie des adducteurs, pubalgie | Douleur plus médiale, squeeze test positif | Classification de Doha ; palpation de l'insertion pubienne⁸ |
| Lésion tumorale ou synoviale | Ressaut d'apparition récente sans facteur déclenchant, masse, évolution sur plusieurs mois | Échographie dynamique puis IRM : un cas de tumeur ténosynoviale à cellules géantes localisée a mis 9 mois à être diagnostiqué¹² |
| Épiphysiolyse fémorale supérieure | Adolescent, boiterie, douleur de hanche ou de genou | Radiographies urgentes ; ne jamais attribuer une douleur de hanche de l'adolescent à un ressaut sans les avoir |
- Quatre questions font le tri : où, ça fait mal ou du bruit, pouvez-vous le déclencher, ça claque ou ça bloque.
- Il n'existe aucune étude de valeur diagnostique des tests pour le ressaut lui-même ; les chiffres cités (HEC : Se 94 %, Sp 88 %) portent sur la douleur liée à l'ilio-psoas et proviennent de 3 études à risque de biais élevé.
- L'examen de référence des formes extra-articulaires est l'échographie dynamique, pas l'IRM, mais elle reste muette dans un tiers des cas.
- Une IRM normale n'écarte pas un ressaut intra-articulaire.
Bibliographie - Chapitre 3
- Frans-Jozef V, Abner S, Stijn R, Annick T, Kristoff C. Clinical Diagnosis and Treatment of Iliopsoas-Related Groin Pain: A Systematic Review. J Clin Med. 2026;15(15):5912. doi:10.3390/jcm15155912. PMID 42590015.
- Piechota M, Maczuch J, Skupiński J, Kukawska-Sysio K, Wawrzynek W. Internal snapping hip syndrome in dynamic ultrasonography. J Ultrason. 2016;16(66):296-303. PMID 27679733.
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Yamamoto Y, Hamada Y, Ide T, Usui I. Arthroscopic surgery to treat intra-articular type snapping hip. Arthroscopy. 2005;21(9):1120-1125. PMID 16171638.
- Le J. Snapping Hip Syndrome: Imaging Diagnosis. Magn Reson Imaging Clin N Am. 2025;33(1):75-82. PMID 39515962.
- Deslandes M, Guillin R, Cardinal E, Hobden R, Bureau NJ. The snapping iliopsoas tendon: new mechanisms using dynamic sonography. AJR Am J Roentgenol. 2008;190(3):576-581. PMID 18287424.
- Reiman MP, Agricola R, Kemp JL, et al. Consensus recommendations on the classification, definition and diagnostic criteria of hip-related pain in young and middle-aged active adults, Zurich 2018. Br J Sports Med. 2020;54(11):631-641. PMID 31959678.
- Weir A, Brukner P, Delahunt E, et al. Doha agreement meeting on terminology and definitions in groin pain in athletes. Br J Sports Med. 2015;49(12):768-774. PMID 26031643.
- Nolton EC, Ambegaonkar JP. Recognizing and Managing Snapping Hip Syndrome in Dancers. Med Probl Perform Art. 2018;33(4):286-291. PMID 30508831.
- Coulomb R, Nougarede B, Maury E, Marchand P, Mares O, Kouyoumdjian P. Arthroscopic iliopsoas tenotomies: a systematic review of surgical technique and outcomes. Hip Int. 2022;32(1):4-11. PMID 33226846.
- Sugrañes J, Jackson GR, Warrier AA, Allahabadi S, Chahla J. Snapping Hip Syndrome: Pathoanatomy, Diagnosis, Nonoperative Therapy, and Current Concepts in Operative Management. JBJS Rev. 2023;11(6). PMID 37289915.
- Vervaecke AJ, Declercq H, Wetzels K, van den Broek M. Localized tenosynovial giant cell tumor: a rare case of snapping hip. Skeletal Radiol. 2022;51(11):2205-2210. PMID 35536359.
- Singer AD, Subhawong TK, Jose J, Tresley J, Clifford PD. Ischiofemoral impingement syndrome: a meta-analysis. Skeletal Radiol. 2015;44(6):831-837. PMID 25672947.
Quels ressauts ne faut-il surtout pas traiter ?
Le ressaut indolore n'est pas une pathologie
La littérature est explicite, et elle l'est depuis longtemps. Randelli et coll. écrivent que le ressaut externe « est habituellement asymptomatique », et réservent le terme de syndrome au ressaut douloureux.¹ Walker et coll. précisent que « le traitement est recommandé pour le ressaut symptomatique ».³ Sugrañes et coll. font de la douleur le critère de bascule : « lorsque la douleur devient le symptôme principal, on parle de snapping hip syndrome ».⁷
Autrement dit : la définition même de la maladie inclut la douleur. Un patient qui claque et ne souffre pas n'a pas la maladie. Il a une hanche qui fait du bruit.
Ce que le patient vient réellement chercher
Une hanche qui claque fort inquiète, et l'inquiétude est le vrai motif de consultation dans une bonne partie des cas. Trois craintes reviennent, et elles se répondent :
- « Est-ce que ça s'use ? » Aucune donnée ne relie le ressaut extra-articulaire à une usure articulaire. Le mécanisme du ressaut interne se produit en dehors de l'articulation, entre un tendon, un muscle et l'os pubien.
- « Est-ce que ça va empirer ? » Chez les patients symptomatiques, la majorité des cas se résolvent après 6 à 12 mois de prise en charge conservatrice.³ Le ressaut indolore est par ailleurs décrit comme commun dans la population générale, la forme invalidante restant l'apanage de pratiques très exigeantes comme le ballet ou la course de haies.² Pour les patients asymptomatiques, il n'existe aucune étude d'évolution naturelle, ce qui, dit tel quel, est plus honnête que de promettre l'un ou l'autre.
- « Est-ce que je dois arrêter le sport ? » Non, en l'absence de douleur. Chez les danseurs, l'arrêt d'activité concerne 7 % de la cohorte, ceux dont le ressaut était douloureux et invalidant.⁴
La conduite est alors une consultation d'explication : nommer la structure, montrer le mouvement qui déclenche, expliquer que le bruit vient d'un changement de position brusque et non d'un frottement destructeur, et poser un critère de retour, « si ça devient douloureux, si ça bloque, si ça change de nature, on refait le point ». Rien de plus.
Le piège inverse : traiter le ressaut au lieu de la douleur
Un ressaut visible et bruyant capte l'attention du patient comme du clinicien. Le risque est de lui attribuer une douleur qui vient d'ailleurs, et de rééduquer, ou d'opérer, une structure qui n'est pas coupable.
La revue systématique 2026 sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas est frontale sur ce point : sur hanche native, quatre cohortes comparatives appariées montrent que la libération arthroscopique de l'ilio-psoas n'apporte pas de bénéfice clair au-delà du traitement de la pathologie intra-articulaire associée, tout en s'accompagnant d'une atrophie mesurable et d'une perte de force en flexion.⁵ Cette atrophie n'est pas anecdotique : elle est retrouvée à l'imagerie dans 92,4 % des hanches contrôlées.⁸ Le tendon claquait, il a été coupé, et l'amélioration venait d'ailleurs.
Le consensus de Zurich pose la même exigence dans un cadre plus large : devant une douleur de hanche du sujet jeune et d'âge moyen, il faut écarter les causes non musculo-squelettiques et graves, puis les affections concurrentes, rachis lombaire notamment, avant de retenir une explication locale.⁶ Le ressaut n'exempte de rien.
Quand un ressaut jusque-là banal cesse de l'être
- Il change de nature : un claquement qui devient un accrochage, ou une hanche qui se bloque vraiment → réévaluation intra-articulaire.
- Il apparaît sans raison chez un adulte qui n'a rien changé à son activité, et s'installe sur plusieurs mois → penser aux causes lésionnelles rares avant de conclure au mécanique.
- Il s'accompagne d'une douleur nocturne, de repos, ou d'un retentissement général → sortir du cadre mécanique.
- Il survient après une prothèse totale de hanche → il ne s'agit plus du même problème : le tendon peut buter sur un débord de cupule, et la conduite passe par l'évaluation de la position de l'implant.
- Il s'accompagne d'un déficit de force qui progresse, et non d'une simple gêne → chercher une atteinte neurologique ou une rupture tendineuse.
- La douleur fait partie de la définition du syndrome. Pas de douleur, pas de syndrome, pas de traitement.
- La consultation utile devant un ressaut indolore est une consultation d'explication, avec un critère de retour clair.
- Le risque symétrique est d'attribuer au ressaut une douleur venue d'ailleurs : quatre cohortes appariées montrent que couper le tendon n'ajoute rien au traitement de la lésion intra-articulaire associée.
- Aucune donnée ne relie le ressaut extra-articulaire à une dégradation articulaire, et aucune non plus n'a suivi l'évolution naturelle des ressauts asymptomatiques.
Bibliographie - Chapitre 4
- Randelli F, Mazzoleni MG, Fioruzzi A, Giai Via A, Calvisi V, Ayeni OR. Surgical interventions for external snapping hip syndrome. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2021;29(8):2386-2393. PMID 33064193.
- Potalivo G, Bugiantella W. Snapping hip syndrome: systematic review of surgical treatment. Hip Int. 2017;27(2):111-121. PMID 28222210.
- Walker P, Ellis E, Scofield J, Kongchum T, Sherman WF, Kaye AD. Snapping Hip Syndrome: A Comprehensive Update. Orthop Rev (Pavia). 2021;13(2):25088. PMID 34745476.
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Frans-Jozef V, Abner S, Stijn R, Annick T, Kristoff C. Clinical Diagnosis and Treatment of Iliopsoas-Related Groin Pain: A Systematic Review. J Clin Med. 2026;15(15):5912. doi:10.3390/jcm15155912.
- Reiman MP, Agricola R, Kemp JL, et al. Consensus recommendations on the classification, definition and diagnostic criteria of hip-related pain in young and middle-aged active adults, Zurich 2018. Br J Sports Med. 2020;54(11):631-641. PMID 31959678.
- Sugrañes J, Jackson GR, Warrier AA, Allahabadi S, Chahla J. Snapping Hip Syndrome: Pathoanatomy, Diagnosis, Nonoperative Therapy, and Current Concepts in Operative Management. JBJS Rev. 2023;11(6). PMID 37289915.
- Gouveia K, Shah A, Kay J, Memon M, Simunovic N, Cakic JN. Iliopsoas Tenotomy During Hip Arthroscopy: A Systematic Review of Postoperative Outcomes. Am J Sports Med. 2021;49(3):817-829. PMID 32628861.
Quelle rééducation proposer quand le ressaut fait mal ?
L'état réel des preuves
Toutes les revues recommandent le traitement conservateur d'abord.³·⁴·⁸ Le contenu recommandé y est stable : anti-inflammatoires, étirements et éviction du geste déclenchant.⁹ Cette unanimité ne doit pas être confondue avec un niveau de preuve élevé : elle traduit un consensus d'experts sur un domaine peu étudié.
Pour le ressaut externe, l'unique étude prospective identifiée est un travail de faisabilité danois publié en 2022. Neuf femmes atteintes de ressaut externe symptomatique ont suivi un programme de renforcement progressif. Trois ont abandonné, soit un tiers de l'effectif. Chez celles qui ont terminé, l'adhésion était de 97 ± 4 %, la douleur restait acceptable (EVA ≤ 50 mm) dans 76 % des séances, la douleur globale baissait pendant le programme (−10 mm, IC 95 % [−3 ; −18]), et toutes les sous-échelles du HAGOS, le Forgotten Joint Score, la force et un test d'escalier chargé s'amélioraient.¹ Les auteurs concluent que le renforcement progressif « semble faisable chez une partie des patientes ». Il n'y a pas de groupe témoin : on ne sait pas ce qu'aurait donné le temps seul.
Pour le ressaut interne, aucune étude ne l'isole. Les données les plus proches viennent de la revue systématique 2026 sur la douleur inguinale liée à l'ilio-psoas, qui rapporte des taux de succès du traitement conservateur de 77 à 100 % en population idiopathique et athlétique, contre 16 à 50 % après prothèse totale de hanche.⁵ La qualité méthodologique des 71 études thérapeutiques incluses y est jugée « globalement faible à modérée » (MINORS 5-14/16 pour les études non comparatives).
Modalités de traitement et certitude des preuves
Grille de lecture GRADE appliquée par nos soins : aucune évaluation GRADE publiée n'existe sur ce sujet
Classement établi pour cet article en appliquant la logique GRADE aux sources vérifiées : Kjeldsen 2022 PMID 32643987 · Frans-Jozef 2026 doi:10.3390/jcm15155912 · Gouveia 2021 PMID 32628861 · Giai Via 2024 PMID 38874780 · Walker 2021 PMID 34745476. Aucune évaluation GRADE formelle n'a été publiée sur ce sujet : cette grille est une lecture, pas une citation.
| Modalité | Ce que dit la source | Effectif et type d'étude | Certitude |
|---|---|---|---|
| Renforcement progressif en charge (ressaut externe) | Faisable ; améliorations du HAGOS, du Forgotten Joint Score, de la force et du test d'escalier chargé ; baisse de douleur de 10 mm pendant le programme | 9 femmes, faisabilité, 33 % d'abandons, pas de groupe témoin¹ | Faible |
| Traitement conservateur (douleur liée à l'ilio-psoas) | Succès 77-100 % en population idiopathique et athlétique ; 16-50 % après prothèse totale de hanche | 71 études thérapeutiques, qualité faible à modérée (MINORS)⁵ | Faible |
| Adaptation d'activité, repos actif | « Le repos actif avec adaptation de l'entraînement doit être tenté pour limiter l'aggravation » | Revue narrative, danseurs² | Très faible |
| Éducation et explication | Non évaluée isolément ; le corollaire du chapitre 4 est qu'elle est parfois le seul traitement nécessaire | Aucune étude directe | Très faible |
| Étirements de l'ilio-psoas | Recommandés par les revues de synthèse ; la géométrie qu'ils visent n'est pas celle que filme l'échographie dynamique | Revues narratives ; mécanisme contredit par une série de 18 hanches⁸ | Très faible |
| Thérapie manuelle et mobilisations | Mobilisation articulaire de haut grade + exercices : améliorations cliniquement importantes maintenues à 6 mois | 1 cas, homme de 72 ans, après échec de ténotomie⁷ | Très faible |
| Ondes de choc, PRP | Aucune étude identifiée sur le ressaut de hanche | Sans objet | Aucune donnée |
Ce que l'on fait concrètement, et sur quel raisonnement
Faute d'essai contrôlé, le contenu du programme repose sur un raisonnement mécanique explicite, qu'il faut assumer comme tel devant le patient.
Phase 1 : réduire la provocation, pas l'activité. Identifier précisément le geste qui déclenche le ressaut douloureux : chez le danseur, un ou plusieurs de trois mouvements suffisent à le provoquer chez 81 % des cas.⁴ Le retirer temporairement, ou en modifier l'amplitude terminale, sans arrêter l'activité globale. Le repos complet n'est recommandé nulle part.
Phase 2 : charger le tendon concerné. Pour le ressaut interne, cela signifie travailler l'ilio-psoas en flexion résistée sur amplitude contrôlée, y compris au-delà de 90° où le muscle est le plus sollicité et où les déficits post-chirurgicaux sont les plus marqués. Pour le ressaut externe, le programme danois portait sur un renforcement progressif des muscles de hanche, avec un test d'escalier chargé comme critère fonctionnel.¹
Phase 3 : reprendre le mouvement déclenchant sous contrôle. Le mécanisme documenté du ressaut interne est une bascule brusque du tendon au retour depuis la flexion-abduction-rotation externe.⁸ Le travail porte donc sur la vitesse et le contrôle de ce passage plutôt que sur l'allongement du tendon : ralentir, décomposer, puis restaurer la vitesse.
Ce qu'on mesure. Le HAGOS (Copenhagen Hip and Groin Outcome Score) a été l'outil de l'étude danoise et existe en français ; le Forgotten Joint Score cible précisément la conscience de l'articulation, ce qui convient à un patient gêné par un bruit. Un test fonctionnel chargé (escalier, montée de marche), donne un repère objectif que le patient comprend. À titre de comparaison, la pathologie voisine du grand trochanter dispose, elle, d'un essai contrôlé randomisé montrant la supériorité de l'éducation associée à l'exercice sur l'infiltration de corticoïdes et sur l'abstention⁶ : c'est le niveau de preuve dont le ressaut ne dispose pas.
Combien de temps avant de conclure à l'échec
Les revues convergent : la majorité des cas symptomatiques se résolvent après 6 à 12 mois de prise en charge conservatrice.³ C'est aussi le délai au terme duquel la chirurgie est envisagée dans les séries publiées.
Trois mois est un délai raisonnable pour réévaluer la trajectoire, pas pour conclure. Un patient qui progresse sur ses scores fonctionnels sans que le claquement ait disparu n'est pas en échec : le claquement n'est pas la cible, la douleur et la fonction le sont. Beaucoup de patients gardent leur ressaut et cessent d'en souffrir.
- La rééducation est recommandée en première ligne partout, sur un socle de preuves très mince : une seule étude prospective (n = 9, un tiers d'abandons) pour le ressaut externe, aucune isolant le ressaut interne.
- Les taux de succès du traitement conservateur diffèrent radicalement selon le contexte : 77-100 % sur hanche native, 16-50 % après prothèse.
- La cible du traitement est la douleur et la fonction, jamais la disparition du bruit.
- Délai de référence avant d'envisager autre chose : 6 à 12 mois, pas six semaines.
Bibliographie - Chapitre 5
- Kjeldsen T, Reimer LU, Drejer SM, Hvid LG, Mechlenburg I, Dalgas U. Is progressive resistance training feasible in patients with symptomatic external snapping hip? Physiother Theory Pract. 2022;38(5):704-716. PMID 32643987.
- Nolton EC, Ambegaonkar JP. Recognizing and Managing Snapping Hip Syndrome in Dancers. Med Probl Perform Art. 2018;33(4):286-291. PMID 30508831.
- Walker P, Ellis E, Scofield J, Kongchum T, Sherman WF, Kaye AD. Snapping Hip Syndrome: A Comprehensive Update. Orthop Rev (Pavia). 2021;13(2):25088. PMID 34745476.
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Frans-Jozef V, Abner S, Stijn R, Annick T, Kristoff C. Clinical Diagnosis and Treatment of Iliopsoas-Related Groin Pain: A Systematic Review. J Clin Med. 2026;15(15):5912. doi:10.3390/jcm15155912.
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy: prospective, single blinded, randomised clinical trial. BMJ. 2018;361:k1662. PMID 29720374.
- Peterson S. Physical therapy management of a patient with persistent groin pain after total hip arthroplasty and iliopsoas tenotomy: a case report. Physiother Theory Pract. 2022;38(3):481-491. PMID 32544015.
- Deslandes M, Guillin R, Cardinal E, Hobden R, Bureau NJ. The snapping iliopsoas tendon: new mechanisms using dynamic sonography. AJR Am J Roentgenol. 2008;190(3):576-581. PMID 18287424.
- Yen YM, Lewis CL, Kim YJ. Understanding and Treating the Snapping Hip. Sports Med Arthrosc Rev. 2015;23(4):194-199. PMID 26524554.
Que valent l'infiltration et la chirurgie quand la rééducation échoue ?
L'infiltration : outil diagnostique avant d'être thérapeutique
Son intérêt principal n'est pas de soulager, c'est de désigner la structure. La revue systématique de Coulomb et coll. recommande explicitement de pratiquer un test diagnostique par infiltration avant toute libération tendineuse, pour éviter d'opérer un tendon innocent.⁴ C'est aussi ce critère, la levée transitoire de la douleur par un anesthésique intra-articulaire, qui a servi à constituer la série de référence sur le ressaut intra-articulaire.
Sur le versant thérapeutique, les résultats sont modestes et brefs : la revue systématique 2026 rapporte une amélioration à court terme chez 50 à 70 % des patients, avec une efficacité durable limitée, particulièrement dans les cas mécaniques après prothèse.¹ L'infiltration ne règle pas un conflit mécanique ; elle achète du temps et fournit une information.
Ténotomie de l'ilio-psoas : ce que ça règle, et ce que ça coûte
Commençons par ce qui marche. La revue systématique de Gouveia et coll. rassemble 21 études, 824 patients et 875 hanches, dont 82,5 % de femmes, d'âge moyen 28,1 ans, avec un recul moyen de 32,1 mois. Le taux de succès sur la résolution du ressaut est de 93,0 % (266/286), et toutes les études rapportent une amélioration des scores fonctionnels.²
La comparaison entre voies d'abord penche nettement du côté arthroscopique. Khan et coll., sur 11 études et 248 patients : résolution du ressaut chez 100 % des patients opérés sous arthroscopie contre 77 % en chirurgie ouverte, et complications 2,3 % contre 21 %.³ Les auteurs ajoutent, et c'est important, que « faute de données de haute qualité ou de comparaison directe, ces résultats doivent être interprétés avec prudence ».³ La revue de synthèse la plus récente pose le même constat, en précisant que l'avantage de l'endoscopie sur l'abord ouvert est net pour le ressaut interne et beaucoup moins marqué pour le ressaut externe.¹³
Maintenant le prix.
Ce que la ténotomie laisse derrière elle
Force en flexion du côté opéré, rapportée au côté sain (index de symétrie) : plus la barre est courte, plus le déficit est grand
Sources : Twardy 2026 PMID 41205716 · Portet 2024 PMID 38833166 · Gouveia 2021 PMID 32628861 · Loppini 2026 PMID 41669375 · Randelli 2021 PMID 34757530.
L'atrophie est presque constante. Chez Gouveia, l'atrophie de l'ilio-psoas a été évaluée radiologiquement dans 3 études (66 hanches) et retrouvée chez 92,4 % d'entre elles.² Six études seulement, portant sur 93 hanches, ont mesuré la force en flexion : quatre rapportent une récupération complète, deux des baisses modérées.
Les séries les plus récentes, qui mesurent au dynamomètre, sont moins rassurantes. Twardy et coll. ont testé 31 patients opérés d'une ténotomie endoscopique pour conflit ilio-psoas après prothèse : la douleur s'effondre (EVA 8,3 → 2,9), mais la force en flexion du côté opéré est réduite de 32,4 %, soit un index de symétrie de 67,4 % à 37 mois de recul.⁷ Chez Portet et coll., sur 36 ténotomies, l'index de symétrie est de 63 % à 90° de flexion et 40 % à 30°.⁸ À dix ans de recul, Loppini et coll. retrouvent 15 % de faiblesse en flexion avec atrophie IRM, et 15 % de ressaut persistant malgré la ténotomie.⁶
Le fait remarquable est que la satisfaction reste élevée : 26 des 31 patients de Twardy referaient l'intervention. Le déficit de force ne se traduit pas nécessairement par une gêne perçue, ce qui n'autorise pas à le taire : les auteurs concluent qu'il « doit être discuté lors de l'information préopératoire ».
La question difficile : et si le ressaut n'était pas le problème ?
C'est le résultat le plus dérangeant de la littérature récente, et il vient de deux endroits indépendants.
Perets et coll. ont suivi 57 patients opérés d'un allongement fractionnel de l'ilio-psoas au cours d'une arthroscopie pour conflit fémoro-acétabulaire et lésion labrale, avec un recul moyen de 69,3 mois. Le ressaut douloureux a disparu chez 80,7 % d'entre eux, les scores se sont améliorés, mais les résultats ne diffèrent pas de ceux d'un groupe témoin apparié opéré sans allongement, parce qu'il n'avait pas de ressaut.⁵ Autrement dit, ces patients allaient mieux comme les autres, et l'on ne peut pas attribuer l'amélioration au geste sur le tendon.
La revue systématique 2026 va plus loin en agrégeant quatre cohortes comparatives appariées sur hanche native : la libération arthroscopique de l'ilio-psoas n'apporte pas de bénéfice clair au-delà du traitement de la pathologie intra-articulaire associée, et s'accompagne d'une atrophie et d'une perte de force mesurables.¹
La conséquence pratique est directe : devant un ressaut interne douloureux associé à un conflit fémoro-acétabulaire ou à une lésion labrale, la discussion chirurgicale doit porter sur la lésion articulaire ; c'est le sujet de notre article sur le conflit fémoro-acétabulaire, où l'essai FASHIoN a comparé arthroscopie et prise en charge conservatrice personnalisée.¹⁴ Le tendon n'est pas la cible prioritaire.
Le ressaut externe : une chirurgie plus simple, et mieux tolérée
Le contraste est net. La revue systématique de Giai Via et coll. rassemble 9 études, 403 patients et 689 hanches traitées par voie endoscopique : récidive 1,02 %, reprise 0,15 %, complications minimes.⁹ Les techniques consistent à libérer la bandelette ilio-tibiale, à faire une ténotomie du grand fessier, ou les deux.
Randelli et coll. ont mesuré ce que coûte la libération du tendon du grand fessier chez 22 patients : résolution du ressaut chez 100 %, EVA de 6,8 à 0,6, score de Harris modifié de 48,6 à 88,2, et surtout aucune différence significative de force du grand fessier, malgré une réduction de 3,7 % de la circonférence de cuisse dont les auteurs disent eux-mêmes que la signification reste à déterminer.¹⁰ La série historique d'Ilizaliturri, avec libération endoscopique de la bandelette en losange sur 11 hanches, rapportait à deux ans un seul ressaut résiduel non douloureux, les autres patients étant revenus à leur niveau antérieur.¹¹
Quand un ressaut externe douloureux coexiste avec un conflit fémoro-acétabulaire, la libération du grand fessier et de la bandelette pendant l'arthroscopie donne 100 % de résolution du ressaut et des résultats à deux ans comparables à un groupe témoin apparié sans ressaut.¹²
| Geste | Résolution du ressaut | Coût fonctionnel documenté | Certitude |
|---|---|---|---|
| Ténotomie arthroscopique de l'ilio-psoas | 93,0 % (266/286 hanches)² | Atrophie chez 92,4 % des hanches imagées ; index de symétrie de force 63-67 % dans les séries dynamométriques récentes⁷·⁸ | Faible (revues systématiques d'études de niveau IV) |
| Voie ouverte pour ressaut interne | 77 %³ | Complications 21 % contre 2,3 % en arthroscopie³ | Faible, et défavorable |
| Libération endoscopique, ressaut externe | Récidive 1,02 %, reprise 0,15 % sur 689 hanches⁹ | Pas de perte de force du grand fessier retrouvée ; circonférence de cuisse −3,7 %¹⁰ | Faible (séries de niveau IV, pas d'essai randomisé) |
| Allongement de l'ilio-psoas associé à une arthroscopie pour conflit | 80,7 % à 5 ans⁵ | Résultats identiques au groupe témoin sans ressaut : bénéfice propre non démontré⁵ | Faible : bénéfice additionnel non établi |
| Ténotomie après prothèse totale de hanche | Amélioration significative des scores⁷·⁸ | Déficit de force en flexion de 32 % à 37 mois ; débord de cupule > 8 mm : discuter plutôt une reprise acétabulaire⁴ | Faible |
- L'infiltration sert d'abord à désigner la structure ; recommandée avant toute libération, elle soulage 50 à 70 % des patients, à court terme seulement.
- La ténotomie de l'ilio-psoas fait disparaître le ressaut dans 93 % des cas, au prix d'une atrophie chez 92 % des hanches imagées et d'un tiers de force en flexion perdue dans les séries dynamométriques.
- Quand une lésion intra-articulaire coexiste, le bénéfice propre de la libération du tendon n'est pas démontré.
- Le ressaut externe se traite mieux : 1 % de récidive sur 689 hanches, sans perte de force documentée.
Bibliographie - Chapitre 6
- Frans-Jozef V, Abner S, Stijn R, Annick T, Kristoff C. Clinical Diagnosis and Treatment of Iliopsoas-Related Groin Pain: A Systematic Review. J Clin Med. 2026;15(15):5912. doi:10.3390/jcm15155912.
- Gouveia K, Shah A, Kay J, Memon M, Simunovic N, Cakic JN. Iliopsoas Tenotomy During Hip Arthroscopy: A Systematic Review of Postoperative Outcomes. Am J Sports Med. 2021;49(3):817-829. PMID 32628861.
- Khan M, Adamich J, Simunovic N, Philippon MJ, Bhandari M, Ayeni OR. Surgical management of internal snapping hip syndrome: a systematic review evaluating open and arthroscopic approaches. Arthroscopy. 2013;29(5):942-948. PMID 23510943.
- Coulomb R, Nougarede B, Maury E, Marchand P, Mares O, Kouyoumdjian P. Arthroscopic iliopsoas tenotomies: a systematic review of surgical technique and outcomes. Hip Int. 2022;32(1):4-11. PMID 33226846.
- Perets I, Chaharbakhshi EO, Mansor Y, et al. Midterm Outcomes of Iliopsoas Fractional Lengthening for Internal Snapping as a Part of Hip Arthroscopy for Femoroacetabular Impingement and Labral Tear: A Matched Control Study. Arthroscopy. 2019;35(5):1432-1440. PMID 31000391.
- Loppini M, Minelli M, Chiappetta K, La Camera F, Grappiolo G, Della Rocca F. Outcomes of endoscopic transcapsular iliopsoas tenotomy for snapping hip syndrome: Minimum 10-year follow-up. J Exp Orthop. 2026;13(1):e70543. PMID 41669375.
- Twardy V, Rösch MBJ, Pohlig F, von Eisenhart-Rothe R, Banke IJ. High Satisfaction Despite 32% Persistent Hip Flexor Weakness After Endoscopic Tenotomy for Iliopsoas Impingement Following Total Hip Arthroplasty. J Arthroplasty. 2026;41(7):2184-2191. PMID 41205716.
- Portet A, Repellin M, Lambrey PJ, Benhenneda R, Vieira TD, Thaunat M. Assessment of function and muscle strength after endoscopic iliopsoas tenotomy to treat iliopsoas impingement after total hip arthroplasty. Int Orthop. 2024;48(9):2375-2382. PMID 38833166.
- Giai Via R, Elzeiny A, Pantè S, De Vivo S, Massè A, Giachino M. Can we encourage the endoscopic treatment for external snapping hip (ESH)? A systematic review of current concepts. Eur J Orthop Surg Traumatol. 2024;34(6):2835-2844. PMID 38874780.
- Randelli F, Fioruzzi A, Magnani M, Mazzoleni M, Elhiny M, Via AG. Endoscopic gluteus maximus tendon release for external snapping hip syndrome: a functional assessment. J Orthop Traumatol. 2021;22(1):45. PMID 34757530.
- Ilizaliturri VM Jr, Martinez-Escalante FA, Chaidez PA, Camacho-Galindo J. Endoscopic iliotibial band release for external snapping hip syndrome. Arthroscopy. 2006;22(5):505-510. PMID 16651159.
- Maldonado DR, Glein RM, Lee MS, et al. Patients With Concomitant Painful External Snapping Hip and Femoroacetabular Impingement Syndromes Reported Complete Snapping Resolution With Release of the Gluteus Maximus and Iliotibial Band. Arthroscopy. 2022;38(6):1890-1899. PMID 34920010.
- Sugrañes J, Jackson GR, Warrier AA, Allahabadi S, Chahla J. Snapping Hip Syndrome: Pathoanatomy, Diagnosis, Nonoperative Therapy, and Current Concepts in Operative Management. JBJS Rev. 2023;11(6). PMID 37289915.
- Griffin DR, Dickenson EJ, Wall PDH, et al. Hip arthroscopy versus best conservative care for the treatment of femoroacetabular impingement syndrome (UK FASHIoN): a multicentre randomised controlled trial. Lancet. 2018;391(10136):2225-2235. PMID 29893223.
Que change une population où presque toutes les hanches claquent ?
Un signe présent chez 9 sur 10 ne sert plus à trier
Reprenons les données de Winston : sur 87 danseurs de ballet d'élite non sélectionnés, 91 % rapportent un ressaut de hanche, 80 % de façon bilatérale, 60 % savent le déclencher volontairement.¹ Dans cette population, constater un ressaut n'apporte aucune information : c'est la norme.
Ce que le clinicien doit chercher n'est donc pas le ressaut, mais ce qui le distingue chez ce danseur-là : la douleur associée (58 % des danseurs qui claquent), le retentissement réel sur la pratique (7 % ont dû interrompre la danse), et surtout tout ce qui ne cadre pas avec un ressaut mécanique banal.
Pourquoi la danse produit ce signe
Le mécanisme documenté du ressaut interne, la bascule du tendon de l'ilio-psoas au retour depuis la flexion-abduction-rotation externe, décrit précisément le trajet d'un développé à la seconde ramené en première position, ou d'un rond de jambe. Chez Winston, un ou plusieurs de trois mouvements de danse déclenchaient le ressaut chez 81 % des danseurs concernés.¹
Nolton et Ambegaonkar décrivent le tableau du danseur : un ressaut résultant de la tension musculo-tendineuse produite par des flexions-extensions répétées de hanche, accompagnées d'abduction ou de rotation externe. Ils insistent sur deux points que la clinique confirme : le syndrome est sous-déclaré et souvent mal diagnostiqué, parce qu'il ressemble à d'autres pathologies de hanche ; et ce qui commence comme un claquement inoffensif peut devenir assez douloureux pour limiter l'activité.⁴
La charge d'entraînement du milieu ajoute son propre poids : le consensus RED-D rappelle qu'un environnement où l'activité physique peut dépasser 30 heures par semaine et où la culture peut inculquer l'idée qu'il faut être mince expose les danseurs à un risque accru de déficit énergétique relatif.⁶
La hanche dans l'épidémiologie de la danse
La revue systématique de Smith et coll. porte sur plus de 1 365 danseurs amateurs et 900 professionnels. L'incidence des blessures est de 0,97 blessure pour 1 000 heures de danse chez les amateurs et 1,24 chez les professionnels. Les membres inférieurs représentent 66 à 91 % de toutes les blessures. La majorité sont des lésions de surcharge : 75 % chez les amateurs, 64 % chez les professionnelles contre 50 % chez les professionnels masculins (p < 0,001).² C'est dans cette revue que figure le chiffre de « 58 % de hanches à ressaut douloureux » dont nous avons retracé l'origine au chapitre 1.
Sobrino et coll., sur 486 blessures survenues chez des danseurs professionnels espagnols entre 2005 et 2010, apportent une précision utile : le ressaut latéral ressort comme significativement associé aux disciplines classique et espagnole (p = 0,02), avec 75,9 % des blessures survenant chez des femmes et 83,6 % en ballet classique, la discipline la plus exigeante techniquement.³ La blessure de surcharge la plus fréquente y reste le syndrome fémoro-patellaire, devant la tendinopathie achilléenne.
Chez l'athlète non danseur
La littérature est plus pauvre. Potalivo et Bugiantella notent que le ressaut douloureux et invalidant se rencontre surtout chez ceux qui pratiquent des activités comme le ballet et la course de haies.⁵ Les séries chirurgicales donnent un profil indirect mais cohérent : chez Gouveia, 824 patients opérés d'une ténotomie de l'ilio-psoas, 82,5 % de femmes, âge moyen 28,1 ans.⁷ Chez Khan, 248 patients, âge moyen 26,5 ans.⁸
Ce profil (femme jeune, sportive, hanche mobile) est celui du ressaut interne symptomatique porté jusqu'au bloc opératoire. Il ne dit rien de la population qui claque sans souffrir, qui n'est jamais comptée.
Chez le danseur, ce qu'il ne faut pas manquer derrière un ressaut
- Douleur inguinale progressive avec perte de performance, aménorrhée ou fractures répétées → déficit énergétique relatif : le consensus RED-D propose un parcours de dépistage, de stratification du risque et de retour à la danse spécifique.⁶
- Douleur qui persiste au repos et à l'appui chez un danseur en forte charge → fracture de contrainte, notamment du col fémoral ; le ressaut préexistant ne doit pas rassurer.
- Douleur de hanche chez un danseur adolescent en croissance, avec ou sans boiterie → épiphysiolyse et apophysites ; les radiographies passent avant l'attribution mécanique.
- Blocage vrai, dérobement → ressaut intra-articulaire, sur un terrain déjà hypermobile.
- Ressaut bilatéral, volontaire, apparu tôt, avec hyperlaxité générale → un coxa saltans a été rapporté chez des patients atteints de syndrome d'Ehlers-Danlos de type III⁹ ; ce rapport de cas de 1988 ne dispose pas de résumé indexé, seule sa description figure au titre. La question de l'hypermobilité mérite néanmoins d'être posée.
La conduite qui tient compte du contexte
Trois principes se dégagent de ce qui précède, et un seul est fondé sur des données directes.
Ne pas dépister le ressaut. Rechercher systématiquement un ressaut dans une compagnie reviendrait à étiqueter neuf danseurs sur dix. Ce qui se dépiste utilement, c'est la douleur, la perte de fonction, et les marqueurs de disponibilité énergétique.
Adapter, plutôt qu'arrêter. Le repos actif avec modification de l'entraînement est la recommandation explicite de la revue consacrée aux danseurs.⁴ L'arrêt complet n'est recommandé nulle part, et il porte pour un danseur un coût professionnel et identitaire disproportionné.
Traiter le mouvement, pas le bruit. Puisque le ressaut se déclenche sur un passage précis, c'est ce passage qui se retravaille (vitesse, contrôle, amplitude terminale), plutôt que le tendon lui-même. Le critère de sortie est la reprise du geste sans douleur, pas le silence de la hanche.
- Chez les danseurs de ballet d'élite, 91 % rapportent un ressaut : ce signe ne discrimine plus rien dans cette population.
- Ce qui se cherche, c'est la douleur associée, le retentissement, et surtout ce qui ne cadre pas avec un ressaut mécanique.
- Les membres inférieurs représentent 66 à 91 % des blessures en ballet, avec une majorité de lésions de surcharge.
- Une charge pouvant dépasser 30 heures hebdomadaires et une pression sur le poids exposent au déficit énergétique relatif : c'est le diagnostic à ne pas manquer derrière une douleur de hanche du danseur.
Bibliographie - Chapitre 7
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Smith PJ, Gerrie BJ, Varner KE, McCulloch PC, Lintner DM, Harris JD. Incidence and Prevalence of Musculoskeletal Injury in Ballet: A Systematic Review. Orthop J Sports Med. 2015;3(7):2325967115592621. PMID 26673541.
- Sobrino FJ, de la Cuadra C, Guillén P. Overuse Injuries in Professional Ballet: Injury-Based Differences Among Ballet Disciplines. Orthop J Sports Med. 2015;3(6):2325967115590114. PMID 26665100.
- Nolton EC, Ambegaonkar JP. Recognizing and Managing Snapping Hip Syndrome in Dancers. Med Probl Perform Art. 2018;33(4):286-291. PMID 30508831.
- Potalivo G, Bugiantella W. Snapping hip syndrome: systematic review of surgical treatment. Hip Int. 2017;27(2):111-121. PMID 28222210.
- Allen N, Kelly S, Lanfear M, Reynolds A, Clarke R, Mountjoy ML. Relative energy deficiency in dance (RED-D): a consensus method approach to REDs in dance. BMJ Open Sport Exerc Med. 2024;10(1):e001858. PMID 38463191.
- Gouveia K, Shah A, Kay J, Memon M, Simunovic N, Cakic JN. Iliopsoas Tenotomy During Hip Arthroscopy: A Systematic Review of Postoperative Outcomes. Am J Sports Med. 2021;49(3):817-829. PMID 32628861.
- Khan M, Adamich J, Simunovic N, Philippon MJ, Bhandari M, Ayeni OR. Surgical management of internal snapping hip syndrome: a systematic review evaluating open and arthroscopic approaches. Arthroscopy. 2013;29(5):942-948. PMID 23510943.
- Kaalund S, Høgsaa B, Grevy C. Coxa saltans in patients with Ehlers-Danlos syndrome, type III. Scand J Rheumatol. 1988;17(3):229-230. PMID 3175552. Rapport de cas sans résumé indexé.
Que nous apprennent des cas cliniques publiés ?
Le tendon qu'on croyait unique : Shu et Safran, 2011
Une joueuse de softball de 18 ans présente un ressaut interne douloureux. Elle est opérée d'une libération arthroscopique de l'ilio-psoas dans le compartiment périphérique. En postopératoire, le ressaut douloureux persiste. Une reprise arthroscopique, avec une capsulotomie plus large, révèle un tendon ilio-psoas bifide : le premier geste n'avait libéré qu'un des deux chefs. La libération de révision résout le ressaut.¹
Les auteurs soulignent que le tendon bifide comme cause de ressaut persistant n'avait alors pas été rapporté dans la littérature orthopédique, et que la prévention passe par une capsulotomie assez large pour identifier le tendon et vérifier qu'il n'est pas bifide. On sait aujourd'hui, par l'anatomie cadavérique, que les insertions multiples concernent plus de la moitié des sujets.⁷ Un second cas, publié en 2020, retrouve le même mécanisme, cette fois identifié en échographie avant tout geste.²
Ce que ce cas apprend au rééducateur : devant un ressaut qui persiste après chirurgie, la première hypothèse n'est pas l'échec de la rééducation postopératoire, c'est l'anatomie.
La masse qu'on a prise pour un tendon : Vervaecke, 2022
Un homme de 40 ans consulte pour un ressaut de hanche droite évoluant depuis neuf mois. L'échographie dynamique, réalisée pendant que le patient provoque lui-même son ressaut, montre une masse antérieure passant en arrière du tendon du psoas, qui reproduit la douleur et la sensation de claquement. L'IRM retrouve un liseré périphérique hypo-intense d'hémosidérine autour de la masse synoviale, signature d'une tumeur ténosynoviale à cellules géantes localisée. La résection arthroscopique fait disparaître le ressaut immédiatement.³
C'est le seul cas rapporté de cette étiologie dans le ressaut interne extra-articulaire. Il compte pour trois raisons que les auteurs énumèrent : l'échographie dynamique fait le tri entre les types de ressaut ; certains signes IRM sont évocateurs et permettent d'éviter un retard diagnostique ; et une lésion synoviale péri-articulaire peut se présenter comme un ressaut interne banal.
Ce que ce cas apprend : neuf mois de ressaut chez un adulte de 40 ans qui n'a rien changé à son activité n'est pas un tableau de sportif. Le délai et l'absence de facteur déclenchant sont le signal.
Le ressaut qui venait de l'arrière : Ali, 2011
Une jeune fille de 17 ans consulte pour une douleur de hanche post-traumatique. Elle développe ensuite un ressaut audible, et l'IRM montre un rétrécissement de l'espace ischio-fémoral avec un œdème du carré fémoral. La résection du petit trochanter supprime à la fois la douleur et le ressaut. Les auteurs présentent ce cas comme le premier conflit ischio-fémoral non iatrogène confirmé chirurgicalement, et concluent que le diagnostic doit être envisagé chez les patients se plaignant d'un ressaut de hanche.⁴
Ce que ce cas apprend : la topographie postérieure existe, en plus des trois classiques. Devant un ressaut qui ne se localise ni en avant ni en dehors, les seuils IRM du conflit ischio-fémoral sont disponibles et mesurables.
Le patient qu'on a opéré pour rien, et que la kinésithérapie a soulagé : Peterson, 2022
Un homme de 72 ans souffre depuis quatre ans d'une douleur inguinale persistante après une prothèse totale de hanche droite et une ténotomie de l'ilio-psoas restée sans effet. À l'examen, douleur et limitation d'amplitude en flexion, abduction et rotation externe, actives comme passives.
Le traitement comporte six séances sur trois semaines : mobilisations articulaires de haut grade destinées à récupérer l'amplitude, et programme d'exercices. Les améliorations sont cliniquement importantes sur l'échelle numérique de douleur et sur le Lower Extremity Functional Scale, avec un gain d'amplitude et de force, et elles sont maintenues à six mois.⁵
Ce que ce cas apprend : c'est le seul cas clinique de kinésithérapie publié sur ce terrain, et il dit deux choses. Que l'échec d'une ténotomie ne condamne pas le patient. Et qu'une douleur attribuée au tendon pouvait relever d'une raideur articulaire, ce qui rejoint, à l'échelle d'un patient, le résultat des cohortes appariées du chapitre 6.
Le ressaut qui n'était pas mécanique : Pierannunzii, 2010
Une tendinite calcifiante du droit fémoral a été rapportée comme cause rare de ressaut de hanche.⁶ Le cas figure ici pour ce qu'il représente : toutes les structures qui franchissent le voisinage de l'articulation peuvent produire un ressaut, et une calcification tendineuse est visible sur une simple radiographie, celle qu'on n'a pas demandée parce que « les radios sont normales dans le ressaut interne ».
| Cas | Terrain | Ce qui a fait basculer le diagnostic | Leçon |
|---|---|---|---|
| Shu 2011 PMID 20593254 | Femme, 18 ans, softball | Reprise arthroscopique avec capsulotomie élargie | Un ressaut persistant après libération évoque un tendon multiple avant tout autre chose |
| Liebeskind 2020 PMID 32329518 | Ressaut interne | Échographie identifiant le tendon bifide avant tout geste | L'échographie dynamique peut anticiper ce que la chirurgie découvrirait |
| Vervaecke 2022 PMID 35536359 | Homme, 40 ans, 9 mois d'évolution | Masse mobile visible en échographie dynamique, hémosidérine à l'IRM | Une évolution longue sans facteur déclenchant sort du cadre mécanique |
| Ali 2011 PMID 21207021 | Femme, 17 ans, post-traumatique | Espace ischio-fémoral rétréci, œdème du carré fémoral | Le ressaut peut venir de l'arrière ; seuils IRM disponibles |
| Peterson 2022 PMID 32544015 | Homme, 72 ans, post-prothèse et post-ténotomie | Réponse à la mobilisation articulaire et à l'exercice | Une douleur attribuée au tendon peut relever d'une raideur articulaire |
| Pierannunzii 2010 PMID 20054675 | Ressaut de hanche | Tendinite calcifiante du droit fémoral | Une radiographie reste utile pour ce qu'elle écarte |
- Ressaut qui persiste après chirurgie : penser tendon multiple avant de penser rééducation insuffisante.
- Ressaut d'installation lente, sans facteur déclenchant, chez un adulte : sortir du cadre mécanique et imager.
- Une ténotomie ratée n'est pas une impasse : le seul cas de kinésithérapie publié sur ce terrain rapporte des gains maintenus à six mois après six séances.
- Tous les cas cités ici sont des publications indexées, citées avec leur identifiant : c'est le minimum exigible d'un cas clinique.
Bibliographie - Chapitre 8
- Shu B, Safran MR. Case report: Bifid iliopsoas tendon causing refractory internal snapping hip. Clin Orthop Relat Res. 2011;469(1):289-293. PMID 20593254.
- Liebeskind B, Olinger K. Bifid iliopsoas tendon as a cause for internal snapping hip syndrome: A case report. J Clin Ultrasound. 2020;48(6):346-349. PMID 32329518.
- Vervaecke AJ, Declercq H, Wetzels K, van den Broek M. Localized tenosynovial giant cell tumor: a rare case of snapping hip. Skeletal Radiol. 2022;51(11):2205-2210. PMID 35536359.
- Ali AM, Whitwell D, Ostlere SJ. Case report: imaging and surgical treatment of a snapping hip due to ischiofemoral impingement. Skeletal Radiol. 2011;40(5):653-656. PMID 21207021.
- Peterson S. Physical therapy management of a patient with persistent groin pain after total hip arthroplasty and iliopsoas tenotomy: a case report. Physiother Theory Pract. 2022;38(3):481-491. PMID 32544015.
- Pierannunzii L, Tramontana F, Gallazzi M. Case report: calcific tendinitis of the rectus femoris: a rare cause of snapping hip. Clin Orthop Relat Res. 2010;468(10):2814-2818. PMID 20054675.
- Lin B, Bartlett J, Lloyd TD, Challoumas D, Brassett C, Khanduja V. Multiple iliopsoas tendons: a cadaveric study and treatment implications for internal snapping hip syndrome. Arch Orthop Trauma Surg. 2022;142(6):1147-1154. PMID 34347120.
Comment appliquer concrètement en consultation ?
La séquence, dans l'ordre
1. Faire préciser la plainte avant de toucher la hanche. Un bruit, une douleur, ou les deux ? Le patient qui vient pour un bruit et repart avec un protocole a été mal écouté.
2. Faire montrer, pas décrire. Le patient pose un doigt sur la zone, puis reproduit lui-même le ressaut s'il en est capable : six patients sur dix le sont dans la population de danseurs. La main du clinicien se place sur le doigt du patient : 46 des 50 ressauts auto-rapportés de la série de référence étaient palpables.¹
3. Classer. Aine et pli inguinal, avec déclenchement au retour depuis flexion-abduction-rotation externe : ressaut interne. Face latérale, sur le relief trochantérien, souvent visible debout : ressaut externe. Profond, mal localisé, avec blocage vrai : ressaut intra-articulaire.
4. Chercher ce qui ne cadre pas. Douleur nocturne, évolution longue sans déclencheur, terrain de croissance, contexte de prothèse, retentissement général. C'est la seule étape où l'on cherche autre chose que le ressaut.
5. Décider de l'imagerie, ou de son absence. Pas d'imagerie devant un ressaut indolore typique. Échographie dynamique si la forme extra-articulaire reste incertaine ou si la clinique ne suffit pas : c'est l'examen de référence des deux formes extra-articulaires.⁴ Radiographies du bassin devant toute douleur de hanche du sujet jeune, ne serait-ce que pour ce qu'elles écartent. IRM pour chercher autre chose, en sachant qu'elle ne fait pas le diagnostic du ressaut, et qu'elle a manqué 31 ressauts intra-articulaires sur 31 dans la série de référence.²
6. Traiter la douleur et la fonction, jamais le bruit. Six à douze mois est le délai de référence pour juger d'un traitement conservateur.⁵ Le succès n'est pas le silence de la hanche.
Où poursuivre selon ce que l'on a trouvé
Après le tri : la suite du raisonnement se trouve ailleurs
Cet article traite le signe et son orientation. Chaque forme identifiée renvoie à la pathologie qui la porte
Carte d'orientation éditoriale construite pour cet article. Les trois destinations correspondent à des articles publiés de cette revue, chacun avec sa propre bibliographie vérifiée.
Ce qu'on dit au patient, mot pour mot
Devant un ressaut indolore : « Ce que vous entendez, c'est un tendon qui change de position d'un coup au lieu de glisser progressivement. Ça fait du bruit parce que le mouvement est brusque, pas parce que quelque chose s'abîme. On ne connaît aucune donnée montrant que ça use l'articulation. Si un jour ça devient douloureux, si la hanche se bloque vraiment, ou si ça change de nature, on refait le point. »
Devant un ressaut douloureux : « On sait d'où vient le bruit, et on va traiter ce qui fait mal, pas le bruit. Il est possible que vous continuiez à claquer et que vous n'ayez plus mal ; c'est même le scénario le plus fréquent. Le délai de référence est de six à douze mois, et on va mesurer les progrès sur ce que vous arrivez à faire, pas sur le silence de la hanche. »
Devant une demande de chirurgie : « L'opération fait disparaître le ressaut dans plus de neuf cas sur dix. Sur le tendon de l'aine, elle laisse en revanche une atrophie du muscle chez la quasi-totalité des patients contrôlés, et les séries qui mesurent la force au dynamomètre retrouvent environ un tiers de force en flexion en moins plusieurs années après. La plupart des patients en sont satisfaits, mais il faut le savoir avant, pas après. »
Questions fréquentes
Une hanche qui craque, c'est grave ?
Non, dans l'immense majorité des cas. Le ressaut de hanche est fréquent au point que la revue systématique du domaine écrit que sa prévalence exacte est inconnue⁹, et chez les danseurs de ballet d'élite, 91 % en rapportent un. La littérature réserve le terme de syndrome aux formes douloureuses. Un claquement indolore, stable, reproductible, ne relève d'aucun traitement.
Quelle différence entre une hanche qui claque et une hanche qui bloque ?
Elle est décisive. Un claquement qui n'empêche pas le mouvement oriente vers une cause extra-articulaire : tendon de l'ilio-psoas en avant, bandelette ilio-tibiale ou grand fessier en dehors. Un vrai blocage, où la hanche reste coincée et doit être débloquée, oriente vers une cause intra-articulaire : lésion du labrum dans 80 % des cas de la série de référence, plus rarement corps étranger. Attention toutefois à ce que l'image dira ensuite : une lésion labrale est visible chez plus d'une hanche indolore sur deux, si bien qu'en trouver une ne prouve pas qu'elle produise le ressaut. Le détail est traité dans l'article consacré à la lésion du labrum.
Faut-il faire une IRM devant une hanche à ressaut ?
Pas en première intention. L'examen de référence des formes extra-articulaires est l'échographie dynamique, seule capable de filmer le mécanisme en mouvement. L'IRM sert à chercher autre chose : pathologie intra-articulaire, variante anatomique, lésion rare. Et elle n'est pas fiable pour ce diagnostic précis : dans la série de Yamamoto, elle n'a identifié la cause du ressaut dans aucun des 31 cas intra-articulaires explorés.
Les étirements du psoas font-ils disparaître le ressaut ?
Ils sont recommandés par les revues de synthèse, mais leur justification mécanique est fragile. L'échographie dynamique montre que le tendon bascule autour du muscle iliaque avant de heurter l'os pubien, et non qu'il franchit une saillie osseuse qu'un allongement dégagerait.³ Le travail de contrôle du mouvement au passage critique est mieux aligné sur le mécanisme observé, sans que cela ait été comparé dans un essai.
Combien de temps avant que ça passe ?
Les revues convergent sur 6 à 12 mois de traitement conservateur pour la majorité des formes symptomatiques. Trois mois est un délai pour réévaluer la trajectoire, pas pour conclure à un échec.
L'opération est-elle risquée ?
Les complications sont rares en voie arthroscopique : 2,3 % contre 21 % en chirurgie ouverte dans la revue systématique de Khan.⁶ Le vrai enjeu n'est pas le risque opératoire, c'est le coût fonctionnel : atrophie de l'ilio-psoas chez 92,4 % des hanches contrôlées à l'imagerie,⁷ et un déficit de force en flexion de l'ordre d'un tiers dans les séries mesurées au dynamomètre. Pour le ressaut externe, ce coût n'a pas été retrouvé.
Peut-on continuer à danser ou à courir ?
Oui en l'absence de douleur. En cas de douleur, la recommandation explicite est le repos actif avec adaptation de l'entraînement,⁸ jamais l'arrêt complet : il s'agit de retirer temporairement le geste provocateur ou d'en réduire l'amplitude terminale, pas d'interrompre la pratique.
Mon ressaut est bilatéral, est-ce plus inquiétant ?
Non. Chez les danseurs qui rapportent un ressaut, 80 % l'ont des deux côtés. La bilatéralité est la règle plutôt que l'exception. Elle invite en revanche à s'interroger sur une hyperlaxité constitutionnelle si elle s'accompagne d'autres signes.
- Faire montrer le ressaut plutôt que le faire décrire : le patient est souvent le meilleur examinateur.
- Ne pas imager un ressaut indolore typique. Quand on image, l'échographie dynamique passe avant l'IRM.
- Le critère de succès est la douleur et la fonction ; beaucoup de patients gardent leur bruit et vont bien.
- Le tri terminé, la suite du raisonnement est dans l'article de la pathologie correspondante : le ressaut n'était que la porte d'entrée.
Bibliographie - Chapitre 9
- Winston P, Awan R, Cassidy JD, Bleakney RK. Clinical examination and ultrasound of self-reported snapping hip syndrome in elite ballet dancers. Am J Sports Med. 2007;35(1):118-126. PMID 17021311.
- Yamamoto Y, Hamada Y, Ide T, Usui I. Arthroscopic surgery to treat intra-articular type snapping hip. Arthroscopy. 2005;21(9):1120-1125. PMID 16171638.
- Deslandes M, Guillin R, Cardinal E, Hobden R, Bureau NJ. The snapping iliopsoas tendon: new mechanisms using dynamic sonography. AJR Am J Roentgenol. 2008;190(3):576-581. PMID 18287424.
- Piechota M, Maczuch J, Skupiński J, Kukawska-Sysio K, Wawrzynek W. Internal snapping hip syndrome in dynamic ultrasonography. J Ultrason. 2016;16(66):296-303. PMID 27679733.
- Walker P, Ellis E, Scofield J, Kongchum T, Sherman WF, Kaye AD. Snapping Hip Syndrome: A Comprehensive Update. Orthop Rev (Pavia). 2021;13(2):25088. PMID 34745476.
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- Gouveia K, Shah A, Kay J, Memon M, Simunovic N, Cakic JN. Iliopsoas Tenotomy During Hip Arthroscopy: A Systematic Review of Postoperative Outcomes. Am J Sports Med. 2021;49(3):817-829. PMID 32628861.
- Nolton EC, Ambegaonkar JP. Recognizing and Managing Snapping Hip Syndrome in Dancers. Med Probl Perform Art. 2018;33(4):286-291. PMID 30508831.
- Potalivo G, Bugiantella W. Snapping hip syndrome: systematic review of surgical treatment. Hip Int. 2017;27(2):111-121. PMID 28222210.
Aller plus loin sur la hanche
Le tri du ressaut n'est qu'une porte d'entrée. La rééducation de la hanche, elle, se travaille en entier.

